Les rapports de l'Eglise de la terre avec l'Eglise du ciel / l'édito

    L'Église en ses membres qui cheminent sur la terre a entouré de beaucoup de piété la mémoire des défunts dès les premiers temps du christianisme car c'est une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés.
    Quant aux apôtres et aux martyrs du Christ, qui donnèrent le témoignage suprême de la foi et de la charité dans l'effusion de leur sang, l'Église a toujours cru qu'ils se trouvaient dans le Christ plus étroitement unis avec nous : en même temps que la bienheureuse Vierge Marie et les saints anges, elle les a honorés avec une particulière ferveur, sollicitant pieusement le secours de leur intercession. A ceux-là s'en ajoutèrent bientôt d'autres qui avaient choisi d'imiter le Christ, d'autres enfin que l'exercice des vertus chrétiennes recommandaient à la dévotion et à l'imitation des fidèles.
    Contempler la vie des hommes qui ont suivi fidèlement le Christ, est un nouveau stimulant à rechercher la Cité à venir, et en même temps nous apprenons par-là à connaître le chemin très sûr par lequel, à travers les vicissitudes du monde, il nous sera possible de parvenir à l'union parfaite avec le Christ. 
    Tout comme la communion entre les chrétiens de la terre nous approche de plus près du Christ, ainsi la communauté avec les saints nous unit au Christ de qui découlent, comme de leur source et de leur tête, toute grâce. 
    C'est surtout dans la sainte liturgie que se réalise de la façon la plus haute notre union avec l'Église du ciel : là en effet, la vertu de l'Esprit Saint s'exerce sur nous par les signes sacramentels ; là nous proclamons, dans une joie commune, la louange de la divine Majesté ; tous, rachetés dans le sang du Christ, de toute tribu, langue, peuple ou nation et rassemblés en l'unique Église, nous glorifions le Dieu un en trois Personnes dans un chant unanime de louange. 
    La célébration du sacrifice eucharistique est le moyen suprême de notre union au culte de l'Église du ciel, tandis que, unis dans une même communion, nous vénérons tous les saints.
« LUMEN GENTIUM » : VATICAN II (extraits)

Les annonces

Prières et Sacrements

Prions pour nos frères et sœurs : 
Les défunts : Arnaud DELPORTE, Jean-Claude CALVET
Prions pour Léon GHOSEZ, organiste de la paroisse, dont les obsèques seront célébrées mardi 3 novembre, en l’église St François d’Assise de Louvain la Neuve (Belgique)

Messe avec les familles des défunts de l'année, samedi 7 novembre à 18h et dimanche 8 novembre à 10h.

Chapelet – Prière pour la Paix : chaque 1er mardi du mois, à 19h dans l’église.

Préparation des messes de décembre : mardi 3 novembre à 20h30 salle St Jean. (Le lancement de la préparation des messes de Noël est prévu le mardi 24 novembre à 20h30)

Catéchuménat des enfants et des adolescents : les parents des enfants de l’éveil à la foi, du catéchisme, de l’aumônerie des collège et lycée qui demandent le baptême, sont attendus pour le lancement du parcours, jeudi 5 novembre, à 20h30 salle St Jean. Les jeunes qui le souhaitent peuvent aussi être présents.

Lecture de la Bible

Lecture de l'Évangile du dimanche : 20h salle St Jean. Prochaine rencontre lundi 2 novembre.

Pastorale des Jeunes

Partage d'Évangile pendant la messe : Reprise le dimanche 8 novembre

Collège :
Les 4° 3° se retrouvent vendredi 6 novembre à 18h30, salle St Jacques
Les 6° 5° se retrouvent samedi 7 novembre à 18h salle St Jean

Catéchisme : rencontre dimanche 8 novembre de 9h à 10h et lundi 9 novembre de 17h15 à 18h15
 
JPEG (Jeunes Pros-Etudiants) : rencontre mercredi 4 novembre à 20h salle St Jean. Lecture du discours du Pape aux jeunes au Stade de France 

Vie Fraternelle

"Croire et Comprendre" : vendredi 6 novembre, à 19h salle St Jean.

Vie diocésaine

Vide-maison à l'Archevêché : Au printemps dernier, nous avons trié dans nos locaux du mobilier ou des objets qui ne serviront plus. C’est le moment de leur donner une seconde vie ! Du mardi 3 au vendredi 6 novembre, de 9h à 12h30 et de 14h à 17h, Accueil de l'Archevêché, 183 cours de la Somme à Bordeaux.

