Messager de la vérité de Dieu - l'édito

         La vérité de Dieu a quelque chose d’effrayant et de doux à la fois. Elle est toute simple, et ses progrès ne sont pas aussi rapides que ceux des hommes dont l’intelligence aboutit aujourd’hui à fabriquer des bombes atomiques. La vérité de Dieu souvent s’introduit dans le cœur des hommes sans même qu’ils le sachent ; il semble qu’une parcelle seulement en soit venue : par exemple dans l’humilité silencieuse du cœur, dans la nostalgie obscure de l’esprit, dans la résignation avec laquelle quelqu’un accepte les dispositions d’un destin qui reste muet et qui ne s’explique pas. Mais si petite qu’elle soit, lorsqu’elle vient ainsi dans la force de l’Esprit Saint, elle est là tout entière, et en elle est donnée aussi le commencement de l’amour et de la vie éternelle.

   Mais cette unique vérité de Dieu, si simple, par laquelle Dieu se dit lui-même au plus profond du coeur des hommes, elle est la vérité devenue présente dans le monde parce que jaillie du cœur percé de Jésus-Christ. 

        Et c’est pour cela que cette vérité veut se faire chair dans la parole humaine ; elle veut devenir la mélodie permanente d’une symphonie infinie qui retentisse à travers tous les espaces du monde ; elle veut être expliquée et proclamée : pour pénétrer dans le cœur des hommes, elle veut passer aussi par les portes de l’ouïe et du cœur des hommes, qui est sa demeure la plus intime, elle veut monter et sortir pour aller pénétrer dans tous les secteurs de la vie des hommes, pour être prêchée sur tous les toits, pour juger et purifier, pour sauver et rejoindre toute vérité humaine afin de l’accomplir.

        Et c’est pour cela qu’il y a des messagers de cette vérité, des messagers humains. Ils viennent avec des paroles humaines, mais elles sont remplies de la vérité de Dieu. Et ce qu’ils disent est quelque chose d’aussi vieux que le monde mais qui n’a toujours pas été compris encore : ils disent la vérité qui seule ne périt pas, la seule qui ne s’use ni ne s’épuise. Ils disent Dieu : le Dieu de l’éternelle splendeur ; ils disent que Dieu lui-même est notre vie ; ils proclament que la mort n’est pas la fin, que l’habileté selon le monde est sottise et myopie, qu’il y a un jugement, une justice et une vie éternelle. Ils disent toujours la même chose, avec monotonie et pour la millième fois. Ils le disent à eux-mêmes et aux autres, car les uns et les autres doivent reconnaître qu’ils n’ont toujours pas compris encore le contenu de cette prédication : Dieu, le Dieu vivant, le vrai Dieu, Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ.     

Karl RAHNER, Traduit de l’allemand. 1966.

Les annonces

Prières et Sacrements

Prions pour nos frères et sœurs :

Les mariés :Dimitri DECARPIGNY et Mathilde AGNES.

Les défunts :Vivienne LECUYER, Yvonne LAUROUA.

Obsèques de la semaine prochaine : Pierre FEY, mardi 15 à 15h. Bruno AZRIEL, vendredi 18 septembre à 15h 

 

Catéchuménat : 

Les adultes qui souhaitent préparer un sacrement, baptême, 1ere communion ou confirmation, sont invités à se présenter à Dominique BOURGOIN, diacre, ou au secrétariat paroissial.

Première rencontre pour ceux qui souhaitent démarrer cette démarche :

jeudi 24 septembre à 18h30 salle St Jean

Le groupe de ceux qui ont déjà commencé, se réuni le lundi 14 septembre à 19h salle St Jean.


Préparation des messes : les messes sont préparées mensuellement. Tout d’abord en réunion plénière pour définir les grands axes, puis en petits groupes pour préparer concrètement les différents services : prières universelles, chants, lectures etc…

La réunion de préparation des messes d’Octobre est prévue le mardi 15 septembre à 20h30 salle St Jean.

 

Prier l'Evangile avec Marie : plusieurs groupes de prière du Rosaire existent sur la paroisse. (Contact Francine LEBRUN (06) 87 27 50 67) 

Lecture de la Bible

Lecture de l'Evangile du dimanche : Premier et troisième lundi de chaque mois à 20h salle St Jean. Prochaine rencontre lundi 21 septembre.


L’atelier « conter la bible » : pour apprendre en groupe, à conter des récits bibliques en restant au plus près des textes, en leur prêtant nos voix et nos gestes. Pouvoir ainsi inviter toute personne, quel que soit son âge, à écouter, entendre, découvrir ou redécouvrir la Bible comme une Parole adressée. (Avec Marie-Jo LAROCHE)

Les jeudis des semaines paires à 14h, salle St Jean le jeudi.
Prochaine rencontre : jeudi 17 septembre.
 
Premiers pas dans la Bible : proposition, pour débuter la lecture. 9 dates dans l’année, 9 soirées le dimanche, 9 textes de la Bible à découvrir, 18h – 21h. Lecture et échanges puis repas partagé. Voir les flyers au fond de l’église (Avec Vincent GARROS)
Première rencontre : dimanche 20 septembre.

Pastorale des Jeunes

Groupe JPEG (jeunes pros et étudiants) : Prochaine rencontre mercredi 7 octobre à 20h salle St Jean.


Messe de rentrée : dimanche 4 octobre à 10h.


Les inscriptions à l’éveil à la foi, au catéchisme et pour les aumôneries collèges et lycées sont ouvertes. Vous pouvez télécharger les fiches dans la colonne de droite, ICI, ou les prendre à l’accueil.


