Dieu l'Au-delà de tout / l'édito

    Dieu est l’inconnaissable et toute tentative de le connaître est voué à l’échec. Les Pères orientaux ont, pour parler de Dieu, définit deux voies, l’une, positive : « cataphatique » et l’autre négative : « apophatique ».
    Dans la première, on exprime par exemple : « Dieu est bon », mais l’homme n’a aucune idée de l’étendue et de la nature même du concept « bonté de Dieu ». Lorsqu’il pense ‘Dieu est bon’, il a non seulement une vision partielle de la bonté divine, mais le plus souvent cette perception est parasitée par des conceptions et des limitations humaines. La perception d’un Dieu bon, une Mère Térésa peut nous en donner une approche rayonnante. Mais toute définition positive de Dieu reste infirme. Pour les Pères, « seul Dieu peut définir Dieu ».
    La voie de la théologie négative ou apophatique est considérée par les Pères comme préférable. Elle est la seule humainement possible, bien qu’elle soit aussi imparfaite. Elle consiste à énumérer tout ce qui n’est pas Dieu. Dans ce sens, elle est déjà une purification de l’intelligence. « Dieu n’est pas dans ce que je pense de lui, ni même dans ce que je comprends humainement d’une telle définition de lui, pourtant juste en elle-même, puisque puisée dans sa Parole. »
    Théolepte de Philadelphie dit ceci : « L’esprit qui se tourne vers Dieu suspend toute conception et information sur la nature des êtres. Alors, il contemple Dieu sans image ni forme et il éclaircit son regard dans l’inconnaissance suprême, liée à la gloire inaccessible. Il connaît qu’il ne connaît pas. Car l’objet de sa contemplation est incompréhensible. Pourtant, il connaît dans la vérité de Celui qui est par essence et qui seul possède ce qui dépasse l’être. »
    Le Créateur est à la fois l’objet du désir d’union et de connaissance de l’âme qui s’élance vers lui et, comme créateur, il ne peut jamais être l’objet de la contemplation même en lui conférant les définitions les plus élevées et sacrées, de sa créature.
    Dieu livre librement à l’âme quelque chose de sa divinité, comme il le fit pour Moïse sur le mont Sinaï (Ex 3, 1-15) ou comme à trois de ses apôtres sur le mont Thabor (Lc 9, 28-36). C’est toujours un don gratuit et l’homme, pour les recevoir est invité à préparer la maison du Maître qui reviendra comme un voleur en pleine nuit. (Mt 24, 45-51)

Michel LAROCHE
in La voie du silence A. Michel. 2010

Les annonces

Prières et Sacrements

Prions pour nos frères et sœurs : 
Les défunts : Colette MACHERET, Jeanine BOUNIORT et Michèle LACHAT-SIDERATOU
Obsèques de la semaine prochaine : Arnaud DELPORTE lundi 26; Jean-Claude CALVET mardi 27.

Lecture de la Bible

Lecture de l'Évangile du dimanche : 20h salle St Jean. Prochaine rencontre lundi 2 novembre.

Pastorale des Jeunes

Partage d'Évangile pendant la messe : Reprise le dimanche 8 novembre

Vie Fraternelle

Le nouveau service “Faire pousser des fleurs” va commencer : faire pousser des fleurs dans le jardin du presbytère, pour approvisionner nos fleuristes ! Aménagement, bricolage, jardinage (à tout âge !) … une bonne occasion de servir dans l’esprit de l’encyclique du pape François "Laudato Si". Se signaler au secrétariat du presbytère.


Vide-maison à l'Archevêché : Au printemps dernier, nous avons trié dans nos locaux du mobilier ou des objets qui ne serviront plus. C’est le moment de leur donner une seconde vie ! Du mardi 3 au vendredi 6 novembre, de 9h à 12h30 et de 14h à 17h, Accueil de l'Archevêché, 183 cours de la Somme à Bordeaux.

 

Reportage sur la Mission de France : interview du prélat diffusée lundi 26 octobre, aux alentours de 21h40 sur KTO et KTOVTV.com. Ensuite disponible en replay sur le site de KTO.

PRIÈRE À SAINT JEAN-PAUL II

 POUR LES BIENFAITEURS DE L'ÉGLISE
(Dimanche 25 octobre : messe d’action de grâce pour les bienfaiteurs de l'Église)
 

Saint Jean-Paul II, pasteur courageux et témoin de l'espérance, toi qui nous as rappelé que la foi reçue est un trésor à transmettre, nous te confions tous les bienfaiteurs de l'Église.

Avec toi, nous rendons grâce à Dieu pour leur générosité et leur confiance en l'avenir.

Ils nous permettent d'espérer pour les générations futures une vie d'Église pleine et vivante.

