les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres / Mt 15 21-28 / Une homélie

Il y a deux ou trois ans, j’étais interviewé par l’hebdomadaire « La Vie » un peu avant Pâques au sujet du nombre croissant des adultes qui demandent le baptême. Alors que j’explique que la grande majorité des adultes ont entre 18 et 30 ans, la journaliste me pose une question étrange. « Qu’elle stratégie adoptez-vous pour attirer les jeunes ? » me demande-t’elle. J’avoue que la question me parait bizarre sur le coup. Je ne laisse rien paraître et je réponds : « Notre stratégie, c’est de célébrer la messe. » Sur le moment, en effet, je repensais à ces quelques jeunes adultes qui m’ont apostrophé à la porte de l’église et qui me disent que c’est la première fois qu’ils viennent assister à la messe. Ils me demandent des conseils sur comment se comporter.

La question était étrange, la réponse aussi. Mais ce dimanche, la réponse me semble adaptée et prend une autre couleur quand j’entends la phrase que prononce la Cananéenne : « les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »

Certes, ce n’est pas par stratégie que nous tous célébrons la messe, mais ce qui se passe à cet autel dépasse largement les murs de cette église. Le bâtiment ne peut contenir la puissance d’attraction déployée lors de la messe.

Les personnes qui assistent à la messe en toute discrétion et qui ne sont pas baptisées, profitent des miettes qui tombent de la table de la parole et de celle de l’Eucharistie, même si elles ne comprennent pas tout ce qui se passe.

Les personnes qui passent devant l’église constatent que des chrétiens sont rassemblés pour célébrer Dieu. Le bâtiment continue son office. Certains se disent peut-être : « cette église est vivante ». Ils voient les croyants de Gradignan qui animent cet espace. Cela ne peut que les toucher.

Ainsi sont les miettes de la communion qui tombent de la table. Voici les miettes qui nourrissent ceux qui attendent des paroles de paix, de joie et d’amour.

Et nous-même les baptisés, ne sommes-nous pas comme les petits chiens qui recueillons les miettes tombées de la table du maître. Comment ne pas voir dans ce petit morceau de pain, dans cette petite hostie, une miette. Nous consommons une miette de pain qui contient à elle seule toute la paix, la joie et l’amour de Dieu. Cette miette de pain a le pouvoir de guérir nos angoisses, d’apaiser nos peurs, de nous ouvrir à ce Dieu qui se donne tout entier. Elle tombe de la table dans nos mains, elle est ce qui nous relie au Christ.

Cette miette nous apprend la persévérance dans la prière. La Cananéenne n’abandonne pas quand Jésus ne répond pas. Elle persévère dans sa demande malgré l’hostilité des disciples qui entourent Jésus. Elle ne se vexe pas quand Jésus semble la rabaisser au rang de petit chien. Au contraire, elle se fait humble et Jésus qui éprouvait la foi de la cananéenne, découvre en elle la grandeur de sa foi.

Soyons comme la Cananéenne, ne nous décourageons pas devant le silence de Dieu. Il veut affiner notre foi, creuser notre désir de le rencontrer. Alors grande est notre foi dans ce Père miséricordieux, dans ce Fils qui nous aime et dans L’Esprit-Saint qui nous fait vivre.

Enfin, je profite de ce temps de parole pour exprimer une demande. Je recherche des personnes qui accepteraient d’accompagner les catéchumènes pendant la messe. Il ne s’agit pas de participer aux rencontres de préparation au baptême mais de tenir le rôle d’ainé dans la foi, de témoigner de sa foi et de répondre à leurs questions sur ce qui se passe. Si vous vous sentez appelés, venez en parler à la sortie.

Merci.

Dominique Bourgoin, diacre

Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur / Assomption / Une homélie

 
« Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ! »

Cette béatitude est prononcée par Élisabeth à Marie qui vient la visiter, nous venons de l’écouter. Je vous propose de l’approfondir ensemble

Je voudrais qu’aujourd’hui, nous l’entendions, pour nous-mêmes et en Église.

Pour nous-mêmes. Quelles sont les paroles du Seigneur qui sont venues frapper à nos oreilles et qui nous ont mis en marche ? Lève-toi et marche ! Moi non plus je ne te condamne pas ! (Jn8) Viens, suis-moi (Mc 10, 21) ! Va en paix  (Lc 8,48)?…Ces paroles s’accomplissent dans le temps qui nous est donné de vivre. Heureux sommes nous qui croyons à l’accomplissement de ces paroles qui nous ont été données par notre Seigneur !