Réunion des parents :

 Pour l’éveil à la foi : mercredi 16 septembre à 20h, salle St-Jean

 Pour le catéchisme : jeudi 17 septembre à 20h30 Salle St Jean. Ce sera le moment de constituer les groupes.

 Pour l’aumônerie collège : mercredi 23 septembre à 20h30 salle St Jean.

Vie Fraternelle

FRATERNITÉ DE QUARTIER, Malartic et St Géry. La fraternité de Lange est en cours de construction. Signalez-vous si vous habitez un de ces quartiers.

 

Ménage de l'église : une fois par mois le lundi après-midi. 14h – 17h

Prochain ménage : lundi 14 septembre.


Service évangélique des malades : Visite des personnes vivant dans les maisons de retraite à Gradignan ou vivant à leur domicile. Contact à l’accueil ou au secrétariat.

Ensemble pastoral Bordeaux-Sud

(Bègles, Cestas, Gradignan, Léognan, Pessac, Talence, Villenave D’Ornon,)

Réunion des curés : mardi 15 septembre, de 10h à 12h au presbytère de Pessac.
 
Messe d'installation du nouveau curé de Bègles, le Père Chris GOMA, samedi 19 septembre à 18h, église St Pierre de Bègles.

Vie Diocésaine 

Formation de l'Istitut Pey Berland : L’Institut Pey Berland est le service de formation spirituelle, pastorale, biblique, théologique et universitaire du diocèse de Bordeaux. Il s’adresse à toutes les personnes désireuses de découvrir ou de se former aux fondamentaux de la foi et/ou à la vie en Église. Auditeurs libres ou étudiants engagés dans un parcours diplômant en théologie, l’institut leur permet de trouver une proposition adaptée. Consulter les propositions sur le site. 

Éditorial de la rentrée

Apocalypse de St Sever XIème siècle
   Cet été a été particulièrement mouvementé et notre doyenné a souffert des conséquences de ces grands feux. Nos amis de CESTAS ont été déplacés et nous avons accueilli des gens des communes impactées lors de certaines messes dominicales. La prière, l’accueil, la solidarité se sont faits plus intenses et actifs.
    Nous ne pensions pas déjà qu’en France, dans notre région, nous aurions à gérer des ‘réfugiés climatiques’, car il s’agit bien de cela. Les feux dans notre région nous sont connus mais l’ampleur et la multiplication en France, en Europe et dans le monde de ces catastrophes sont les symptômes d’un dérèglement climatique évident. Et l’homme a une bonne part de responsabilité !
    Ces phénomènes se poursuivront et s’amplifieront et il nous faudra peut-être aussi réagir à d’autres évènements, probablement accueillir d’autres réfugiés climatiques qui dans le monde s’ajouteront à d’autres réfugiés, économiques ou politiques. La folie du pouvoir et de l’argent, de l’expansionnisme étatique, des idéologies liberticides semblent sans limites. Les plus petits, les pauvres, les enfants en sont les premières victimes.
    Le livre de l’Apocalypse avec ses descriptions effrayantes de destructions, de violences est écrit non pas pour nous faire peur mais plutôt pour nous rassurer. Tout n’est pas détruit, tous ne périssent pas, un avenir est à accueillir comme un enfant après les douleurs de l’enfantement (Ap 12), comme une ville qui vient du Ciel (Ap 21,10).
    Que ces quelques mots nous invitent, en ce début d’année à nous retrouver en communauté, en fraternités de quartier, en groupes divers, de lecture de la Bible, de catéchèse, d’aumôneries, de préparation à un sacrement pour lire ensemble les Écritures, à nous encourager à œuvrer pour la paix et la solidarité ici et maintenant, à réfléchir comment notre compagnonnage avec Jésus-Christ nous fait grandir en fraternité (Mt. 25, 40).
    Bienvenue à tous, adultes, enfants ou jeunes mais plus particulièrement ceux et celles qui arrivent dans notre paroisse cette année. Bienvenue à ceux et celles qui préparent un sacrement ou qui le célébreront cette année. Que le Christ soit pour chacun Espérance et Joie.
Vincent GARROS

Le culte divin du moi / Mt16 21-27 / Une homélie

 Comment fait-on pour renoncer à soi-même ?
Comment fait-on pour ne pas vouloir « sauver sa vie » ?
Qui consentira à perdre sa vie ?

En entendant Jésus, on peut vite se dire que ce qu’il demande pour marcher à sa suite est hors de notre portée… peut-être pour quelques saints détachés de tout, mais pas pour nous…
 
Comme souvent quand ça coince, il faut s’arrêter un peu sur le sens des mots. Vous le savez probablement, en grec, dans la langue de l’Evangile, il y a trois mots différents pour dire « vie ». Trois mots qui n’ont pas du tout la même signification.
Il y a « Bios », qui désigne les moyens de vivre, de subsistance… ce qu’il faut pour qu’un être soit vivant.
Il y a « Zoé », c’est d’abord la vie naturelle, mais c’est aussi la vie dans son sens le plus profond, la vie que Dieu nous donne, la vie de l’Esprit, la vie éternelle.
Et puis il y a « Psyché » qu’on traduit souvent par « âme » et qui désigne le siège de la personnalité, la partie responsable de l’homme.

Et c’est bien celle-là, la « psyché » qu’il faudra perdre pour suivre Jésus.
La vie qu’il faut lâcher, ce n’est pas ce qui fait de nous des êtres vivants, ce n’est pas ce que Dieu nous a donné (ce serait absurde), il ne s’agit pas d’entrer dans la tombe pour le suivre, il s’agit de lâcher ce qui fait notre moi… notre ego… notre nombril !

