Dieu l'Au-delà de tout / l'édito

    Dieu est l’inconnaissable et toute tentative de le connaître est voué à l’échec. Les Pères orientaux ont, pour parler de Dieu, définit deux voies, l’une, positive : « cataphatique » et l’autre négative : « apophatique ».
    Dans la première, on exprime par exemple : « Dieu est bon », mais l’homme n’a aucune idée de l’étendue et de la nature même du concept « bonté de Dieu ». Lorsqu’il pense ‘Dieu est bon’, il a non seulement une vision partielle de la bonté divine, mais le plus souvent cette perception est parasitée par des conceptions et des limitations humaines. La perception d’un Dieu bon, une Mère Térésa peut nous en donner une approche rayonnante. Mais toute définition positive de Dieu reste infirme. Pour les Pères, « seul Dieu peut définir Dieu ».
    La voie de la théologie négative ou apophatique est considérée par les Pères comme préférable. Elle est la seule humainement possible, bien qu’elle soit aussi imparfaite. Elle consiste à énumérer tout ce qui n’est pas Dieu. Dans ce sens, elle est déjà une purification de l’intelligence. « Dieu n’est pas dans ce que je pense de lui, ni même dans ce que je comprends humainement d’une telle définition de lui, pourtant juste en elle-même, puisque puisée dans sa Parole. »
    Théolepte de Philadelphie dit ceci : « L’esprit qui se tourne vers Dieu suspend toute conception et information sur la nature des êtres. Alors, il contemple Dieu sans image ni forme et il éclaircit son regard dans l’inconnaissance suprême, liée à la gloire inaccessible. Il connaît qu’il ne connaît pas. Car l’objet de sa contemplation est incompréhensible. Pourtant, il connaît dans la vérité de Celui qui est par essence et qui seul possède ce qui dépasse l’être. »
    Le Créateur est à la fois l’objet du désir d’union et de connaissance de l’âme qui s’élance vers lui et, comme créateur, il ne peut jamais être l’objet de la contemplation même en lui conférant les définitions les plus élevées et sacrées, de sa créature.
    Dieu livre librement à l’âme quelque chose de sa divinité, comme il le fit pour Moïse sur le mont Sinaï (Ex 3, 1-15) ou comme à trois de ses apôtres sur le mont Thabor (Lc 9, 28-36). C’est toujours un don gratuit et l’homme, pour les recevoir est invité à préparer la maison du Maître qui reviendra comme un voleur en pleine nuit. (Mt 24, 45-51)

Michel LAROCHE
in La voie du silence A. Michel. 2010

Les annonces

Prières et Sacrements

Prions pour nos frères et sœurs : 
Les défunts : Colette MACHERET, Jeanine BOUNIORT et Michèle LACHAT-SIDERATOU
Obsèques de la semaine prochaine : Arnaud DELPORTE lundi 26; Jean-Claude CALVET mardi 27.

Lecture de la Bible

Lecture de l'Évangile du dimanche : 20h salle St Jean. Prochaine rencontre lundi 2 novembre.

Pastorale des Jeunes

Partage d'Évangile pendant la messe : Reprise le dimanche 8 novembre

Vie Fraternelle

Le nouveau service “Faire pousser des fleurs” va commencer : faire pousser des fleurs dans le jardin du presbytère, pour approvisionner nos fleuristes ! Aménagement, bricolage, jardinage (à tout âge !) … une bonne occasion de servir dans l’esprit de l’encyclique du pape François "Laudato Si". Se signaler au secrétariat du presbytère.


Vide-maison à l'Archevêché : Au printemps dernier, nous avons trié dans nos locaux du mobilier ou des objets qui ne serviront plus. C’est le moment de leur donner une seconde vie ! Du mardi 3 au vendredi 6 novembre, de 9h à 12h30 et de 14h à 17h, Accueil de l'Archevêché, 183 cours de la Somme à Bordeaux.

 

Reportage sur la Mission de France : interview du prélat diffusée lundi 26 octobre, aux alentours de 21h40 sur KTO et KTOVTV.com. Ensuite disponible en replay sur le site de KTO.

PRIÈRE À SAINT JEAN-PAUL II

 POUR LES BIENFAITEURS DE L'ÉGLISE
(Dimanche 25 octobre : messe d’action de grâce pour les bienfaiteurs de l'Église)
 

Saint Jean-Paul II, pasteur courageux et témoin de l'espérance, toi qui nous as rappelé que la foi reçue est un trésor à transmettre, nous te confions tous les bienfaiteurs de l'Église.

