Ses vêtements devinrent resplendissants / Mc 9 2-10 / une homélie

« Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. »  Pierre, Jacques et Jean contemplent Jésus dans son corps de ressuscité. Quelle expérience ! Une expérience unique pour ces trois hommes. Mais est-ce une expérience jamais renouvelée sur notre terre ?
Le baptême est une expérience unique pour tout humain de rencontrer le Christ transfiguré.
Linda, Mélanie, Sarah, Alexandre, Aurélien et Philippe les six catéchumènes de Gradignan ont vécu l’étape de l’appel décisif et de l’inscription du nom, dimanche dernier à l’église du sacré Cœur de Bordeaux.
Lors du 1er dimanche de Carême, le 18 février, Mgr James a appelé publiquement par leur nom tous les catéchumènes et les a invités à répondre personnellement à cet appel en se levant parmi l’assemblée du sacré Cœur de Bordeaux. Ils sont entrés alors dans le temps de carême, soutenus par leur communauté, car c’est l’Eglise toute entière qui chemine avec eux vers Pâques à la rencontre du Christ ressuscité. Puis l’évêque a interrogé les catéchistes qui les accompagnent en posant les questions suivantes :
Ont-ils été fidèles à écouter la parole de Dieu annoncée par l’Église ? Les accompagnateurs ont répondu : Oui, ils ont été fidèles.
Ont-ils commencé à vivre dans la présence de Dieu, en gardant cette Parole ? Les accompagnateurs ont répondu ; Oui, ils ont commencé.
Ont-ils participé à la vie fraternelle et aux prières ? Les accompagnateurs : Oui, ils ont participé.
Devant Dieu, pensez-vous que ces hommes et ces femmes que vous présentez peuvent être admis aux sacrements de l’initiation chrétienne ? Les accompagnateurs : Oui, nous le pensons.
C’est tout cela la préparation au baptême des adultes, fréquenter la parole de Dieu, se mettre à l’écoute de l’Evangile et participer à la vie fraternelle et à la prière.
Ces questions nous bousculent, nous les vieux catho comme dit Msg James. Sommes-nous fidèles à écouter la parole de Dieu ? Vivons-nous en présence de Dieu ? Participons-nous à la vie fraternelle et aux prières ? Ces questions peuvent nous interroger sur notre fidélité à notre baptême.
Puis ils ont inscrit leur nom sur le registre des catéchumènes du diocèse. Alors Mgr James s’est adressé aux catéchumènes : « Chers catéchumènes, levez-vous, vous tous dont les noms sont inscrits sur ce registre Vous êtes appelés ! Vous serez initiés par les sacrements de la foi pendant la prochaine veillée pascale. »
Linda, Mélanie, Sarah, Alexandre, Aurélien et Philippe sont en route vers le baptême lors de la vigile pascale. Ils recevront ce soir là la lumière du Christ, c’est pourquoi on les appelle dans la tradition les « illuminandi », ceux qui vont vers la lumière.
Ils sont en marche vers le Christ transfiguré. Ils verront mystérieusement le Christ dans ses vêtements resplendissant. La grâce de la transfiguration se renouvelle à chaque baptême. Mystérieusement, ils entendront une voix leur dire : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! »
Le rituel souligne particulièrement cet aspect du baptême par le signe du vêtement blanc. Tu es devenu(e) une création nouvelle, tu as « revêtu le Christ », c'est pourquoi tu portes ce vêtement blanc.
Mais le chemin est encore long pour arriver au jusqu’au. Ils rencontreront des embûches sur leur chemin. L’adversaire va se manifester pendant se carême pour les détourner de leur chemin. Il viendra leur susurrer des paroles fausses pour couvrir la vraie parole, celle qui ouvre à la vie.
Alors, mes amis, nous sommes tous invités à porter dans notre prière les catéchumènes pendant tout le temps du carême. Nous sommes invités à persister dans la prière tout le temps pascal jusqu’à la Pentecôte, une fois qu’ils seront devenus néophytes par leur baptême.
Avec notre soutien et avec la grâce de Dieu, ils rencontreront le Christ à la vigile pascale.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple,
à l’entrée de la maison du Seigneur,
au milieu de Jérusalem !
Amen !
Dominique Bourgoin, diacre.