Comme nous avons la joie de la vivre aujourd'hui.

Par l'offrande de leurs biens et le don de leur cœur, ils préparent pour nos enfants et nos petits-enfants un chemin de foi et de fraternité, un chemin de rencontre avec le Christ.

Soutiens ceux qui donnent pour aujourd'hui et ceux qui préparent demain.

Affermis en eux la joie de servir et la paix de ceux qui donnent avec confiance. Éveille dans le cœur de beaucoup d'autres le désir de rejoindre cette belle lignée des bienfaiteurs, pour que l'Église demeure vivante et accueillante.

Saint Jean-Paul II, Prie pour nous.

Soutiens notre espérance pour demain.

Aide-nous, à l'exemple des bienfaiteurs, à envisager sereinement l'avenir.

Apprends-nous à bâtir ensemble une Église fidèle à sa mission.

Nous te le demandons par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Amen.

 

Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu / Mt 22 15-21 / Une homélie


Sans s’attarder à l’hypocrisie de ses ennemis, l’attitude de Jésus nous éclaire sur la bonne manière de situer.
Rendez à César ce qui est à César
Rendez à Dieu ce qui est à Dieu
 
Les premiers chrétiens de l’empire romain seront affrontés à la tyrannie de l’empereur. Non seulement son effigie est représentée sur la monnaie, rien d’anormal, mais plus contraignant, sa statue doit être honorée par tout citoyen comme on vénère un Dieu, sous peine de châtiment. Cela s’appelle la tyrannie.
Plus tard, dans l’histoire de l’Église, une autre dérive va naître : la tentation de la théocratie, c’est-à-dire, un royaume, un gouvernement dont Dieu est l’inspirateur et qui s’impose à tout un pays. Pendant longtemps les papes ont guerroyé pour défendre leur territoire, et ce jusqu’en 1870.
 
Rendez à Dieu ce qui est à Dieu
Voilà un conseil ouvre de belles perspectives concrètes et spirituelles.
Si Dieu est amour, nous avons à lui rendre cet amour en nous aimant et en nous servant les uns les autres. A chacun d’entre nous, l’Esprit fait porter de beaux fruits.
 
Si l’Évangile est bonne nouvelle, parole de Vie, avons-nous à cœur d’en faire notre nourriture quotidienne en lisant et en partageant la bible ?
Si le baptême fait de nous des sœurs et frères de Jésus Christ, en Jésus Christ, avons-nous conscience d’avoir à vivre la fraternité en Église. Apprendre à passer du JE au NOUS, comme nous l’enseigne la prière du Seigneur, le ‘Notre Père’
 
Si Dieu nous a créés, hommes et femmes, à son image, essayons-nous, par delà nos faiblesses humaines, d’en incarner toute la richesse : amour, tendresse, miséricorde, vie éternelle, pour nous et pour l’humanité ? Est-ce que nos engagements en témoignent ?
 
Rappelons-nous la joie de frère Laurent de la résurrection, carme, que la pape Léon aime tant : « nous servir de toutes les œuvres de notre état pour marquer à Dieu notre amour et entretenir sa présence en nous… je retourne mon omelette dans la poêle pour l’amour de Dieu. »
Aucune circonstance ne peut nous séparer de Dieu. Chacune de nos actions, chacune de nos occupations, et même chacune de de nos erreurs acquièrent une valeur infinie si elles sont vécues en sa présence, continuellement offertes à Lui.
Jean-Louis DESPEAUX