Avec toi, nous rendons grâce à Dieu pour leur générosité et leur confiance en l'avenir.

Ils nous permettent d'espérer pour les générations futures une vie d'Église pleine et vivante.

Comme nous avons la joie de la vivre aujourd'hui.

Par l'offrande de leurs biens et le don de leur cœur, ils préparent pour nos enfants et nos petits-enfants un chemin de foi et de fraternité, un chemin de rencontre avec le Christ.

Soutiens ceux qui donnent pour aujourd'hui et ceux qui préparent demain.

Affermis en eux la joie de servir et la paix de ceux qui donnent avec confiance. Éveille dans le cœur de beaucoup d'autres le désir de rejoindre cette belle lignée des bienfaiteurs, pour que l'Église demeure vivante et accueillante.

Saint Jean-Paul II, Prie pour nous.

Soutiens notre espérance pour demain.

Aide-nous, à l'exemple des bienfaiteurs, à envisager sereinement l'avenir.

Apprends-nous à bâtir ensemble une Église fidèle à sa mission.

Nous te le demandons par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Amen.

 

Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu / Mt 22 15-21 / Une homélie


Sans s’attarder à l’hypocrisie de ses ennemis, l’attitude de Jésus nous éclaire sur la bonne manière de situer.
Rendez à César ce qui est à César
Rendez à Dieu ce qui est à Dieu
 
Les premiers chrétiens de l’empire romain seront affrontés à la tyrannie de l’empereur. Non seulement son effigie est représentée sur la monnaie, rien d’anormal, mais plus contraignant, sa statue doit être honorée par tout citoyen comme on vénère un Dieu, sous peine de châtiment. Cela s’appelle la tyrannie.
Plus tard, dans l’histoire de l’Église, une autre dérive va naître : la tentation de la théocratie, c’est-à-dire, un royaume, un gouvernement dont Dieu est l’inspirateur et qui s’impose à tout un pays. Pendant longtemps les papes ont guerroyé pour défendre leur territoire, et ce jusqu’en 1870.
 
Rendez à Dieu ce qui est à Dieu
Voilà un conseil ouvre de belles perspectives concrètes et spirituelles.
Si Dieu est amour, nous avons à lui rendre cet amour en nous aimant et en nous servant les uns les autres. A chacun d’entre nous, l’Esprit fait porter de beaux fruits.
 
Si l’Évangile est bonne nouvelle, parole de Vie, avons-nous à cœur d’en faire notre nourriture quotidienne en lisant et en partageant la bible ?
Si le baptême fait de nous des sœurs et frères de Jésus Christ, en Jésus Christ, avons-nous conscience d’avoir à vivre la fraternité en Église. Apprendre à passer du JE au NOUS, comme nous l’enseigne la prière du Seigneur, le ‘Notre Père’
 
Si Dieu nous a créés, hommes et femmes, à son image, essayons-nous, par delà nos faiblesses humaines, d’en incarner toute la richesse : amour, tendresse, miséricorde, vie éternelle, pour nous et pour l’humanité ? Est-ce que nos engagements en témoignent ?
 
Rappelons-nous la joie de frère Laurent de la résurrection, carme, que la pape Léon aime tant : « nous servir de toutes les œuvres de notre état pour marquer à Dieu notre amour et entretenir sa présence en nous… je retourne mon omelette dans la poêle pour l’amour de Dieu. »
Aucune circonstance ne peut nous séparer de Dieu. Chacune de nos actions, chacune de nos occupations, et même chacune de de nos erreurs acquièrent une valeur infinie si elles sont vécues en sa présence, continuellement offertes à Lui.
Jean-Louis DESPEAUX

