La pureté du coeur / l'édito

    Sais-tu ce qu’est la pureté du cœur ? Tourne ton regard vers Dieu. Admire-le. Réjouis-toi de ce qu’il est, lui, toute sainteté. Rends-lui grâces à cause de lui-même. C’est cela même avoir le cœur pur [Mt 5, 8]. 
    Et quand tu es ainsi tourné vers Dieu, ne fais surtout aucun retour sur toi-même. Ne te demande pas où tu en es avec Dieu. La tristesse de ne pas être parfait et de se découvrir pécheur est encore un sentiment humain, trop humain. [1 Jn 2,12] Il faut élever ton cœur plus haut, beaucoup plus haut. Il y a Dieu, l’immensité de Dieu et son inaltérable splendeur. Le cœur pur est celui qui ne cesse d’adorer le Seigneur vivant et vrai. Il prend un intérêt profond à la vie même de Dieu et il est capable, au milieu de toutes ses misères, de vibrer à l’éternelle innocence et à l’éternelle joie de Dieu. Un tel cœur est à la fois dépouillé et comblé. Il lui suffit que Dieu soit Dieu. En cela-même, il trouve sa paix, tout son plaisir. Et Dieu alors est toute sa sainteté [1 P 3, 15]. Car si Dieu ré-clame notre effort et notre fidélité, la sainteté n’est pas un accomplissement de soi, ni une plénitude que l’on se donne. Elle est d’abord un vide que l’on se découvre et que l’on accepte et que Dieu vient remplir dans la mesure où l’on s’ouvre à sa plénitude.
    Notre néant, s’il est accepté, devient l’espace libre où Dieu peut encore créer. Le Seigneur ne laisse ravir sa gloire par personne (Is 42,8 ; 8,11). Il est le Seigneur, l’Unique, le seul Saint. Mais il prend le pauvre par la main, il le tire de sa boue et le fait asseoir parmi les princes de son peuple (Ps 112,7-8) afin qu’il voie sa gloire. Dieu devient alors l’azur de son âme.
    Contempler la gloire de Dieu, découvrir que Dieu est Dieu, éternellement Dieu, au-delà de ce que nous sommes ou pouvons être, se réjouir à plein de ce qu’il est, s’extasier devant son éternelle jeunesse et lui rendre grâces à cause de lui-même, à cause de son indéfectible miséricorde, telle est l’exigence la plus profonde de cet Amour que l’Esprit du Seigneur ne cesse de répandre en nos cœurs. C’est cela avoir le cœur pur. 
    Mais cette pureté ne s’obtient pas à la force des poignets et en se tendant. Il faut simplement ne rien garder de soi-même. Tout balayer. Même cette perception aigüe de notre détresse. Faire place nette. Accepter d’être pauvre. Renoncer à tout ce qui est pesant, même au poids de nos fautes.  Ne plus voir que la gloire du Seigneur et s’en laisser irradier. Dieu est, cela suffit. Le cœur devient alors léger. Il ne se sent plus lui-même, comme l’alouette enivrée d’espace et d’azur. Il a abandonné tout souci, toute inquiétude. Son désir de perfection s’est changé en un simple et pur vouloir de Dieu.

Éloi LECLERC, prêtre franciscain français (1921-2016) 

Les annonces de la semaine

Prières et Sacrements
Prions pour nos frères
Les défunts : Jean LAVAL, Juan ARJONA, Brigitte TANGUY, Janine FAURE.

Prions pour Marie-Christine PARPANT, dont nous célèbrerons les obsèques jeudi 5 mars à 9h30. Un dernier hommage peut lui être rendu à la chambre funéraire, 283 Cours du Général, GRADIGNAN, à partir de dimanche.


Catéchuménat : réunion le vendredi 27 février à 18h30, salle St Jacques.


Prier l'Evangile avec Marie : le groupe d’Anne GELAS se réunit jeudi 5 mars à 14h30.


Messes dans les EHPAD : jeudi 5 mars à la Villa Gabriel, vendredi 6 mars à Douceur de France.


Préparation des messes du mois d'avril et de la semaine sainte : jeudi 5 mars à 20h30 salle St Jean.


