Profession de Foi / l'édito

Non, la foi n’est pas un métier… une profession ! Mais c’est un vrai travail…

    Le mot français de ‘foi’ vient du mot latin ‘fides’. Ce mot de ‘fides’ a donné d’autres mots : fidélité, fiduciaire, fiançailles. Fidélité : durer dans la relation que j’établis avec quelqu’un. Fiduciaire se dit pour une monnaie papier, chèque par exemple, en qui je mets ma confiance en contrepartie d’un achat avec l’aval d’une banque. Les fiançailles sont encore plus parlantes mêmes si elles ne se déclarent de moins en moins ou ont perdu la portée solennelle qu’elles pouvaient avoir : un engagement d’un couple devant leurs familles en vue d’un mariage.
    Nous voyons désormais comment la foi engage dans les relations que j’établis avec des personnes ou des institutions. Aujourd’hui des jeunes de l’aumônerie des collégiens de notre paroisse font leur ‘profession de foi’. Ils vont nous dire, en quelques mots personnels leur cheminement vers le Christ, en Église. Cette profession de foi s’articule avec le CREDO, la profession de foi des apôtres. Un peu comme les fiançailles, la profession de foi est une étape vers le sacrement de la CONFIRMATION, sacrement qui clôt l’INITIATION. L’initiation chrétienne a commencé avec le baptême qui ouvre à l’EUCHARISTIE.
    Cette célébration de la profession de foi est une spécificité française. Elle fut créée par Saint Vincent de Paul (1581-1660) pour les jeunes de 14, 15 ans qui partaient en apprentissage souvent loin de leur village ou de leur quartier et ne pratiquaient plus la foi chrétienne. Comme quoi la question de la transmission de la foi n’est pas nouvelle ! Alors, le jour de Pâques, ces jeunes promettaient devant l’assemblée paroissiale de rester fidèles à Jésus-Christ, d’aller à la messe et de vivre selon l’Évangile. 
    La profession de foi est donc un vrai travail dans ce sens qu’il demande quelques efforts, de la constance : continuer à se former en lisant les Écritures par exemple, en priant seul ou en communauté, en agissant de manière charitable. Ce sont les mêmes exigences pour la fidélité en amitié ou en amour. Si l’on ne prend pas soin de son jardin, on ne récolte pas beaucoup de fruits !
    Réjouissons-nous pour ces jeunes qui s’engagent aujourd’hui. Que notre prière et notre sollicitude les accompagnent. Qu’ils grandissent dans la foi, dans la confiance dans le Christ et dans l’Église qui les aiment.

Vincent GARROS

L'Esprit saint, le Dieu inconnu / l'édito

 L’Esprit Saint reste pour nous sans visage. Son iconographie est décevante, insignifiante…Le Christ lui a donné le nom de ’Paraclet’ [celui que l’on appelle à son secours] (Jn 14, 16-17 ; 16,7) mais ce nom signifie sa fonction à l’égard des hommes, non à l’égard du Père et du Fils qui n’ont pas besoin d’appeler au secours. Ce nom ne nous dit pas ce qu’il est en lui-même.

        Les deux premières Personnes sont révélées par une relation significative et bien différenciée. Le Fils est né du Père. Le Père donne tout au Fils et le Fils reçoit tout du Père. Mais l’Esprit-Saint, qu’est-ce qui le définit ? Quelle est sa relation aux autres Personnes ? On l’a appelé ‘Le Dieu inconnu’. Mais c’est plutôt méconnu qu’il faut dire. Car il a été bel et bien révélé et sa trace est perceptible, non seulement dans toute la Révélation, mais dans toute la création et dans toute l’histoire de l’Église, où il est l’objet d’une expérience cohérente. Il réalisera des œuvres plus grandes que les siennes, promettait Jésus (Jn 14,12).