Un homme-Roi invite aux noces de son fils / Mt 22 1-14 / Une homélie


   Un homme-Roi invite aux noces de son fils, alors il invite ses familiers, ses proches, ceux et celles qu’il connaît et prépare un repas hors norme avec des bœufs et autres bêtes grasses ! (Pas vraiment végane !) Voilà cette nouvelle parabole de Jésus qui essaye de nous faire comprendre quelque chose du Royaume des Cieux. Mais si le festin de viandes grasses et de vins capiteux pouvaient faire rêver les auditeurs du prophète Isaïe, là les invités se désintéressent de cette invitation et chose curieuse, certains réagissent comme les vignerons de la parabole de dimanche dernier. Ces derniers refusaient de donner le fruit de leur travail au maître du domaine, frappaient les envoyés et même tuaient le fils héritier. 
    Dans ces deux paraboles, une colère fait périr les invités qui ont refusé l’invitation, le festin ne sera pas pour eux comme la vigne sera enlevée à ceux à qui elle avait été confiée. Me vient alors cette parole de Jean le baptiste qui disait aux pharisiens et Saducéens qui venaient se faire baptiser dans le Jourdain : « Engeance de vipère, qui vous a montré le moyen d’échapper à la colère qui vient ? produisez-donc du fruit qui témoigne de votre conversion… (Mt 3, 7-8)
     Alors d’homme-roi reprend son annonce de la noce toute prête et envoie ses serviteurs. Il les envoie hors la ville, à la sortie des chemins nous dit le texte : là où arrivent les lointains, ceux du dehors ! des périphéries nous disait le pape François ! Qu’ils soient bons ou mauvais, justes ou pécheurs, tous sont invités et sont accueillis à la noce du fils de ce roi. Tous pourront être témoins de l’alliance qui est ici célébrée et profiter de ce beau et bon festin. Ce festin effacera-t-il l’humiliation de ceux qui avaient été exclus ? enlèvera-t-il le voile de deuil ? Ces images interrogent me semble-t-il nos liturgies et nos assemblées ! 
    Mais voilà, un personnage de cette parabole vient troubler l’harmonie. Un convive ne porte pas le vêtement de noce et refuse de répondre à celui qui l’appelle : « mon ami !» S’il est bien difficile  de savoir qui il est, nous apprenons par lui qu’il faut porter un vêtement de noce pour rester partager la joie du roi. La parabole  ne nous indique pas l’existence d’un dressing à l’entrée du Royaume mais peut-être que ce personnage n’a pas habillé son cœur de confiance ou de la joie d’avoir été invité et accueilli tel qu’il était. Alors le voilà, rejeté dans la ténèbre du dehors, nous faisant découvrir ainsi que dedans c’est rempli de lumière. Alors me vient ce verset du psaume 138 : « La ténèbre n'est point ténèbre devant toi, la nuit comme le jour est lumière ».  Amen  -

Vincent Garros     

Achetez ! … sans rien payer ? / Mt 22 1-14 / Une homélie pour la première communion des enfants

 Il y a quinze jours, les enfants qui font aujourd’hui leur première communion étaient réunis au ‘Fronton’ pour une petite journée de récollection. Six enfants et deux mamans. Découverte du texte des pèlerins d’Emmaüs et du récit de l’Institution avec Saint Paul ainsi que des grands temps de la liturgie de la messe. 
    De bons moments de récréations alternaient avec ces différents temps studieux. Si au début, dans la cour ce furent des courses et des ‘cache-cache’, l’après-midi, plus chaude les fit rester dans la salle. Alors un jeu étonnant apparut, de leur invention, auquel ils se donnèrent tous avec une joie évidente aux trois temps de pause jusqu’à leur retour chez eux. Deux tables à distance avec trois enfants chacune, organisés en banquiers, faux monnayeur et vendeurs de richesses. Chaque table s’interpellait avec des ‘Venez acheter !’, ventant leur marchandise.
    Si au début, les boutiques offraient des diamants, petits carrés de papier harmonieusement décorés de bleu ou de vert, de rouge et d’or, d’autres objets vinrent compléter la collection. Parmi ces nouveaux trésors âprement disputés dans des marchandages très drôles, sont apparus une coupe, des hosties, et surtout la clé du bonheur ! Je n’ai pas vu de ciboire ni de calice mais j’observais à distance…
    Les interpellations des enfants entre eux m’a fait penser à un texte très ancien du prophète Isaïe « Vous tous qui avez soif, venez, voici de l'eau ! Même si vous n'avez pas d'argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent, sans rien payer. Pourquoi dépenser de l’argent pour autre chose que du pain, et ce que vous avez gagné pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez ! » (Is 55,1-2) Là où le monde monnaye tout, le prophète propose gratuitement ce qui est essentiel à la vie et qui rassasie : la parole de Dieu qui, mieux que le pain, rassasie, travaille à l’Alliance et donne le pardon. 
    Quand au milieu des diamants et autres richesses classiques se mêlèrent des éléments de l’Eucharistie comme la coupe et des hosties et que des échanges s’établirent entre eux, alors me vint cette parabole de Jésus de la perle. « Le royaume des Cieux est encore comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il a et achète la perle ». (Mt 13, 45-46)
    Ce jeu propre à cet âge, inventé en toute liberté, a été pour moi comme une parabole de ce qui se jouait mystérieusement dans le cœur de ces enfants pendant ce temps de récollection. La Parole de Dieu et l’Eucharistie comme des trésors d’une grande richesse. Sont-ils à vendre comme des diamants ou des perles ? mais non, ils ne sont pas à vendre. Le don de Dieu est gratuit ! Les sacrements sont les signes de l’amour gratuit de Dieu pour chacun ! 
    Que chacun de vous, enfants mais aussi vous, les parents, parrain et marraines, frères et sœurs, amis qui accompagnez ces six enfants, désiriez chaque jour un peu plus la Parole de Dieu qui nourrit et réconforte et viviez des sacrements qui travaillent à établir entre tous une plus grande communion par Jésus le Christ. Amen