Rassemblement Régional organisé par l'ACAT (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture) : samedi 7 novembre.
 15h Conférence de Guy Aurenche « Où en sont les droits humains face à   l’état du monde ?
20h30 Concert d’Emmanuelle Troy Musique de la méditerranée à la Mongolie, via la route de la soie) 
Sœurs de la Sainte Famille, La Solitude- 29, route de la Solitude - MARTILLAC

DEUXIÈME APPEL AU DENIER DE L’ÉGLISE
Le Denier de l’Église représente un tiers des ressources du Diocèse. Il permet à notre diocèse de prendre en charge les salaires des laïcs et de contribuer au traitement des prêtres et des séminaristes. Alors, jeunes ou moins jeunes, donateurs réguliers ou non, n’oubliez pas que jusqu’au 31 décembre 2026, votre don au denier est encore déductible de vos impôts à hauteur de 66 % de son montant.
Il n’y a pas de petit don : chaque don compte ! rendez-vous sur le site de don en ligne sécurisé du diocèse : donnnons-bordeaux.catholique.fr


Des enveloppes avec toutes les informations complémentaires sont toujours disponibles, sur le présentoir au fond de l’église.
Merci pour votre soutien !

Pièce de théâtre « Pardon ? »
Comment construire sa vie d’adulte après avoir été victime, enfant, d’abus sexuels de la part d’un prêtre ? C’est le thème de cette pièce autobiographique, écrite et interprétée par Laurent Martinez et trois acteurs.
Mardi 10 novembre à 20h, Maison paroissiale La Source Saint-Amand (173, avenue Louis Barthou – 33200 Bordeaux). Parking sur place. Entrée libre avec participation aux frais à l’issue de la représentation. Réservation en ligne

Projection du documentaire « Carlo Acutis, Un saint pour notre temps »
Un moment de découverte et de réflexion autour d’une figure lumineuse de notre temps. Samedi 14 novembre, 10h30, Mérignac Ciné, 6 Place Charles de Gaulle.

Chemin (bien)faisant vers Compostelle

 Pour la 3ème année, un groupe de lycéens du doyenné ‘Bordeaux-Sud’, a marché une semaine sur le chemin de St Jacques de Compostelle. Cette année, nous sommes partis de LOGROÑO et arrivés à BURGOS. Chaque jour, après le partage des intentions de prière confiées par des paroissiens et nos familles, notre marche débutait à l’aube. Une pause, au bout de quelques heures, nous permettait d’allier nourriture matérielle (banane le plus souvent) et nourriture spirituelle. Notre thème de réflexion était de construire une pyramide de Maslow pour les chrétiens.
À la base de la pyramide, les besoins vitaux (manger, dormir) qui peuvent être source d'anxiété s’ils viennent à manquer. Pour les chrétiens cela devient l’abandon à la Providence où Dieu subvient à nos besoins par les dons de la nature par exemple (en effet, la nourriture est abondante en automne sur le bord du chemin : raisin, noix, amande…). Le stress quotidien de la recherche d’un gîte a peu à peu fait place à la confiance, nos pas nous portant parfois quelques kilomètres plus loin pour enfin poser notre sac.
La Sécurité est le 2ème étage de la pyramide : la recherche d’un environnement stable et confortable est remise en cause pour suivre le Christ qui nous sort de nos habitudes pour se mettre en route en abandonnant le confort de nos foyers et de nos certitudes.
L’Appartenance à un groupe et le besoin d’Amour correspondent au 3ème étage. Pour les chrétiens, l’Église est une grande famille où de nombreux groupes se superposent (aumônerie, paroisse, …) offrant autant d’expériences de vie fraternelle. A ce propos, l’accueil au gîte paroissial de GRAÑON restera une expérience jacquère authentique, avec la mise en commun de la nourriture pour préparer le repas avant la messe. Puis le souper sur des grandes tablées avec des pèlerins de toute l’Europe. Enfin, une prière à la lueur des bougies, sur la tribune de l’église où furent échangés des prières, des chants et la fameuse accolade fraternelle en guise de tampon de la crédenciale.
Chez Maslow, le 4ème étage est celui de l'estime de soi (réussite, reconnaissance sociale…). Pour le chrétien, cette valeur personnelle se déploie dans le don de soi, où chacun découvre et fait grandir ses charismes au service du bien commun. Ce fut l’occasion de réfléchir aux services auxquels nous pourrions participer dans nos paroisses : liturgie, accueil, fleurissement, catéchèse…
Le sommet de la pyramide correspond à l’accomplissement personnel (exprimer au mieux son potentiel et réaliser ses désirs). Pour un chrétien, ça devrait être l’accomplissement de la volonté du Père et la recherche de la sainteté. Trouver sa vraie place dans la vie : sa vocation, source de paix et de joie. Bref, on avait matière à discuter en marchant au fil des 125 km parcourus.
Providence, simplicité, fraternité, entraide, accomplissement… c’est l’expérience de notre bout du Chemin.

Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu / Mt 5 1-12 / Une homélie

 Lorsque j’ai préparé cette homélie, j’ai pensé à la rencontre de préparation des adultes au baptême que nous proposons autour du thème des « béatitudes ». Pendant la rencontre, nous lisons le texte de l’Evangile des béatitudes, exactement celui que je viens de lire. Puis nous demandons aux catéchumènes de choisir une béatitude et de justifier leur choix.

Ainsi certains choisissent leur béatitude en fonction de ce qui invite à être heureux, par exemple : « aujourd’hui je me sens pauvre de cœur ». D’autre choisissent par rapport à la conséquence : « car le royaume des Cieux est à eux. », ils aimeraient avoir le royaume des cieux.
Dans le même esprit, je me suis demandé quelle béatitude choisir pour aujourd’hui. Rapidement mon choix s’est porté sur : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. »
Heureux les artisans de paix.
Une vraie joie, une joie véritable se ressent quand on agit en artisan de paix.
Être artisan de paix c’est pouvoir se délivrer de la colère qui vient en moi, comme une vague furieuse.
Être artisan de paix c’est pouvoir être délivrer de la colère du monde qui vient comme me submerger.
C’est pouvoir comprendre et lire dans les colères ce qui est légitime, l’injustice qui les fait naître.
Être un artisan de paix à la manière de saint François d’Assise qui priait ainsi : « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix. ».
Savoir me dessaisir de mes propres intérêts. Laisser le Seigneur agir en moi sans contrainte.
Me mettre comme saint François à l’écoute du Christ qui, chaque fois, qu’il apparait à ses apôtres après sa résurrection, dit : « La paix soit avec vous ! »

Ils seront appelés fils de Dieu.
Nous voudrions vivre en fils de Dieu. Fils de Dieu, nous le sommes depuis notre baptême, c’est une certitude.
Mais en vivre chaque jour, c’est autrement plus compliqué.
Vivre en baptisé c’est être à l’écoute de la parole de Dieu de manière quotidienne.
Vivre en baptisé c’est discerner la présence de Dieu dans les signes du temps présent.
Être fils de Dieu c’est toujours garder l’Espérance en soi. Garder la joie de l’artisan de paix chevillée au corps comme une présence ravivée à notre baptême.
Être fils de Dieu, c’est toujours se rappeler que Jésus est venu pour nous dire que Dieu nous aime. Il nous aime d’un amour inconditionnel, toujours prêt à pardonner pour qui se tourne vers lui et se fait pénitent.

En conclusion, j’ose dire que nous les baptisés en tant que frères de Jésus Christ nous sommes fils de Dieu.
Et renversant la béatitude ; puisque nous sommes appelés fils de Dieu, nous sommes des artisans de paix. Alors n’ayons pas peur de cette responsabilité, agissons en artisans de paix.
Pour terminer, si nous devenons frères en Jésus Christ à notre baptême, nous devenons également saints. Alors pour cette fête de la Toussaint, en communion avec le pape Léon XIV qui nous a dit : « Vous êtes les saints de France », je voudrais nous souhaiter une bonne fête :

BONNE FÊTE A NOUS TOUS LES SAINTS D’AUJOURD’HUI !

Amen !
Dominique Bourgoin, diacre.

De la colère / Mt 22, 34-40 / Une homélie


      
J’ai été sensible à cette phrase de Paul dans sa lettre aux chrétiens de Thessalonique : « Vous êtes convertis à Dieu en vous  détourant des idoles afin de servir Dieu vivant et véritable, afin d’attendre des Cieux son Fils ressuscité d’entre les morts, Jésus qui nous délivre de la colère qui vient ! »

        D’abord à cause de ce mot de colère que nous entendons ces jours-ci autant de la part des lycéens, des étudiants, des agriculteurs, des artisans mais aussi de ceux et celles dont les commerces ou les établissements ont été ravagés ou pillés. La colère engendre la colère et fait le lit des dictatures.

