Les rapports de l'Eglise de la terre avec l'Eglise du ciel / l'édito
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Chemin (bien)faisant vers Compostelle
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu / Mt 5 1-12 / Une homélie
Lorsque j’ai préparé cette homélie, j’ai pensé à la rencontre de préparation des adultes au baptême que nous proposons autour du thème des « béatitudes ». Pendant la rencontre, nous lisons le texte de l’Evangile des béatitudes, exactement celui que je viens de lire. Puis nous demandons aux catéchumènes de choisir une béatitude et de justifier leur choix.
De la colère / Mt 22, 34-40 / Une homélie
J’ai été sensible à cette phrase de Paul dans sa lettre aux chrétiens de Thessalonique : « Vous êtes convertis à Dieu en vous détourant des idoles afin de servir Dieu vivant et véritable, afin d’attendre des Cieux son Fils ressuscité d’entre les morts, Jésus qui nous délivre de la colère qui vient ! »
D’abord à cause de ce mot de colère que nous entendons ces jours-ci autant de la part des lycéens, des étudiants, des agriculteurs, des artisans mais aussi de ceux et celles dont les commerces ou les établissements ont été ravagés ou pillés. La colère engendre la colère et fait le lit des dictatures.
Jean-Baptiste avait interpellé les habitants de Jérusalem qui venaient à lui pour se faire baptiser par lui dans le Jourdain : « Qui vous a montré le chemin pour échapper à la colère qui vient ? » Ici aussi Paul parle d’une colère qui vient mais surtout de Jésus qui nous en délivre !
Oui, une colère vient mais vient-elle de Dieu ? Si nous écoutons attentivement : la réponse est NON ! Ce que nous révèle Isaïe c’est un Dieu qui écoute le cri des immigrés opprimés ou des veuves et des orphelins accablés ou encore de celui du pauvre à qui on a retiré le minimum vital ! si une colère est annoncée c’est en menace pour ceux et celles qui ne se laissent pas toucher par ceux qui souffrent, victimes de systèmes économiques ou relationnels mortifères ! Jésus va plus loin encore en révélant un Dieu qui aime et qui nous invite à aimer comme Dieu, son père et notre Père.
Il nous faut donc comme les Thessaloniciens nous convertir, tourner le dos aux idoles, ces faux dieux ou plutôt ces fausses idées que nous avons de Dieu ! Devenons athées ! athées des faux dieux ! Rejetons l’idée que Dieu est un dieu qui juge avec les mêmes critères que nous, qui se met en colère avec la violence aveugle qui détruit tout pensant ainsi pouvoir tout refaire à neuf ! Rappelons-nous le récit du déluge : c’est de cela que ça parle. Dieu annonce en fin de récit : « Je ne maudirai plus jamais la terre à cause de l’homme… plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme je l’ai fait ! » (Gn 8, 21).
Vincent Garros
Dieu l'Au-delà de tout / l'édito
Dieu est l’inconnaissable et toute tentative de le connaître est voué à l’échec. Les Pères orientaux ont, pour parler de Dieu, définit deux voies, l’une, positive : « cataphatique » et l’autre négative : « apophatique ».
Dans la première, on exprime par exemple : « Dieu est bon », mais l’homme n’a aucune idée de l’étendue et de la nature même du concept « bonté de Dieu ». Lorsqu’il pense ‘Dieu est bon’, il a non seulement une vision partielle de la bonté divine, mais le plus souvent cette perception est parasitée par des conceptions et des limitations humaines. La perception d’un Dieu bon, une Mère Térésa peut nous en donner une approche rayonnante. Mais toute définition positive de Dieu reste infirme. Pour les Pères, « seul Dieu peut définir Dieu ».
La voie de la théologie négative ou apophatique est considérée par les Pères comme préférable. Elle est la seule humainement possible, bien qu’elle soit aussi imparfaite. Elle consiste à énumérer tout ce qui n’est pas Dieu. Dans ce sens, elle est déjà une purification de l’intelligence. « Dieu n’est pas dans ce que je pense de lui, ni même dans ce que je comprends humainement d’une telle définition de lui, pourtant juste en elle-même, puisque puisée dans sa Parole. »
Théolepte de Philadelphie dit ceci : « L’esprit qui se tourne vers Dieu suspend toute conception et information sur la nature des êtres. Alors, il contemple Dieu sans image ni forme et il éclaircit son regard dans l’inconnaissance suprême, liée à la gloire inaccessible. Il connaît qu’il ne connaît pas. Car l’objet de sa contemplation est incompréhensible. Pourtant, il connaît dans la vérité de Celui qui est par essence et qui seul possède ce qui dépasse l’être. »
Le Créateur est à la fois l’objet du désir d’union et de connaissance de l’âme qui s’élance vers lui et, comme créateur, il ne peut jamais être l’objet de la contemplation même en lui conférant les définitions les plus élevées et sacrées, de sa créature.
Dieu livre librement à l’âme quelque chose de sa divinité, comme il le fit pour Moïse sur le mont Sinaï (Ex 3, 1-15) ou comme à trois de ses apôtres sur le mont Thabor (Lc 9, 28-36). C’est toujours un don gratuit et l’homme, pour les recevoir est invité à préparer la maison du Maître qui reviendra comme un voleur en pleine nuit. (Mt 24, 45-51)

