Qu'il vienne à moi et qu'il boive / Jn 7 37-39 / L'homélie des vigiles de Pentecôte

"Si quelqu’un a soif, qu’il vienne a moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi !
... De son cœur couleront des fleuves d’eau vive. "

Pourquoi sommes-nous venus ce soir ? à la tombée du jour....
Parce que nous avons soif.
Parce que sans même le savoir, nous sommes assoiffés de Lui.
(...)
Pourquoi fallait-il que cette nuit réponde à celle de Pâques ?
Parce qu'au matin de Pâques, le monde a changé, un tombeau est vide. Et ce tombeau vide bouleverse pour toujours l'ordre du monde, renverse pour toujours le cours de nos vies.
Demain matin, la venue de l'Esprit nous fait aussi entrer dans un monde nouveau.
C'est un nouveau temps qui commence.... nous rentrons dans le temps ordinaire...
Mais avec le Christ, il n'existe pas de temps ordinaire !
Notre temps ordinaire, c'est le temps de l'Esprit ! C'est le temps de l'Eglise !
C'est le temps où coule le fleuve d'eau vive...
(...)
Le mot Esprit dit "souffle", pneuma...
Un souffle saint, un souffle de sainteté, un Esprit Saint...

Alors si nous sommes sous le temps de l'Esprit saint, il va falloir nous interroger sur la qualité du
souffle dans lequel nous vivons...
Vous savez, on mesure désormais l'indice de qualité de l'air,
quel est notre indice de qualité d'Esprit !?
Il se pourrait après examen que nous déchantions un peu... il se pourrait que nous reconnaissions que bien souvent notre souffle ordinaire, c'est plutôt le mauvais esprit...
On le connaît bien le mauvais esprit, c'est celui du monde.
L'esprit des cancans, des murmures, de certains mails assassins,
l'esprit de la plainte, de l'envie, de l'amertume, de la zizanie et de la division,
l'esprit de Tristesse.
Cet esprit là, on connaît, on le respire tous.
Le problème c'est qu'il nous assèche, qu'il nous dessèche, que jamais il ne répond à notre soif.
  
Si quelqu'un à soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive.
Dans cette nuit reconnaissons que nous crevons de soif, que nous avons assez bu du mauvais esprit, que nous aspirons à nous plonger dans le fleuve qui coule du cœur ouvert du Christ.
C'est un Esprit créateur qui vient nous visiter, nous l'avons chanté, il fait donc de nous des créations nouvelles, c'est à dire des créations que nous ignorons !
Nul n'échappe à sa force vive,
il peut faire d'un enfant un prophète,
il peut dilater de sa paix et de sa Joie de vieux poumons de 96 ans !

C'est lui l'Esprit qui nous révèle le Fils, c'est lui l'Esprit qui nous fait dire "Père", si nous prions, c'est parce que c'est lui l'Esprit qui prie en nous, si nous aimons, saintement, c'est par ce que c'est lui qui baigne nos amours !

Cessons de résister à la Joie, cessons de refuser l’émerveillement du matin de Pâques. Allons boire à la source, laissons faire l'Esprit, le Saint,
laissons-le respirer dans nos respirations,
souffler dans nos souffles.

Il est notre ordinaire,
insaisissable comme un souffle, puissant comme un fleuve,
il nous rend libres,
il nous donne la vie, ne la refusons pas.

╬ Amen
Sylvain, diacre

Voeux religieux de Céline Zimmermann

C'est dans l'action de grâce et dans une joie profonde que je vous informe que le samedi 3 juin prochain, à 16h, en l'église de Bussy St Georges, ma fille Céline prononcera son engagement définitif à la suite de Jésus Christ dans l'Institut des sœurs Auxiliatrices.
Céline est âgée de 43 ans. Après des études d'ingénieur en micro-éléctronique à l'ENSEIRB de Talence, elle a été enseignante-chercheur pendant plusieurs années.
Cela fait déjà sept années qu'elle est entrée par des vœux temporaires chez les sœurs Auxiliatrices.
Elle continue à enseigner.
L'institut des sœurs auxiliatrices a été fondé en 1856 à Paris (6e) par Eugénie SMET, en religion Marie de la Providence. Elle a choisi pour sa congrégation la spiritualité ignatienne (St Ignace de Loyola)
Le charisme des sœurs auxiliatrices  est
- Une relation à Dieu comme envoyées dans le monde pour y annoncer la Bonne Nouvelle.
- Une proximité avec ceux qui sont dans des situations de passage, d'épreuve et de rupture ou les personnes oubliées
- Une ouverture à l'universalité.

