Des ténèbres de l'erreur, le pécheur aspire à l'éternelle lumière / l'édito

    Il est juste et bon de te rendre grâce, Seigneur, Père très saint, Dieu éternel et tout puissant, par Jésus Christ ton Fils, notre Seigneur. Par l'illumination de sa foi, il a repoussé les ténèbres du monde et il a transformé en fils de la grâce ceux que détenait la juste damnation de la loi. Il est venu en ce monde pour le jugement, de sorte que les aveugles ont vu et que ceux qui voyaient furent aveuglés. Ceux qui se sont reconnus dans les ténèbres de l'erreur ont reçu la lumière éternelle qui les délivra de l'obscurité de leurs fautes. Et les arrogants qui prétendaient posséder en eux-mêmes la lumière de la justice furent plongés à bon droit dans leurs propres ténèbres : gonflés de leur orgueil et sûrs de leur justice, ils ne cherchaient pas de médecin pour les guérir. Ils auraient pu avoir accès au Père par Jésus qui s'est déclaré la porte, mais parce qu'ils se sont pré-valus insolemment de leurs mérites ils demeurèrent dans leur aveuglement.
    C'est pourquoi nous venons humblement vers toi, Père très saint, et sans présumer de nos mérites nous ouvrons devant ton autel notre propre blessure ; nous avouons les ténèbres de nos erreurs, nous découvrons les replis de notre conscience. Puissions-nous trouver, nous t'en prions, un remède à notre blessure, la lumière éternelle au milieu des ténèbres, la pureté de l'innocence dans notre conscience. Nous voulons de toutes nos forces contempler ton visage, mais l'obscurité habituelle de notre aveuglement nous en empêche. Nous désirons voir le ciel, et nous ne le pouvons pas, tant que nous sommes aveuglés par les ténèbres du péché... 
    Viens donc à nous, Jésus, nous qui prions dans ton temple, et soigne-nous, en ce jour, toi qui n'as pas tenu compte du sabbat pour opérer des prodiges. Voici que devant la gloire de ton nom nous découvrons nos faiblesses ; procure-nous donc le remède à nos infirmités. Toi qui de rien nous a faits ce que nous sommes, prépare un onguent et applique-le sur les yeux de notre cœur et de notre corps, afin que nous ne chancelions pas comme des aveugles. Ô bon Jésus, nous ne nous écarterons pas de tes traces, toi qui es venu avec d'humbles sentiments sur la terre. Écoute notre prière et enlève l'aveuglement de nos péchés afin que nous voyions la gloire de ta face dans la paix de la béatitude éternelle. 

Préface mozarabe (XVI° siècle)

Les annonces de la semaine

Prières et Sacrements
Prions pour nos frères
Les défunts : Pierre PHAM, Marie-Denise DUBOS.
Le baptisé :Cléon RATTON KUCHER.


Préparation à la confirmation des adultes :jeudi 19 mars à 18h30, salle St Jean.


Prier l'Evangile avec Marie : vendredi 20 mars à 15h :

le groupe de Nicole GAHINET se réunit Salle St Jacques.

le groupe de Pierre BORDIS se réunit chez Denise CLERC

Lecture de la Bible

"Premiers pas dans la Bible" : dimanche 15 mars de 18h à 21h salle St Jean. Lecture : Psaume 22. 19h30 : messe pour tous, puis repas partagé.


Atelier "conter la Bible" : jeudi 19 mars à 14h salle St Jean.

Pastorale des Jeunes

Catéchisme : dimanche 22 mars et lundi 23 mars, salle St Jean.


Catéchuménat des adolescents : dimanche 22 mars à 17h, salle St Jean

Vie Fraternelle

Pèlerinage diocésain à Lourdes : 9 et 10 mai 2026. Bulletins d’inscription au fond de l’église INSCRIVEZ VOUS AVANT LE 3 AVRIL.


Collecte pour les charges paroissiales : à la sortie des messes de ce week-end, vous pourrez venir prendre votre enveloppe et éventuellement celles de vos voisins et connaissances salle St Jean.

Les enveloppes seront ensuite disponibles au presbytère à partir du mardi 17 mars.


Assemblée générale de La Visitation II, jeudi 19 mars, à 10h au Fronton.


"Croire et comprendre" : Samedi 21 mars, à 12h Salle St Jacques.