En Église, en communauté, en communion les uns avec les autres, même au-delà des frontières que l’histoire, la géographie érige entre nous, ces paroles du Christ s’accomplissent : « De toutes les nations, faites des disciples » (Mt 28,19) « On prêchera en son nom la conversion et le pardon des péchés » (Lc 24, 47) , « la paix soit avec vous », « Que tous soient uns » (Jn 17,21) «  Que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux » (Jn 17,26)

Ces parole de Jésus nous habitent et nous structurent. Heureux les hommes, les femmes, les enfants, les jeunes qui osent vivre du Christ et témoignent, chacun à leur manière de l’Évangile. Dans la prière, dans la lecture de la Parole de Dieu en groupe, dans la célébration des sacrements, dans le travail à plus de justice dans nos lieux de vie. Cela peut être dans des associations mais aussi tout simplement dans le refus, au quotidien de la violence ou du mépris.

Il en faut du courage, de la persévérance, pour que naisse la paix ! C’est comme la vision de st Jean, de cette femme qui enfante et qui est menacée par des dragons. C’est l’image de Église, qui depuis les débuts est menacée, elle doit parfois fuir au désert. Gardons au cœur ce que Jésus disait aux disciples : « En ce monde, vous êtes dans la détresse, mais gardez courage, j’ai vaincu le monde ! »

Comme Marie, soyons heureux de l’accomplissement des paroles qui nous sont dites de la part du Seigneur. Amen.

Vincent Garros

Qui nous séparera ? / Mt14 Ro8 / Une homélie

J’avais une vieille tante qui habitait Tarbes. Les étés caniculaires, pendant que tout le monde souffrait des grandes chaleurs, elle prenait la statue de la Vierge qui trônait dans sa chambre et elle la déposait au milieu de la pelouse, en plein soleil, et elle lui disait : « voilà, tu restes là toute la journée et tu vas voir ce que c’est que d’avoir chaud, et tu seras bien obligée de faire quelque chose pour nous ! »
Je repensais à cette histoire la semaine dernière, en entendant les échos des conversations sur le parvis : « Pourquoi Dieu nous envoie-t’il cette épreuve ? » « Dieu nous a oublié », « Il pourrait quand même faire pleuvoir un bon coup, avec toutes les prières que j’ai fait pour ça ! », « Qu’est-ce qu’il attend pour éteindre ce feu ? c’est tellement facile pour Lui ! »

Quel est ce Dieu aveugle aux souffrances du monde et sourd à nos prières auquel nous croyons tout à coup ?
Qui nous a appris que Dieu est un manipulateur pervers qui s’amuse à nous faire souffrir, qui regarde avec plaisir se détruire les merveilles qu’il a lui-même créées ?
D’où nous vient cette bouffée de paganisme qui nous fait remplacer le Dieu de Jésus-Christ par Zeus ou le Grand Manitou ?!

Notre Dieu n’est tout-puissant que de l’Amour. Comment pouvons-nous l’oublier ? Notre Dieu est Amour. Il n’est qu’Amour. Sa force, son pouvoir, son action, son dessein, c’est l’Amour…
Par amour, il a tout créé.
Par amour, il a confié sa création à l’homme.
Que fait l’homme de sa création ? Il la détruit ! Qui bouleverse le climat ? Qui entraîne la création à sa perte ? Qui allume les feux ? Qui préfère fabriquer des armes plutôt que des canadairs ? Serait-ce Dieu ?
Par amour, il pleure avec ceux qui ont tout perdu dans les flammes.
Par amour, il soutient les sapeurs-pompiers et leurs familles.
Par amour, il fait se lever des centaines de bénévoles…
Et nous venons lui faire un procès ? Nous venons lui reprocher de ne pas ouvrir un grand robinet magique qui éteindrait le feu qu’il aurait lui-même autorisé ?!

Permettez-moi de revenir sur le texte de Paul :
Les incendies de la semaine dernière ont eu pour beaucoup un goût de fin du monde (pas un article de journal qui n’ait utilisé, à tort, le mot « apocalypse »). Et sans aller jusque-là, ces incendies ont manifesté notre petitesse, la fragilité de notre environnement, la brièveté de nos attachements… les paysages que nous aimons, nos maisons, ceux qui les habitent, nos familles, nos amis, nos souvenirs, nos vies. Et l’on peut comprendre notre désarroi, et nos rêves de solution surnaturelle.
La question de Paul résonne alors dans nos oreilles avec une force inédite : « qui nous séparera ? »
Il faudra bien nous séparer. Nous marchons tous vers l’ultime séparation. Nous étions bien naïfs de l’avoir oublié.
Parmi toutes les séparations qu’il nous faudra bien vivre, se pourrait-il que nous soyons aussi séparés de Lui ? de son amour ?

