Aimer en vérité / Mt 10, 37-42 / Une homélie

    Quand on entend l’évangile d’aujourd’hui, on est un peu assommé ! Cette exigence concernant un amour inconditionnel pour Jésus plus que les parents ou les enfants, prendre sa croix, perdre sa vie à cause de Jésus… C’est insupportable ! Bon, peut-être pour quelques martyrs, quelques saints triés sur le volet mais très peu pour moi ! et puis comment faire le lien avec « honore ton père et ta mère » (Ex 20,12/ Ep 6, 1-4) … et … « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ! » (Jn 13,34) 
    La seconde partie semble plus tranquille : accueillir un prophète ou un juste ou même donner un simple verre d’eau voilà quelque chose à la portée de tous et toutes et en plus il y a une récompense à recevoir : tout va bien !
    Mais voilà, Nous n’avons pas à prendre dans l’évangile que ce qui est le plus facile à comprendre ou à faire ! comment faire tenir tout cela ensemble ?
    Il me semble que le texte de Saint Paul que nous avons entendu juste avant peut nous éclairer ! 
    Tout commence avec le baptême ! Écoutons Paul : « Nous tous par le baptême, nous avons été unis au Christ Jésus ! » Il me semble que nous n’avons pas fini de comprendre ce que cela signifie vraiment ! Continuons ! « C’est à sa mort que nous avons été unis, mis au tombeau avec lui et ressuscité avec lui par le Père » C’est  difficile, mais il faut que nous comprenions que par le baptême nous sommes morts ! oui morts, mis au tombeau ! avec Jésus, le Christ. Et que par le baptême nous sommes vivants, ressuscité avec Jésus le Christ ! Avec le baptême commence une vie nouvelle : « C’est pour que nous menions une vie nouvelle » nous dit Paul. Paul en a fait l’expérience sur le chemin de Damas, il en sait quelque chose ! Désormais, la vie, les relations, l’amour que nous portons aux autres doit intégrer un tiers, un autre : Jésus-le Christ ! Alors aimer n’est plus uniquement organisé entre moi et l’autre mais il fait place à Jésus, le Christ, le ressuscité !  Abraham l’a compris sur le mont Morriyya quand Dieu lui demande de sacrifier son unique (Gn 22) Jacob l’a découvert sur le bord du Yabboq quand il combat avec l’ange (Gn 32,25-29) pour ne citer qu’eux… 
    Par le baptême, avec le Christ, nous sommes morts, mis au tombeau et ressuscités : personne ne nous appartient et l’amour, le vrai, n’emprisonne personne, l’amour en Christ rend libres ! Jésus, le Christ nous apprend à aimer en vérité, alors, il faut l’aimer plus que tout.  Amen.                           

Vincent GARROS

Ne craignez pas ceux qui tuent le corps / Mt 10 26-33 / Une homélie

L’Evangile de ce dimanche se situe avant l’envoi en mission des apôtres par Jésus. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la mission s’annonce difficile. Nous avons là une liste d’encouragements face aux difficultés qui peuvent se présenter.