Quel est le problème de Pierre ? Jésus le lui dit clairement : en contredisant le projet du Père pour lui, il ne pense pas comme Dieu mais comme un homme. Pourtant, c’est par amour qu’il le contredit, car Pierre n’a pas envie de voir son maître souffrir. Mais il pense avec son moi, avec son ego, avec son nombril. Il n’entre pas dans le projet d’un autre, il pense que sa vision des évènements est la bonne, la seule qui tienne.

Je lisais un article d’un philosophe coréen* qui disait ceci :
« Nous vivons aujourd’hui dans une société de performance dans laquelle tout ne tourne plus qu’autour de notre ego. Chacun pratique le culte divin du moi, un culte dans lequel on est le prêtre de soi-même ».
Nous vivons en effet dans un monde où le moi prend toute la place (y compris celle de Dieu). Nous sommes entourés d’hommes et de femmes providentiels, de héros… Ce que je pense, ce que je vis, ce que je mange devient un objet passionnant à partager au monde entier.

Nous vivons aussi dans une foi où prédomine son propre ressenti, sa « sensibilité ». Ma manière de prier, de célébrer, de communier, mon rapport intime avec Jésus, est évidemment le plus juste, et ceux qui font autrement font moins bien.
Ce que j’appelais un peu grossièrement « mon nombril » et que ce philosophe désigne comme « le culte divin du moi ».

Si l’on veut suivre Jésus, il va falloir renoncer à soi-même. Ça ne veut pas dire perdre toute personnalité, ça veut dire suivre le conseil de Paul : «  Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser ». En entrant dans un rapport nouveau avec l’autre… l’autre quand c’est le Christ, lui laisser de la place, le laisser marcher devant, mettre ses pas dans les siens en oubliant notre propre projet, nos propres destinations….
Ça veut dire aussi laisser de la place à l’Église dans ma vie de foi… perdre mon fantasme d’intimité avec Jésus, de cœur à cœur en vase clos, s’oublier un peu pour faire entrer de l’autre, du différent, du frère… de la communion.

Comment fait-on pour s’ouvrir à ce chemin nouveau si peu séduisant ?
Une clef peut-être dans le texte de Jérémie : « Tu m’as séduit et j’ai été séduit, tu m’as saisi, et tu as réussi ». Comme un feu dévorant ta Parole, au plus profond de moi.
Pour suivre le Christ, renoncer à une vie recroquevillée sur elle-même, renoncer à sa propre parole toujours envahissante, mais retrouver ce qui nous a séduit, se laisser à nouveau séduire, se laisser saisir par l’époux, ressentir au plus profond le feu de sa parole.
 
╬ Amen 
Sylvain, diacre
*Byung-chul Han

les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres / Mt 15 21-28 / Une homélie

Il y a deux ou trois ans, j’étais interviewé par l’hebdomadaire « La Vie » un peu avant Pâques au sujet du nombre croissant des adultes qui demandent le baptême. Alors que j’explique que la grande majorité des adultes ont entre 18 et 30 ans, la journaliste me pose une question étrange. « Qu’elle stratégie adoptez-vous pour attirer les jeunes ? » me demande-t’elle. J’avoue que la question me parait bizarre sur le coup. Je ne laisse rien paraître et je réponds : « Notre stratégie, c’est de célébrer la messe. » Sur le moment, en effet, je repensais à ces quelques jeunes adultes qui m’ont apostrophé à la porte de l’église et qui me disent que c’est la première fois qu’ils viennent assister à la messe. Ils me demandent des conseils sur comment se comporter.

La question était étrange, la réponse aussi. Mais ce dimanche, la réponse me semble adaptée et prend une autre couleur quand j’entends la phrase que prononce la Cananéenne : « les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »

Certes, ce n’est pas par stratégie que nous tous célébrons la messe, mais ce qui se passe à cet autel dépasse largement les murs de cette église. Le bâtiment ne peut contenir la puissance d’attraction déployée lors de la messe.

Les personnes qui assistent à la messe en toute discrétion et qui ne sont pas baptisées, profitent des miettes qui tombent de la table de la parole et de celle de l’Eucharistie, même si elles ne comprennent pas tout ce qui se passe.

Les personnes qui passent devant l’église constatent que des chrétiens sont rassemblés pour célébrer Dieu. Le bâtiment continue son office. Certains se disent peut-être : « cette église est vivante ». Ils voient les croyants de Gradignan qui animent cet espace. Cela ne peut que les toucher.

Ainsi sont les miettes de la communion qui tombent de la table. Voici les miettes qui nourrissent ceux qui attendent des paroles de paix, de joie et d’amour.

Et nous-même les baptisés, ne sommes-nous pas comme les petits chiens qui recueillons les miettes tombées de la table du maître. Comment ne pas voir dans ce petit morceau de pain, dans cette petite hostie, une miette. Nous consommons une miette de pain qui contient à elle seule toute la paix, la joie et l’amour de Dieu. Cette miette de pain a le pouvoir de guérir nos angoisses, d’apaiser nos peurs, de nous ouvrir à ce Dieu qui se donne tout entier. Elle tombe de la table dans nos mains, elle est ce qui nous relie au Christ.

Cette miette nous apprend la persévérance dans la prière. La Cananéenne n’abandonne pas quand Jésus ne répond pas. Elle persévère dans sa demande malgré l’hostilité des disciples qui entourent Jésus. Elle ne se vexe pas quand Jésus semble la rabaisser au rang de petit chien. Au contraire, elle se fait humble et Jésus qui éprouvait la foi de la cananéenne, découvre en elle la grandeur de sa foi.