Vincent GARROS

Fête de Saint Luc - Pastorale de la Santé / l'édito

    Saint Luc est de l’auteur de troisième évangile qui porte son nom, ainsi que des Actes des Apôtres. La rédaction de ces deux textes se situe vers les années 80-85. Luc n’a pas connu Jésus mais il figure dans toutes les listes des soixante-dix disciples de Jésus. Saint Luc est médecin, il se convertit à la foi du Christ et devint le compagnon très cher de l’Apôtre saint Paul. Dans son évangile, il expose avec soin tout ce que Jésus a fait et enseigné [Lc 1,1-4], en scribe de la miséricorde du Christ. Puis, dans les Actes des Apôtres, il se fait l’historien des débuts de la vie de l’Église jusqu’au premier séjour de saint Paul à Rome
    Dans la tradition catholique, Luc est considéré comme le saint patron des médecins et des services de santé, du fait de sa profession. Il est le saint patron des artistes peintres et sculpteurs car il est le seul à livrer les récits sur Marie (Annonciation et Visitation) qui ont tant inspiré les artistes. Une légende du VIe siècle fait également de lui l’auteur d’une série d’icônes de la Vierge.
    En ces jours nous allons célébrer la fête de saint Luc comme saint patron de tous les soignants, nous souhaitons également y associer les aumôniers des hôpitaux et centres de soins, le Service Évangélique des Malades (SEM) et les bénévoles qui accompagnent les malades, les personnes âgées et personnes porteuses de handicap. Nous prierons aussi avec et pour les soignants afin qu’ils trouvent réconfort dans le Seigneur et qu’ils poursuivent leur mission dans un esprit de service et de respect de la vie.
    Voici un extrait d’un message du pape Léon XIV auprès de personnes travaillant dans un hôpital (2 décembre 2025) « Votre présence compétente et attentionnée ainsi que votre souci des malades sont un signe tangible de l’amour compatissant du Christ. Vous êtes comme le bon Samaritain [Luc 10, 30-37] qui s’arrête auprès du blessé et prend soin de lui pour le relever et le guérir. Parfois, la fatigue ou le découragement peuvent survenir, surtout en raison des conditions de travail dans lesquelles vous vous trouvez, qui ne sont pas toujours favorables. Je vous encourage à ne pas perdre la joie de cette mission et, malgré les difficultés, je vous invite à toujours garder à l’esprit le bien que vous avez la possibilité de réaliser. C’est une grande œuvre aux yeux de Dieu ! »

                        Patrick Lepault, 
médecin et diacre 
en charge de la Pastorale des soignants pour le diocèse de Bordeaux 