Forum sur le lavement des Pieds : dimanche 8 mars, à 11h, salle saint Jean.

Lecture de la Bible

Lecture de l'Evangile du dimanche (Samaritaine) : lundi 2 mars à 20h, salle St Jean


Atelier ‘Conter la Bible’ : jeudi 5 mars à 14h salle St Jean.

Vie Fraternelle

Appel décisif des Ados : samedi 28 février


Catéchisme : dimanche 1er mars et lundi 2 mars, salle St Jean


Pèlerinage diocésain à Lourdes : 9 et 10 mai 2026. Bulletins d’inscription au fond de l’église

Pastorale des Jeunes

Lycéens : vendredi 6 mars à partir de 19h à l’église puis au Fronton.


Catéchuménat des adolescents : samedi 7 mars à 17h, salle St Jean


Messe des enfants, des jeunes et des familles : samedi 7 mars à 18h. 3eme et dernière étape pour ceux qui se préparent au baptême.

A la sortie des messes 7 et 8 mars, les lycéens qui partent à Taizé, organisent une vente de gâteaux.


Collégiens : samedi 7 mars à partir de 18h à l’église puis salle St Jean

Vie diocésaine
Kermesse pour les Séminaristes samedi 14 mars de 10h à 19h30 à la Maison Saint Louis Beaulieu (145 rue saint Genès à Bordeaux).

Cette journée a pour but de financer la formation de nos séminaristes pour le diocèse. Vous aurez le plaisir de les rencontrer.

Au programme :

- ventes de vins, confection, légumes, livres, brocante, plantes, produits monastiques, vides dressing et autre 
- Temps de prière : de 11h à 13h Adoration, à 12h15 Office du milieu du jour. 
-14h Visite de la chapelle commentée. 
-15h Concert des séminaristes.
-16h Théâtre : 'Reg ’art’ par la compagnie du hasard
-18h30 : Messe présidée par Monseigneur James
- et toute la journée de quoi vous restaurer.
Dans la joie de vous y retrouver !

Carême

RENCONTRES FRATERNELLES DE CARÊME

"Soyons une Église ouverte, chaleureuse et fraternelle, accueillante et bienveillante". Encouragée par Mgr JAMES «je veux attirer l’attention sur l’importance des Fraternités chrétiennes de quartier », l’EAP propose de mettre en œuvre cet extrait de la vision pastorale de la paroisse.


Pendant le Carême, certains d’entre vous pourront proposer d’organiser des rencontres fraternelles : réunir quelques personnes, pour un repas, un café, un jeu, une balade … d’autres vont préférer se sentir invités : à chacun de répondre à l'invitation qui lui convient le mieux.

Nous allons donc faire en sorte que les propositions des uns rejoignent les attentes des autres.

 

Les propositions :

Dimanche 1er mars : Déjeuner au presbytère. Vincent GARROS et Michel BUFFET.

Samedi 7 mars : Promenade au Lac Vert. Xavier (06 95 07 93 71) et Marie Jo LAROCHE.
Samedi 14 mars : Tournoi de belote "fraternel" de 14h30 à 17h30 10 rue de la Liberté chez Pierre et Bénédicte BARBET, avec Anne Marie (06) 85 69 91 62 et François Dupuy. Il faut être au moins 8 😊
Dimanche 15 mars : invitation à déjeuner chez Elisabeth et Bruno JOUSSAIN (23 rue du Doyen Brus) 8 personnes

Dimanche 22 mars : Jeux de société chez Agnès et Cédric LHERMITTE. 16 Rue de Lange

Voir aussi les affichettes au fond de l’église.

Les vendredis de Carême

Chaque vendredi soir de Carême
à l’église, à 19h prière
puis bouillon partagé
à 20h : conférence salle St Jean
 
🕀 Vendredi 20 février : Mme Arlette SCHNEIDER, ‘Ste Bernadette à Nevers.’
🕀 Vendredi 27 février : Mme Françoise ROUMEZIE, Présentation de l’Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (ACAT)
🕀 Vendredi 6 mars : M Carlos MATTHEY, ‘Du Chili à la France - Exil et foi.’
🕀 Vendredi 13 mars : RENCONTRE EUROPÉENNE DE TAIZÉ - PARIS 2025
19h Compte rendu des jeunes pro et étudiants
19h30 Bouillon
20h : prière de TAIZÉ
🕀 Vendredi 20 mars : Mme Françoise LADOUÈS, ‘Comment le concile de Nicée a changé le monde.’
🕀 Vendredi 27 mars, 19h : célébration pénitentielle