Je tire de leurs constitutions ces deux extraits :
«Nous croyons qu'il n'y a aucune frontière à l'amour, et sommes solidaires de tous ceux qui suivent Jésus-Christ dans sa Pâque qu'ils soient sur terre ou passés par la mort» N° 18

«Nous faisons l'expérience que tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes est don reçu. Nous apprenons à renoncer aux fausses sécurités et à nous abandonner avec confiance entre les mains du Père» N° 48

Depuis la sortie du noviciat, Céline est membre d'une petite communauté à Champs sur Marne (Val de Marne). Dès septembre, elle rejoindra une communauté dans la banlieue de Lille.

Je confie Céline à votre prière. Merci de prier aussi pour moi.

Robert Zimmermann, diacre

Je suis le chemin, la vérité et la vie / Jn 14 1-12 / l'homélie

Jésus n'est pas trois choses différentes, Jésus est le chemin, et la Vérité, et la vie.
Qu'est-ce qui se passe si l'on prend ces trois éléments comme inséparables, comme liés entre eux dans le Christ ?
(...)
Le chemin, c'est la vérité et c'est la vie
C'est quoi un chemin ?
- Le chemin c'est le lieu du passage, du mouvement, de la dynamique.
On ne reste pas immobile au milieu du chemin, en tout cas il n'est pas fait pour ça.
- Le chemin, c'est l'entre deux lieux, et pourtant, il n'y a pas forcément un point de départ et un point d'arrivée. Vous avez peut-être l'expérience de ces chemins de montagne qui passent, qui se déplient, qui se déroulent sans qu'on sache vraiment le début du chemin ni sa fin. Nous qui marchons dessus, nous déciderons de notre point de départ et de notre but à atteindre, mais le chemin lui, continuera sans nous à tracer sa ligne, à s'avancer vers un autre but. Le chemin n'est pas comme un fil à linge tendu entre deux piquets, avec un début et une fin.
Il se déploie comme il l'entend, il rejoint des points que bien souvent on ignore.

- Le chemin, c'est donc le lieu de l'itinérance, il n'existe que pour le mouvement, que pour le déplacement.
Je suis le chemin la vérité et la vie.
Sommes-nous sur le chemin ?
cherchons-nous le chemin ?

Le monde ne cesse de nous répéter qu'une vie réussie, c'est une vie libérée du chemin.
Une vie qui sait où elle est, une vie plantée, une vie stable, ferme, enracinée.
Voilà nous dit-on où trouver l'équilibre et la sécurité.
Dans l'immobilité.
Il n'est pas difficile de trouver tout ce qui nous éloigne du chemin :
Les racines, les fondations, mais aussi les certitudes, les faux savoirs...
Si le chemin est vérité et vie, il se pourrait donc que tout ce qui n'est pas chemin soit mensonge et mort.

Le lieu du Christ, celui qu'il nous révèle "pour que là où je suis, vous soyez", le lieu où nous sommes avec Lui, c'est le lieu du mouvement, c'est le lieu du passage.
Quand nous nous croyons enfin arrivés, enfin immobiles, c'est mensonge et mort.

Tout ça ne veut pas dire qu'il nous faut vendre nos maisons pour acheter des roulottes, renier nos familles et changer de paroisse tous les dimanches !
Il s'agit de notre vie avec le Christ, de notre lien avec lui.

Est-ce qu'il nous fait encore bouger ?
est-ce que nous avons encore le désir de marcher avec lui ?
Est-ce que nous aspirons à ne jamais cesser de marcher avec lui ?
(...)
Le chemin, il va vers le Père.
(...) mais le Père est dans le Fils comme le Fils est dans le Père.
Le lieu du Père c'est là où se tient le Fils.
Si le Fils est le chemin, si ce chemin, c'est la vérité et la vie, le père se tient aussi sur le chemin.
Notre lieu préparé par le Christ pour être là où il est et demeurer chez le Père, ce lieu là, ce n'est pas une place de parking, ce n'est pas une case dans un clapier, ce lieu c'est encore le chemin.
- Un chemin qui n'a pas d'autre but que lui-même.
- Un chemin qui n'a pas de ligne d'arrivée.
Nous voyons notre mort comme la fin de tout mouvement, comme le jouet dont on retire les piles, comme la fin du voyage.
La vie avec le Christ, c'est le chemin qui ne s'arrête pas.
Le chemin, c'est la vie, la vie en vérité, la vérité de la vie.

Vous vous souvenez comment sont nommés les chrétiens dans les Actes des apôtres :
les adeptes de la voie.

Puissions-nous ne jamais oublier que nous sommes du chemin parce que nous sommes au Christ.


Amen Alléluia
Sylvain diacre