L’envoi en mission dans la Palestine du temps de Jésus n’était pas sans danger. Les apôtres devaient légitimement s’inquiéter. Le pays vit sous l’occupation romaine. Des soulèvements sporadiques, des attentats perpétués par le mouvement zélote secouent le pays. La situation n’est pas si paisible qu’on pourrait se l’imaginer.
La comparaison avec l’époque que nous vivons, nous viens rapidement à l’esprit.
La guerre en Ukraine ravive la peur d’un conflit sur le sol européen. Les pays Baltes s’arment massivement car pour eux l’affrontement est proche.
Le Moyen-Orient est comme un baril de poudre prêt à exploser à la moindre étincelle. L’accord de paix bute sans cesse sur les rodomontades des différents belligérants.
Notre pays est fracturé, tiraillé entre des partis qui se radicalisent. La violence des faits divers s’étale sans fin sur les médias attisant un sentiment d’insécurité.
C’est dans ces situations que, de tout temps, nous sommes invités à témoigner de l’amour de Dieu.
Car le monde a besoin d’un témoignage qui apaise. Le monde a besoin d’une parole de paix. Mais le monde redoute l’annonce de l’Evangile qui va à l’encontre de ses objectifs de puissance et de richesses. De là, les tensions entre un besoin de paix et un désir de domination.
Quand il s’agit de se lancer dans des actions d’évangélisation, sachez que cela demande des compétences et un minimum de formation. Cela ne s’improvise pas, il faut être envoyé par l’Eglise. Et surtout, on n’est jamais envoyé seul. Jésus a envoyé ses disciples deux par deux.
Le témoignage n’est donc pas sans risque. La peur est légitime. Jésus ne nie pas cette réalité. Aussi affirme-t-il par trois fois : « ne craignez pas ». Jésus comprend les peurs mais il nous invite à ce qu’elles n’aient pas le dernier mot. Il nous demande d’avoir la foi. La foi ne supprime pas les difficultés mais permet de les traverser dans la confiance. Ainsi Jésus ne dit pas : « Il n’y a rien à craindre », il dit : « ne craignez pas ». La différence est importante, la peur existe mais elle ne doit pas gouverner notre vie.
Nous devons toujours agir dans la foi. La comparaison des petits moineaux nous fortifie dans la confiance que nous mettons dans le Seigneur. Il se fait défenseur de ceux qui mettent leur foi en lui. Rien de se qui peut arriver ne laisse indifférent le Père qui est aux cieux.
Nous sommes invités à témoigner dans la confiance : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. »
Le témoignage que nous demande le Christ n’est pas d’aller jusqu’au martyre mais dans une fidélité tenue dans la vie quotidienne avec quelques règles simples.
    ● Se tenir éloigné du mensonge, avoir une parole de vérité.
    ● Se tenir éloigné du jugement hâtif, préférer toujours le pardon.
    ● Se tenir éloigné du repli sur soi, être présent auprès des plus fragiles.
    ● Ne pas avoir honte de croire.
Le témoignage est moins une démonstration qu’une cohérence de vie.
Ne craignons pas :
    ● Parce que la vérité sera manifestée.
    ● Parce que nous avons du prix aux yeux du Père.
    ● Parce que le Christ lui-même se tient à nos côtés.
Amen !
Dominique Bourgoin, diacre.

Fête de l'Eucharistie / Jn 6, 51-58 / Une homélie

        Aujourd’hui, nous fêtons le Corps et le sang du Christ dans ce sacrement que nous célébrons de manière festive chaque dimanche. Comme le dit la séquence :’Ce qu’on ne peut comprendre et voir, notre foi ose l’affirmer’ mais ce qui se donne à voir est, me semble-t-il de la plus haute importance.

        Qu’est-ce qui se donne donc à voir ? Une grande hostie sur laquelle les paroles même du Christ ont été prononcées : un pain brisé qui se donne en nourriture. Pain de l’homme en route [séquence] … Comme le dit Paul : Le pain que nous rompons n’est-il pas communion au Corps du Christ ? Ceux et celles qui prennent part à ce repas se reconnaissent comme, autant de ‘com-pagnons’, de co-pains partageant une même destinée sur cette terre, et porteurs du Christ ressuscité. Bien plus, nous voilà unis avec ceux et celles qui nous ont précédés dans la foi : en communion avec les saints, eux qui sont désormais dans la Cité de Dieu comme l’appelait saint Augustin.

        Qu’est-ce qui se donne à voir ? Une coupe de vin sur laquelle les paroles du Christ ont été prononcées : une coupe d’Alliance qui se donne à boire. Et comme le dit saint Paul :  la coupe que nous bénissons n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Ceux et celles qui prennent part à ce geste de l’intinction se reconnaissent alors comme autant de frères et sœurs. Nous voilà unis d’un même sang du Christ, con-sanguins : dans une fraternité qui dépasse tous les clivages de familles et d’origines. Désormais, « il n'y a ni Juif, ni Grec ; il n'y a ni esclave, ni homme libre ; il n'y a ni masculin, ni féminin : car vous tous, vous êtes un dans le Christ Jésus » dira saint Paul aux Galates (Ga 3,28).