MÉTANOIA - La pénitence dans le nouveau testament / l'édito

    Le Christ, qui pendant sa vie fit toujours ce qu’il enseigna, passa quarante jours et quarante nuits dans le jeûne et la prière avant de commencer son ministère [Mt 4, 1-11]. Il inaugura sa mission publique par ce joyeux message : ‘’le Royaume de Dieu est proche’’, ajoutant tout de suite ce commandement : ‘’Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle’’ (Mc 1, 15). D’une certaine manière, c’est toute la vie chrétienne qui se trouve résumée dans ces paroles. 
    On ne peut parvenir au Royaume annoncé par le Christ que par la ‘métanoia’, c’est à dire par le changement et le renouvellement intime et total de l’homme tout entier, dans ses pensées, ses jugements et sa vie. Changement et renouvellement qui s’opèrent en lui à la lumière de la sainteté et de l’amour de Dieu qui nous ont été manifestés et communiqués en plénitude dans le Fils. [Col 1, 12-14] L’invitation du Fils à la ‘métanoia’ nous oblige d’autant plus qu’il ne l’a pas seule-ment prêchée, mais qu’il s’est offert lui-même en exemple. 
    Lorsqu’il se met devant le Christ, l’homme est éclairé d’une lumière nouvelle, il reconnaît la sainteté de Dieu et la gravité du péché. Par la parole du Christ, lui est transmis le message qui invite à la conversion et accorde le pardon des péchés. Ces dons, il les reçoit en plénitude dans le baptême, qui le configure à la passion, à la mort et à la résurrection du Seigneur. C’est sous le signe de ce mystère que se place toute la vie à venir du baptisé. [Ro 6, 4-8].
    Tout chrétien suit le Maître en vivant non plus pour lui, mais pour Celui qui l’a aimé et s’est donné lui-même pour lui et pour ses frères. En outre, l’Église étant intimement liée au Christ, la ‘métanoia’ de chaque chrétien a également une relation propre et intime avec toute la communauté ecclésiale [Col 1, 18-23]. En effet, ce n’est pas seulement au sein de l’Église, que par le baptême il reçoit le don fondamental de la ‘métanoia’, mais ce don est restauré et raffermi par le sacrement de la réconciliation. Ceux qui s’approchent de ce sacrement y reçoivent de la miséricorde de Dieu le pardon… La charité, l’exemple, les prières travaillent à leur conversion.

    St Paul VI, Pape 1963-1978,
 Constitution apostolique « Paenitemini » 1966  

Carême : temps de Joie communautaire / Mt 6 1-18 / Une homélie des cendres

         Le temps du carême est toujours un peu énigmatique. Et nous nous posons chaque année la question : comment vivre ce temps de 40 jours qui nous préparent à la fête de Pâques ? Les deux premiers textes d’Évangile qui ouvrent le carême sont le discours de Jésus envers ceux qui font l’aumône, la prière et le jeûne en se faisant remarquer (Mt 6, 1-18) et Jésus au désert 40 jours en jeûnant, tenté par le diable (Mt 4, 1-11). Alors la tentation est forte de se mettre à imiter Jésus et se précipiter sur le jeûne comme une mise à l’épreuve pour se prouver que l’on est un bon chrétien, digne d’être appelé ‘fils de Dieu’, du pardon de Dieu, de la fête de Pâques ! Et si c’était cela le piège !

         Le carême, n’est pas, me semble-t-il, un temps de compétition individuelle, une affaire entre moi et Dieu comme si nous avions des choses à prouver, à lui ou à soi-même. Mais, Dieu sait toute chose et Il est plus grand que notre cœur (1 Jn 3, 20-23). Le carême est un temps communautaire, ecclésial.