Si tu veux, tu peux me guérrir / Mc 1 40-45 / une homélie

Dimanche après dimanche l’Evangile de Marc nous conduit à mieux connaître Jésus, presque pas à pas. Aujourd’hui nous méditons le récit de la guérison du lépreux ; Un miracle de Jésus.
Dans ce texte il y a en réalité deux récits
1 le miracle lui-même : la guérison d’un homme atteint de la lèpre, qui retrouve un corps sain et sa place dans la société
2 Le combat incessant de Jésus pour révéler le vrai visage de Dieu.
Jésus et le lépreux n’auraient jamais dû s’approcher l’un de l’autre ; Tant que le lépreux gardera cette tache (sur son corps) il sera vraiment considéré comme impur (pécheur) .
« C’est pourquoi il habitera à l’écart, son habitation sera hors du camp » Lévitique (1ere lecture)
Certaines maladies étaient pour le peuple juif la preuve d’un péché contre Dieu et contre l’humanité. C’est assez terrifiant d’entendre une mesure d’exclusion au nom de Dieu.
L’attitude du lépreux dans l Evangile est une attitude de foi « Si tu veux, tu peux me guérir » Cet homme était en attente et il semble reconnaître en Jésus le Messie attendu
Jésus quant à lui il répond à cette attente « Je le veux sois guéri » et du même coup il dévoile le Dieu d’amour, pris aux entrailles (pas de condescendance ni seulement de la pitié) et qui non seulement guérit mais surtout purifie (terme utilisé 4x) purifier ! Se laisser ajuster à Dieu/ retrouver la configuration de notre baptême.

Jésus vient aussi de commencer son long combat contre toute exclusion Il vient de poser un acte d’extrême liberté (transgression) le lépreux en fait de même. Désormais personne ne pourra être déclaré impur ni exclu au nom de Dieu ;
C’est une bonne nouvelle pour les pauvres, les pécheurs que nous sommes. Le paradoxe c’est que cela coûtera à Jésus d’être à son tour exclu (passion- Croix)
Aujourd’hui cet Evangile nous interroge. Nos sociétés occidentales, si avancées et démocratiques soient elles engendrent de l’exclusion .Même si de-ci de-là nous sommes témoins d’actes de solidarité, d’entraide, et de bravoure, la compétition économique et sociale forcenée est souvent fatale aux faibles et au plus pauvres). Les préjugés racistes n’ont pas disparus hélas, ni les réflexes de crainte de contagion (étrangers, migrants…) et cela même parmi les baptisés Tout cela provoque des rejets à la racine de violences sociales.

Si nous voulons être comme le Dieu d’amour qui entend notre cri et être purifiés nous devons nous faire proche de tous, n éviter personne mais développer nos capacité de fraternité et d’amour. Ne soyons « obstacle pour personne » (1 Co- 1ère lecture du jour)
Pour Dieu aucune personne n’est enfermée dans son destin. Tout humain est à son image et à sa ressemblance et est appelé à devenir sa demeure. (prière d’ouverture de la célébration.) Aucune condition sociale, aucune faiblesse ne peut empêcher le « Fils bien aimé du Père » de venir jusqu’en nous, nous toucher, nous purifier, nous sauver.
L’amour de Dieu est comme une source qui se transforme en cascade et qui ruisselle sur chaque humain pour le purifier, le combler de grâce.
C’est Jésus qu’il nous faut contempler, c’est de lui qu’il nous faut remplir notre regard, de ses paroles et de ses gestes qu’il faut tapisser notre esprit, le lieu où se forment nos pensées et se décident nous actes. Que sa grâce nous rétablisse sans cesse dans son amour et l’amour des uns et des autres.
L’eucharistie qui nous rassemble est un rite de guérison :
« Seigneur je ne suis pas digne de te recevoir. Mais dit seulement une Parole et je serai guéri. »
Amen

Robert Zimmermann
Diacre

Qui est cet homme ? / Mc1 21-28 / une homélie


 Jésus après son baptême par Jean-Baptiste, son séjour de quarante jours au désert où il a été tenté est retourné en Galilée où il a choisi ses disciples au bord du lac. C’est avec eux, qu’un jour de sabbat, il est entré dans la synagogue de Capharnaüm au bord du lac de Tibériade.). La présence de Jésus dans cette synagogue un jour sabbat, est un événement normal... Et c’est là que, pour la première fois il prend la parole en public. L’évangéliste Marc ne nous dit rien du contenu de l’enseignement de Jésus . Saint Marc ne retient qu’une chose générale, mais qui en dit long :

« Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité et en plus il commande aux esprits impurs et ils lui obéissent » !

