Lève-toi, prends et va / Sainte Famille / Une homélie

Lève-toi, prends... et va ! Dans ce récit de Matthieu, par deux fois, nous entendons la même injonction venue d’ange ou plutôt de parole venue d’en Haut, dans un songe de Joseph. Le verbe utilisé est le même que celui qui nous parlera de la sortie de la mort de Jésus à Pâques. On peut le traduire par ‘lève-toi’, bien sûr mais aussi, ‘réveille-toi’, ‘sors du sommeil’, ressuscite !

Oui, Joseph est l’homme qui entend en son for intérieur, l’appel de Dieu à se réveiller, à se lever, à faire face au réel. Le roi Hérode est un tyran, jaloux, pervers et violent : il faut fuir et mettre à l’abri ta famille. Comme Abraham, Joseph n’hésite et se met en route…Comment ne pas penser à tous ces hommes, ces femmes et enfants qui prennent avec eux quelques bagages et traversent les frontières pour éviter la mort. Bien sûr, cela ne sera pas sans difficulté pour eux tant que pour ceux qui leur feront bon accueil. Mais honte à ceux et celles qui les exploiteront comme esclaves ou à des fins politiciennes sordides !

Lève-toi, prends… et va ! Cette même phrase, nous l’entendrons aussi dans la bouche même de Jésus de nombreuses fois. En restant chez saint Matthieu, c’est lors de la venue du paralytique descendu du toit Lève-toi, prends ton grabat et va dans ta maison. (Mt 9,6). En écho dans les autres évangiles, de nombreuses fois, Jésus dira : lève-toi et va… Autant de guérisons, du corps, du cœur ou de l’esprit où Jésus prends soin de ceux et celles qui souffrent de maladies invalidantes ou qui marginalisent. Comment ne pas penser à tous ces hommes, ces femmes, ces enfants en souffrance ou se sentant coupables. Gloire à tous ceux et celles qui prennent soin d’eux dans les services spécialisés : hôpitaux, cliniques, foyers spécialisés mais aussi les aidants à domicile !

Puis plus loin, une même adresse de Jésus aux trois disciples ayant vu Jésus transfiguré : levez-vous ou réveillez-vous selon les traductions et n’ayez pas peur ! (Mt 17, 7). Ou bien, juste avant son arrestation au mont des Oliviers : Réveillez-vous, voici celui qui me livre (Mt 26, 46)

Se lever, sortir de son sommeil, de sa léthargie, de sa sidération, faire face au réel et accueillir au fond de soi l’appel d’en Haut à la résurrection. Le Seigneur nous invite à prendre sa route aujourd’hui, à découvrir des frères et sœurs. Une famille nouvelle est en construction par Jésus, le Christ, accueilli en notre humanité par Marie et Joseph. En serons-nous les acteurs ? Amen.

Vincent GARROS

Comme cette eau se mêle au vin...

Le sang et l'eau / Vitrail d'Alfred Mannessier / Abbeville / 1982
 Peut-être ne l’entendez-vous pas et pourtant cette petite prière au moment de l’offertoire est d’une grande beauté et dit ce qui nous fonde au moment où nous célébrons le mystère de l’Eucharistie. La voici :
        "Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité".