        Et si le carême c’était un temps autre où le parfum et la joie (Mt 6, 17) ont leur place, où je laisse se donner de moi ce que j’ignore avoir (Mt 6, 3), où la prière se fait rencontre de ce Dieu qui est Père d’une multitude (Mt 6, 6). Il est ‘Notre’ Père ! alors comment, dans ce temps vais-je découvrir ces frères et sœurs que je crois connaître, ceux et celles de ma maison, de mon travail, de ma communauté paroissiale pour ne parler que des plus proches ?

        Chaque dimanche, comme Nicodème, la Samaritaine, l’aveugle-né, Marthe et Marie, laissons-nous rejoindre par Jésus et ses paroles qui engendrent : « Il vous faut naître d’en Haut » (Jn 3, 7), « L’eau que je donnerai deviendra source d’eau jaillissante en vie éternelle » (Jn 4, 14), « Crois-tu au Fils de l’Homme ? » (Jn 9, 35), « Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (Jn 11,25). 

        Le carême : un humble chemin de conversion pour habiter pleinement chaque moment, chaque geste du quotidien, chaque rencontre dans l’Esprit de Jésus. Dans le secret de chacun de ces moments, Jésus révèle un souffle de Vie dont on ne sait ni d’où il vient, ni où il va (Jn 3, 8). Cet Esprit nous conduit vers le Père. Ce Père des Cieux, source de tout pardon, qui nous ouvre à une fraternité qui brise toutes les frontières érigées par les humains au fil du temps et de nos incompréhensions.

        Alors bon carême, joyeux et communautaire ! 

 Vincent Garros

Carême 2026 « Face à la faim, unissons nos pouvoirs » / l'édito

     Depuis plus de 60 ans, le CCFD Terre Solidaire et ses partenaires de par le monde s’engagent contre les inégalités, contre la faim et pour le développement. Nous accompagnons plus de 500 acteurs et soutenons leurs projets dans 69 pays.
Cet engagement prend racine dans l’Évangile et la pensée sociale de l’Église.
Ce carême 2026 est l’occasion de nous tourner davantage vers nos frères lointains qui sont pour nous source d’espérance tant est grande leur volonté et leur énergie pour accéder à une vie plus digne et plus juste.
Ici en France pour le temps du carême, nous proposons des animations, des temps de partage et de prière dans les paroisses, les aumôneries, les groupes de jeunes ou moins jeunes.
Cette année 4 associations partenaires à découvrir : au Tchad, au Maroc, au Paraguay et au Timor Leste.
Ces Mercredi des Cendres et 1° Dimanche de Carême nous vous proposerons un livret spirituel, « face à la faim, unissons nos pouvoirs » pour nous aider à cheminer tout au long du carême seul ou à plusieurs.  
Vous y retrouverez chaque semaine, un texte de méditation, un éclairage biblique, une suggestion concrète pour avancer et une association partenaire, n’hésitez pas à en prendre.
Enfin, la solidarité internationale se vit par la générosité de tous et la collecte tout particulièrement le 5eme dimanche de carême, le 22 mars. Vous pourrez mettre votre don dans les enveloppes.
Par nos dons et nos actions nous soutenons nos partenaires dans leurs actions de développement. Nous en reparlerons.

                        "Pour l'équipe CCFD-TS Talence-Gradignan
Xavier LAROCHE"

👉 Pour aller plus loin :   Association CCFD-Terre Solidaire.org

 La finance solidaire - Soirée

« La Finance Solidaire aujourd’hui ou Comment donner du sens à notre épargne ? » jeudi 12 mars, à 20h15 Salle de la Fraternité 7 Avenue Louis LAUGAA, Pessac

Soirée de présentation :
« Retour d’un voyage en Tunisie », organisé par la SIDI (Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement, investisseur social créé par le CCFD Terre Solidaire en 1983, pour les populations vulnérables)
- Comment notre épargne peut agir durablement pour le financement de petits entrepreneurs et paysans du Sud.
- Témoignages de nos rencontres avec des acteurs et usagers de la Finance Solidaire.
Une chaîne de solidarité financière pour un monde plus équitable et plus durable.
Merci de diffuser largement.

Déplier la loi / Mt 5 17-37 / Une homélie

Je n’ai assassiné personne. Je ne connais pas la femme de mon voisin, je n’ai pas répudié mon épouse, et je ne crois pas avoir fait le moindre serment au Seigneur. Donc, jusqu’ici, tout allait bien.