        Qu’est-ce qui se donne à voir ? Des enfants de Dieu qui humblement ne se nourrissent pas seulement de pain mais de la Parole de Dieu (Dt 8, 3), des militants  qui en communiant au Corps et au sang du Christ rendent grâce pour le don de la Vie qui traverse notre humanité divisée, Cité des hommes, en quête d’unité et de paix.

        Que cette fête de l’Eucharistie, immense merci à Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, nous fasse dire merci à tous ceux et celles dont nous sommes redevables. Que ce pain des Anges, comme le nomme cet hymne ancien, nous fasse voir et accueillir les biens éternels dans la terre des vivants. Amen.

Vincent Garros

Bénir / l'Edito

    Ce mot en français traduit le mot latin de ‘benedicere’, ‘dire du bien’. Il a donné les mots de bénédiction ou bénédicité. La bénédiction s’oppose à la malédiction qui dit du mal, qui maudit… Je vous propose aujourd’hui un petit voyage biblique et sacramentel avec ce mot.
    Au commencement… « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, masculin et féminin, il les créa. Dieu les bénit » (Gn 1, 27-28) et puis « Dieu bénit le septième jour » (Genèse 2, 3). 
Les Écritures, la Loi, commencent par une série de bénédictions de Celui qui est la source de toute bénédiction, Dieu, et comme le précise Saint Paul, le Christ : « Lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement » (Ro 9, 5). La Parole de Dieu bénit les êtres et le temps : le Christ est lui-même ‘bénédiction’. 
    Jésus, accueillant des enfants que les disciples écartaient, les bénit et leur impose les mains. (Mc 10, 1). 
Après la résurrection Luc écrit : « Jésus les [les Onze] amena à Béthanie et levant les mains, il les bénit » (Lc 24, 50) : ultime geste avant d’être emporté au Ciel. Par de simples gestes de la main, accompagnés de paroles qui disent du bien ou qui envoient, apparaissent ce qui deviendra plus tard des ‘sacrements’ en mémoire du Christ. 
    À la source de tout sacrement, le baptême ! Et au début de ce sacrement, le célébrant, prêtre ou diacre, puis les parents font sur le catéchumène, enfant ou adulte, le signe de la croix. Ce geste de bénédiction, le nouveau chrétien en fera mémoire en se signant avec l’eau du ’bénitier’, qui garde l’eau des baptêmes. Puis le geste de l’imposition de la main, geste de bienveillance et de douceur : « Que la force du Christ te fortifie, lui qui est le Sauveur et qui vit dans les siècles des siècles. » (Rituel n°127).
    Dans le livre de la Genèse, Abram entend une promesse : « Sois une bénédiction, je bénirai ceux qui te béniront… Par toi se béniront toutes les familles de la terre » (Gn 12,2-3). 
Qu’en famille, que dans nos groupes de prières ou d’entraide, en catéchèse, en aumônerie, quand deux ou trois sont réunis au nom de Jésus, le Christ, se disent des bénédictions. Avec l’aide d’un livre comme le ‘livre des bénédictions’ ou avec ce simple verset : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ : il nous a béni de toute bénédiction spirituelle dans les Cieux en Christ. » (Ep 1,3). 

Vincent GARROS

Information sur la situation financière 2025 de la Paroisse de Gradignan / l'Edito

Réalisé 2025 :
Le compte d’exploitation de 2025 fait ressortir un bénéfice de 22 370  avec des dépenses de 112 860 € et des revenus de 135 229 €.
Ce bénéfice s'explique principalement :
-    Côté revenus, par un nombre d'obsèques un peu plus important que prévu et des honoraires de messe à nouveau intégrés comme produits exceptionnels dans nos comptes.
-    Côté dépenses, par une facture de gaz plus faible que prévue (prix du kWh plus intéressant et hausses de taxes limitées), par le fait que les travaux concernant les portes de la Salle-St-Jacques n’apparaissent pas dans ce compte d’exploitation mais dans d’autres comptes coté Diocèse (immobilisations) et par des coûts d’entretien des locaux très faibles (moins d’heures de ménage réalisées au presbytère suite aux démissions/absences de plusieurs intervenants).

Budget 2026 :
Le budget d’exploitation 2026 a été validé en réunion après analyse des dépenses 2025. Ce budget est à l’équilibre avec des dépenses et recettes de 131 450 €.

