"J'ai fait connaître ton nom aux hommes", le Fils nous rejoint pour nous faire connaître le nom de Dieu. Jésus dans la grande prière que nous rapporte l'évangéliste saint Jean, appelle Dieu "Père".
Le
nom c'est ce qui reste dans l'absence. Les apôtres, après le départ
de Jésus au ciel, se réunissent au cénacle au nom de Jésus. Ils
ne se sentent plus abandonnés comme au soir de la crucifixion. Ils
ont revêtu le nom du Christ. Ensembles, ils sont dans la prière,
habités du nom de Jésus.
Nous,
qui avons été baptisés, avons revêtu le nom du Christ. Nous
portons comme le dit Pierre dans sa lettre, le nom de chrétiens.
Cette
dénomination n'est pas seulement une marque d'appartenance à un
groupe social. Ce n'est pas l'enseigne d'un club qui réunirait ses
membres tous les samedis soir et les dimanches matin. C'est bien
plus, c'est une dignité que nous avons revêtue. C'est une marque
qui s'imprime dans notre chair. C'est une parole qui nous oriente
vers celui que le Christ appelle Père.
Le
monde veut faire croire que ce nom de chrétien nous investit d'un
rôle moral. Il veut faire croire qu'être chrétien, c'est adhérer à des valeurs. Ainsi, le monde parle des "valeurs chrétiennes".
Est-ce
de valeurs et de morale dont parle le Christ dans sa grande prière ?
Non. Il nous dit combien la relation qu'il entretient avec son Père
est un don permanent, une relation d'amour. Et cet amour, il le
propose à ceux qui ont gardé fidèlement sa parole.
Ce
nom, qui est inscrit en nous, nous rassemble ce soir (ce matin).
C'est cette présence mystérieuse mais vivante, laissée par
l'absence de celui qui rejoint son père, qui nous unit aujourd'hui.
Ce nom est plus fort que tout. Il porte en lui une énergie qui nous
attire vers le Père comme un aimant.
Ce
nom ignore les commandements du monde. Il s'impose à nous pour faire
jaillir le commandement nouveau, "aimez-vous les uns les
autres comme je vous ai aimé." Cela le monde ne
peut le supporter. Il ne peut supporter que des hommes et des femmes
se soustraient à ses lois.
Partout
dans le monde, les minorités chrétiennes subissent la
discrimination et la persécution. Elles sont considérées
aujourd'hui comme le groupe religieux le plus persécuté.
Des
millions de chrétiens vivant dans plus d'une soixantaine de pays,
risquent de se trouver victimes d'un traitement injuste en raison de
leur conviction religieuse.
La
persécution chrétienne peut prendre diverses formes. Les atteintes
flagrantes à la liberté de pensée et de conscience mènent trop
souvent à la violence physique, l'incarcération et la mort. Mais la
persécution peut toucher tous les aspects de la vie, allant de la
désinformation jusqu'à la discrimination et l'exclusion.
En
France, nous sommes à l'abri des excès que connaissent nos frères
chrétiens d'orient. Mais la paix n'est jamais acquise. C'est un
chemin qu'il nous faut toujours reprendre. Un chemin qui fait l'unité
à la suite du Christ.
Rappelons
que l'Eglise est ce chemin. C'est un chemin qui redonne des forces
pour répandre ce beau commandement : "aimez-vous les uns
les autres comme je vous ai aimé."
Le
partage du pain et du vin auquel nous invite le Père au nom du
Christ apaise nos inquiétudes et nous redonne des forces pour la
route. Nous ne sommes pas là pour notre confort ou notre propre
satisfaction. Nous sommes là pour rendre gloire à Dieu, car il nous
glorifie dans son Fils Jésus Christ. Que cette Eucharistie soit pour
nous signe d'unité et d'amour.
"C'est
à l'amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on
reconnaîtra que vous êtes mes disciples" Cet amour
annonçons-le, au nom du Christ.
Car
qui regarde l'Eglise dans l'Esprit, voit le Christ. Et qui voit le
Christ, voit le Père, et qui voit le Père reçoit l'Esprit.
Mes
amis, nous voilà en route pour la pentecôte, dans l'Esprit,
laissons grandir en nous le nom de Jésus qui nous habite à jamais.
Laissons-lui toute la place qui lui revient.
Amen
!
Dominique
Bourgoin, diacre.

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