Jn 14, 1-12 / 5eme dimanche de Päques / Une homélie

        Saint Pierre, dans sa première lettre nous parle aujourd’hui de construction et Saint Jean nous relate cette petite parabole d’une maison aux nombreuses demeures que Jésus pars préparer. Voilà une image simple qui va nous permettre d’entrer dans cette dynamique nouvelle de la foi, chemin vers le Père.

        ‘Dans la maison de mon Père, il y a plusieurs demeures ‘ Une maison du Père avec de nombreuses demeures ! Voilà une expression que j’aime beaucoup. Une maison ouverte aux différences, il y a donc différentes manières d’y entrer, d’y habiter… différentes manières de prier, de célébrer de rencontrer Celui dont le nom marque cette maison de son empreinte. Une affirmation majeure pour nous engager dans la relation de dialogue, de fraternité avec tous les croyants à commencer bien sûr par ce que l’on appelle l’œcuménisme. Rappelons-nous que le mot œcuménisme a pour origine le mot grec OIKO, la maison.

        Cette maison, nous dit saint Pierre, a une pierre d’angle, précieuse et choisie : Jésus-Christ. Rejetée par les bâtisseurs car elle est différente, elle ne rentre pas dans les critères humains habituels. Mais voilà, Pierre, lui  qui a répondu à l’appel de Jésus sur le bord du lac de Tibériade (Mc 1,16), lui qui aimé Jésus même mal (Jn 21,15-19), lui qui l’a trahi (Mt 26,69-75), lui qui en est revenu (Lc 22,31-32), nous invite à nous approcher de cette pierre vivante qu’est le Christ.

        L’apôtre nous compare à des pierres, des pierres vivantes, de la même nature que le Christ, lui, la pierre vivante. C’est le baptême qui nous a ainsi configurés. Et Pierre nous invite à participer à la construction d’une demeure, d’une maison ‘emplie de souffle’. Quelques versets plus haut (1P 2,1) la lettre semble nous préciser ce que pourrait être une maison ‘emplie de souffle’ : une maison où sont rejetés méchanceté, ruse, hypocrisie, envie et médisances. Mais au-delà de ces idéaux de relations, ce qui nous échappe probablement c’est ce qui suit et qui me parait  très innovant : ‘Pierres vivantes… pour un sacerdoce saint, pour offrir des sacrifices spirituels’. La communauté à laquelle Pierre s’adresse et à nous aujourd’hui doit entendre qu’elle est devenue ‘Prêtre’, offrant de libres louanges à Dieu pour rendre grâce de la miséricorde que le Christ ressuscité nous a obtenu à jamais. Oui, nous sommes une communion de pécheurs pardonnés, ensemble prêtres, par le Christ, lui la pierre angulaire rejetée des bâtisseurs. Vivons, célébrons, et témoignons de la joie de Pâques. Christ est ressuscité ! Amen.                                                   

Vincent GARROS