        Cette prière est dite par le diacre au moment où il verse dans le calice rempli de vin, quelques gouttes d’eau. Regardons l’un après l’autre chacun de ses éléments.
        De l’eau et du vin se mêlent dans une même coupe à laquelle nous allons communier. L’eau et le vin rassemblés, voilà qui nous invite à revisiter le récit inaugural de la mission de Jésus chez saint Jean : les Noces de Cana (Jn 2,1-11). Pour saint Jean, c’est évident : ici se réalise le commencement des signes de Jésus : Jésus est venu sur notre terre pour une Alliance entre Dieu et l’Humanité.
        L’eau : ‘chaste et pure’, comme la qualifiait saint François d’Assise (Cantique des créatures) vient de la nature. Humble et fragile, elle représente ici l’humanité. Alors quelques gouttes suffiront !
        Le vin : ‘Fruit de la terre et du travail des hommes’ - (prière de la présentation des dons), béni et présenté au Seigneur, lui, représentera le Christ.
        Dans ce geste liturgique, l’eau se mêle au vin : l’humanité vient se fondre dans la divinité du Christ, lui qui a pris notre humanité. Irénée de Lyon le disait ainsi : «Dieu s'est fait Fils de l'homme pour que l'homme à son tour devienne fils de Dieu»
        L’eau et le vin mêlés, inséparables désormais, disent en même temps l’union du Christ qui a pris notre humanité : c’est le mystère de l’Incarnation, fêté à Noël et l’union du Christ avec l’humanité lors de sa Passion. « Prenez et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle qui sera versée pour vous et la multitude en rémission des péchés ». (Récit de l’Institution de l’Eucharistie). C’est le mystère de la rédemption.
        Nous qui allons boire à cette coupe, puissions-nous être unis au Christ, lui qui est Dieu et qui a pris notre humanité. C’est notre désir et notre foi.

Vincent GARROS

Une armée dans le ciel / Nuit de Noël / Une homélie

Isa Barbier - 2014

En écoutant l’évangile de la Nativité en ces jours où se multiplient les annonces de guerre, je suis intrigué par cette irruption dans le ciel d’une armée, une armée céleste, une troupe nombreuse. Mais ici aucune menace mais plutôt …de la beauté, de la louange à Dieu et des paroles qui illuminent cette nuit : GLOIRE À DIEU AU PLUS HAUT DES CIEUX ET PAIX SUR LA TERRE AUX HOMMES QU’IL AIME.

Cette armée du Ciel fait suite à l’annonce d’un ange venu comme en éclaireur. Sa venue soudaine dans la nuit enveloppe de lumière des bergers qui veillaient leur troupeau près de Bethléem. Bethléem, c’est la ville de David, jeune berger, lui aussi, qui était devenu roi, quelques mille ans plus tôt. Depuis, le peuple d’Israël espérait un messie, un christ comme cela se traduit en grec, un être exceptionnel qui redonnerait fierté et place respectée dans le contexte difficile de ce peuple dans cette région où se multiplient les conflits armés.

À la bonne nouvelle de la venue d’un sauveur, les bergers sont intrigués et vont venir voir ce que l’ange a décrit : ‘‘un bébé, enveloppé de langes et couché dans une mangeoire’’, parmi des animaux probablement dans une étable. Si la situation de cet enfant est originale, en quoi l’évènement de cette nuit est-il une bonne nouvelle : un évangile pour utiliser le mot grec du texte ?

Ce qui commence en cette nuit-là c’est une alliance. Le Ciel et la terre se parlent : Dieu fait irruption dans l’histoire des hommes. Une alliance que cette troupe du ciel inaugure avec son hymne : GLOIRE À DIEU AU PLUS HAUT DES CIEUX ET PAIX SUR LA TERRE AUX HOMMES QU’IL AIME. Plus qu’un hymne que nous avons plaisir à chanter dans cette nuit de Noël, puisse-t-il être un nouveau mode de vie. Oui, la gloire est pour Dieu, lui, au plus haut des Cieux, la gloire ne doit pas être pour nous ! Ceux qui recherchent la gloire font valoir leur puissance, veulent régner sur les autres et alors font la guerre ! ces guerres peuvent être entre états mais aussi au travail, dans nos lieux de vie ou à la maison !

Dieu aime l’humanité qu’il a créée et veut pour elle la paix. Dieu n’est pas en rivalité avec les humains et comme signe il donne à voir un simple bébé, un nouveau-né dont les parents prennent bien soin de lui, même dans des circonstances difficiles de déplacement et de solitude. Quoi de plus désarmant qu’un nouveau-né, fragile et innocent ? Comme les bergers, puis comme les mages un peu plus tard, laissons-nous désarmer en contemplant cet enfant : Jésus, le Christ. GLOIRE À DIEU AU PLUS HAUT DES CIEUX ET PAIX SUR LA TERRE AUX HOMMES QU’IL AIME. Amen.