Jésus n’enseigne pas comme les scribes. L’auditoire habitué au culte du sabbat (comme nous à la messe du dimanche) écoute le discours des scribes qui parlent avec l’autorité de leur fonction et de leur connaissance des Ecritures. Mais à force leur enseignement est sans effet. Nous-même aujourd’hui ne sommes-nous pas pris par la routine au point que, parfois, nous ne percevons plus la puissance du message ?
L’autorité de Jésus vient du Père « Je mettrai dans sa bouche mes paroles » Jésus est lui-même Parole de Dieu, devenue Parole vivante. Devant l’autorité et la radicalité de sa parole et aussi de ses actes les témoins s’interrogent : « Qu’est-ce que cela veut dire ? » « Qui est donc cet homme ? »
Curieusement, le premier à répondre à cette question essentielle n’est pas un disciple mais « Un humain avec un esprit impur » – impur, mais lucide. Il ne se trompe pas quand il dit : « Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu ! » Il a de même parfaitement compris en quoi consistait la mission de Jésus : « Es-tu venu pour nous perdre ? » (L’esprit impur saisit ce pour quoi Jésus est venu : pour le déloger de l’homme et le réduire à néant et par-là même libérer l’humanité.)
Tout au long de l’histoire sainte lorsque la Verbe de Dieu se manifeste, en même temps se lèvent les esprits impurs qui peuvent soumettre tout humain (démons pas utilisé ici).
On a imaginé parfois que ces esprits impurs étaient des anges déchus
Il nous faut chasser de nos mémoires ces images d’Epinal. Celles de personnages maléfiques hideux avec une queue fourchue et parfois un trident. Les anges de Dieu sont des messagers ; une Parole qui vient annoncer à nos corps une Bonne Nouvelle ; Les esprits impurs qui peuvent habiter tout humain sont quant eux adversaires de la Parole *, anti-parole ? porteuse de mensonges, de fausses nouvelles, Ce sont des esprits trompeurs qui sèment la confusion, la division (diabolos) Ils veulent nous empêcher d’entendre et de croire. Ils sont force de résistance à l’amour - complotisme, déclinisme, racisme, pessimisme ; égocentrisme. Cela peut nous concerner chacun ; « Ils sont légion »
Il est parfois délicat de les distinguer, de les, discerner
L’Eglise nous donne d’entendre dans le deutéronome une grille de discernement ; et dans cette liste il ne s’agit pas de choisir mais de la pendre comme un tout.
Le vrai prophète ‘ (1ère lecture du jour) est choisi par Dieu et par nul autre. Il est pris parmi les croyants. Il transmet fidèlement le message, ne dispense pas sa propre parole. L’écouter est vital car il nous conduit du côté de la Vie et de l’Amour.
Sa Parole est radicale et peut nous bousculer, nous perturber. C’est un indice important cette radicalité. Méfions-nous des paroles trop lisses qui nous porteraient à bien cultiver nos vieilles habitudes, auxquelles nous tenons tant.
St Paul est une illustration de cette radicalité dans l’extrait de la lettre aux Corinthiens concernant le célibat Ses paroles ont peut-être fait monter en vous l’image de ce Paul « affreux misogyne ». Mais en sortant une parole de son contexte on risque de se tromper. Paul ne fait pas l’éloge du célibat contre le mariage. Personne n’est exclu de l’amour de Dieu. Or pour le peuple juif, le célibat est méprisé, considéré comme suspect et porteur de tant de maux. Le souci de Paul c’est avant tout un attachement total au Christ. Il est vain d’apporter trop d’importance à l’état des personnes marié, célibataire ,juif ou païen, esclave ou homme libre. C’est l’attachement sans condition au Verbe fait chair qui prime. Le discours de Paul remet les « non-mariés » au même niveau que les personnes mariées.