 

Au terme de la Semaine nationale de lutte contre le cancer, le mouvement « Lourdes Cancer Espérance » se présente.
Mouvement catholique créé en 1985 par un médecin, atteint du cancer. Aujourd'hui 7000 adhérents au niveau national (180 en Gironde) Plus de 4000 participants (80 en Gironde) au pèlerinage annuel organisé lors de la 3ème semaine de septembre. Ce pèlerinage s'adresse naturellement aux malades du cancer (actif ou en rémission), à tous les aidants, mais aussi à tous les bénévoles soucieux d'aider les pèlerins (notamment accompagner les personnes en fauteuil roulant) Au-delà des pèlerinages le mouvement organise 4 ou 5 journées d'amitié pour conserver et intensifier les liens.

Plus d’infos auprès de Francis TRESSE 07 89 48 02 16, responsable départemental.

Vie diocésaine
Kermesse pour les Séminaristes samedi 14 mars de 10h à 19h30 à la Maison Saint Louis Beaulieu (145 rue saint Genès à Bordeaux).

Cette journée a pour but de financer la formation de nos séminaristes pour le diocèse. Vous aurez le plaisir de les rencontrer.

Au programme :

- ventes de vins, confection, légumes, livres, brocante, plantes, produits monastiques, vides dressing et autre 
- Temps de prière : de 11h à 13h Adoration, à 12h15 Office du milieu du jour. 
-14h Visite de la chapelle commentée. 
-15h Concert des séminaristes.
-16h Théâtre : 'Reg ’art’ par la compagnie du hasard
-18h30 : Messe présidée par Monseigneur James
- et toute la journée de quoi vous restaurer.
Dans la joie de vous y retrouver !

Carême

RENCONTRES FRATERNELLES DE CARÊME

"Soyons une Église ouverte, chaleureuse et fraternelle, accueillante et bienveillante". Encouragée par Mgr JAMES «je veux attirer l’attention sur l’importance des Fraternités chrétiennes de quartier », l’EAP propose de mettre en œuvre cet extrait de la vision pastorale de la paroisse.


Pendant le Carême, certains d’entre vous pourront proposer d’organiser des rencontres fraternelles : réunir quelques personnes, pour un repas, un café, un jeu, une balade … d’autres vont préférer se sentir invités : à chacun de répondre à l'invitation qui lui convient le mieux.

Nous allons donc faire en sorte que les propositions des uns rejoignent les attentes des autres.

 

Les propositions :

🍕Dimanche 1er mars : Déjeuner au presbytère. Vincent GARROS et Michel BUFFET.

🚶Samedi 7 mars : Promenade au Lac Vert. Xavier et Marie Jo LAROCHE.
🂡 Samedi 14 mars : Tournoi de belote "fraternel" de 14h30 à 17h30 10 rue de la Liberté chez Pierre et Bénédicte BARBET, avec Anne Marie et François Dupuy. 
🍔Dimanche 15 mars : invitation à déjeuner chez Elisabeth et Bruno JOUSSAIN (23 rue du Doyen Brus) 8 personnes
🎲Dimanche 15 mars : Après-midi jeux de société, de 14h à 17h, salle St Jean. Avec Joël et Geneviève DUCOM 

🎲Dimanche 22 mars : Jeux de société chez Agnès et Cédric LHERMITTE. 16 Rue de Lange

Voir aussi les affichettes au fond de l’église.

Les vendredis de Carême

Chaque vendredi soir de Carême
à l’église, à 19h prière
puis bouillon partagé
à 20h : conférence salle St Jean
 
🕀 Vendredi 20 février : Mme Arlette SCHNEIDER, ‘Ste Bernadette à Nevers.’
🕀 Vendredi 27 février : Mme Françoise ROUMEZIE, Présentation de l’Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (ACAT)
🕀 Vendredi 6 mars : M Carlos MATTHEY, ‘Du Chili à la France - Exil et foi.’
🕀 Vendredi 13 mars : RENCONTRE EUROPÉENNE DE TAIZÉ - PARIS 2025
🕀 Vendredi 20 mars : Mme Françoise LADOUÈS, ‘Comment le concile de Nicée a changé le monde.’
🕀 Vendredi 27 mars, 19h : célébration pénitentielle

Quelle est cette soif ? / Jn 4, 5-42 / Une homélie


       
C’était environ la sixième heure… Jésus était assis simplement au bord du puits… un puits profond… Jésus était cloué sur le bois de la croix … Jésus dit ‘J’ai soif !’ Jésus, quelle est donc cette soif que tu exprimes ? quel est ce désir qui coule dans tes veines ? Toi dont sortira de ton côté ouvert par le coup de lance du sang et de l’eau !