Vincent Garros

Un chant nouveau / Une homélie du jour de Noël

 
« Chantez au Seigneur un chant nouveau »
la première phrase du psaume claque comme un ordre. Plus qu’un conseil, un commandement. Ce matin, nous sommes sommés de chanter au Seigneur un chant inédit, jamais entendu auparavant, inouï.
S’il y a bien un jour, une fête, où l’on refuse catégoriquement de chanter un chant nouveau c’est bien noël. Nous venons chercher avec avidité les vieux chants de notre enfance, certains même ne viendront à la messe qu’une fois dans l’année, aujourd’hui, (je les salue) simplement pour se donner le plaisir de chanter les vieilles rengaines increvables sans lesquelles Noël ne serait pas Noël.

Qu’est-ce qui explique que l’Ecriture exige de nous ce chant nouveau ? Ce besoin impérieux de nouveauté ?
Parce que ce qui s’est passé cette nuit ne devrait pas pouvoir se fêter avec de l’ancien, avec du déjà vu. Ce qui s’est passé cette nuit ne rentre pas dans nos vieilles prières, dans notre vieux langage.

« Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles »
Cette nuit, il a fait des merveilles,
Cette nuit un enfant nous est né,
Cette nuit, le Verbe s’est fait chair pour habiter parmi nous
Cette nuit, nous sont données la grâce et la Vérité
Ce matin, nous sommes condamnés à la nouveauté à cause d’un nouveau-né.

Nous ne célébrons pas ici le gentil folklore, la belle histoire, le beau conte de fée. Il n’y a aucun lien entre ce que nous célébrons ici dans cette église et ce qui se célèbre dehors, sur cette place toute parée de jolies guirlandes scintillantes, de beaux sapins et de traîneaux… Dehors : le vieux Noël, le déjà vu, la répétition implacable du même. Dedans : le surgissement d’une nouveauté radicale, la déflagration de la plus grande révolution de notre humanité : Dieu se fait homme !
« Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous »
Désormais, le monde est habité, désormais, chacun de nous, chaque chair, est habitée

L’enfant de la nuit de Noël instaure le lieu de la rencontre. Il permet la folie de l’intime de Dieu avec nous, pas en discours, pas en esprit, dans la chair.
L’enfant de la nuit de Noël nous retire de la Loi et nous offre la grâce et la Vérité.
La grâce, c’est le don absolu et absolument gratuit de Dieu. Et que donne-t-il ? Il se donne lui-même.
On ne cesse de nous répéter que notre chair n’est que viande, que notre chair n’est que mécanique plus ou moins en bon état, plus ou moins bien entretenue, plus ou moins proche de la casse… Mensonge !
La vérité, c’est que notre chair est gracieuse. Elle a la haute dignité du choix de Dieu. Il s’est penché vers elle, il l’a désiré et il est venu s’en saisir… gracieusement.

Chantez au Seigneur un chant nouveau, parce que ce matin, à cause de l’enfant nouveau-né, nous sommes des hommes nouveaux et des femmes nouvelles.
Cet enfant déracine l’ancien… il ne vient pas restaurer des vieilleries, il ne vient pas sauvegarder le même, il ne vient pas asseoir des traditions, il exige que nous le suivions dans la nouveauté radicale de son chemin. Que nous soyons disponibles pour mettre nos pas dans les siens sur un chemin que nul n’a jamais emprunté avant lui. Le chemin qui nous fera traverser les ravins de la mort à la suite du premier-né d’entre les morts.

Mais nous résistons à consentir à la grâce… Nous préférerions un échange marchand, un contrat d’assurance. Nous préférerions que son habitation en nous soit une copropriété… pour rester maître en la demeure… Nous sommes terrifiés par la nouveauté
Ce n’est pas si grave, un jour, c’est le chant nouveau qui nous saisira, il viendra de lui-même à nos lèvres. Le chant nouveau du Royaume, il est à venir, il est en promesse. La vie sacramentelle nous en donne un avant-goût, nous en fait entrevoir la Joie.
En attendant, réjouissons-nous, réjouissons-nous avec nos vieux chants, avec nos vieilles prières, avec notre vieux langage… c’est tout ce que nous avons pour le moment.

« Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire,
Tous, nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce »

que cela fasse de nous ce matin des chairs nouvelles capables de chants nouveaux

Joyeux Noël
Amen
Sylvain diacre

Un mot de l’EAP

 L’Equipe d’Animation Pastorale se réunit une fois par mois, elle collabore avec le curé et a pour mission de se former, d’écouter, appeler, prier pour la vie de la paroisse, animer les assemblées paroissiales.
 Voici quelques sujets abordés durant ce dernier trimestre 2025 :
 
  Deux nouvelles propositions de parcours : « Premiers pas dans la bible » et « croire et comprendre »
  Démarrage et accompagnement des différents groupes : baptême des enfants et d’adultes, confirmation, jeunes pro, groupe des sages.
  De l’éveil à la foi à l’aumônerie des lycéens, des groupes solides se sont constitués, une dizaine de ces jeunes se préparent au baptême.
  Une troisième fraternité de quartier devrait se constituer à Favard.
   Célébration d’une messe par mois dans trois maisons de retraite.
  Préparation des liturgies dominicales : la diminution des équipes liturgiques et le manque d'inscriptions sur le tableau de service obligent à repenser ce service. Des propositions ont été faites et en janvier une nouvelle organisation débutera.
  Une réunion avec l’équipe « accueil » est prévue fin janvier pour faire le point et envisager l’avenir.
  La nouvelle porte de la salle st Jacques a été posée, reste à poser un rideau occultant et à la sonoriser.
  Le remplacement de l’orgue est toujours en discussion avec la municipalité.
  La croix de procession : le projet se concrétise, Christophe Mirande la réalisera. On aura l’occasion d’en reparler.

Pèlerins d’espérance

 « En Toi Seigneur, mon Espérance... »
Huit gradignanais (Françoise B. Pierre B. Marie-Jo L. Dominique et Marie-Philomène B. Marie-Christine P.M. Jean-Luc et Angelo D.M.) ont pérégriné dans Bordeaux pour le Jubilé 2025 qui se terminera le 4 janvier 2026.

Fallait-il que ce soit pour le Seigneur, que huit gradignanais de la Fraternité de Malartic, aient affronté les premiers frimas annoncés par la météo, pour être « Pèlerins d’Espérance » ce samedi 22 novembre dans Bordeaux. Quatre étapes de 3, 6, 1 ou 5 stations pour lire, chanter, méditer le mystère de l’année de grâce proclamée par Jésus à Nazareth, pour approfondir la grâce des sacrements de l’initiation chrétienne.
Rendez-vous à 09h30, devant le portail sud de la basilique saint Seurin. Nous rejoignons le groupe des pèlerins de Castillon accompagnés par leur curé, le père Eric Schirk.
Le sacristain bénévole nous commente le tympan de la plus ancienne église de Bordeaux « Saint Seurin » puis nous invite après la lecture commune à descendre à la crypte.

◈ 1ère étape. Basilique saint Seurin. Faire mémoire de son baptême.
Dans la crypte, nous écoutons la lecture de l’évangile de Marc 1, 9-11.
Les symboles du baptême sont disposés devant nous. L’eau, le saint chrême, le vêtement blanc, la lumière. Nous sommes invités à plonger notre main dans la vasque et tracer sur nous un beau signe de croix, pour faire mémoire du jour où nous sommes devenus chrétien.
A chaque étape/rappel de sacrement, nous proclamons une partie du Credo.
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant créateur du ciel et de la terre…

2ème étape. Eglise Notre Dame. Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne.
Là encore une bénévole nous commente en détail la façade de l’église de l’ancien couvent dominicain puis nous invite à entrer pour plusieurs temps de lecture et méditation suivis de la célébration eucharistique à 12h15.
Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu…