Soyons comme la Cananéenne, ne nous décourageons pas devant le silence de Dieu. Il veut affiner notre foi, creuser notre désir de le rencontrer. Alors grande est notre foi dans ce Père miséricordieux, dans ce Fils qui nous aime et dans L’Esprit-Saint qui nous fait vivre.

Enfin, je profite de ce temps de parole pour exprimer une demande. Je recherche des personnes qui accepteraient d’accompagner les catéchumènes pendant la messe. Il ne s’agit pas de participer aux rencontres de préparation au baptême mais de tenir le rôle d’ainé dans la foi, de témoigner de sa foi et de répondre à leurs questions sur ce qui se passe. Si vous vous sentez appelés, venez en parler à la sortie.

Merci.

Dominique Bourgoin, diacre

Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur / Assomption / Une homélie

 
« Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ! »

Cette béatitude est prononcée par Élisabeth à Marie qui vient la visiter, nous venons de l’écouter. Je vous propose de l’approfondir ensemble

Je voudrais qu’aujourd’hui, nous l’entendions, pour nous-mêmes et en Église.

Pour nous-mêmes. Quelles sont les paroles du Seigneur qui sont venues frapper à nos oreilles et qui nous ont mis en marche ? Lève-toi et marche ! Moi non plus je ne te condamne pas ! (Jn8) Viens, suis-moi (Mc 10, 21) ! Va en paix  (Lc 8,48)?…Ces paroles s’accomplissent dans le temps qui nous est donné de vivre. Heureux sommes nous qui croyons à l’accomplissement de ces paroles qui nous ont été données par notre Seigneur !

En Église, en communauté, en communion les uns avec les autres, même au-delà des frontières que l’histoire, la géographie érige entre nous, ces paroles du Christ s’accomplissent : « De toutes les nations, faites des disciples » (Mt 28,19) « On prêchera en son nom la conversion et le pardon des péchés » (Lc 24, 47) , « la paix soit avec vous », « Que tous soient uns » (Jn 17,21) «  Que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux » (Jn 17,26)

Ces parole de Jésus nous habitent et nous structurent. Heureux les hommes, les femmes, les enfants, les jeunes qui osent vivre du Christ et témoignent, chacun à leur manière de l’Évangile. Dans la prière, dans la lecture de la Parole de Dieu en groupe, dans la célébration des sacrements, dans le travail à plus de justice dans nos lieux de vie. Cela peut être dans des associations mais aussi tout simplement dans le refus, au quotidien de la violence ou du mépris.

Il en faut du courage, de la persévérance, pour que naisse la paix ! C’est comme la vision de st Jean, de cette femme qui enfante et qui est menacée par des dragons. C’est l’image de Église, qui depuis les débuts est menacée, elle doit parfois fuir au désert. Gardons au cœur ce que Jésus disait aux disciples : « En ce monde, vous êtes dans la détresse, mais gardez courage, j’ai vaincu le monde ! »

Comme Marie, soyons heureux de l’accomplissement des paroles qui nous sont dites de la part du Seigneur. Amen.

Vincent Garros

Qui nous séparera ? / Mt14 Ro8 / Une homélie

J’avais une vieille tante qui habitait Tarbes. Les étés caniculaires, pendant que tout le monde souffrait des grandes chaleurs, elle prenait la statue de la Vierge qui trônait dans sa chambre et elle la déposait au milieu de la pelouse, en plein soleil, et elle lui disait : « voilà, tu restes là toute la journée et tu vas voir ce que c’est que d’avoir chaud, et tu seras bien obligée de faire quelque chose pour nous ! »
Je repensais à cette histoire la semaine dernière, en entendant les échos des conversations sur le parvis : « Pourquoi Dieu nous envoie-t’il cette épreuve ? » « Dieu nous a oublié », « Il pourrait quand même faire pleuvoir un bon coup, avec toutes les prières que j’ai fait pour ça ! », « Qu’est-ce qu’il attend pour éteindre ce feu ? c’est tellement facile pour Lui ! »

Quel est ce Dieu aveugle aux souffrances du monde et sourd à nos prières auquel nous croyons tout à coup ?
Qui nous a appris que Dieu est un manipulateur pervers qui s’amuse à nous faire souffrir, qui regarde avec plaisir se détruire les merveilles qu’il a lui-même créées ?
D’où nous vient cette bouffée de paganisme qui nous fait remplacer le Dieu de Jésus-Christ par Zeus ou le Grand Manitou ?!

Notre Dieu n’est tout-puissant que de l’Amour. Comment pouvons-nous l’oublier ? Notre Dieu est Amour. Il n’est qu’Amour. Sa force, son pouvoir, son action, son dessein, c’est l’Amour…
Par amour, il a tout créé.
Par amour, il a confié sa création à l’homme.
Que fait l’homme de sa création ? Il la détruit ! Qui bouleverse le climat ? Qui entraîne la création à sa perte ? Qui allume les feux ? Qui préfère fabriquer des armes plutôt que des canadairs ? Serait-ce Dieu ?
Par amour, il pleure avec ceux qui ont tout perdu dans les flammes.
Par amour, il soutient les sapeurs-pompiers et leurs familles.
Par amour, il fait se lever des centaines de bénévoles…
Et nous venons lui faire un procès ? Nous venons lui reprocher de ne pas ouvrir un grand robinet magique qui éteindrait le feu qu’il aurait lui-même autorisé ?!