En savoir plus sur la Pastorale de la Santé dans le diocèse de Bordeaux ICI 

Pour une écologie de la communication / l'édito

 Extraits de l'Encyclique
 ‘Magnifique humanité’ 
du Pape Léon XIV

137. Le premier devoir qui nous incombe est de ne pas diaboliser ni idolâtrer les outils, mais de les maitriser en partant d'un point d'ancrage : la vérité est un bien commun, et non la propriété de ceux qui détiennent le pouvoir ou la visibilité. Il faut donc promouvoir une écologie de la communication : sur le plan des règles publiques, cela signifie établir des normes qui rendent plus transparentes les logiques selon lesquelles les contenus sont sélectionnés et amplifiés et qui protègent les données personnelles ; sur le plan social et culturel, en revanche, cela implique le renforcement des corps intermédiaires, un journalisme sérieux et des lieux de débat où comptent davantage l'argumentation et la vérification que la réaction immédiate ; du côté de l'école et de la famille, la croissance du besoin d'une nouvelle conscience éducative et la formation à l'utilisation correcte et critique des outils numériques, de l'IA, des plateformes d'achat et d'investissement ; du côté de l'université, le grand défi de l'intégration des savoirs, en formant à la fois à la capacité de relier et de fusionner les connaissances pour appréhender la complexité, et aux techniques de vérification des faits.

138. Même les communautés chrétiennes doivent s'engager à communiquer de manière transparente et à rechercher fidèlement les faits. 

141. Ces dernières années, la littérature psychologique et psychiatrique a mis en évidence avec une insistance croissante comment une exposition précoce et non encadrée aux appareils numériques et aux réseaux sociaux peut avoir des répercussions négatives sur le sommeil, l’attention, la régulation émotionnelle et la vie relationnelle, en particulier chez les plus jeunes, avec des conséquences parfois dramatiques. 142. Dans le même temps, il faut éduquer les enfants, les adolescents et les jeunes afin qu'ils apprennent à reconnaitre les manipulations, à défendre leur dignité et à respecter celle des autres, y compris dans les environnements numériques. 143. L'école est le lieu où les nouvelles générations peuvent apprendre à rechercher et à aimer la vérité, à s'interroger sur le sens de la vie et sur la dignité de chaque personne.

Les sourds et le pape ; des rencontres

     

Nous sommes partis samedi matin pour arriver à Lourdes vers midi. Après avoir déjeuné et installé notre campement, nous avons rejoint le groupe des sourds dans l’une des salles du sanctuaire. Nous avons retrouvé avec joie nos amis, Frère Xavier LOPINET (op), Nelly et bien d’autres.
Après ce temps de retrouvailles, nous nous sommes placé le long du parcours pour attendre le passage du pape.
Vincent, qui est l’un des descendants de Bernadette et qui travaille au sanctuaire, est ensuite allé rejoindre le carré des VIP. Lors de la visite du pape à la grotte, il a eu la joie de lui remettre un cierge que le pape a ensuite allumé. Ce fut un premier moment fort de ce week-end.

Le dimanche, à 7 heures, nous avons retrouvé le groupe. Nous sommes ensuite allés dans la prairie, dans le carré qui nous était réservé. Nous étions très, très bien placés.
Au cours de la cérémonie, trois personnes de notre groupe ont eu la joie d’apporter les offrandes au pape. Pour elles, ce fut un moment particulièrement fort et une grande joie. À la fin de la messe, nous sommes partis rapidement, afin de rejoindre le secteur de la Maison Notre-Dame.
Nous avons croisé Monseigneur JAMES, qui est venu saluer le petit groupe que nous formions. Il était heureux de nous rencontrer et a pris quelques instants pour échanger avec nous.

Puis le responsable du site nous a remis nos passes. Nous avons alors été installés à côté des reporters et des tribunes de presse. On nous avait expliqué que le pape prendrait du temps avec nous et ferait le tour de la place afin de rencontrer les personnes présentes.
Avec un volontaire, nous avons réussi à franchir un barrage humain afin de permettre à Jean d’être placé au premier rang. Finalement, il a pu saluer le Saint-Père. En voyant son regard, nous avons pu mesurer toute sa fierté et toute sa joie. Il était profondément heureux d’avoir vécu ce moment. Pour nous aussi, ce fut un instant particulièrement émouvant de le voir vivre cette rencontre.
 
Ces deux journées à Lourdes auront été riches en rencontres, en émotions, en moments de partage et de fraternité. Entre les retrouvailles avec nos amis, les cérémonies, la rencontre avec le pape et surtout la joie de Jean lorsqu’il a pu saluer le Saint-Père, nous avons vécu des moments forts que nous garderons longtemps dans nos mémoires.