Repas tiré du sac et pris dans une salle paroissiale de l’église Notre Dame.
3ème étape. La Place Puy Paulin. Vivre la communion fraternelle.
Nous découvrons l’amitié épistolaire entre saint Paulin et saint Augustin alors même qu’ils ne se sont jamais rencontrés. Leurs parcours respectifs et leur lien au Seigneur les rapprochent.
Nous méditons une lettre de saint Paulin à saint Augustin qui dit l’amitié qui les unit et ensuite le commentaire de cette lettre par le pape Benoit XVI. « … nous sommes les membres d’un seul corps, nous avons un unique chef, nous sommes inondés par une unique grâce, nous vivons d’un seul pain… »

4ème étape. Cathédrale saint André. La confirmation.
Nous découvrons l’espérance chrétienne. Surpris d’être au milieu d’une foule de visiteurs, de pèlerins venus en famille, en ce samedi après-midi, nous cheminons de la chapelle du Mont Carmel à la chapelle du Sacré Cœur, vers la chapelle saint Joseph
Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie…
Nous écoutons et méditons l’évangile des béatitudes Mt 5, 1-12
Puis nous nous quittons. Nous retournons chez nous avec la certitude et la joie que nous avons partagé un moment d’Eglise tous ensemble. A écouter les écritures, à raffermir et ancrer les sacrements de l’initiation chrétienne en nous, à rencontrer des amis de Dieu.

L’année jubilaire se termine le 04 janvier. Nous étions dans les temps pour faire notre pèlerinage d’espérance. A Dieu. A nos amis et frères en Jésus Christ. OUI l’Eglise est vivante et de sortie.
Pour la Fraternité de Malartic, Marie-Philomène Bourgoin.

À quoi pensez-vous ?

À quoi penses-tu, Joseph ?
Tu regardes la mangeoire vide, et tes mains, habituées au bois et aux outils, tremblent un peu. 
Tu te souviens de l’ange, de ce rêve qui t’a dit de ne pas craindre, de prendre Marie avec toi. 
Tu as obéi, et maintenant, tu es là, Dans cette étable, avec elle. 
Tu penses à la promesse : un enfant, un sauveur. 
Mais pour l’instant, il n’y a que le silence, la paille, et cette nuit qui semble durer toujours. 
Tu te demandes si tu es à la hauteur, si tu sauras protéger ce qui va naître. 
Tu es Joseph, le charpentier, l’homme juste. 
Et ce soir, tu es aussi le gardien d’un mystère.

À quoi penses-tu, Marie ?
Ton cœur bat doucement, comme un écho de cette vie qui grandit en toi. 
Tu te souviens de l’ange, de sa voix qui t’a annoncé l’impossible : 
« Tu enfanteras un fils, et tu l’appelleras Jésus.» 
Tu as dit oui, sans tout comprendre. 
Maintenant, tu es là, dans le froid de cette nuit, et tu attends. Tu regardes Joseph, son visage marqué par la fatigue et l’inquiétude, et tu sais qu’il est ton rocher. 
Tu penses à toutes les femmes avant toi, 
à Sarah, à Rachel, à tant d’autres qui ont espéré contre toute espérance. 
Et toi, tu portes l’espérance elle-même.

À quoi penses-tu, Joseph ?
Tu repenses à Bethléem, à cette ville qui n’avait plus de place pour vous. 
Tu te dis que c’est peut-être un signe : celui qui va naître n’aura jamais vraiment de place dans ce monde. 
Tu regardes Marie, et tu te demandes comment tu pourras être un père pour cet enfant qui ne sera pas le tien, mais qui te sera confié. 
Tu te souviens des prophéties, de ce que les Écritures disent du Messie. 
Et tu pries, en silence, pour que tout cela soit vrai.

À quoi penses-tu, Marie ?
Tu poses une main sur ton ventre, et tu sens qu’il est proche, ce moment. 
Tu penses à Élisabeth, à sa joie quand tu lui as annoncé la nouvelle, 
à la façon dont l’enfant a tressailli en elle. 
Tu te souviens de ton cantique, de ces mots qui t’ont échappé : 
« Mon âme exalte le Seigneur » Ce soir, il n’y a plus de cantique, il n’y a que l’attente. 
Mais tu sais que cette nuit est sainte, que chaque instant te rapproche de Lui.