        L’Esprit Saint n’est pas seulement ‘l’exégète’ du Christ, l’interprète qui le révèle, il est en quelque manière sa revanche sur le monde où Dieu fait homme n’a pas fait brillante carrière. Sa vie a été humainement un échec… Sa part était de partager le malheur des hommes et de donner ainsi la preuve du ‘plus grand amour’ (Jn 15, 13). C’est de ces racines profondes qu’a jailli l’Église. Mais c’est l’Esprit-Saint qui l’a fait naître, à la Pentecôte. Le Verbe incarné a été jugé et condamné par le monde. L’Esprit-Saint, envoyé, a déjà commencé à juger et condamner le monde, de l’intérieur, par la vie même qu’il y suscite (Jn 16, 7-12) …

        Le propre de l’Esprit-Saint, c’est sa nouveauté. Il n’est pas novateur, ni révolutionnaire, ni même réformateur par l’extérieur, mais il renouvelle tout par le fond… Le paraclet est secret…il est discret…Il s’efface devant le Christ pour l’éclairer de sa lumière, il s’efface devant nous pour éveiller notre liberté même… Comme une présence intime vivante, une lumière sur le Christ, sur le monde et sur nous-mêmes, car il est en nous, au plus profond, non seulement comme notre créateur, mais comme source vive (Jn 4,14 et 7, 37-39), source cachée, qu’il s’agit de capter sans trop savoir dans quelle mesure notre énergie vient de nous-même ou de Lui.

        Veni sancte Spiritus… Viens Esprit-Saint, remplis le cœur de tes fidèles…

René LAURENTIN in ‘L’Esprit Saint, cet inconnu’ Fayard 1997. Extraits pp 15-19

Pèlerins d'un jour, pèlerins toujours


 Nous étions une bonne vingtaine devant notre église de Gradignan, ce samedi matin 9 mai dès 7h30, à prendre le car pour nous rendre à Lourdes au pèlerinage diocésain. Avec les Talençais et Pessacais déjà embarqués nous étions une bonne quarantaine au total.
Comme toujours le voyage aller s’est déroulé dans le calme car le réveil avait été bien matinal et de plus nous ne connaissions pas ou peu les pèlerins des communes voisines. Arrivés à l’hôtel les langues se délièrent rapidement autour du premier repas partagé.
 
Bien vite après avoir pris possession de nos chambres il nous fallut nous rendre à l’église Ste Bernadette dans la grande salle pour un rassemblement de tous les pèlerins du diocèse sous l’égide de notre Évêque auxiliaire Mgr J.M. Le Vert. Impressionnante assemblée : un millier et demi de pèlerins avec une foultitude de jeunes mais aussi un bel aréopage de personnes handicapées. Belle rencontre animée de chants et de prières auxquelles l’assemblée participa pleinement.
 
Après ce temps d’accueil chacun allait là où le menait son cœur : à la grotte, à la chapelle du St Sacrement, au chemin de Croix ou plus simplement encore se poser au bord du gave qui, à voir l’eau s’écouler, donne à penser au temps qui passe ……
Le soir après le repas arrivait très vite l’heure d’aller processionner cierge à la main avec les pèlerins venus de partout dans le Monde. Nous étions bien sûr précédés par les prêtres et les handicapés en fauteuils. La foule était telle que les uns arrivaient aux pieds de la Basilique lorsque bon nombre de pèlerins n’étaient pas encore en mouvement. Le ciel nuageux s’est montré clément et a laissé la procession se dérouler sans déverser la moindre goutte d’eau.
 
Après une nuit bienfaisante les tout-jeunes étaient invités à des activités manuelles les conduisant à réaliser pour eux-mêmes un joli chapelet, tandis qu’une marche spirituelle de quelques kilomètres était proposée autour de Lourdes alors que par ailleurs s’offrait bien évidemment la possibilité de gravir le chemin du calvaire ou d’aller se recueillir devant la grotte ou à la chapelle de l’adoration …
Après le repas de midi, la clôture des bagages et leur enfermement dans les soutes du car nous sommes partis participer à la messe présidée par Mgr Le Vert qui avec des paroles simples, chaleureuses nous a invités à être attentifs à ceux que nous côtoyons dans la vie et à se faire les témoins de l’amour du Christ qui a donné sa vie pour tous. Vers 17h nous reprenions la route, le cœur joyeux de tous ces bons moments partagés et de ces temps de prière en pleine communion avec des gens pourtant venus de partout dans le monde.
 
