Jésus attire vers lui les fatigués et ceux qui ploient sous la charge, sans dire d’où vient cette fatigue, sans dire ce qu’est cette charge.
Que
va-t-il faire pour eux ? Va-t-il les soulager de leur fardeau ?
va-t-il le porter avec eux ? le porter à leur place ? Bien
au contraire, il va ajouter un deuxième fardeau au fardeau ! Le
sien ! et en ajoutant ce poids léger au poids qui accable,
voilà que les fatigués trouvent du repos, non pas pour leur dos,
mais pour leur âme.
On
entend parfois dire : « Je n’en peux plus des
responsabilités que m’a données l’Église. Ma charge est trop
lourde, mon ministère, mes engagements paroissiaux, le Seigneur m’en
demande trop... »
Mensonge !
Son fardeau est léger ! Donc si c’est lourd, ça ne vient pas
de Lui
Ou bien : « Que c’est lourd cette nouvelle fonction, ce nouveau service, cet appel qui me fait si peur, si j’accepte, je serai écrasé par la charge… »
Mensonge !
Son fardeau est léger ! si c’est lourd, ça ne viendra pas de
Lui
Ou encore : « Que c’est lourd ce deuil, cette maladie, cette solitude, cette croix que le Seigneur m’a mise sur le dos ! Je suis accablé par ce qu’il me fait porter… »
Mensonge encore
! Mensonge ultime et redoutable !
Notre
Dieu serait-il un Dieu méchant ? Prendrait-il plaisir à nos
souffrances ? Serions-nous assez bête pour suivre un tel
Dieu ?!
Son
fardeau est léger ! si c’est lourd, ça ne peut pas
venir de Lui !
Et
mille exemples encore ! mille contraintes, mille reproches,
parfois même le seul fait de se dire Chrétien, que c’est lourd !
Que c’est dur à porter ! Mensonge que tout cela ! Son
fardeau, à Lui est léger ! Si c’est lourd, ça vient
d’ailleurs, d’un faux Jésus, d’une idée que je me suis faite
de Lui, ça vient bien souvent de moi-même, parfois aussi de
l’Ennemi qui se fait passer pour Lui, mais si c’est lourd, ça ne
vient pas de Lui.
Son
fardeau à Lui, il abrite sa Parole, son enseignement : « venez
à moi, prenez sur vous mon joug et apprenez de moi car je suis doux
et humble de cœur » (« devenez mes disciples »
est une traduction abusive ) Apprenez de moi non pas parce que ce que
je vais vous dire, « c’est du lourd ! »…
Apprenez de moi parce que je suis doux et humble de cœur.
Quelle
est cette douceur que nous avons à apprendre de Lui ?
C’est
un don de l’Esprit qui fait qu’on accepte sans résistance et
sans crainte, ce que Dieu juge bon de nous donner. On s’en
remet à Lui avec confiance.
Il
ne s’agit pas de tout accepter bêtement, il s’agit de recevoir
comme un Fils reçoit de son Père.
Jésus
n’oppose pas les sages et les intelligents aux fous et aux
imbéciles, il les oppose aux « tout-petits ». Et ces
tout petits, ce sont les tout petits enfants, ceux qui n’ont pas
encore de parole articulée… les mêmes que l’on retrouve dans le
psaume « Jusqu'aux cieux, ta splendeur est chantée
par la bouche des enfants, des tout-petits » Ce qui est caché
aux sages, aux intelligents, aux discoureurs, aux baratineurs, c’est
révélé aux bébés, à ceux qui babillent, qui gazouillent…
En
nous mettant à son école, en le prenant pour maître, nous voilà
chargés d’un fardeau, léger comme un rire de nouveau-né. Nous
voilà chargés d’un joug qui pèse le sourire d’un bébé. Et
ce fardeau nouveau, il nous révèle ce que nous sommes : des
fils et des filles d’un Père qui nous aime follement.
Les
grands maîtres du discours seront incapables de voir et d’entendre…
ils continueront à transpirer sous le poids du paquetage qu’ils se
sont eux-même liés sur le dos. Parce qu’ils refusent de recevoir
tout ce qui ne vient pas de leur sagesse et de leur intelligence. Ils
refusent d’accueillir le fardeau léger qui vient d’un autre
qu’eux, qui vient du doux et de l’humble de cœur.
Mettons-nous
à l’école de celui-là. Essayons, d’apprendre à être, nous
aussi, doux et humbles de cœur. Ça ne sera pas facile car notre
cœur est plein d’orgueil ! Il nous faudra beaucoup d’heures de
pratique ! Il faudra être bien attentifs à ce que nous dira le
maître ! Mais si nous ne sommes pas de trop mauvais élèves,
c’est à dire si nous nous mettons à parler sa langue à Lui,
celle des tout-petits, alors nous recevrons du repos pour nos âmes.
Et
nous cesserons peut-être de nous plaindre sans arrêt d’un fardeau
imaginaire, ou d’un fardeau qui ne vient pas du Seigneur.
Ne
retenez que ça : si c’est lourd, ça ne vient pas de Lui !
╬ Amen
Sylvain
diacre
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