Jésus a combattu les esprits impurs jusqu’à mourir sur la Croix . Par l’autorité de son Père et le don de l’ Esprit, par sa résurrection il nous a donné de vaincre les forces du mal : soyons vigilants, ne nous trompons pas en écoutant nos propres penchants, les esprits impurs qui nous détacheraient du Christ
« Prosternons-nous devant le seul Dieu.
Ne fermons pas notre coeur mais écoutons la Parole qui vient du Seigneur »
Amen
Robert Zimmermann
diacre

Quarante jours quarante nuits sous le regard de Dieu

     Au seuil de ces quarante jours, quarante nuits, Jésus m’ouvre un chemin rythmé par le partage, la prière et le jeûne, avec comme seul bagage mon désir de lui plaire au plus intime de mon être, comme en secret.

    Je ne suis pas seul. Je retrouve là le peuple bien-aimé qui s’avance dans ce chemin vers Pâques. Il n’est pour lui aucune route vers toi qui voit ce qui est invisible, dans le secret ce que tu fais en secret.

    Hors le chemin de ta lumière, notre Père, Tu regardes, tu m’appelles à me poser, à t’écouter, à me ressourcer pour mieux te connaître et te suivre. Tu me libères de la méchanceté, de l’accablement, de la fatigue, du tour-ment, de la peine, pour que nous vivions comme ajusté à ta personne.

    Pendant 40 jours, 40 nuits, ce carême n’est pas une course d’obstacles, mais une occasion de me laisser saisir par Dieu qui m’invite à faire la vérité dans ma vie. Sans doute le plus gros du travail sera intérieur, invisible, connu de lui seul.

    Je me dispose à faire confiance et à me laisser guider par la grâce de Dieu.

    Laisserai-je le Christ percer la carapace de mon cœur ? De quelle manière suis-je prêt à risquer l’aventure de la rencontre et de la miséricorde ?

Frère Jean-François, abbaye de Belloc 2024

Être tenté par Satan / Mc 1 12-15 / une homélie

En sortant de l’eau du baptême, Jésus vient d’entendre une voix le désignant comme le Fils bien-aimé. Désormais, il porte en lui l’écho de cette déclaration d’amour : quelqu’un lui a dit qu’il était aimé. Et aussitôt, il est poussé au désert pour être tenté quarante jours par Satan.

Nous sommes toujours un peu déroutés par cette figure de Satan, parce que notre imaginaire est tellement encombré de représentations qu’on a du mal à se défaire du diable rouge avec ses cornes et sa queue fourchue, et ça, ça n’existe pas. Or Satan est un nom, et nommer une chose c’est la faire exister. Satan, c’est le nom de l’adversaire. C’est le sens du mot.

Mais de qui est-il l’adversaire ? Certainement pas de Dieu. Dieu n’a pas d’adversaire. Qui pourrait combattre Dieu ?
Peut-être que Satan est l’adversaire de la voix qui dit « tu es mon fils bien-aimé ».
Pas de celui qui parle, mais de ce qu’il dit.
Satan est cette chose qui ne veut pas que nous entendions la voix qui ne cesse de nous dire « tu es mon fils bien-aimé ». Il se fait l’adversaire de la Parole, il se dresse contre la déclaration d’amour, il s’oppose à l’alliance.

Jésus ne va pas au désert pour méditer tranquillement sur la joie qu’il a d’être aimé. Il ne va pas au désert, rempli d’Esprit Saint pour jouir de son statut de Fils bien-aimé, en attendant de revenir à la vie publique tout ragaillardi. Ce n’est pas un lieu de paix, ce n’est pas une retraite spirituelle pour se ressourcer, c’est le lieu du combat.
Jésus est poussé au désert par l’Esprit. Le texte dit « jeté » au désert, « chassé ». C’est le même verbe que lorsqu’il expulsera les démons. Jésus est « expulsé » au désert par l’Esprit.
Il n’a aucune envie d’y aller. Pour y aller, il faut que l’Esprit l’y jette.
Nous pourrions faire l’hypothèse que le combat avec l’adversaire est le passage obligé de tous ceux qui, un jour, entendent qu’ils sont aimés.