À quoi penses-tu, Joseph ?
Tu regardes la mangeoire, et tu te dis que demain, elle ne sera plus vide. 
Tu ne sais pas encore comment tout cela va se passer, mais tu fais confiance. 
Tu es là, présent, et c’est tout ce qui compte.

À quoi penses-tu, Marie ?
Tu fermes les yeux, et tu écoutes. Le monde entier semble retenir son souffle. 
Tu sais que cette nuit est différente, que quelque chose de grand est sur le point d’arriver. 
Et tu attends, le cœur léger, parce que tu as déjà dit oui.

À quoi pensez-vous, Marie et Joseph ?
Vous êtes là, tous les deux, unis dans cette nuit qui bascule.
Vous ne savez pas encore que des bergers viendront bientôt,
guidés par une lumière étrange, ni que des mages suivront une étoile pour trouver cet enfant.
Vous ne savez pas que cette mangeoire vide deviendra le berceau du monde.
Mais ce soir, vous êtes simplement là, 
l’un près de l’autre, avec vos doutes, vos espérances et cette certitude silencieuse :
quelque chose de plus grand que vous est en train de naître. 
Vous ne le voyez pas encore, mais vous le sentez. Et c’est assez.

Alexandre PICOT

Seigneur, qui es-tu ?

        Souvent, dans nos prières, nous invoquons ‘le Seigneur’ ! Mais à qui nous adressons-nous ? Je me propose de répondre à cette simple question posée un dimanche après la messe par un paroissien.

        Seigneur est un titre qui traduit le mot grec ‘Kyrie’. Nous le trouvons dans ‘Kyrie eleison’ : Seigneur, prends pitié : invocation du début de nos célébrations eucharistiques. Cette petite prière qui semble se répéter trois fois nous donne déjà une indication. Quand nous disons Seigneur, nous nous adressons à Dieu, unique mais qui se décline en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint Esprit. Le Credo, nous le rappelle. Ici aussi Seigneur, prends pitié, Ô Christ prends pitié, Seigneur prends pitié ! Trois invocations pour les trois personnes de la Trinité, au centre le Christ, Jésus.
        Pour les chrétiens, Jésus, le Christ est central : c’est lui qui nous révèle le Père et nous fait vivre de l’Esprit Saint.  Comme le précise le Credo, Jésus est Seigneur :’Je crois en un seul Seigneur Jésus-Christ’. Dieu, le Père est Seigneur, Jésus, le Christ est Seigneur et l’Esprit Saint aussi est Seigneur : Je crois en l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie.
        Quand nous disons ’Seigneur’, nous nous adressons avec respect et foi à Dieu. Notre louange et nos supplications vont de manière égale au Père, au Fils et au Saint Esprit, dans une même adoration. Selon les circonstances, nous pouvons nous adresser à Dieu, notre Père, à Jésus, le Christ, le fils unique de qui nous tenons la grâce de la filiation ou à l’Esprit-Saint, souffle de Vie et force d’Amour.
        Écoutons Jésus qui n’a pas repoussé ce titre pour lui-même mais qui s’en sert pour nous faire entendre son Évangile : Et pourquoi m’appelez-vous en disant : “Seigneur ! Seigneur !” et ne faites-vous pas ce que je dis ? (Lc 6,46)
        ‘Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.  (Jn 13, 13-14)
        Jésus-Christ, le Seigneur, nous invite à aimer comme il a aimé, accueillons son Esprit de Paix et de miséricorde qu’il reçoit du Père.

Vincent GARROS

En attendre un autre / Mt 11 2-11 / une homélie

(...)
Que dit la voix de la prison ? Elle s’interroge : « es-tu celui qui vient ou devons-nous en attendre un autre ? »

La prison, on connaît.
Je ne parle pas de la maison d’arrêt de Gradignan, bien que sa seule présence dans notre ville nous rappelle sans cesse la violence de cette réalité. Je parle de nos prisons, de nos cachots secrets, nos prisons intérieures… Nos espaces de « privation de liberté ».