        Une source vive ? Une source qui coule comme des mots qui parlent au cœur. Des phrases simples qui relèvent, qui mettent en marche jusqu’à ne plus avoir peur du regard des autres, qui annonce un avenir là où tout semblait fini !

        La femme samaritaine est partie laissant sa cruche et voilà que viennent les disciples apportant de quoi manger. Mais Jésus leur dit : « J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas ! »

        Jésus, quelle est donc cette nourriture ? Quel est ce pain qui te rassasie ? Toute parole qui vient de Dieu ? toute personne qui entend ? quelle est donc cette volonté du Père qui t’a envoyé ? Toi qui te donnes en nourriture pour tes disciples et pour la multitude !

        Les terres fidèles ou infidèles, Judée, Samarie ou Galilée, d’Israël ou des terres païennes, tout cela n’a plus d’importance : c’est la Terre tout entière qui est réceptacle de la Parole ! Le verbe était la vraie lumière qui, venant dans le monde illumine tout homme » entendons-nous dans le prologue de Jean.

        Les montagnes, l’Horeb, le Sinaï, le Thabor, le mont Garizim ou Sion sur lequel se dressait fièrement le Temple ne sont désormais plus les lieux privilégiés de la présence de Dieu, des lieux où il faut adorer ! C’est maintenant, en esprit et en vérité, dans un lieu quelquefois improbable où s’entend une parole qui fait sens. Jacob endormi sur une pierre, en terre étrangère en avait déjà l’expérience heureuse : « Dieu était là et je ne le savais pas ! » (Gn 28, 16).

        Pendant trois jours les samaritains ont fait l’expérience  de la foi, ils ont cru à cause de la parole de la femme, et ils ont cru ta parole, toi Jésus, le sauveur du monde.

        Quelle est donc notre foi aujourd’hui ? Quelle est notre soif ? quelle est notre faim ? Avons-nous faim et soif de Dieu ? avons-nous faim de sa Parole ? Avons-nous soif de l’Eucharistie, sang et eau offert du côté ouvert ? Avons-nous faim du pain brisé qui travaille nos corps blessés pour une communion ?

Vincent Garros 

Du Chili à la France- « L'exil et la foi » / Témoignage

 PARTIE 1

Je suis né à Santiago du Chili et j'aurai bientôt quatre-vingt-dix ans. Ma mère était chilienne et ses parents tous les deux chiliens. Mon père était chilien de naissance mais fils de français arrivés au Chili à la fin du dix-neuvième siècle pour coopérer dans un plan de développement au Chili. Mon père est venu en France à l'âge de seize ans, avec 64 autres enfants de Français, pour défendre la Mère-Patrie de leurs parents dans la Première Guerre Mondiale. Après la Victoire Française papa a pu revenir ou Chili, et à la suite d'avoir trouvé du travail il s'est marié et de son épouse il a eu deux enfants, dont le plus jeune, moi.

Notre famille était catholique et nous avons vécu très unis jusqu'à 1939, année d'un énorme tremblement de terre qu'a fait de gros dégâts au Chili. Nous avons dû abandonner notre maison et aller vivre dans une pension de famille. Un problème de mauvaise entente et l'intromission d'une troisième personne amenèrent nos parents à une séparation (au Chili le divorce n'existe pas). Papa a quitté maman, mon frère et moi nous sommes restés avec notre mère. Nous avons pu voir notre père très souvent, et pour vivre rien ne nous a manqué de sa part, y compris une maison pour les trois, pour maman et nous deux.

Même séparés, nos parents n'ont pas oublié de nous donner une éducation et formation Chrétienne (dans cette époque : catéchisme, sacrements, respects aux commandements de Dieu et de l’Église, dévotion à Jesus, Marie, et les Saints). La scolarité de mon frère et la mienne ont été faites dans des établissements catholiques. Celle de mon frère c'est arrêté plus tôt car il a voulu travailler et se marier tout en étant jeune.