Permettez-moi de revenir sur le texte de Paul :
Les incendies de la semaine dernière ont eu pour beaucoup un goût de fin du monde (pas un article de journal qui n’ait utilisé, à tort, le mot « apocalypse »). Et sans aller jusque-là, ces incendies ont manifesté notre petitesse, la fragilité de notre environnement, la brièveté de nos attachements… les paysages que nous aimons, nos maisons, ceux qui les habitent, nos familles, nos amis, nos souvenirs, nos vies. Et l’on peut comprendre notre désarroi, et nos rêves de solution surnaturelle.
La question de Paul résonne alors dans nos oreilles avec une force inédite : « qui nous séparera ? »
Il faudra bien nous séparer. Nous marchons tous vers l’ultime séparation. Nous étions bien naïfs de l’avoir oublié.
Parmi toutes les séparations qu’il nous faudra bien vivre, se pourrait-il que nous soyons aussi séparés de Lui ? de son amour ?

Alors Paul fait deux listes :
La première c’est la liste des choses qu’il imagine pouvoir nous séparer de l’amour du Christ… Ce sont des choses bien concrètes, des choses que l’on connaît bien : la détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, le glaive.
Et voilà la réponse de Paul : « en cela nous sommes les grands vainqueurs »
Puis il dresse une seconde liste, et là, tendons l’oreille car il s’agit de choses bien plus vertigineuses : « ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les Puissances, ni l’en-haut, ni l’en-bas, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu »
Non seulement le Christ nous fait vainqueurs de l’angoisse, de la détresse, du danger… mais la mort elle-même, la vie, les anges, les dominations, rien, absolument rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu.

Aurons-nous des oreilles pour l’entendre ?

De quelle puissance notre Dieu est-il puissant ?
Que fait-il avec ces cinq pains ? Un miracle ? Un tour de magie ? Un spectacle de foire ? Rien de tout cela. Il nous donne le signe que sa puissance est toute Amour, que sa puissance est Parole.
Il les rompt, il les divise… et plus il les rompt, et plus il les divise, plus les disciples peuvent en donner aux gens qui sont là.
Il y aura toujours cinq pains, pas un de plus, pas l’ombre d’une multiplication dans cette affaire, mais, parce qu’ils sont rompus par les mains de l’Amour, par les mains de la Parole faite chair, la foule est rassasiée… et il en reste.

Rien ne pourra nous séparer de l’Amour de Dieu qui est dans le Christ.
Si nous cherchons dans notre Dieu autre chose que de l’Amour, nous serons déçus
Si nous cherchons dans le Christ un magicien, nous l’insultons
Si nous lui prêtons la toute-puissance à laquelle nous aspirons nous-même, nous le réduisons à rien… et le voilà impuissant, et le feu ne s’éteint pas, et il fait encore chaud dans les jardins de Tarbes, et, parce que nous nous trompons sur ce qu’il est, nous lui en voulons.

Venons manger le pain de l’Amour, laissons Dieu être Dieu, et travaillons avec Lui, c’est à dire avec l’Amour, à éteindre nous-même les feux que nous allumons.
╬ Amen
Sylvain diacre

Le royaume des Cieux est comparable…/ Mt13 44-52 / une homélie


Ce dimanche, nous découvrons enfin ce qu’est le royaume des cieux ! Depuis le temps que Jésus nous parle du royaume des Cieux, il nous révèle aujourd’hui en quoi cela consiste.
Pour nous aider à découvrir le royaume des Cieux, nous allons mettre le focus sur les deux premières paraboles.

Dans la première Jésus nous dit que le royaume des Cieux est comparable à une découverte.
Elle raconte l’histoire d’un homme qui découvre un peu par hasard un trésor dans un champ. Nous ne savons pas ce que l’homme faisait dans le champ. Le labourait-il ? Tout simplement, le traversait-il ? La parabole ne donne pas de précision.
Ce que faisait l’homme n’a pas d’importance. Ce qui compte alors, c’est l’effet de surprise. On peut imaginer la stupéfaction de cet homme. Il est touché, bouleversé au point qu’il vend tout ce qu’il a pour acheter le champ dans lequel est caché le trésor.

Cette attitude renvoie au jeune homme riche qui demandait à Jésus ce qu’il lui fallait pour avoir la vie éternelle. Quand Jésus lui a répondu : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. », le jeune homme est parti tout triste. Sur le moment, son pied n’a pas buté sur le trésor.

Dans la seconde parabole, Jésus nous dit que le royaume des Cieux est comparable à une longue recherche. Il s’agit là d’un négociant qui fait le commerce de perles fines. Son activité consiste à rechercher les plus belles perles. Et un jour, il tombe sur LA PERLE. C’est comme si une longue quête, la quête de toute une vie, trouvait son accomplissement. Comme dans la première parabole, le négociant sacrifie tous ses biens pour acquérir LA PERLE. Le reste de sa vie sera consacré à la contemplation de la perle. Il continue sa recherche dans la contemplation de ce qu’il a de plus cher.

En fait, le royaume des Cieux n’est pas un lieu, c’est la grande découverte de ce dimanche. Le royaume des Cieux est plutôt une rencontre. Cette rencontre peut être fortuite comme l’acheteur du champ ou le fruit d’une longue recherche comme le découvreur de la perle. Les deux alternatives produisent les mêmes effets, une joie immense et un renoncement léger.