Nous étions sereinement assis sur une vieille parole, entendue depuis les anciens, qui nous dictait le minimum pour vivre en humains, pour vivre en société : « Tu ne tueras pas. Tu ne convoiteras pas la femme d’un autre. Tu seras fidèle à tes serments… »
Mais voilà que quelqu’un s’autorise à dire « Mais »…. « Mais moi je vous dis »
La Parole elle-même prend la parole. Le Verbe de Dieu vient préciser les choses, il vient les compléter, il vient les accomplir… et là tout se complique.

J’entends tout à coup que se mettre en colère contre mon frère, c’est la même chose que de le mettre à mort. Le traiter de « fou », c’est un meurtre.
J’entends que regarder une femme, n’importe laquelle, avec un regard qui est plus qu’un regard, c’est commettre l’adultère.
J’entends que l’adultère ne se commet pas seulement dans un lit, mais d’abord dans le cœur.
J’entends des histoires effrayantes d’œil et de main dont il vaut mieux se séparer s’ils risquent de nous faire tomber.

Notre première réaction, c’est souvent de se dire que Jésus vient tout compliquer, qu’il vient pousser le curseur de la morale et de la culpabilité à un niveau d’exigence terrifiant. Il resserre les boulons, verrouille tout, pose un cadre encore plus étroit que ne le faisait la loi des anciens.

Quand j’étais enfant, nous avions un jeu, complètement idiot, qui consistait à fabriquer avec une feuille de papier pliée une sorte de figure articulée qu’on appelait « shadock ». On demandait à notre camarade un chiffre au hasard, ce chiffre ouvrait à un choix de couleur, et, en dépliant le rabat correspondant, on découvrait une phrase imbécile qui nous faisait rire.

Jésus, est en train, non pas d’ajouter de la loi à la loi, mais de soulever le rabat qui cachait ce qu’était réellement la loi.
Il n’est pas en train de prolonger la loi sur une morale nouvelle, il est en train de déplier la loi. Il ne modifie rien, il fait un travail de lecture. Et il est seul à pouvoir le faire car il est lui-même la Parole. C’est déjà sa voix qui parlait aux anciens, mais avant sa venue, personne n’avait encore déplié la loi.

Déplier « Tu ne tueras point », c’est entendre : ta colère à pouvoir de vie et de mort sur ton frère… on ne tue pas qu’avec des armes
Déplier « Tu ne convoiteras pas la femme d’un autre », c’est entendre : il y a des manières de regarder qui sont pires que des mains prédatrices. Il y a des cœurs qui sont plus crasseux que des hôtels de passes.
C’est pour ça qu’il ne faut pas perdre un iota de la loi, le plus petit signe de l’Ecriture, le point sur le i. Si nous passons à côté du petit détail, celui qui nous paraît inutile, insignifiant, nous risquons de rater ce qui se cachait sous le rabat, ce qu’il fallait déplier…

Jésus ne donne pas un tour de vis pour mieux nous condamner, il ne cherche pas à ouvrir des pièges nouveaux pour nous y faire tomber, il nous révèle ce que c’est que la Parole : le contraire du discours.
On appelle souvent bêtement ces chapitres de Matthieu « le discours sur la montagne »… mais c’est tout sauf du discours ! Ici, tout de nos vies est engagé, tout est percuté, au-delà même de la question de la loi, dans ce que ça révèle de la puissance des mots.
Et nous découvrons que là où nous étions bien installés, nous étions hors-la-loi… Tous, par nos paroles, nos colères, nos regards, nos liens tordus, nous voilà hors-la-loi… il n’y a plus les bons et les méchants… ne restent que des hommes et des femmes sauvés par pur amour… indépendamment de nos mérites… Le Christ viens sauver des hors-la-loi, il vient donner sa vie pour eux !

« Vous avez entendu, mais moi je vous dis »
Aurons-nous des oreilles pour entendre à nouveau ?
Saurons-nous déplier nos oreilles ?
Saurons-nous déplier nos vies pour que se manifeste enfin ce qui est caché sous le rabat ?
    le rabat-Joie !

Amen
Sylvain diacre