Nous tenons à remercier nos deux accompagnatrices dont Marie-Amélie ROYER pour notre paroisse et Jacqueline de Pessac. Merci aussi à Marie-Philomène BOURGOIN qui a participé à l’animation des rencontres lors des assemblées. Un grand merci aussi à notre excellent chauffeur de car qui nous a permis d’accomplir ce pèlerinage.
Christian et Christiane HAUW

Unis au Christ dans son mystère de l'Ascension / l'édito

        Aujourd'hui notre Seigneur Jésus Christ est monté au ciel ; que notre cœur y monte avec lui. Écoutons ce que nous dit l'Apôtre : “Puisque vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d'en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu. Ayez le sens des choses d'en haut, non des choses de la terre” (Col. 3,1-2).

         De même que Jésus est monté sans pourtant s'éloigner de nous, ainsi nous sommes déjà là-haut avec lui, même si ce qui nous est promis ne se réalise pas encore en notre chair. Lui est déjà élevé au-dessus des cieux ; et cependant il souffre sur la terre toutes les peines que nous, ses membres, nous ressentons. De cela il a porté témoignage quand il s'écria d'en haut : “Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?” (Ac. 9, 4), et encore : “J'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger” (Mt. 25, 35). Pourquoi ne travaillons-nous pas sur cette terre, de telle sorte que, par la foi, l’espérance et la charité qui nous unissent à lui, nous reposions dès maintenant avec lui dans le ciel ? Lui, qui est là, est aussi avec nous ; et nous, qui sommes ici, nous sommes aussi avec lui. Il peut cela par sa divinité, sa puissance, son amour ; et nous, si nous ne le pouvons comme lui par la divinité, nous le pouvons en lui par l'amour. Il n'a pas quitté le ciel quand il est descendu vers nous, et il ne nous a pas quittés lorsqu'il est monté au ciel. Sa présence là-haut pendant qu'il était ici, lui-même en témoigne : “Personne, dit-il n'est monté au ciel, si ce n'est celui qui descendit du ciel, le Fils de l'homme qui est au ciel” (Jn 3, 13).

         Ces paroles ne semblent viser que lui seul sans qu'aucun de nous puisse être concerné. Et pourtant cela fut dit en raison de l'unité, parce qu'il est la tête, et nous sommes le corps. Cela ne concerne donc personne d'autre que lui, puisque, nous aussi, nous sommes lui selon que lui est Fils de l’homme à cause de nous et nous fils de Dieu à cause de lui. C'est pourquoi l'Apôtre dit : De même en effet que le corps est un, tout en ayant plusieurs membres, et que tous les membres du corps, en dépit de leur pluralité, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il du Christ (1 Co. 12,12). Le Christ est donc constitué de nombreux membres, mais il est un corps unique. Lui seul descendit du ciel par miséricorde et lui seul y est monté, et nous avec lui par grâce… 

 D’une homélie de Saint Augustin (354-430)

Du ciel / L'Ascension / une homélie

Nous voilà donc aujourd’hui face à un évènement qui a de quoi nous laisser comme les apôtres, hébétés, le nez en l’air, figés dans l’incompréhension. Jésus s’en va.
On avait cru qu’il partirait, comme tout le monde, le jour de sa mort. Descendu de la croix, on l’avait mis dans son tombeau, mort, vraiment mort.
Mais quand pour nous le départ est définitif, lui était revenu. Pendant quarante jours, il marche encore sur les chemins, se promène dans les jardins, rend visite à ses amis, fait des grillades sur la plage.
La mort n’était pas le départ.
La mort n’est plus le départ.