Le monde peut se passer de Dieu. Le monde dans lequel nous vivons, propose de trouver de la joie dans la consommation effrénée. Le monde nous aveugle et met du plein dans nos vies. Surtout combler le moindre recoin.
Alors, nous manquons de vigilance. Nous ne cherchons pas ce qui essentiel dans notre vie, nous passons à côté d’une rencontre déterminante pour notre vie.
Et un jour, nous nous laissons surprendre et tout peut changer.
Le royaume des Cieux est à notre portée. Il se propose à chacun de nous. Il se propose dans notre quotidien comme à l’homme qui trouve un trésor dans un champ. Il se propose à chacun de nous quand nous nous rassemblons dans cette église pour rendre grâce à Dieu.

Je rencontre dans la mission qui m’est confiée, beaucoup d’adultes qui me raconte leur découverte d’un trésor ou d’une perle.
Je me souviens de ce jeune homme qui visite l’église saint Sulpice à Paris. Il me raconte qu’il s’assied dans la chapelle dédiée à la vierge au fond de l’abside centrale. Et soudainement, il pleure. Sans savoir pourquoi, il pleure. Il pleure sans être triste. Ce jour-là, son pied a buté sur un trésor.
Je me souviens également d’une jeune femme qui est à la recherche de Dieu. Elle regarde des vidéos sur internet. Elle écoute la Bible sur YouTube. Et un jour elle entend Jésus dire à la samaritaine : « Si tu savais le don de Dieu. » Ce jour-là, elle a trouvé sa perle.

Si le royaume des Cieux est un trésor caché dans notre quotidien, cherchons quand il s’est proposé à nous cette semaine. Ce peut être dans un geste, une rencontre, dans le silence d’une prière…
Amen !
Dominique Bourgoin, diacre.

La prière du pompier

Seigneur, me voici devant toi, moi Sapeur-Pompier. Donne-moi la force d'être toujours disponible pour aller aider et secourir les personnes en difficulté ou en danger.

Qu'en toute personne qui crie à l'aide, je vois l’image du Christ Jésus et mon prochain à secourir. Si l'angoisse me prend devant l'ampleur d'un sinistre, donne-moi le courage d'un vrai soldat du feu, prêt à lutter pour assurer la sécurité de tous.

"Sauver ou périr", telle est notre devise. Seigneur, fais que je puisse sauver beaucoup de personnes sans m'enorgueillir, même au péril de ma vie. S'il fallait périr, reçois-moi dans ta lumière, Seigneur Jésus, toi qui a péri pour nous sauver.

J'ose encore te demander de bénir ma famille qui souvent s'inquiète quand je suis en service. Que Sainte Barbe, notre Patronne, protège mes compagnons et moi-même. Ainsi soit-il.

Mgr Luc Ravel

Prions pour les sapeurs-pompiers

"Dieu tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre dans ta sagesse tu as confié à l'homme la capacité d'accomplir des œuvres grandes et belles pour le secours des hommes en détresse et de la Création. Nous te prions pour les sapeurs-pompiers : qu'ils fassent preuve de prudence, et qu'en accomplissant leur mission auprès de leurs frères en humanité, ils sachent reconnaître le Christ dans chaque victime secourue.

Que le Seigneur soit toujours avec eux sur leurs interventions, qu'il les protège dans leur mission de secours. Que la paix et la bénédiction de Dieu tout-puissant, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit descendent sur tous les sapeurs-pompiers et les victimes qu'ils secourront. Amen." 

Le fardeau léger / Mt 11 25-30 / Une homélie

Jésus attire vers lui les fatigués et ceux qui ploient sous la charge, sans dire d’où vient cette fatigue, sans dire ce qu’est cette charge.

Que va-t-il faire pour eux ? Va-t-il les soulager de leur fardeau ? va-t-il le porter avec eux ? le porter à leur place ? Bien au contraire, il va ajouter un deuxième fardeau au fardeau ! Le sien ! et en ajoutant ce poids léger au poids qui accable, voilà que les fatigués trouvent du repos, non pas pour leur dos, mais pour leur âme.

On entend parfois dire : « Je n’en peux plus des responsabilités que m’a données l’Église. Ma charge est trop lourde, mon ministère, mes engagements paroissiaux, le Seigneur m’en demande trop... »
Mensonge ! Son fardeau est léger ! Donc si c’est lourd, ça ne vient pas de Lui

Ou bien : « Que c’est lourd cette nouvelle fonction, ce nouveau service, cet appel qui me fait si peur, si j’accepte, je serai écrasé par la charge… »

Mensonge ! Son fardeau est léger ! si c’est lourd, ça ne viendra pas de Lui

Ou encore : « Que c’est lourd ce deuil, cette maladie, cette solitude, cette croix que le Seigneur m’a mise sur le dos ! Je suis accablé par ce qu’il me fait porter… »

Mensonge encore ! Mensonge ultime et redoutable !
Notre Dieu serait-il un Dieu méchant ? Prendrait-il plaisir à nos souffrances ? Serions-nous assez bêtes pour suivre un tel Dieu ?!
Son fardeau est léger ! si c’est lourd, ça ne peut pas venir de Lui !

Et mille exemples encore ! mille contraintes, mille reproches, parfois même le seul fait de se dire Chrétien, que c’est lourd ! Que c’est dur à porter ! Mensonge que tout cela ! Son fardeau, à Lui est léger ! Si c’est lourd, ça vient d’ailleurs, d’un faux Jésus, d’une idée que je me suis faite de Lui, ça vient bien souvent de moi-même, parfois aussi de l’Ennemi qui se fait passer pour Lui, mais si c’est lourd, ça ne vient pas de Lui.