Points particuliers :
-     Les dépenses de gaz sont prévues stables malgré la conjoncture actuelle car il y a un effet retard dans les prix du kWh avec le contrat que nous avons, mais 2027 sera lui très impacté.
-    Le poste 'Traitement Prêtres’ versé au Diocèse est prévu en forte hausse avec un prêtre de plus depuis septembre 2025 (J-L Despaux) soit +80 %.
-     Le poste ‘Équipement Église' ne prend pas en compte ni le changement de sono, (qui comme les portes de la salle St-Jacques passera en immobilisation coté Diocèse), ni l’achat du nouvel orgue qui sera financé par un financement spécifique (souscription et prélèvement dans notre réserve financière gérée par le Diocèse)
(Pour Info, à ce jour la souscription pour l’orgue a rapporté 6772 € (57 dons + collecte du concert)
Jacques PARPANT

Monsieur le Chanoine Dubreuil, Hommage et Gratitude / l'Edito



     La plupart d’entre nous avons, à un moment ou à un autre, fréquenté le « Fronton » pour diverses activités :

- le sport pour les plus anciens, les pionniers…,
- le service aux autres - l'Équipe Saint Vincent, la Visitation 2,
À nous tous, etc. - les réunions et rassemblements - éveil à la foi, aumônerie, scouts, CADIR (Centre pour l’Analyse du Discours Religieux), Conter la Bible, Églises « sœurs », etc. -,
- épisodiquement même la célébration de la messe comme en ce dimanche 7 juin, suivie d’un repas partagé…,
- et utilisation privée à l’occasion d’évènements particuliers, surtout baptêmes et communions.

Sommes-nous toujours bien conscients de notre privilège de disposer d’un tel ensemble foncier et immobilier ?
Aussi est-ce pour rendre hommage au chanoine Dubreuil, et lui exprimer notre gratitude, que nous avons souhaité lui dédier cette manifestation du 7 juin, à l’occasion du soixantième anniversaire de la création, à son initiative et par sa volonté, de l’Association Amicale de Saint Pierre de Gradignan qui en est propriétaire, et le gère au service de la paroisse de Gradignan.

Le jeune homme riche qu’il avait été du fait de sa naissance avait bien lu et intégré les enseignements des trois premiers évangiles. Jésus lui avait dit : «Viens, et suis-moi». Aussi avait-il choisi de devenir prêtre.
Et dépassant l’injonction « Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent », c’est lui qui allait vers eux.
De même ce juste a donné à manger, a donné à boire, a recueilli, a vêtu, a visité malades et sans doute prisonniers, « ces plus petits de ses frères ».
Et, son ministère accompli, après s’être retiré au «Repos maternel», puis à «Fontaudin», il entendit à nouveau les paroles de Jésus au jeune homme riche : «Va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel».

Et c’est ainsi que, dans un premier temps, le 20 avril 1966, il signa devant notaire les statuts de l’Association Amicale de Saint Pierre de Gradignan par lesquels il lui apportait le terrain (alors de 6 564 m²) du « Fronton » pour :
- Développer les œuvres catholiques de la paroisse,
- Promouvoir tout ce qui peut favoriser le développement moral et physique de la jeunesse,
- Favoriser toutes œuvres sociales et d’éducation populaire.

Dans un second temps, le 14 septembre 1972, complétant son dépouillement, il fit procéder d’une part à la dissolution de la Société Immobilière Saint Pierre de Gradignan qu’il avait créée en 1952 pour y placer le terrain de 3 202 m² (emplacement actuel de la Caisse d’Épargne et de la Villa Saint Pierre) et les constructions qui s’y trouvaient (dont la salle des fêtes « Jeanne d’Arc » qu’il avait fait construire et qui avait été ultérieurement transformée en cinéma) et d’autre part à la dévolution de ce patrimoine, «comprenant un ensemble immobilier à usage de centre paroissial», selon l’acte notarié, à l’Association Amicale de Saint Pierre de Gradignan.

C’est cette dévolution qui, par la vente des parcelles à la Caisse d’Épargne pour partie, à un promoteur pour le reste, a permis la construction du chalet «Dubreuil» sur le terrain du Fronton, et l’acquisition d’un appartement dans la résidence «Villa Saint Pierre», dont la location permet de couvrir les frais d’entretien et d’exploitation de l’ensemble foncier et immobilier du Fronton, assurant la pérennité de l’Association.