        Jean-Baptiste avait interpellé les habitants de Jérusalem qui venaient à lui pour se faire baptiser par lui dans le Jourdain : « Qui vous a montré le chemin pour échapper à la colère qui vient ? » Ici aussi Paul parle d’une colère qui vient mais surtout de Jésus qui nous en délivre !

        Oui, une colère vient mais vient-elle de Dieu ? Si nous écoutons attentivement : la réponse est NON ! Ce que nous révèle Isaïe c’est un Dieu qui écoute le cri des immigrés opprimés ou des veuves et des orphelins accablés ou encore de celui du pauvre à qui on a retiré le minimum vital ! si une colère est annoncée c’est en menace pour ceux et celles qui ne se laissent pas toucher par ceux qui souffrent, victimes de systèmes économiques ou relationnels mortifères ! Jésus va plus loin encore en révélant un Dieu qui aime et qui nous invite à aimer comme Dieu, son père et notre Père.

        Il nous faut donc comme les Thessaloniciens nous convertir, tourner le dos aux idoles, ces faux dieux ou plutôt ces fausses idées que nous avons de Dieu ! Devenons athées ! athées des faux dieux ! Rejetons l’idée que Dieu est un dieu qui juge avec les mêmes critères que nous, qui se met en colère avec la violence aveugle qui détruit tout pensant ainsi pouvoir tout refaire à neuf ! Rappelons-nous le récit du déluge : c’est de cela que ça parle. Dieu annonce en fin de récit : « Je ne maudirai plus jamais la terre à cause de l’homme… plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme je l’ai fait ! » (Gn 8, 21).

        Servir Dieu désormais et attendre le Fils ressuscité qui vient ! Maranatha !
Que notre louange s’élève, que notre prière et nos actes solidaires accompagnent nos paroles pour travailler à la justice et à la paix.
Il n’y a pas de paix sans justice ! Amen

Vincent Garros

Dieu l'Au-delà de tout / l'édito

    Dieu est l’inconnaissable et toute tentative de le connaître est voué à l’échec. Les Pères orientaux ont, pour parler de Dieu, définit deux voies, l’une, positive : « cataphatique » et l’autre négative : « apophatique ».
    Dans la première, on exprime par exemple : « Dieu est bon », mais l’homme n’a aucune idée de l’étendue et de la nature même du concept « bonté de Dieu ». Lorsqu’il pense ‘Dieu est bon’, il a non seulement une vision partielle de la bonté divine, mais le plus souvent cette perception est parasitée par des conceptions et des limitations humaines. La perception d’un Dieu bon, une Mère Térésa peut nous en donner une approche rayonnante. Mais toute définition positive de Dieu reste infirme. Pour les Pères, « seul Dieu peut définir Dieu ».
    La voie de la théologie négative ou apophatique est considérée par les Pères comme préférable. Elle est la seule humainement possible, bien qu’elle soit aussi imparfaite. Elle consiste à énumérer tout ce qui n’est pas Dieu. Dans ce sens, elle est déjà une purification de l’intelligence. « Dieu n’est pas dans ce que je pense de lui, ni même dans ce que je comprends humainement d’une telle définition de lui, pourtant juste en elle-même, puisque puisée dans sa Parole. »
    Théolepte de Philadelphie dit ceci : « L’esprit qui se tourne vers Dieu suspend toute conception et information sur la nature des êtres. Alors, il contemple Dieu sans image ni forme et il éclaircit son regard dans l’inconnaissance suprême, liée à la gloire inaccessible. Il connaît qu’il ne connaît pas. Car l’objet de sa contemplation est incompréhensible. Pourtant, il connaît dans la vérité de Celui qui est par essence et qui seul possède ce qui dépasse l’être. »
    Le Créateur est à la fois l’objet du désir d’union et de connaissance de l’âme qui s’élance vers lui et, comme créateur, il ne peut jamais être l’objet de la contemplation même en lui conférant les définitions les plus élevées et sacrées, de sa créature.
    Dieu livre librement à l’âme quelque chose de sa divinité, comme il le fit pour Moïse sur le mont Sinaï (Ex 3, 1-15) ou comme à trois de ses apôtres sur le mont Thabor (Lc 9, 28-36). C’est toujours un don gratuit et l’homme, pour les recevoir est invité à préparer la maison du Maître qui reviendra comme un voleur en pleine nuit. (Mt 24, 45-51)

Michel LAROCHE
in La voie du silence A. Michel. 2010