Son fardeau à Lui, il abrite sa Parole, son enseignement : « venez à moi, prenez sur vous mon joug et apprenez de moi car je suis doux et humble de cœur » (« devenez mes disciples » est une traduction abusive ) Apprenez de moi non pas parce que ce que je vais vous dire, « c’est du lourd ! »… Apprenez de moi parce que je suis doux et humble de cœur.
Quelle est cette douceur que nous avons à apprendre de Lui ?
C’est un don de l’Esprit qui fait qu’on accepte sans résistance et sans crainte, ce que Dieu juge bon de nous donner. On s’en remet à Lui avec confiance.
Il ne s’agit pas de tout accepter bêtement, il s’agit de recevoir comme un Fils reçoit de son Père.
Jésus n’oppose pas les sages et les intelligents aux fous et aux imbéciles, il les oppose aux « tout-petits ». Et ces tout petits, ce sont les tout petits enfants, ceux qui n’ont pas encore de parole articulée… les mêmes que l’on retrouve dans le psaume « Jusqu'aux cieux, ta splendeur est chantée par la bouche des enfants, des tout-petits » Ce qui est caché aux sages, aux intelligents, aux discoureurs, aux baratineurs, c’est révélé aux bébés, à ceux qui babillent, qui gazouillent…
En nous mettant à son école, en le prenant pour maître, nous voilà chargés d’un fardeau, léger comme un rire de nouveau-né. Nous voilà chargés d’un joug qui pèse le sourire d’un bébé. Et ce fardeau nouveau, il nous révèle ce que nous sommes : des fils et des filles d’un Père qui nous aime follement.
Les grands maîtres du discours seront incapables de voir et d’entendre… ils continueront à transpirer sous le poids du paquetage qu’ils se sont eux-même liés sur le dos. Parce qu’ils refusent de recevoir tout ce qui ne vient pas de leur sagesse et de leur intelligence. Ils refusent d’accueillir le fardeau léger qui vient d’un autre qu’eux, qui vient du doux et de l’humble de cœur.

Mettons-nous à l’école de celui-là. Essayons, d’apprendre à être, nous aussi, doux et humbles de cœur. Ça ne sera pas facile car notre cœur est plein d’orgueil ! Il nous faudra beaucoup d’heures de pratique ! Il faudra être bien attentifs à ce que nous dira le maître ! Mais si nous ne sommes pas de trop mauvais élèves, c’est à dire si nous nous mettons à parler sa langue à Lui, celle des tout-petits, alors nous recevrons du repos pour nos âmes.
Et nous cesserons peut-être de nous plaindre sans arrêt d’un fardeau imaginaire, ou d’un fardeau qui ne vient pas du Seigneur.

Ne retenez que ça : si c’est lourd, ça ne vient pas de Lui !
╬ Amen
Sylvain diacre

Le temps de l'été / l'Edito


    Que nous soyons enfant, parent, grand-parent ou célibataire, ce temps de juillet et août est, depuis plusieurs décennies, organisé, en fonction de l’agenda scolaire et du tourisme. Même s’il est à penser qu’avec le dérèglement climatique, il est possible que cela change. Toujours est-il qu’aujourd’hui, ce temps nous est donné avec un rythme différent.
    Les villes se vident, les stations balnéaires s’animent, les festivals et les lieux de visite battent leur plein, les campagnes s’étonnent de nouveaux résidents, les paroisses, les monastères accueillent des gens de passage, des pèlerins…
    Que nous soyons enfant, parent, grand-parent ou célibataire, ce temps, autre, différent du reste de l’année, nous est offert. Qu’en faire ? 
    D’abord, probablement, tout lâcher, lâcher prise, laisser faire le temps, prendre son temps, accepter qu’un espace nouveau, vide, se fasse en nous. C’est l’étymologie du mot ‘vacances’, ‘vacuum’ : le vide. Oui, car le rythme de l’année est tourné vers l’activité, des choses à faire, le travail, avec les soucis qui vont avec, la compétitivité, voire la performance… Le grand âge impose déjà ces changements de rythme et les tout petits ont cette capacité à rapidement s’échapper des travaux scolaires pour jouer et crier dans la cour de récréation. Puissions-nous les imiter comme Jésus le propose : « Si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. » (Mt 18,3). 
    Que nous soyons enfant, parent, grand-parent ou célibataire : et si nous nous mettions humblement à l’écoute de la Parole de Dieu ? Une lecture suivie pas à pas d’un Évangile à écouter en silence. Laisser résonner tel ou tel mot avec notre quotidien : « Qui vous accueille m'accueille ; et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé » (Mt 10,40) ... « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » (Mt 11, 28) … 
    Peut-être viendra le temps de nous ouvrir à de nouvelles perspectives, de nouveaux engagements pour nourrir notre foi, pour témoigner de Celui dont nous recevons le souffle de la Vie. 
    Que vous soyez enfant, parent, grand-parent ou célibataire, beau et bon temps de l’été. 

