Aux Captifs la libération / l'édito
Publicains et prostituées / Mt 21 28-32 / Une homélie
Parce que personne ne nous a embauchés / Mt 20 1-16 / Une homélie
Ce dimanche, nous apprenons que le royaume des cieux est comparable à une entreprise qui est injuste. Elle rémunère à la même hauteur, ceux qui ont peiné une journée de travail à la vigne, et ceux qui se sont contentés d’une petite heure de travail ! Les derniers embauchés ne sont même pas fatigués, aucune auréole de sueur ne souille leur vêtement et ils reçoivent la même rétribution que les premiers embauchés ! Où est la justice dans cette affaire !
Or, Jésus, ce dimanche, nous enseigne par sa parabole que le royaume des cieux n’est pas comparable à une entreprise. La loi, la justice qui y sont appliquées ne se basent pas sur le mérite, la quantité ou le rendement.
En ce lieu, le royaume des cieux, la justice de Dieu s’applique. Il s’agit d’une justice qui se fonde sur la dignité, le besoin et la grâce. Dieu ne donne pas au prorata, il donne en totalité.
Nous pouvons nous poser la question suivante : pourquoi ces ouvriers n'ont-ils pas travaillé plus tôt ? La réponse dans l’Evangile est poignante : « Parce que personne ne nous a embauchés. »
On découvre que ce ne sont pas des paresseux. Ce sont tout simplement des oubliés du système.
Ce sont peut-être des personnes qui ne sont pas adaptés à des règles soumises au mérite, à la quantité ou au rendement.
Or, le maître de la vigne, celui qui règne sur ce royaume ne supporte pas que des personnes restent sur le bord du chemin sans utilité ni dignité. L'appel à la dernière heure montre que pour Dieu, il n'est jamais trop tard.
Pourquoi n’ont-ils pas répondu dès la première heure ? Une infinité de raisons justifie cela sans pour autant porter un jugement négatif.
Peut-être ne se sentaient-ils pas suffisamment qualifiés pour répondre à l’invitation ?
Peut-être sont-ils arrivés avec retard sur le lieu de l’embauche ?
Peut-être étaient-ils distraits au moment de l’appel et ils ne l’ont pas entendu ?
Peut-être ont-ils un handicap qui les empêchent de tenir debout toute une journée de travail ?
Bien d’autres états expliquent pourquoi ils n’ont pas répondu dès le matin.
Le denier reçu pour une heure de travail, les rétablit dans leur dignité, il efface ce qui pourrait les stigmatiser.
Qu’importe la valeur intrinsèque de la pièce d’argent, l’important c’est qu’ils sont reconnus dans leur dignité à l’égal de ceux qui ont travaillé toute la journée.
Cette parabole entre en résonance avec celle du bon larron dans l’évangile de Luc au chapitre 23. Il est une illustration concrète de l'ouvrier de la onzième heure. Cet homme, condamné à mort, converti dans les derniers moments de sa vie, reçoit la même promesse du Royaume que les apôtres qui ont tout quitté depuis le début : « Aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ».
Et nous, comment nous situons-nous devant la parabole des ouvriers de la onzième heure ?
Les médias rappellent sans cesse la volonté politique de combattre les fraudeurs à l’assurance maladie, à l’assurance chômage, nous promettant de récupérer une manne financière importante.
Toutes ces informations nous invitent à la logique du mérite, de la quantité ou du rendement.
Voilà pourquoi ce texte choque nos critères humains de justice, et c'est pourtant là que réside le cœur du message.
Dieu ne donne pas au prorata, il donne en totalité et la justice de Dieu se base sur la dignité, le besoin et la grâce.
Le
Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu’il
fait.
Il est proche de tous ceux qui l’invoquent,
de tous
ceux qui l’invoquent en vérité.
Amen !
Dominique Bourgoin, diacre.
Les églises de Maisonnées - L'édito
Pardon des péchés - Remise des dettes /Mt 18 21 35/ Une homélie
Quand Pierre demande à Jésus "Combien de fois dois-je pardonner à mon frère ?" Jésus va lui raconter une parabole qui raconte une remise de dette. Dans les deux expressions, c'est le même verbe qui est utilisé. Pardonner et remettre la dette. Qu'est-ce donc que ce pardon qui remet une dette ?
Quand nous disons la prière du Notre Père : nous disons "pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés !" (Mt 6,12) le texte d'origine dit "Remets-nous nos dettes comme nous avons remis à nos débiteurs". Pardonner et remettre la dette, c'est pareil !
La parabole de Jésus montre à l'évidence la différence d'attitude des personnages face à leur débiteurs. Le premier est pris aux entrailles devant l'imploration de son créancier et pas le second. L'expression "être pris aux entrailles", nous la retrouvons ailleurs dans les évangiles notamment dans la parabole du Bon Samaritain (Lc 10,33). Cette émotion est si forte que le corps éprouve comme une douleur qui bouleverse et provoque une attitude de compassion : l'autre que j'ai devant moi est un petit, un frère, je ne peux pas le laisser comme ça,
Quoi que dans le Notre Père, nous demandons au Père qui est dans les Cieux de nous remettre les dettes, c'est bien lui, le Père du Ciel, qui le premier, comme dans la parabole a remis notre dette.