Alors Paul fait deux listes :
La première c’est la liste des choses qu’il imagine pouvoir nous séparer de l’amour du Christ… Ce sont des choses bien concrètes, des choses que l’on connaît bien : la détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, le glaive.
Et voilà la réponse de Paul : « en cela nous sommes les grands vainqueurs »
Puis il dresse une seconde liste, et là, tendons l’oreille car il s’agit de choses bien plus vertigineuses : « ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les Puissances, ni l’en-haut, ni l’en-bas, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu »
Non seulement le Christ nous fait vainqueurs de l’angoisse, de la détresse, du danger… mais la mort elle-même, la vie, les anges, les dominations, rien, absolument rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu.

Aurons-nous des oreilles pour l’entendre ?

De quelle puissance notre Dieu est-il puissant ?
Que fait-il avec ces cinq pains ? Un miracle ? Un tour de magie ? Un spectacle de foire ? Rien de tout cela. Il nous donne le signe que sa puissance est toute Amour, que sa puissance est Parole.
Il les rompt, il les divise… et plus il les rompt, et plus il les divise, plus les disciples peuvent en donner aux gens qui sont là.
Il y aura toujours cinq pains, pas un de plus, pas l’ombre d’une multiplication dans cette affaire, mais, parce qu’ils sont rompus par les mains de l’Amour, par les mains de la Parole faite chair, la foule est rassasiée… et il en reste.

Rien ne pourra nous séparer de l’Amour de Dieu qui est dans le Christ.
Si nous cherchons dans notre Dieu autre chose que de l’Amour, nous serons déçus
Si nous cherchons dans le Christ un magicien, nous l’insultons
Si nous lui prêtons la toute-puissance à laquelle nous aspirons nous-même, nous le réduisons à rien… et le voilà impuissant, et le feu ne s’éteint pas, et il fait encore chaud dans les jardins de Tarbes, et, parce que nous nous trompons sur ce qu’il est, nous lui en voulons.

Venons manger le pain de l’Amour, laissons Dieu être Dieu, et travaillons avec Lui, c’est à dire avec l’Amour, à éteindre nous-même les feux que nous allumons.
╬ Amen
Sylvain diacre

Le royaume des Cieux est comparable…/ Mt13 44-52 / une homélie


Ce dimanche, nous découvrons enfin ce qu’est le royaume des cieux ! Depuis le temps que Jésus nous parle du royaume des Cieux, il nous révèle aujourd’hui en quoi cela consiste.
Pour nous aider à découvrir le royaume des Cieux, nous allons mettre le focus sur les deux premières paraboles.

Dans la première Jésus nous dit que le royaume des Cieux est comparable à une découverte.
Elle raconte l’histoire d’un homme qui découvre un peu par hasard un trésor dans un champ. Nous ne savons pas ce que l’homme faisait dans le champ. Le labourait-il ? Tout simplement, le traversait-il ? La parabole ne donne pas de précision.
Ce que faisait l’homme n’a pas d’importance. Ce qui compte alors, c’est l’effet de surprise. On peut imaginer la stupéfaction de cet homme. Il est touché, bouleversé au point qu’il vend tout ce qu’il a pour acheter le champ dans lequel est caché le trésor.

Cette attitude renvoie au jeune homme riche qui demandait à Jésus ce qu’il lui fallait pour avoir la vie éternelle. Quand Jésus lui a répondu : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. », le jeune homme est parti tout triste. Sur le moment, son pied n’a pas buté sur le trésor.

Dans la seconde parabole, Jésus nous dit que le royaume des Cieux est comparable à une longue recherche. Il s’agit là d’un négociant qui fait le commerce de perles fines. Son activité consiste à rechercher les plus belles perles. Et un jour, il tombe sur LA PERLE. C’est comme si une longue quête, la quête de toute une vie, trouvait son accomplissement. Comme dans la première parabole, le négociant sacrifie tous ses biens pour acquérir LA PERLE. Le reste de sa vie sera consacré à la contemplation de la perle. Il continue sa recherche dans la contemplation de ce qu’il a de plus cher.