Aujourd’hui, il part.
Il part pour de bon, d’une manière inédite : il monte au ciel. Il s’élève et à peine élevé, une nuée le cache aux regards de ceux qui sont là : il n’y a plus rien à voir… C’est d’ailleurs très exactement ce que viennent leur dire deux hommes en blanc : « circulez, y’a rien à voir ».
Le problème, le paradoxe, c’est que ce même Jésus, au moment du départ, fait une promesse : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Alors ? Comment comprendre ?
Il s’en va vers le ciel, et dans le même temps nous assure de sa présence à nos côtés chaque jour. Son corps est définitivement retiré du monde, ses pieds ne toucheront plus terre, il change de lieu plus radicalement qu’il ne l’avait fait par sa mort, et, en même temps, il nous affirme qu’il est avec nous, avec nous dès maintenant, au moment où il le dit… et jusqu’à la fin.
Deux solutions peut-être au problème :
- Soit les textes se contredisent… c’est un collage… on ne sait pas trop… c’était une manière de dire…
- Soit nous n’avons toujours rien compris à la question du ciel.
Je choisis la deuxième hypothèse.

Depuis le baptême de Jésus, nous vivons sous un ciel déchiré. Quand il sort de l’eau, le ciel se déchire.
Il y avait deux mondes, deux espaces, imperméables l’un à l’autre
Il y avait le monde de Dieu et le monde des hommes
Il y avait le ciel et la terre.
C’était séparé, c’était ordonné, c’était clair.
Et quand par exemple, les hommes de Babel voulaient construire une tour assez haute pour aller voir un peu du côté du ciel, Dieu s’arrangeait pour que tout rentre dans l’ordre.

Mais par Jésus, le ciel est déchiré, le ciel descend sur la terre, le ciel fait sa demeure chez nous.
Par le Christ, le ciel et la terre sont mélangés… « sur la terre comme au ciel ».
Désormais, nous découvrons que nous sommes habitants du ciel… et si nous avons un peu d’oreille, qu’il nous arrive d’en parler la langue.
Je ne suis pas en train de parler d’un délire mystique : dans un geste qui libère, dans une parole qui relève, dans un regard qui dit « tu es mon frère… tu portes la dignité des fils de Dieu », dans un pardon qui délie, parfois même dans un silence qui donne de la place, qui permet la respiration, le souffle… dans tout cela, nous sommes du ciel. Ou plutôt, le ciel fait de nous ses témoins, nous témoignons du ciel.

Jésus peut rejoindre le ciel et nous promettre sa présence, parce que nous sommes nous-même au ciel. C’est notre lieu, c’est notre maison.
Ce que Jésus rejoint, ce n’est pas la stratosphère, ce ne sont pas les beaux nuages blancs semés de roses… Jésus rejoint le Royaume. Le Royaume des cieux. Et le royaume des cieux il est au travail en chacun de nous. Ne le cherchons pas ailleurs qu’en chacun de nous. Chacun de nous le porte en gestation… il grandit dans le secret, silencieux, patient, dans la chair de chacun de nous.

« pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel  ? »
N’avez-vous rien compris ?
Il n’y a rien à voir là-haut ! Il n’y a rien là-haut.
« Circulez, y’a rien à voir ! » Bougez-vous !
Nous sommes désormais la part de ciel que le monde attend, la part de ciel pour les Nations, c’est à dire pour les autres.
Fondés dans le ciel, nous sommes membres du corps du Christ qui est l’Église. Hors de ce Corps nous ne sommes plus rien… si chacun reste dans son coin à chercher Dieu dans les nuages, nous sommes perdus.

Le ciel est déchiré pour toujours.
Le ciel et la terre s’embrassent.
Nous marchons parmi les anges.
Nos pieds foulent les chemins du ciel,
et nous partageons le pain du ciel.