Vincent GARROS 

Aimer en vérité / Mt 10, 37-42 / Une homélie

    Quand on entend l’évangile d’aujourd’hui, on est un peu assommé ! Cette exigence concernant un amour inconditionnel pour Jésus plus que les parents ou les enfants, prendre sa croix, perdre sa vie à cause de Jésus… C’est insupportable ! Bon, peut-être pour quelques martyrs, quelques saints triés sur le volet mais très peu pour moi ! et puis comment faire le lien avec « honore ton père et ta mère » (Ex 20,12/ Ep 6, 1-4) … et … « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ! » (Jn 13,34) 
    La seconde partie semble plus tranquille : accueillir un prophète ou un juste ou même donner un simple verre d’eau voilà quelque chose à la portée de tous et toutes et en plus il y a une récompense à recevoir : tout va bien !
    Mais voilà, Nous n’avons pas à prendre dans l’évangile que ce qui est le plus facile à comprendre ou à faire ! comment faire tenir tout cela ensemble ?
    Il me semble que le texte de Saint Paul que nous avons entendu juste avant peut nous éclairer ! 
    Tout commence avec le baptême ! Écoutons Paul : « Nous tous par le baptême, nous avons été unis au Christ Jésus ! » Il me semble que nous n’avons pas fini de comprendre ce que cela signifie vraiment ! Continuons ! « C’est à sa mort que nous avons été unis, mis au tombeau avec lui et ressuscité avec lui par le Père » C’est  difficile, mais il faut que nous comprenions que par le baptême nous sommes morts ! oui morts, mis au tombeau ! avec Jésus, le Christ. Et que par le baptême nous sommes vivants, ressuscité avec Jésus le Christ ! Avec le baptême commence une vie nouvelle : « C’est pour que nous menions une vie nouvelle » nous dit Paul. Paul en a fait l’expérience sur le chemin de Damas, il en sait quelque chose ! Désormais, la vie, les relations, l’amour que nous portons aux autres doit intégrer un tiers, un autre : Jésus-le Christ ! Alors aimer n’est plus uniquement organisé entre moi et l’autre mais il fait place à Jésus, le Christ, le ressuscité !  Abraham l’a compris sur le mont Morriyya quand Dieu lui demande de sacrifier son unique (Gn 22) Jacob l’a découvert sur le bord du Yabboq quand il combat avec l’ange (Gn 32,25-29) pour ne citer qu’eux… 
    Par le baptême, avec le Christ, nous sommes morts, mis au tombeau et ressuscités : personne ne nous appartient et l’amour, le vrai, n’emprisonne personne, l’amour en Christ rend libres ! Jésus, le Christ nous apprend à aimer en vérité, alors, il faut l’aimer plus que tout.  Amen.                           

Vincent GARROS

Ne craignez pas ceux qui tuent le corps / Mt 10 26-33 / Une homélie

L’Evangile de ce dimanche se situe avant l’envoi en mission des apôtres par Jésus. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la mission s’annonce difficile. Nous avons là une liste d’encouragements face aux difficultés qui peuvent se présenter.

L’envoi en mission dans la Palestine du temps de Jésus n’était pas sans danger. Les apôtres devaient légitimement s’inquiéter. Le pays vit sous l’occupation romaine. Des soulèvements sporadiques, des attentats perpétués par le mouvement zélote secouent le pays. La situation n’est pas si paisible qu’on pourrait se l’imaginer.
La comparaison avec l’époque que nous vivons, nous viens rapidement à l’esprit.
La guerre en Ukraine ravive la peur d’un conflit sur le sol européen. Les pays Baltes s’arment massivement car pour eux l’affrontement est proche.
Le Moyen-Orient est comme un baril de poudre prêt à exploser à la moindre étincelle. L’accord de paix bute sans cesse sur les rodomontades des différents belligérants.
Notre pays est fracturé, tiraillé entre des partis qui se radicalisent. La violence des faits divers s’étale sans fin sur les médias attisant un sentiment d’insécurité.
C’est dans ces situations que, de tout temps, nous sommes invités à témoigner de l’amour de Dieu.
Car le monde a besoin d’un témoignage qui apaise. Le monde a besoin d’une parole de paix. Mais le monde redoute l’annonce de l’Evangile qui va à l’encontre de ses objectifs de puissance et de richesses. De là, les tensions entre un besoin de paix et un désir de domination.
Quand il s’agit de se lancer dans des actions d’évangélisation, sachez que cela demande des compétences et un minimum de formation. Cela ne s’improvise pas, il faut être envoyé par l’Eglise. Et surtout, on n’est jamais envoyé seul. Jésus a envoyé ses disciples deux par deux.
Le témoignage n’est donc pas sans risque. La peur est légitime. Jésus ne nie pas cette réalité. Aussi affirme-t-il par trois fois : « ne craignez pas ». Jésus comprend les peurs mais il nous invite à ce qu’elles n’aient pas le dernier mot. Il nous demande d’avoir la foi. La foi ne supprime pas les difficultés mais permet de les traverser dans la confiance. Ainsi Jésus ne dit pas : « Il n’y a rien à craindre », il dit : « ne craignez pas ». La différence est importante, la peur existe mais elle ne doit pas gouverner notre vie.
Nous devons toujours agir dans la foi. La comparaison des petits moineaux nous fortifie dans la confiance que nous mettons dans le Seigneur. Il se fait défenseur de ceux qui mettent leur foi en lui. Rien de se qui peut arriver ne laisse indifférent le Père qui est aux cieux.
Nous sommes invités à témoigner dans la confiance : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. »
Le témoignage que nous demande le Christ n’est pas d’aller jusqu’au martyre mais dans une fidélité tenue dans la vie quotidienne avec quelques règles simples.
    ● Se tenir éloigné du mensonge, avoir une parole de vérité.
    ● Se tenir éloigné du jugement hâtif, préférer toujours le pardon.
    ● Se tenir éloigné du repli sur soi, être présent auprès des plus fragiles.
    ● Ne pas avoir honte de croire.
Le témoignage est moins une démonstration qu’une cohérence de vie.
Ne craignons pas :
    ● Parce que la vérité sera manifestée.
    ● Parce que nous avons du prix aux yeux du Père.
    ● Parce que le Christ lui-même se tient à nos côtés.
Amen !
Dominique Bourgoin, diacre.