Pour ma part, moi j’ai passé mon « bac », mais je n'ai pas eu les notations requises pour avoir une place à la Faculté de Médecine, mon premier choix, et j'ai dû m'orienter ailleurs. A ce moment-là je militais déjà à l'Action Catholique de Jeunes, et j'allais visiter très souvent avec mes camarades les familles plus pauvres d'un quartier de Santiago du Chili. Le rapprochement leur faisait du bien à eux et également à nous. La misère et les inégalités séparaient énormément les classes sociales existantes, et c'était une réalité visible en toute l'Amérique Latine, et pas une invention marxiste, comme c'était dit. La politique du moment réveilla une grande division même chez les catholiques car il y avait des intérêts économiques en jeu. Depuis ce moment j'ai pris l'option pour les pauvres. Et afin d'être plus disponible pour eux j'ai pris la voie de la Vie Religieuse, où je ne suis pas resté très longtemps. Honnêtement je n'étais pas fait pour elle. Je crois avoir eu des raisons valables pour faire un pas si difficile.

A partir de 1960 notre monde, et notre Église Catholique en particulier, allaient entendre souvent le mot « changement ». A Rome, le Pape fit sentir que l’Église catholique avait besoin « d'un air nouveau », et le Concile Vatican 2 s'est mis en marche pour faire des changements. Dans l'Amérique Latine, au Chili dans notre cas, il fallait des gros changements, et il a fallu commencer par revoir notre identité « Chrétienne », Oui, avant tout nous étions « chrétiens », nous étions disciples de Jésus le Christ, Dieu fait homme, et ceci demandait de notre part avant tout : d'être témoins de son Amour et porteurs de sa Parole, de sa Bonne Nouvelle de Salvation. Ceci demandait de nous tous l’amour de Dieu et de notre prochain, la justice, le partage, l'unité. Notre Église était le Corps de Christ sur la Terre, le Peuple de Dieu qui devait servir et porter un message de justice et de paix à l'humanité, et se libérer de cet esprit qui chez elle ne répandait que l'égoïsme et la division.

L’Église Catholique latino-Américaine est passée par une période très difficile marquée par des régimes autoritaires et des idéologies politiques très présentes à l'époque. Le Concile Vatican 2 a eu des bonnes intentions mais notre Église Catholique était divisée. Une réunion des Evêques de l'Amérique Latine à Medellín (Colombie) a montré un chemin à suivre : « La Justice est le nouveau nom de la Paix », « L'Église est là pour servir les gens et en particulier les plus « marginalisés », « L'amour fraternel et l'unité sont vitales dans notre Église et la vie des gens. Mais la division continuait. Alors, elle est apparue la « Théologie de la Libération » mais elle n'a pas résolu le problème non plus.

Pendant ce temps-là, j'ai eu la chance de participer à une expérience que je n'oublierai jamais. Au Chili (et d'autres pays de l'Amérique Latine), pour aider l'Évangélisation et améliorer la participation de fidèles dans la vie de l'Église a été introduit le travail dans des « Communautés Chrétiennes de Base ». Ce travail se faisait avec des groupes de chaque quartier d'une paroisse. Il s'agissait d'un rappel du début du Christianisme, où tous les chrétiens apportaient les charismes de chacun, ce qu'ils pouvaient faire pour l’Église. Cette démarche a enrichi énormément la vie de notre Église, et les membres du clergé sont redevenus les Pasteurs qui veillaient pour la vie des communautés. Les « Communautés de Base » me semble avoir été dans son époque ce que les « Fraternités » souhaitent devenir à l'heure actuelle dans notre Église. De ce fait un groupe de Chrétiens s'est permis de faire revivre l’expérience dans une « Fraternité » depuis déjà trois ans, dans le quartier de Malartic à Gradignan. Et j’espère que d’autres Fraternités pourront se former sur Gradignan et ailleurs, d’autant plus que c’est le souhait de notre Evêque et de notre Curé. Les Fraternités peuvent devenir un bon moyen de rendre présent Jésus et son amour sur nos quartiers, et surtout dans le monde que nous vivons actuellement, où l’amour de Dieu et du prochain sont indispensables.

PARTIE 2

Le 11 septembre de 1973 le Chili a connu un terrible Coup d'État, et l'introduction d'une Dictature Militaire présidée par le général Augusto Pinochet Ugarte, qui est venu prendre par la force la place du pouvoir présidentiel acquit démocratiquement par le socialiste Salvador Allende Gosens en 1970. A partir de ce moment le Chili a été divisé en deux ; Ceux qu'étaient « Pour » le Nouveau Régime et ceux qu'étaient « Contre ». Avec une certaine hypocrisie les « Pour » affirmaient : « Nous le faisons pour sauver la démocratie et les valeurs chrétiennes ».