Nous ne sommes témoins de rien d’autre

╬ Amen
Alleluia !
Sylvain diacre

La maison du Père / Jn 14, 1-12 / Une homélie


        Saint Pierre, dans sa première lettre nous parle aujourd’hui de construction et Saint Jean nous relate cette petite parabole d’une maison aux nombreuses demeures que Jésus pars préparer. Voilà une image simple qui va nous permettre d’entrer dans cette dynamique nouvelle de la foi, chemin vers le Père.

        ‘Dans la maison de mon Père, il y a plusieurs demeures ‘ Une maison du Père avec de nombreuses demeures ! Voilà une expression que j’aime beaucoup. Une maison ouverte aux différences, il y a donc différentes manières d’y entrer, d’y habiter… différentes manières de prier, de célébrer de rencontrer Celui dont le nom marque cette maison de son empreinte. Une affirmation majeure pour nous engager dans la relation de dialogue, de fraternité avec tous les croyants à commencer bien sûr par ce que l’on appelle l’œcuménisme. Rappelons-nous que le mot œcuménisme a pour origine le mot grec OIKO, la maison.

        Cette maison, nous dit saint Pierre, a une pierre d’angle, précieuse et choisie : Jésus-Christ. Rejetée par les bâtisseurs car elle est différente, elle ne rentre pas dans les critères humains habituels. Mais voilà, Pierre, lui  qui a répondu à l’appel de Jésus sur le bord du lac de Tibériade (Mc 1,16), lui qui aimé Jésus même mal (Jn 21,15-19), lui qui l’a trahi (Mt 26,69-75), lui qui en est revenu (Lc 22,31-32), nous invite à nous approcher de cette pierre vivante qu’est le Christ.

        L’apôtre nous compare à des pierres, des pierres vivantes, de la même nature que le Christ, lui, la pierre vivante. C’est le baptême qui nous a ainsi configurés. Et Pierre nous invite à participer à la construction d’une demeure, d’une maison ‘emplie de souffle’. Quelques versets plus haut (1P 2,1) la lettre semble nous préciser ce que pourrait être une maison ‘emplie de souffle’ : une maison où sont rejetés méchanceté, ruse, hypocrisie, envie et médisances. Mais au-delà de ces idéaux de relations, ce qui nous échappe probablement c’est ce qui suit et qui me parait  très innovant : ‘Pierres vivantes… pour un sacerdoce saint, pour offrir des sacrifices spirituels’. La communauté à laquelle Pierre s’adresse et à nous aujourd’hui doit entendre qu’elle est devenue ‘Prêtre’, offrant de libres louanges à Dieu pour rendre grâce de la miséricorde que le Christ ressuscité nous a obtenu à jamais. Oui, nous sommes une communion de pécheurs pardonnés, ensemble prêtres, par le Christ, lui la pierre angulaire rejetée des bâtisseurs.

Vivons, célébrons, et témoignons de la joie de Pâques. Christ est ressuscité ! Amen.                                                   

Vincent GARROS

L’onction des malades / l'édito

    L’onction des malades est l’un des sept sacrements de l’Église catholique. Elle est le signe de la présence du Christ ressuscité auprès des personnes éprouvées par la maladie physique ou psychique, ou la vieillesse. En effet, les Évangiles rapportent que, hormis le péché, le Christ a partagé notre condition humaine jusque dans la souffrance et la mort. Parfois, il a guéri, et même ressuscité, an-nonçant ainsi la victoire, par sa mort et sa résurrection, sur le péché et la mort.
    Jésus a demandé à ses disciples d’oindre d’huile et de guérir les malades, [lettre de saint Jacques 5,13-17] et ils poursuivirent cette mission après la Ré-surrection. Aujourd’hui, l’Église propose ce sacrement par lequel elle croit que Jésus continue de toucher les personnes. Ce sacrement consiste en une imposition des mains et une onction d’huile bénite lors de la messe chrismale [Lundi de la Semaine Sainte]. Autrefois nommé extrême-onction ou derniers sacrements, car donné au seuil de la mort, il a, depuis le concile Vatican II, retrouvé la fonction du sacrement destiné à réconforter les personnes dans l’épreuve. 
    « Comme tous les sacrements, l’onction des malades est une célébration liturgique et communautaire, qu’elle ait lieu en famille, à l’hôpital ou à l’église, pour un seul malade ou pour tout un groupe, il est très convenable qu’elle soit célébrée au sein de l’eucharistie, mémorial de la Pâque du Seigneur. » (Catéchisme § 1519)
    Elle peut être donnée autant de fois que nécessaire. En aucun cas, elle ne remplace les soins médicaux.
    Pour le chrétien, l’onction des malades confère une grâce particulière destinée à réconforter, apaiser, aider à vivre et vaincre les difficultés inhérentes à la maladie ou la vieillesse. Elle est reçue comme un don du Saint-Esprit qui renouvelle la confiance en Dieu et fortifie. Un des effets de ce sacrement peut égale-ment être le pardon des péchés si la personne n’a pu recevoir le sacrement de ré-conciliation.
    Le sacrement est conféré en silence, le prêtre impose les mains à la personne souffrante, invoquant la descente de l’Esprit Saint sur elle. Il lui donne l’onction sur le front et les mains avec l’huile des malades. 