Cédric, Pierre et Jean LHERMITTE

Rien de ce monde ne nous est indifférent / L'édito

   Une nouvelle année se met en place petit à petit après la grande rupture des vacances d’été bouleversées par les grands feux dans notre région et d’autres catastrophes exceptionnelles dues au dérèglement climatique. En ce weekend où nous fêtons St François d’Assise, voici quelques passages de l’encyclique ‘Loué sois-tu’ du pape François.
        Saint François, fidèle à l’Écriture, nous propose de reconnaitre la nature comme un splendide livre dans lequel Dieu nous parle et nous révèle quelque chose de sa beauté et de sa bonté : ‘La grandeur et la beauté des créatures font contempler, par analogie, leur auteur’ (Sg 13,5) (n°12)
        Le défi urgent de sauvegarder notre maison commune inclut la préoccupation d’unir toute la famille humaine dans la recherche d’un développement durable et intégral, car nous savons que les choses peuvent changer. (n°13)
        Le changement climatique est un problème global aux graves répercussions environnementales, sociales, économiques, distributives ainsi que politiques, et constitue l’un des principaux défis actuels pour notre humanité. (n°25)
        Beaucoup de ceux qui détiennent plus de ressources et de pouvoir économique ou politique semblent surtout s’évertuer à masquer les problèmes ou à occulter les symptômes …(n°26)
        L’eau potable et pure représente une question de première importance, parce qu’elle est indispensable pour la vie humaine comme pour soutenir les écosystèmes terrestres et aquatiques. (n°28)
        L’environnement est un bien collectif, patrimoine de toute l’humanité, sous la responsabilité de tous. (n° 95)
        La notion de bien commun inclut aussi les générations futures. Les crises économiques internationales ont montré de façon crue les effets nuisibles qu’entraîne la méconnaissance d’un destin commun, dont ceux qui viennent derrière nous ne peuvent être exclus. (n°159).

        Quel genre de monde voulons-nous laisser à ceux qui nous succèdent, aux enfants qui grandissent ? (n°160)

Aux Captifs la libération / l'édito

Ce week-end, la visite du Pape Léon XIV en France est un évènement marquant. Dans son programme, au milieu des méga-rassemblements, nous n’avons peut-être pas relevé un moment discret : samedi matin, le Pape rencontrera en visite privée l’association « Aux captifs la libération ». Une trentaine de jeunes des « captifs » seront encore au Stade de France à la veillée, et 250 à la messe du dimanche.

Le nom de l’association est tirée du texte d’Evangile dans lequel Jésus annonce qu’il est venu « annoncer aux captifs la libération ».
Au début des années 80, le Père Patrick Giros a voulu prendre soin des gens de la rue : SDF, personnes en situation de prostitution.
Son intuition, c’est que ces personnes ont d’abord besoin d’être reconnues comme des personnes à part entière, avant d’être des personnes précaires. Si elles sont « captives » de la pauvreté ou de la violence du monde de la prostitution, chacun de nous est lui-même « captif »… de ses préjugés, de ses blessures, de son histoire…
La rencontre est donc possible d’égal à égal.
Mais pour cela, il faut sortir d’une logique de « dette », et donc, oser une rencontre « les mains nues». Les bénévoles iront vers ces personnes les mains vides, sans rien d'autre à leur donner qu'une parole, un sourire, une poignée de main. Sans jugement, sans discours prosélyte,. Demander des nouvelles, s’inquiéter de leur état, plaisanter avec eux, les écouter, et, parfois (souvent), prier ensemble…

A Bordeaux, l’antenne de l’association se concentre uniquement sur les personnes en situation de prostitution. pour créer ce contact de confiance et de dignité. Chaque semaine, une petite équipe de bénévoles se retrouve dans le quartier Belcier. Avec régularité et fidélité, ils vont à deux ou trois, la nuit, sur les lieux de prostitution pour tenter de créer ce lien fragile et ténu qui réaffirme la dignité de ces personnes.
Une fois par mois, un temps prière est organisé : une « prière rue », qui rassemble les bénévoles et ceux et celles qui veulent se joindre à eux.

Le monde de la prostitution est un monde en pleine mutation (réseaux sur internet, prostitution des mineurs, prostitution « logée »…) inscrit dans un paysage urbain lui-même en constante évolution. Il est de plus en plus difficile de rencontrer les personnes en situation de prostitution, rejetées aux marges de la ville, invisibilisées.
L’Association a besoin de renforts pour défricher de nouveaux terrains !