En fait, le royaume des Cieux n’est pas un lieu, c’est la grande découverte de ce dimanche. Le royaume des Cieux est plutôt une rencontre. Cette rencontre peut être fortuite comme l’acheteur du champ ou le fruit d’une longue recherche comme le découvreur de la perle. Les deux alternatives produisent les mêmes effets, une joie immense et un renoncement léger.

Le monde peut se passer de Dieu. Le monde dans lequel nous vivons, propose de trouver de la joie dans la consommation effrénée. Le monde nous aveugle et met du plein dans nos vies. Surtout combler le moindre recoin.
Alors, nous manquons de vigilance. Nous ne cherchons pas ce qui essentiel dans notre vie, nous passons à côté d’une rencontre déterminante pour notre vie.
Et un jour, nous nous laissons surprendre et tout peut changer.
Le royaume des Cieux est à notre portée. Il se propose à chacun de nous. Il se propose dans notre quotidien comme à l’homme qui trouve un trésor dans un champ. Il se propose à chacun de nous quand nous nous rassemblons dans cette église pour rendre grâce à Dieu.

Je rencontre dans la mission qui m’est confiée, beaucoup d’adultes qui me raconte leur découverte d’un trésor ou d’une perle.
Je me souviens de ce jeune homme qui visite l’église saint Sulpice à Paris. Il me raconte qu’il s’assied dans la chapelle dédiée à la vierge au fond de l’abside centrale. Et soudainement, il pleure. Sans savoir pourquoi, il pleure. Il pleure sans être triste. Ce jour-là, son pied a buté sur un trésor.
Je me souviens également d’une jeune femme qui est à la recherche de Dieu. Elle regarde des vidéos sur internet. Elle écoute la Bible sur YouTube. Et un jour elle entend Jésus dire à la samaritaine : « Si tu savais le don de Dieu. » Ce jour-là, elle a trouvé sa perle.

Si le royaume des Cieux est un trésor caché dans notre quotidien, cherchons quand il s’est proposé à nous cette semaine. Ce peut être dans un geste, une rencontre, dans le silence d’une prière…
Amen !
Dominique Bourgoin, diacre.

La prière du pompier

Seigneur, me voici devant toi, moi Sapeur-Pompier. Donne-moi la force d'être toujours disponible pour aller aider et secourir les personnes en difficulté ou en danger.

Qu'en toute personne qui crie à l'aide, je vois l’image du Christ Jésus et mon prochain à secourir. Si l'angoisse me prend devant l'ampleur d'un sinistre, donne-moi le courage d'un vrai soldat du feu, prêt à lutter pour assurer la sécurité de tous.

"Sauver ou périr", telle est notre devise. Seigneur, fais que je puisse sauver beaucoup de personnes sans m'enorgueillir, même au péril de ma vie. S'il fallait périr, reçois-moi dans ta lumière, Seigneur Jésus, toi qui a péri pour nous sauver.

J'ose encore te demander de bénir ma famille qui souvent s'inquiète quand je suis en service. Que Sainte Barbe, notre Patronne, protège mes compagnons et moi-même. Ainsi soit-il.

Mgr Luc Ravel

Prions pour les sapeurs-pompiers

"Dieu tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre dans ta sagesse tu as confié à l'homme la capacité d'accomplir des œuvres grandes et belles pour le secours des hommes en détresse et de la Création. Nous te prions pour les sapeurs-pompiers : qu'ils fassent preuve de prudence, et qu'en accomplissant leur mission auprès de leurs frères en humanité, ils sachent reconnaître le Christ dans chaque victime secourue.

Que le Seigneur soit toujours avec eux sur leurs interventions, qu'il les protège dans leur mission de secours. Que la paix et la bénédiction de Dieu tout-puissant, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit descendent sur tous les sapeurs-pompiers et les victimes qu'ils secourront. Amen." 

Le fardeau léger / Mt 11 25-30 / Une homélie

Jésus attire vers lui les fatigués et ceux qui ploient sous la charge, sans dire d’où vient cette fatigue, sans dire ce qu’est cette charge.

Que va-t-il faire pour eux ? Va-t-il les soulager de leur fardeau ? va-t-il le porter avec eux ? le porter à leur place ? Bien au contraire, il va ajouter un deuxième fardeau au fardeau ! Le sien ! et en ajoutant ce poids léger au poids qui accable, voilà que les fatigués trouvent du repos, non pas pour leur dos, mais pour leur âme.