Au-delà de son ministère, le chanoine Dubreuil s’est donc révélé comme un bâtisseur et un entrepreneur avisé, meneur d’hommes, n’hésitant pas à solliciter des bénévoles, et un précurseur, notamment en matière d’éducation physique et de promotion du sport.

Avec mon très grand respect.
Daniel HICKEL

Dire sa foi / Jn 3 16-18 / Une homélie

Ce matin, des collégiens vont faire leur profession de foi. C’est à dire qu’ils vont dire leur foi. Dans l’évangile d’aujourd’hui, la question de la foi est centrale : il s’agit de « croire au Nom du Fils unique de Dieu »

Et nous, que pouvons-nous dire de notre foi ? Comment se dit notre foi au Fils ? au nom du Fils ? Comment s’exprime notre foi dans la Trinité que nous fêtons aujourd’hui ?

Samedi dernier, j’étais dans la basilique de Saint Seurin pour la confirmation de 250 adultes. La basilique était comble, probablement un millier de personnes.
Au moment de proclamer la foi de l’Église, l’évêque interroge l’assemblée : « Croyez-vous au Père tout puissant ? » et la foule de répondre haut et fort d’une seule voix, comme un coup de tonnerre : « Oui, nous croyons ! », et les voûtes de St Seurin tremblent sous cette déflagration. Cette clameur trois fois répétée a suscité en moi un profond malaise… je n’ai pas pu m’empêcher de penser : « quelque chose ici ne va pas »
Peut-on en vérité proclamer notre foi sous le registre du cri unanime ?
Qui peut répondre « Je crois » sans hésiter, sans la moindre réserve, sans le moindre tremblement intime ?

Il se pourrait que nous confondions bien souvent adhérer et croire.
Adhérer à des idées, à un récit, à une vision du monde et de l’Homme, et croire à quelqu’un… à son Nom. Or, l’Evangile semble attendre de nous non pas une adhésion massive et sans ombre à un programme, mais la foi en un Dieu qui se révèle dans toute la complexité de sa triple habitation : Père, Fils, Esprit.

L’objet de notre foi n’est pas objet de savoir. Si l’on sait, on n’a plus besoin de croire. Il ne s’agit pas d’adhérer, mais de faire confiance. Confiance et foi, c’est le même mot.
Interrogeons notre cœur et demandons-lui : « fais-tu confiance ? Ressens-tu au fond de toi qu’il y a quelque chose de vital pour toi qui se tient là, que tu ne comprends pas mais qui te tient en vie ? » Alors, la réponse qui viendra ne sera pas un cri plein d’assurance. Ce sera une petite voix, pleine de pudeur qui dira : « oui, sans comprendre, je fais confiance : oui… je crois »

Comprend-t-on pourquoi on est aimé ?
Je m’adresse aux amoureux, aux mariés, aux vieux couples : Avez-vous compris pourquoi il ou elle vous aime ? J’espère que non. Croyez-vous qu’il ou elle vous aime ? Oui, vous y croyez, et ça vous tient en vie.

Quelqu’un écrit : « savoir Croire, c’est savoir douter »*
Alors n’ayons pas peur de nos doutes. Ne craignons pas de ne pas tout comprendre, ne pensons pas que notre foi puisse se hurler comme on clame un mot d’ordre, comme on crie dans un stade… notre foi est incompatible avec le cri de la foule.

Prions pour que ces enfants qui ont à dire leur foi soient libérés de l’illusion de l’adhésion à un discours, à des idées. Qu’ils s’autorisent le doute, qu’ils se réjouissent de leurs questions et qu’ils entrent dans la confiance, c’est à dire dans la Foi.

Nul ne sait ce qu’est « croire au nom du fils unique de Dieu »
Nul ne sait comment ça marche la sainte Trinité
Mais ce Nom et cette Trinité nous plongent dans la vie éternelle, nous ouvrent le Royaume, nous pardonnent, nous aiment et sauvent le monde.