Un homme-Roi invite aux noces de son fils / Mt 22 1-14 / Une homélie


   Un homme-Roi invite aux noces de son fils, alors il invite ses familiers, ses proches, ceux et celles qu’il connaît et prépare un repas hors norme avec des bœufs et autres bêtes grasses ! (Pas vraiment végane !) Voilà cette nouvelle parabole de Jésus qui essaye de nous faire comprendre quelque chose du Royaume des Cieux. Mais si le festin de viandes grasses et de vins capiteux pouvaient faire rêver les auditeurs du prophète Isaïe, là les invités se désintéressent de cette invitation et chose curieuse, certains réagissent comme les vignerons de la parabole de dimanche dernier. Ces derniers refusaient de donner le fruit de leur travail au maître du domaine, frappaient les envoyés et même tuaient le fils héritier. 
    Dans ces deux paraboles, une colère fait périr les invités qui ont refusé l’invitation, le festin ne sera pas pour eux comme la vigne sera enlevée à ceux à qui elle avait été confiée. Me vient alors cette parole de Jean le baptiste qui disait aux pharisiens et Saducéens qui venaient se faire baptiser dans le Jourdain : « Engeance de vipère, qui vous a montré le moyen d’échapper à la colère qui vient ? produisez-donc du fruit qui témoigne de votre conversion… (Mt 3, 7-8)
     Alors d’homme-roi reprend son annonce de la noce toute prête et envoie ses serviteurs. Il les envoie hors la ville, à la sortie des chemins nous dit le texte : là où arrivent les lointains, ceux du dehors ! des périphéries nous disait le pape François ! Qu’ils soient bons ou mauvais, justes ou pécheurs, tous sont invités et sont accueillis à la noce du fils de ce roi. Tous pourront être témoins de l’alliance qui est ici célébrée et profiter de ce beau et bon festin. Ce festin effacera-t-il l’humiliation de ceux qui avaient été exclus ? enlèvera-t-il le voile de deuil ? Ces images interrogent me semble-t-il nos liturgies et nos assemblées ! 
    Mais voilà, un personnage de cette parabole vient troubler l’harmonie. Un convive ne porte pas le vêtement de noce et refuse de répondre à celui qui l’appelle : « mon ami !» S’il est bien difficile  de savoir qui il est, nous apprenons par lui qu’il faut porter un vêtement de noce pour rester partager la joie du roi. La parabole  ne nous indique pas l’existence d’un dressing à l’entrée du Royaume mais peut-être que ce personnage n’a pas habillé son cœur de confiance ou de la joie d’avoir été invité et accueilli tel qu’il était. Alors le voilà, rejeté dans la ténèbre du dehors, nous faisant découvrir ainsi que dedans c’est rempli de lumière. Alors me vient ce verset du psaume 138 : « La ténèbre n'est point ténèbre devant toi, la nuit comme le jour est lumière ».  Amen  -

Vincent Garros     

Achetez ! … sans rien payer ? / Mt 22 1-14 / Une homélie pour la première communion des enfants

 Il y a quinze jours, les enfants qui font aujourd’hui leur première communion étaient réunis au ‘Fronton’ pour une petite journée de récollection. Six enfants et deux mamans. Découverte du texte des pèlerins d’Emmaüs et du récit de l’Institution avec Saint Paul ainsi que des grands temps de la liturgie de la messe. 
    De bons moments de récréations alternaient avec ces différents temps studieux. Si au début, dans la cour ce furent des courses et des ‘cache-cache’, l’après-midi, plus chaude les fit rester dans la salle. Alors un jeu étonnant apparut, de leur invention, auquel ils se donnèrent tous avec une joie évidente aux trois temps de pause jusqu’à leur retour chez eux. Deux tables à distance avec trois enfants chacune, organisés en banquiers, faux monnayeur et vendeurs de richesses. Chaque table s’interpellait avec des ‘Venez acheter !’, ventant leur marchandise.
    Si au début, les boutiques offraient des diamants, petits carrés de papier harmonieusement décorés de bleu ou de vert, de rouge et d’or, d’autres objets vinrent compléter la collection. Parmi ces nouveaux trésors âprement disputés dans des marchandages très drôles, sont apparus une coupe, des hosties, et surtout la clé du bonheur ! Je n’ai pas vu de ciboire ni de calice mais j’observais à distance…
    Les interpellations des enfants entre eux m’a fait penser à un texte très ancien du prophète Isaïe « Vous tous qui avez soif, venez, voici de l'eau ! Même si vous n'avez pas d'argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent, sans rien payer. Pourquoi dépenser de l’argent pour autre chose que du pain, et ce que vous avez gagné pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez ! » (Is 55,1-2) Là où le monde monnaye tout, le prophète propose gratuitement ce qui est essentiel à la vie et qui rassasie : la parole de Dieu qui, mieux que le pain, rassasie, travaille à l’Alliance et donne le pardon. 
    Quand au milieu des diamants et autres richesses classiques se mêlèrent des éléments de l’Eucharistie comme la coupe et des hosties et que des échanges s’établirent entre eux, alors me vint cette parabole de Jésus de la perle. « Le royaume des Cieux est encore comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il a et achète la perle ». (Mt 13, 45-46)
    Ce jeu propre à cet âge, inventé en toute liberté, a été pour moi comme une parabole de ce qui se jouait mystérieusement dans le cœur de ces enfants pendant ce temps de récollection. La Parole de Dieu et l’Eucharistie comme des trésors d’une grande richesse. Sont-ils à vendre comme des diamants ou des perles ? mais non, ils ne sont pas à vendre. Le don de Dieu est gratuit ! Les sacrements sont les signes de l’amour gratuit de Dieu pour chacun ! 
    Que chacun de vous, enfants mais aussi vous, les parents, parrain et marraines, frères et sœurs, amis qui accompagnez ces six enfants, désiriez chaque jour un peu plus la Parole de Dieu qui nourrit et réconforte et viviez des sacrements qui travaillent à établir entre tous une plus grande communion par Jésus le Christ. Amen

Vincent GARROS