(...)
Alors, de ce lieu-là, du fond de cette prison, il peut arriver que nous nous tournions vers le Christ pour lui demander : « Es-tu celui qui vient ? qui vient nous libérer ? ou devons-nous en attendre un autre ?
Un différent ?
Comment se fait-il que nous en soyons arrivés là si tu étais celui qu’on dit ? Celui qu’on nous a annoncé, celui dont on nous a fait la publicité ?
N’es-tu pas le super-héros tout-puissant qui devait sauver le monde à coup de miracles et de prodiges ? N’es-tu pas celui qui devait instaurer un règne de justice et de paix ? Celui qui devait faire de nous des frères pleins d’amour les uns pour les autres ? Puisqu’on ne voit rien de tout ça, doit-on en attendre un autre ? Un différent ? Un qui répondrait enfin à nos désirs ? »

Réponse de Jésus :
«  Je ne sais pas si je corresponds à ton rêve, je ne sais pas ce que tu t’es imaginé à mon sujet, j’ignore quelle image de moi tu t’es construite, je n’en sais rien et ça ne m’intéresse pas… je n’ai pas de compte à te rendre, je n’ai pas à coller à ton fantasme…
Je n’ai de réponse à te donner que le fruit de mon passage en toi :
Les aveugles retrouvent la vue et les boiteux marchent,
les lépreux sont purifiés et les sourds entendent,
les morts ressuscitent et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.
⬩ Ce qui est aveugle en toi, ce qui faisait que tu ne voyais rien de la beauté du monde, ce qui t’empêchait de voir le pauvre au bord du chemin, ça voit désormais, à cause de moi.
Ce qui t’empêchait de marcher dans la vie, de bouger, de changer d’air, ce qui te faisait traîner la patte, ça marche désormais, à cause de moi
Ce qui te faisait pourrir de l’intérieur, ce qui t’entraînait lentement dans la mort, c’est pur désormais, à cause de moi.
Ce qui te rendait sourd à l’inouï de ma Parole, sourd à la musique de l’Esprit, sourd aussi au cri du monde, ça entend désormais, à cause moi
Ce qui faisait de toi un mort vivant, un mort au monde et à toi-même, c’est relevé désormais, à cause de moi
La part misérable en toi, celle que tu méprises, celle dont tu ne veux pas entendre parler, la part du pauvre reçoit la bonne nouvelle. »

Alors non
Pas besoin d’en attendre un différent
Il n’y en aura pas d’autre
Parce que celui-là a déjà fait le travail. Celui-là ne cesse de faire le travail
Et s’il ne correspond pas à ce que nous attendions, c’est à nous de changer, c’est à nous d’ajuster notre attente, c’est nous qui nous trompons.
(...)

╬ Amen
Sylvain diacre

Information sur les collèctes

 pour le DENIER et les CHARGES PAROISSIALES
(Toutes les deux ouvrant droit à un reçu fiscal)
 
DENIER (enveloppes Denier ou site donnons-bordeaux.catholique.fr )
Le Denier sert à payer les prêtres et les salariés du Diocèse.
 
À fin novembre 2025, la collecte des paroissiens de GRADIGNAN était de 46 081 euros ce qui correspond à 68,5% par rapport à l’année entière 2024.
Plus globalement au niveau du Diocèse, cette collecte du denier est en baisse importante avec très peu de dons en provenance des moins de 50 ans et une baisse globale du nombre de donateurs suite aux décès des donateurs âgés.
 
CHARGES PAROISSIALES (enveloppes bleues) + SOLIDARITÉ PAROISSE (dons via le site du Diocèse pour une paroisse donnée)
Ces fonds, avec les quêtes, servent à payer les salariés en paroisse,
les utilités et l’animation pastorale en général.
 
A fin novembre 2025, la collecte est de 21 300 euros ce qui correspond à 74% par rapport à l’année entière 2024.
 
Un grand MERCI à tous pour votre générosité.