Au moment de s'installer, la dictature au Chili il y a eu beaucoup de morts, des disparus, des personnes incarcérées, que pour des raisons politiques. Pareil, il y a eu plein de torturés, de femmes violées, et des gens obligées de quitter le pays. Ne pas appuyer le régime de Pinochet coutait cher, très cher. Ceci a été notre cas.

Je m'étais marié, et le 30 novembre de 1977 mon épouse et moi nous avons dû quitter notre pays d'origine, et partir en exil pour des raisons politiques. Pour mon épouse c'était ça, ou la prison pendant quelques années, vu qu'elle était militante politique. Moi, je partais plutôt pour l'accompagner et partager sa décision, d'autant plus qu'elle attendait notre premier enfant. Ma femme avait déjà trop souffert : elle avait été détenue, torturée, emprisonnée avec des délinquants...Nous partions pour commencer une nouvelle vie avec l'énorme tristesse de quitter notre patrie et nos familles. Nous partions là où il fallait recommencer une grande partie de notre vie. Dans l'avion mon épouse pleurait en pensant à sa mère déjà très âgée. Pour toutes les deux il serait difficile de « pardonner ». Moi, je ne faisais que prier, que demander l’aide du Bon Dieu.

Et à Dieu merci, le passé français de ma famille paternelle nous a été très utile pour obtenir un avis favorable à notre demande d'asile de la France, en tant que réfugiés. En arrivant à Paris, et quelques jours après à Bordeaux et Gradignan, l'accueil de l'Association « France Terre d'Asile » a été tellement fraternelle et bien organisé que notre arrivée en France plutôt s'est bien passée.

Nous sommes restés quelque temps au Château de Moulerens à Gradignan, avec d'autres réfugiés de l'Amérique Latine. Et une fois aidés pour avoir le permis de séjour et de travailler, ainsi qu'étant déjà préparés pour l'installation ailleurs, nous avons entrepris une vie plus indépendante. D'abord à Pessac, après à Talence, et plus tard nous sommes revenus à Gradignan, où nous habitons jusqu'à présent.

Ne pouvant pas revenir au Chili, et pour des raisons professionnelles, nous nous sommes naturalisés français, et nous essayons de rendre aux français au moins un peu de ce qu'eux et la France nous ont apporté. J'ai eu la possibilité de travailler un an auprès des jeunes en difficulté au foyer de Saint François Xavier de Gradignan. Ceci m'a donné la possibilité de me former en tant que Travailleur Social à I'IRTS de Talence, et j'ai travaillé auprès des personnes en difficulté pendant 22 ans pour le Conseil Général de Gironde, jusqu'à ma retraite.

Avec mon épouse nous avons eu 4 enfants, tous nés en France, baptisés et élevés avec de valeurs chrétiennes, même si déjà tous autonomes ils ne sont pas toujours demeurés très pratiquants. Par la suite, mon épouse est devenue Assistante Maternelle pour la mairie de Gradignan et ceci jusqu'à sa retraite.

PARTIE 3

Avec le temps mon épouse n'a pas changé ses convictions politiques et religieuses. Elle continue à se dire « catholique », malgré que, d'après elle, « dans l’Église Catholique certaines choses devraient se passer autrement. »

Par rapport au vécu au Chili elle est encore « marquée », et elle préfère ne pas trop revenir là-dessus. Pour moi, le plus important est de la voir proche de Dieu et des autres, toujours respectueuse, et en souhaitant une meilleure vie pour tous

Avant de venir en France, j’ai eu besoin de faire un véritable travail sur moi par rapport à la foi catholique. Il a été indispensable de revenir à l'essentiel du christianisme, c'est-à-dire, de remettre ou centre de ma vie et de ma foi la personne de Jésus, l’amour vrai envers Lui, et l'amour de notre prochain, ainsi que de faire de notre Église le véritable Peuple de Dieu mis au service de tous les êtres humains, et en particulier des plus pauvres mais sans oublier personne (la politique de l'époque m'avait désorienté, et plus qu'un peu).