Telle est notre foi

╬ Amen
Sylvain diacre
*Marion Muller-Colard « Croire qu’est-ce que ça change ? »p.88

J'ai fait connaître ton nom aux hommes / Jn 17 1-11 / Une homélie


"J'ai fait connaître ton nom aux hommes", le Fils nous rejoint pour nous faire connaître le nom de Dieu. Jésus dans la grande prière que nous rapporte l'évangéliste saint Jean, appelle Dieu "Père".
Le nom c'est ce qui reste dans l'absence. Les apôtres, après le départ de Jésus au ciel, se réunissent au cénacle au nom de Jésus. Ils ne se sentent plus abandonnés comme au soir de la crucifixion. Ils ont revêtu le nom du Christ. Ensembles, ils sont dans la prière, habités du nom de Jésus.
Nous, qui avons été baptisés, avons revêtu le nom du Christ. Nous portons comme le dit Pierre dans sa lettre, le nom de chrétiens.
Cette dénomination n'est pas seulement une marque d'appartenance à un groupe social. Ce n'est pas l'enseigne d'un club qui réunirait ses membres tous les samedis soir et les dimanches matin. C'est bien plus, c'est une dignité que nous avons revêtue. C'est une marque qui s'imprime dans notre chair. C'est une parole qui nous oriente vers celui que le Christ appelle Père.
Le monde veut faire croire que ce nom de chrétien nous investit d'un rôle moral. Il veut faire croire qu'être chrétien, c'est adhérer à des valeurs. Ainsi, le monde parle des "valeurs chrétiennes".
Est-ce de valeurs et de morale dont parle le Christ dans sa grande prière ? Non. Il nous dit combien la relation qu'il entretient avec son Père est un don permanent, une relation d'amour. Et cet amour, il le propose à ceux qui ont gardé fidèlement sa parole.
Ce nom, qui est inscrit en nous, nous rassemble ce soir (ce matin). C'est cette présence mystérieuse mais vivante, laissée par l'absence de celui qui rejoint son père, qui nous unit aujourd'hui. Ce nom est plus fort que tout. Il porte en lui une énergie qui nous attire vers le Père comme un aimant.
Ce nom ignore les commandements du monde. Il s'impose à nous pour faire jaillir le commandement nouveau, "aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé." Cela le monde ne peut le supporter. Il ne peut supporter que des hommes et des femmes se soustraient à ses lois.
Partout dans le monde, les minorités chrétiennes subissent la discrimination et la persécution. Elles sont considérées aujourd'hui comme le groupe religieux le plus persécuté.
Des millions de chrétiens vivant dans plus d'une soixantaine de pays, risquent de se trouver victimes d'un traitement injuste en raison de leur conviction religieuse.
La persécution chrétienne peut prendre diverses formes. Les atteintes flagrantes à la liberté de pensée et de conscience mènent trop souvent à la violence physique, l'incarcération et la mort. Mais la persécution peut toucher tous les aspects de la vie, allant de la désinformation jusqu'à la discrimination et l'exclusion.
En France, nous sommes à l'abri des excès que connaissent nos frères chrétiens d'orient. Mais la paix n'est jamais acquise. C'est un chemin qu'il nous faut toujours reprendre. Un chemin qui fait l'unité à la suite du Christ.
Rappelons que l'Eglise est ce chemin. C'est un chemin qui redonne des forces pour répandre ce beau commandement : "aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé."
Le partage du pain et du vin auquel nous invite le Père au nom du Christ apaise nos inquiétudes et nous redonne des forces pour la route. Nous ne sommes pas là pour notre confort ou notre propre satisfaction. Nous sommes là pour rendre gloire à Dieu, car il nous glorifie dans son Fils Jésus Christ. Que cette Eucharistie soit pour nous signe d'unité et d'amour.
"C'est à l'amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples" Cet amour annonçons-le, au nom du Christ.
Car qui regarde l'Eglise dans l'Esprit, voit le Christ. Et qui voit le Christ, voit le Père, et qui voit le Père reçoit l'Esprit.
Mes amis, nous voilà en route pour la pentecôte, dans l'Esprit, laissons grandir en nous le nom de Jésus qui nous habite à jamais. Laissons-lui toute la place qui lui revient.
Amen !
Dominique Bourgoin, diacre.