Nous voilà nous-même jetés en carême. Explusés en carême, avec la sensation cette année qu’il arrive très vite, à peine sortis de Noël. Si notre carême a à voir avec l’expérience de Jésus au désert, ce sera donc un lieu de combat. Pas un lieu de mortification ou de privation, remplis de nos fameux « efforts de carême » que nous sommes bien souvent incapables de tenir tant ils sont artificiels.
Si chacun se donne à lui-même ses contraintes, c’est contre nous-même que nous combattons !
Or il y a un adversaire. Un adversaire qui n’est pas nous. Qui ouvre un combat bien réel. Un adversaire en chacun de nous qui ne veut pas que nous entendions « tu es mon fils bien-aimé ».
Une voix qui se met à parler plus fort pour nous dire « tu es nul »-« tu n’es pas assez performant, pas assez croyant, pas assez pur »-« tu n’es pas digne » « comment Dieu pourrait-il t’aimer, minable que tu es ! »-« tu devrais avoir honte de tes péchés »-« tu n'as pas de péchés »-« Tu ne peux pas être aimé ».
Le voilà le vrai combat, le voilà le Satan à l’œuvre dans notre désert.

Quarante jours non pas pour faire de la gymnastique spirituelle, mais pour se convertir et croire à l’Evangile. Se convertir c’est à dire changer de regard, changer de manière de voir et d’entendre, changer par choix. Et croire à l’Evangile, c’est à dire d’abord se mettre à son écoute en arrêtant de parler à sa place, et ensuite en le prenant au sérieux. Croire enfin à la bonne nouvelle qui nous dit « Tu es mon fils bien-aimé ». Y croire, c’est à dire non pas adhérer à l’idée, mais accueillir la voix, faire confiance et obéir au don qui nous est fait. Et faire taire enfin l’adversaire qui a le verbe haut.

Si nous consentons à ce combat, nous serons à coup sûr soumis aux anges et aux bêtes sauvages. Mais le matin de Pâques nous trouvera disponibles, prêts à être relevés de nos tombeaux.
Poussés en carême, jetés dehors par l’Esprit, ne craignons ni les anges ni les bêtes sauvages, ne craignons pas non plus Satan, l’adversaire, puisque la victoire est acquise.

Amen
Sylvain diacre

Lumière des Nations

    Á Noël, nous fêtions la naissance de Jésus et comme saint Jean le proclamait, nous avons reconnu en lui, la Parole de Dieu, le Verbe, qui était la vraie lumière qui illumine tout homme. (Jean 1, 9).

La liturgie nous offre de fêter quarante jours plus tard, le 2 février, Jésus-Christ, lumière des nations. C’est ainsi que Syméon parle de Jésus qu’il accueille dans ses bras.  
    S’adressant à Dieu, Syméon proclame : ‘Maintenant, Maître, c’est en paix comme tu l’as dit, que tu renvoies ton serviteur. Car mes yeux ont vu ton salut que tu as préparé face à tous les peuples, lumière pour la révélation (apocalypse) aux nations (ethnies) et gloire d’Israël, ton peuple. (Luc 2, 29-32)
    Ce beau cantique de Syméon, est lu ou chanté chaque soir, aux vigiles, par les moines et les moniales ainsi que par ceux et celles qui prient la ‘liturgie des heures’. Au moment où le jour baisse, où la nuit assombrit la nature, monte une prière qui se fait joyeuse d’une lumière qui vient éclairer les ténèbres. Le poids du jour, le fardeau du grand âge ou de la maladie sont illuminés par la simple présence de ce petit enfant accueilli, de quelques mots d’Évangile médités en silence, d’une rencontre ou d’un sourire accueillis dans la journée, l’émerveillement devant le chant d’un oiseau, la beauté d’une fleur, la majesté d’un arbre...

    La fête de la présentation de Jésus au Temple se célèbre avec de petites bougies allumées. La procession d’entrée dans l’église accompagnée d’un simple cantique trouvera un écho, dans quelques semaines, lors de la Vigile pascale.‘Lumière du Christ’ !
    Avec Syméon, l’Église naissante rend grâce à Dieu pour ce qui se dévoile avec la venue de Jésus. Le monde, la création tout entière, le cosmos sont aimés par son créateur. Dieu n’est ni un juge ni Celui qu’une colère anime. Tous les peuples, toutes les ethnies se trouvent éclairées par cette parole de paix de Noël : ‘Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde mais pour que le monde soit sauvé… la lumière est venue dans le monde…celui qui fait la vérité vient à la lumière’. (Jean 3,17-21)
    Rendons gloire à Dieu, accueillons Jésus, frère juif et fils de Dieu, Christ-lumière qui éclaire nos ténèbres et nous donne cette joie mystérieuse de nous savoir aimés tels que nous sommes, membres de cette grande famille humaine, sans frontière… de toutes les nations…au-delà des différences…...

Vincent Garros