Pour mieux connaître Jésus, j'ai consacré plus de temps a lecture de sa Parole, la prière et les sacrements. Ma croix la plus lourde à porter est devenu le respect dû à nos engagements pour la foi. Ouvrir notre cœur à Jésus et travailler pour son royaume, est devenu le plus important de notre foi. Construire la paix parmi les hommes et femmes de ce monde est devenu aussi un devoir de justice et pour la dignité due à toute personne humaine. Je suis parti du Chili avec le souhait de pouvoir faire une autre vie, mais avec Jésus le Christ là où il nous amènerait.

Arrivés en France, ma femme « respira un air diffèrent », et déjà l'accueil fraternel à Paris, à Bordeaux et Gradignan nous a fait sentir la présence du Seigneur dans nos vies. La France a été vraiment pour nous une Terre d'Asile et d'amitié, où l'amour de Dieu se fait sentir.

Depuis ce moment, et jusqu'à maintenant l’Amour de Dieu nous a accompagnés et d'une façon palpable, pour nous apprendre à aimer vrai, fraternellement et avec nos différences, comme nous sommes, et sur la route que nous avons pris vers l'éternité. Pour nous est devenu un devoir de remercier chaque jour la solidarité, l'amitié, toute parole et geste qui nous font sentir l’amour de Dieu, l’amour qui manque tant actuellement dans notre monde, sur notre planète, et que nous les chrétiens nous sommes appelés à montrer, chacun comme il peut. Et pourquoi pas dans une « Fraternité », pour mieux se connaître, pour apprendre à s'aimer vrai, et devenir des vrais témoins de la présence et l'amour de Dieu dans nos quartiers et lieux de vie. Et pourquoi ne pas participer davantage dans la vie de nos paroisses, de notre Église, et ne pas coopérer à sauver notre monde en préparant aussi notre propre Pâque, le passage de la mort à la VIE ÉTERNELLE PRES DE NOTRE DIEU QUI EST TOUT AMOUR.

Carlos Matthey remercie Vincent pour l'invitation à cet échange.

Gradignan, le 06/03/2026

Dans le Christ, c'était toi qui était tenté / l'édito

    Le corps du Christ, l’unique Église du Christ, l’unité que nous sommes, crie des confins de la terre : Écoute, ô Dieu, ma plainte, sois attentif à ma prière ; des confins de la terre je crie vers toi (Ps. 60,2-3). Des confins de la terre, c'est-à-dire de partout. Mais pourquoi ai-je crié ? Parce que mon cœur était dans l'angoisse. Celui qui prie ainsi est présent aux nations du monde entier, ce qui est une grande gloire mais au milieu de grandes épreuves. Notre vie en ce voyage d’ici-bas ne peut être sans épreuves, notre progrès ne s’accomplit qu’à travers nos épreuves et nul ne se connait soi-même s'il n'a pas été tenté. Il n'y a de récompense que pour celui qui a vaincu, il n’y a de victoire que pour celui qui a combattu, il n'y a de combat que face à l'ennemi ou à la tentation.
    Celui qui crie des confins de la terre est donc dans l'angoisse, mais il n’est pas abandonné. Car c'est nous, c'est-à-dire son corps, que le Seigneur a voulu préfigurer en son propre corps dans lequel il est mort, ressuscité et monté au ciel, afin que les membres aient la certitude de parvenir là où la tête les a devancés (Col 1, 18). Il nous a donc figurés en sa personne quand il voulut être tenté par Satan. On lit dans l’Évangile que notre Seigneur Jésus Christ fut tenté au désert par le diable (Mt, 1-11). Dans le Christ, c'est toi qui étais tenté, car le Christ avait pris de toi sa chair pour te donner son salut, de toi sa mort pour te donner sa vie, de toi ses outrages pour te donner son honneur, de toi aussi les tentations pour te donner sa victoire. Si en lui nous avons été tentés, en lui aussi nous triomphons du diable. Tu remarques bien que le Christ fut tenté, et tu ne remarquerais pas qu'il a remporté la victoire ?
    C'est donc elle qui crie des confins de la terre, l’Église qu’il a voulue bâtie sur le roc. Mais qui est devenu rocher pour que l'Église puisse être bâtie sur le roc (Mt. 16,18) ? Le rocher c'était le Christ (1 Co 10,4). C'est donc sur lui que nous sommes édifiés. Et voilà pourquoi ce roc sur lequel nous sommes construits a été le premier battu par les vents, les torrents et les pluies lorsque le Christ fut tenté par le diable. Voilà l'inébranlable fondation sur laquelle il a voulu t'établir. Notre voix ne clame donc pas en vain, mais elle est exaucée. Nous sommes en situation d'espérance : Tu m'as établi sur le roc (Ps. 60,4). 
St AUGUSTIN (354-430)

Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie / Mt 17 1-9 / Une homélie


Ce dimanche, c’est expédition dans la montagne ! Jésus gravit le mont Thabor avec trois de ses disciples. Au sommet, les disciples connaissent une expérience qui changera leur vie à tout jamais. Ils perçoivent leur maitre avec un visage resplendissant. Ses habits deviennent blancs comme la lumière. Au cœur de cette vision, ils entendent une voix leur dire : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »

Cette simple phrase ouvre une perspective immense pour nous. Je vais développer trois points : la joie du Père et du Fils, notre propre joie, un chemin de joie au quotidien.

        La joie du Père et du Fils.

Dans cette simple phrase se dévoile le caractère du Père. Le Père trouve sa joie dans le Fils. Dieu le Père se remplit de joie à la rencontre de son Fils. Ce Fils, qui est venu porter parmi les hommes le message d’Amour du Père, réjouit au plus profond le cœur de Dieu. Il n’y a à cet instant que l’amour qui s’exprime, pas de morale, pas de loi, pas de jugement, ni d’exigence. Il n’y a que joie et amour entre le Père et le Fils.

Et quelle joie, pour Jésus, que d’entendre son Père lui confirmer son amour ! Cette déclaration, il l’a déjà entendue le jour de son baptême. Quelle joie pour Jésus de se voir confirmé dans sa mission par son Père.

Ainsi nous découvrons le cœur de Dieu qui est rempli d’amour et que la joie est au cœur de la foi chrétienne. Notre Dieu n’est pas un Dieu triste. Il est un Père qui se réjouit.

        Notre propre joie.

Cette joie, elle nous touche particulièrement pour ce carême 2026. Vincent nous invitait aux cendres à humer le parfum de la joie. Pour la confirmation de Guillaume et Nadia, Monseigneur James nous exhortait à partager la joie reçue à notre baptême. Et si vous aviez assisté à l’appel décisif des catéchumènes, vous auriez vu se dessiner la joie sur les visages des catéchumènes dimanche dernier à Villenave d’Ornon. Ils ont tous été appelés à recevoir le baptême dans la nuit de Pâques.

Mystérieusement, nous, les baptisés, nous l’avons entendu cette simple phrase : « Tu es mon fils ou ma fille bien aimé(e), en toi j’ai mis tout mon amour ». Nous l’avons reçu quand nous sommes sortis symboliquement de l’eau lors de notre propre baptême. Ce baptême qui fait de nous des filles et des fils de Dieu. Le Père nous reçoit avec amour.

Il nous reçoit comme nous sommes. Il sait que nous sommes imparfaits. Que parfois nous refusons son amour. Que parfois nous avons une image dure de lui ou bien que nous pensons l’avoir déçu ou blessé. Le Père, lui, nous regarde à travers son Fils et il nous aime.

        Un chemin de joie au quotidien.

Après avoir dit son amour : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie » le Père donne une consigne : « Écoutez-le. »

Voilà le chemin. Écouter Jésus. Il s’agit d’accueillir son Évangile, et de l’accueillir lui qui est la Parole de Dieu. Lui faire confiance, c’est-à-dire marcher derrière . C’est se mettre à son écoute dans le quotidien de nos vies. C’est continuer de se convertir après une expérience forte de rencontre.

Après la transfiguration, Jésus et les disciples descendent de la montagne, il y a un nécessaire retour au quotidien. L’expérience lumineuse ne dure pas. Il faut revenir à la vie ordinaire.

Nous connaissons tous des moments lumineux. Des moments où nous percevons la présence de Dieu, la visite de l’Esprit Saint. Des moments ou avoir la foi est facile car elle nous prend tout entier. Et puis, il y a le retour à la routine du quotidien, la vie peut nous paraître plus banale.

Mais la parole reçue à notre baptême demeure : « Tu es mon fils ou ma fille bien aimé(e), en toi j’ai mis tout mon amour », pour que la joie nous habite encore.

Demandons, pour cette 2ème semaine de carême, la grâce d’accueillir le regard joyeux du Père sur nous. Efforçons-nous d’écouter vraiment Jésus et de laisser sa lumière transfigurer peu à peu notre vie.

Amen !
Dominique Bourgoin, diacre.