Aussi grande soit-elle, elle nous sera remise si nous en faisons la demande. Alors demeurent les questions : Avons-nous une idée de notre dette envers Dieu ? Quelles sont les dettes que nous avons accumulées envers nos frères, jours après jours comme des choses que l'on a prises sans payer ? leur temps, leur affection, leur tendresse, leur disponibilité, bref, la vie qui nous est donnée dont nous nous plaignons de n'avoir jamais assez...
En avons-nous quelque contrition ?
Seigneur Christ, tu es venu dans le monde non pas pour juger le monde mais pour que le monde soit sauvé. Tu nous révèles que Dieu a tant aimé le monde qu'il en a été ému aux entrailles et remets les dettes. Donne-nous un cœur capable de s'émouvoir afin de pardonner jusqu'à 70 fois sept fois. Amen
Vincent GARROS
Messager de la vérité de Dieu - l'édito
La vérité de Dieu a quelque chose d’effrayant et de doux à la fois. Elle est toute simple, et ses progrès ne sont pas aussi rapides que ceux des hommes dont l’intelligence aboutit aujourd’hui à fabriquer des bombes atomiques. La vérité de Dieu souvent s’introduit dans le cœur des hommes sans même qu’ils le sachent ; il semble qu’une parcelle seulement en soit venue : par exemple dans l’humilité silencieuse du cœur, dans la nostalgie obscure de l’esprit, dans la résignation avec laquelle quelqu’un accepte les dispositions d’un destin qui reste muet et qui ne s’explique pas. Mais si petite qu’elle soit, lorsqu’elle vient ainsi dans la force de l’Esprit Saint, elle est là tout entière, et en elle est donnée aussi le commencement de l’amour et de la vie éternelle.
Mais cette unique vérité de Dieu, si simple, par laquelle Dieu se dit lui-même au plus profond du coeur des hommes, elle est la vérité devenue présente dans le monde parce que jaillie du cœur percé de Jésus-Christ.
Et c’est pour cela que cette vérité veut se faire chair dans la parole humaine ; elle veut devenir la mélodie permanente d’une symphonie infinie qui retentisse à travers tous les espaces du monde ; elle veut être expliquée et proclamée : pour pénétrer dans le cœur des hommes, elle veut passer aussi par les portes de l’ouïe et du cœur des hommes, qui est sa demeure la plus intime, elle veut monter et sortir pour aller pénétrer dans tous les secteurs de la vie des hommes, pour être prêchée sur tous les toits, pour juger et purifier, pour sauver et rejoindre toute vérité humaine afin de l’accomplir.
Et c’est pour cela qu’il y a des messagers de cette vérité, des messagers humains. Ils viennent avec des paroles humaines, mais elles sont remplies de la vérité de Dieu. Et ce qu’ils disent est quelque chose d’aussi vieux que le monde mais qui n’a toujours pas été compris encore : ils disent la vérité qui seule ne périt pas, la seule qui ne s’use ni ne s’épuise. Ils disent Dieu : le Dieu de l’éternelle splendeur ; ils disent que Dieu lui-même est notre vie ; ils proclament que la mort n’est pas la fin, que l’habileté selon le monde est sottise et myopie, qu’il y a un jugement, une justice et une vie éternelle. Ils disent toujours la même chose, avec monotonie et pour la millième fois. Ils le disent à eux-mêmes et aux autres, car les uns et les autres doivent reconnaître qu’ils n’ont toujours pas compris encore le contenu de cette prédication : Dieu, le Dieu vivant, le vrai Dieu, Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Karl RAHNER, Traduit de l’allemand. 1966.
Éditorial de la rentrée
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| Apocalypse de St Sever XIème siècle |
Nous ne pensions pas déjà qu’en France, dans notre région, nous aurions à gérer des ‘réfugiés climatiques’, car il s’agit bien de cela. Les feux dans notre région nous sont connus mais l’ampleur et la multiplication en France, en Europe et dans le monde de ces catastrophes sont les symptômes d’un dérèglement climatique évident. Et l’homme a une bonne part de responsabilité !
Ces phénomènes se poursuivront et s’amplifieront et il nous faudra peut-être aussi réagir à d’autres évènements, probablement accueillir d’autres réfugiés climatiques qui dans le monde s’ajouteront à d’autres réfugiés, économiques ou politiques. La folie du pouvoir et de l’argent, de l’expansionnisme étatique, des idéologies liberticides semblent sans limites. Les plus petits, les pauvres, les enfants en sont les premières victimes.
Le livre de l’Apocalypse avec ses descriptions effrayantes de destructions, de violences est écrit non pas pour nous faire peur mais plutôt pour nous rassurer. Tout n’est pas détruit, tous ne périssent pas, un avenir est à accueillir comme un enfant après les douleurs de l’enfantement (Ap 12), comme une ville qui vient du Ciel (Ap 21,10).
Que ces quelques mots nous invitent, en ce début d’année à nous retrouver en communauté, en fraternités de quartier, en groupes divers, de lecture de la Bible, de catéchèse, d’aumôneries, de préparation à un sacrement pour lire ensemble les Écritures, à nous encourager à œuvrer pour la paix et la solidarité ici et maintenant, à réfléchir comment notre compagnonnage avec Jésus-Christ nous fait grandir en fraternité (Mt. 25, 40).
Bienvenue à tous, adultes, enfants ou jeunes mais plus particulièrement ceux et celles qui arrivent dans notre paroisse cette année. Bienvenue à ceux et celles qui préparent un sacrement ou qui le célébreront cette année. Que le Christ soit pour chacun Espérance et Joie.