Publicains et prostituées / Mt 21 28-32 / Une homélie


Il y a donc ceux qui disent « non » et qui font « oui », et ceux qui disent « oui » et qui font « non ». Et au bout du compte, la seule chose qui importe, c’est d’avoir « fait » et pas d’avoir « dit ».
Ces deux enfants de parabole peuvent bien dire ce qu’ils veulent, ce que le Père attend d’eux, ce n’est pas de parler, c’est d’aller à la vigne. Car ce sont deux grands enfants, de jeunes adultes. L’âge où l’on apprend qu’il y a une distance possible avec ses parents, et que, dans cette distance, il y a la place pour un libre choix, la place pour de la révolte ou pour de l’obéissance.
Le Père demande d’aller travailler à la vigne, je suis libre de lui répondre ce que je veux, je suis libre de faire sa volonté ou de rester sur le canapé…

En face de ces deux enfants, Jésus pose un autre binôme : les publicains et les prostituées.
Je m’interroge sur ce couple étrange : « publicains et prostituées ».
Les prostituées ne sont pas si nombreuses dans l’Evangile. Chez Matthieu, elles n’apparaissent que dans ce texte, et on en trouve un écho chez Luc dans la parabole du fils prodigue… et c’est tout… nulle part ailleurs il n’est question de prostituées. Or elles ont ici une importance considérable puisqu’on apprend qu’avec les publicains, elles nous devancent dans le Royaume. Ce n’est pas rien !

On nous dit que ce sont des figures de pécheurs irrécupérables qui se sont repentis et c’est pour ça qu’ils ont ce privilège, d’entrer avant nous dans le royaume. Mais rien dans le texte ne dit ça. Ceux qui ont à se repentir, ce sont les grands prêtres. Ce qui caractérise les publicains et les prostituées, c’est qu’ils ont cru. Ils ont entendu la Parole, là où les grands-prêtres sont restés sourds.
Ce n’est pas une question de péché, c’est une question de foi, et, comme toujours, c’est donc une question d’oreilles.

Les publicains et les prostituées ne sont pas des pécheurs. Pas plus que vous et moi.
Le péché c’est toujours le fruit de ma liberté. Le péché, c’est mon œuvre, c’est mon choix. Le péché, c’est refuser d’entendre la voix du Père qui me veut dans la vigne, c’est refuser d’entendre la voix qui m’attend sur les chemins de justice. Le péché, c’est refuser le désir du Père pour moi, refuser d’être aimé… pour mille raisons. Mais refuser, c’est encore un acte de liberté : L’enfant qui dit « non », il découvre, en disant « non » qu’il est libre.

Le publicain, il ramasse les impôts… il n’a pas le choix, on ne lui demande pas son avis. Il se tait et il ramasse l’argent des uns pour le donner à d’autres.
Cet argent n’est pas le sien. Rien ne lui appartient. Il perd jusqu’à sa réputation et ne gagne que de la honte.
La violence de l’argent et de ceux qui le possèdent le tient sous sa domination.

La prostituée, rien ne lui appartient plus, ni son argent (car l’argent qu’elle gagne n’est pas pour elle), ni son désir, ni son temps, ni son nom, ni sa voix, ni même son corps devenu marchandise. Elle perd tout et ne gagne que de la honte.
La violence de l’argent et de ceux qui le possèdent la tient sous sa domination.

Le publicain et la prostituée comme figures du non-choix, de la non-liberté. Le publicain et la prostituée comme ceux qui, du fond de l’ultime humiliation entendent la voix, entendent là où personne n’entend. Contraints au silence, ils répondent avec une joie débordante à la voix du Père.
Bien sûr qu’ils nous précèdent dans le Royaume !! Pour eux, les portes du royaume s’ouvrent sans réserve, il ne leur sera rien demandé… puisqu’ils sont au plus bas, puisqu’ils sont sans parole, puisqu’on leur a tout pris. Ils sont dès aujourd’hui dans le Royaume.

Et nous qui jouissons de notre liberté, nous qui sommes en mesure de choisir, vers où dirigerons-nous nos pas ? Vers qui se tourneront nos oreilles ?
Aurons-nous la foi des publicains et des prostituées ?
Serons-nous capables d’apprendre d’eux ?

Le Père n’attend pas de nous de beaux discours, de grandes déclarations, des « oui » enflammés ou des « non » d’enfants gâtés… Il nous demande de travailler à la vigne, c’est à dire de prendre soin du fruit, de veiller à ce qu’il ne se perde pas.
╬ Amen
Sylvain diacre