On entend parfois dire : « Je n’en peux plus des responsabilités que m’a données l’Église. Ma charge est trop lourde, mon ministère, mes engagements paroissiaux, le Seigneur m’en demande trop... »
Mensonge ! Son fardeau est léger ! Donc si c’est lourd, ça ne vient pas de Lui

Ou bien : « Que c’est lourd cette nouvelle fonction, ce nouveau service, cet appel qui me fait si peur, si j’accepte, je serai écrasé par la charge… »

Mensonge ! Son fardeau est léger ! si c’est lourd, ça ne viendra pas de Lui

Ou encore : « Que c’est lourd ce deuil, cette maladie, cette solitude, cette croix que le Seigneur m’a mise sur le dos ! Je suis accablé par ce qu’il me fait porter… »

Mensonge encore ! Mensonge ultime et redoutable !
Notre Dieu serait-il un Dieu méchant ? Prendrait-il plaisir à nos souffrances ? Serions-nous assez bêtes pour suivre un tel Dieu ?!
Son fardeau est léger ! si c’est lourd, ça ne peut pas venir de Lui !

Et mille exemples encore ! mille contraintes, mille reproches, parfois même le seul fait de se dire Chrétien, que c’est lourd ! Que c’est dur à porter ! Mensonge que tout cela ! Son fardeau, à Lui est léger ! Si c’est lourd, ça vient d’ailleurs, d’un faux Jésus, d’une idée que je me suis faite de Lui, ça vient bien souvent de moi-même, parfois aussi de l’Ennemi qui se fait passer pour Lui, mais si c’est lourd, ça ne vient pas de Lui.

Son fardeau à Lui, il abrite sa Parole, son enseignement : « venez à moi, prenez sur vous mon joug et apprenez de moi car je suis doux et humble de cœur » (« devenez mes disciples » est une traduction abusive ) Apprenez de moi non pas parce que ce que je vais vous dire, « c’est du lourd ! »… Apprenez de moi parce que je suis doux et humble de cœur.
Quelle est cette douceur que nous avons à apprendre de Lui ?
C’est un don de l’Esprit qui fait qu’on accepte sans résistance et sans crainte, ce que Dieu juge bon de nous donner. On s’en remet à Lui avec confiance.
Il ne s’agit pas de tout accepter bêtement, il s’agit de recevoir comme un Fils reçoit de son Père.
Jésus n’oppose pas les sages et les intelligents aux fous et aux imbéciles, il les oppose aux « tout-petits ». Et ces tout petits, ce sont les tout petits enfants, ceux qui n’ont pas encore de parole articulée… les mêmes que l’on retrouve dans le psaume « Jusqu'aux cieux, ta splendeur est chantée par la bouche des enfants, des tout-petits » Ce qui est caché aux sages, aux intelligents, aux discoureurs, aux baratineurs, c’est révélé aux bébés, à ceux qui babillent, qui gazouillent…
En nous mettant à son école, en le prenant pour maître, nous voilà chargés d’un fardeau, léger comme un rire de nouveau-né. Nous voilà chargés d’un joug qui pèse le sourire d’un bébé. Et ce fardeau nouveau, il nous révèle ce que nous sommes : des fils et des filles d’un Père qui nous aime follement.
Les grands maîtres du discours seront incapables de voir et d’entendre… ils continueront à transpirer sous le poids du paquetage qu’ils se sont eux-même liés sur le dos. Parce qu’ils refusent de recevoir tout ce qui ne vient pas de leur sagesse et de leur intelligence. Ils refusent d’accueillir le fardeau léger qui vient d’un autre qu’eux, qui vient du doux et de l’humble de cœur.

Mettons-nous à l’école de celui-là. Essayons, d’apprendre à être, nous aussi, doux et humbles de cœur. Ça ne sera pas facile car notre cœur est plein d’orgueil ! Il nous faudra beaucoup d’heures de pratique ! Il faudra être bien attentifs à ce que nous dira le maître ! Mais si nous ne sommes pas de trop mauvais élèves, c’est à dire si nous nous mettons à parler sa langue à Lui, celle des tout-petits, alors nous recevrons du repos pour nos âmes.
Et nous cesserons peut-être de nous plaindre sans arrêt d’un fardeau imaginaire, ou d’un fardeau qui ne vient pas du Seigneur.

Ne retenez que ça : si c’est lourd, ça ne vient pas de Lui !
╬ Amen
Sylvain diacre