L’Evangile de ce dimanche se situe avant l’envoi en mission des apôtres par Jésus. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la mission s’annonce difficile. Nous avons là une liste d’encouragements face aux difficultés qui peuvent se présenter.
L’envoi
en mission dans la Palestine du temps de Jésus n’était pas sans
danger. Les apôtres devaient légitimement s’inquiéter. Le pays
vit sous l’occupation romaine. Des soulèvements sporadiques, des
attentats perpétués par le mouvement zélote secouent le pays. La
situation n’est pas si paisible qu’on pourrait se l’imaginer.
La
comparaison avec l’époque que nous vivons, nous viens rapidement à
l’esprit.
La
guerre en Ukraine ravive la peur d’un conflit sur le sol européen.
Les pays Baltes s’arment massivement car pour eux l’affrontement
est proche.
Le Moyen-Orient est comme un baril de poudre prêt à
exploser à la moindre étincelle. L’accord de paix bute sans cesse
sur les rodomontades des différents belligérants.
Notre pays
est fracturé, tiraillé entre des partis qui se radicalisent. La
violence des faits divers s’étale sans fin sur les médias
attisant un sentiment d’insécurité.
C’est
dans ces situations que, de tout temps, nous sommes invités à
témoigner de l’amour de Dieu.
Car
le monde a besoin d’un témoignage qui apaise. Le monde a besoin
d’une parole de paix. Mais le monde redoute l’annonce de
l’Evangile qui va à l’encontre de ses objectifs de puissance et
de richesses. De là, les tensions entre un besoin de paix et un
désir de domination.
Quand
il s’agit de se lancer dans des actions d’évangélisation,
sachez que cela demande des compétences et un minimum de formation.
Cela ne s’improvise pas, il faut être envoyé par l’Eglise. Et
surtout, on n’est jamais envoyé seul. Jésus a envoyé ses
disciples deux par deux.
Le
témoignage n’est donc pas sans risque. La peur est légitime.
Jésus ne nie pas cette réalité. Aussi affirme-t-il par trois
fois : « ne craignez pas ». Jésus
comprend les peurs mais il nous invite à ce qu’elles n’aient pas
le dernier mot. Il nous demande d’avoir la foi. La foi ne supprime
pas les difficultés mais permet de les traverser dans la confiance.
Ainsi Jésus ne dit pas : « Il n’y a rien à craindre »,
il dit : « ne craignez pas ». La
différence est importante, la peur existe mais elle ne doit pas
gouverner notre vie.
Nous
devons toujours agir dans la foi. La comparaison des petits moineaux
nous fortifie dans la confiance que nous mettons dans le Seigneur. Il
se fait défenseur de ceux qui mettent leur foi en lui. Rien de se
qui peut arriver ne laisse indifférent le Père qui est aux cieux.
Nous
sommes invités à témoigner dans la confiance : « Quiconque
se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai
pour lui devant mon Père qui est aux cieux. »
Le
témoignage que nous demande le Christ n’est pas d’aller jusqu’au
martyre mais dans une fidélité tenue dans la vie quotidienne avec
quelques règles simples.
● Se
tenir éloigné du mensonge, avoir une parole de vérité.
● Se
tenir éloigné du jugement hâtif, préférer toujours le pardon.
● Se
tenir éloigné du repli sur soi, être présent auprès des plus
fragiles.
● Ne
pas avoir honte de croire.
Le
témoignage est moins une démonstration qu’une cohérence de vie.
Ne
craignons pas :
● Parce
que la vérité sera manifestée.
● Parce
que nous avons du prix aux yeux du Père.
● Parce
que le Christ lui-même se tient à nos côtés.
Amen !
Dominique
Bourgoin, diacre.

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