Marie-Christine LAFON, le Jour du Seigneur

En toute chose, aimer et servir / L'édito

    Cette devise d’Ignace de LOYOLA me semble bien correspondre à ceux que l’Église a appelés comme diacres. 
Ce dimanche, nous entendons dans les Actes des Apôtres l’institution de cette fonction nouvelle pour le ‘service des tables’ comme l’appelle Pierre. (Ac 6,2). Ce service porte en grec le nom de ’Diakonia’, diaconie. Ce groupe appelé ’les Sept’, sera au côté des Douze, au service des veuves des Hellénistes. Mais l’Esprit de Jésus-Christ pousse plus loin : Étienne portera l’annonce de la Parole jusqu’au martyr (Ac 7, 1-60) et Philippe ira en Samarie, à Gaza et même à Césarée, an-noncer l’Évangile et baptiser (Ac 8, 5-.40). On trouve mention de diacres auprès des ‘épiscopes’ - évêques dans la communauté de Philippe en Grèce (Ph 1,1). Saint Paul dans sa lettre à Timothée précise les critères pour appeler un homme ou une femme (1 Tim 3, 11) à cette fonction de ’serviteur’. (1 Tim 3, 8-13). Saint Paul nous parle d’une femme, Phoébé déclarée ministre – diakonos - au service de l’Église qui est à Cenchrées, en Grèce (Ro 16, 1). D’autres sont appelés diakonos : Appolos, Paul (1 Co 3, 5), Tychique (Ep 6, 21) ou Épaphras (Col 1,7). Ce mot de diakonos est traduit indifféremment par serviteur ou ministre de l’Église ou du Christ. Il est associé aussi à celui de ’doulos’, esclave, mot attribué également à Jésus-Christ.
    Cette fonction se poursuivra notamment dans le service des pauvres, dans le partage des biens auprès des communautés en difficulté. Dans les premiers siècles, certains seront réputés pour leur prédication et leur martyr comme Laurent, mort martyr à Rome en 258 ou Vincent de Sarragosse, mort à Valence-Espagne en 304. Mais petit à petit le diaconat va disparaître et au X° siècle, il n’est plus qu’une étape vers le ministère de prêtre même si Saint François d’Assise (1181-1226) sera diacre toute sa vie.
    C’est le Concile Vatican II en 1963 qui restaure le diaconat. En 1967, la Conférence des évêques de France (CEF) définit le ministère diaconal comme un ministère lié à la mission. Par leur ministère dans la « liturgie, la Parole et la charité » (Lumen gentium 29), ils prennent place pour une Église « en sortie » : dans le monde de l’entreprise, dans les associations, ils inscrivent l’Évangile au cœur des enjeux contemporains.
    Rendons grâce pour les diacres et plus particulièrement ceux qui sont à Gradignan : Robert, Dominique et Sylvain.

Vincent GARROS