Je suis la résurrection et la vie / Jn 11 1-45 / Une homélie
Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus se tient devant le tombeau de Lazare. Pour ceux qui accompagnent Jésus au tombeau de Lazare, la mort a eu le dernier mot. Tout est fini. La vie de Lazare est finie, ensevelie dans ce tombeau. Et Jésus pleure.
La boue du Parlant / Jn 9 / Une homélie
Quelle est cette soif ? / Jn 4, 5-42 / Une homélie
C’était environ la sixième heure… Jésus était assis simplement au bord du puits… un puits profond… Jésus était cloué sur le bois de la croix … Jésus dit ‘J’ai soif !’ Jésus, quelle est donc cette soif que tu exprimes ? quel est ce désir qui coule dans tes veines ? Toi dont sortira de ton côté ouvert par le coup de lance du sang et de l’eau !
Une source vive ? Une source qui coule comme des mots qui parlent au cœur. Des phrases simples qui relèvent, qui mettent en marche jusqu’à ne plus avoir peur du regard des autres, qui annonce un avenir là où tout semblait fini !
La femme samaritaine est partie laissant sa cruche et voilà que viennent les disciples apportant de quoi manger. Mais Jésus leur dit : « J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas ! »
Jésus, quelle est donc cette nourriture ? Quel est ce pain qui te rassasie ? Toute parole qui vient de Dieu ? toute personne qui entend ? quelle est donc cette volonté du Père qui t’a envoyé ? Toi qui te donnes en nourriture pour tes disciples et pour la multitude !
Les terres fidèles ou infidèles, Judée, Samarie ou Galilée, d’Israël ou des terres païennes, tout cela n’a plus d’importance : c’est la Terre tout entière qui est réceptacle de la Parole ! Le verbe était la vraie lumière qui, venant dans le monde illumine tout homme » entendons-nous dans le prologue de Jean.
Les montagnes, l’Horeb, le Sinaï, le Thabor, le mont Garizim ou Sion sur lequel se dressait fièrement le Temple ne sont désormais plus les lieux privilégiés de la présence de Dieu, des lieux où il faut adorer ! C’est maintenant, en esprit et en vérité, dans un lieu quelquefois improbable où s’entend une parole qui fait sens. Jacob endormi sur une pierre, en terre étrangère en avait déjà l’expérience heureuse : « Dieu était là et je ne le savais pas ! » (Gn 28, 16).
Pendant trois jours les samaritains ont fait l’expérience de la foi, ils ont cru à cause de la parole de la femme, et ils ont cru ta parole, toi Jésus, le sauveur du monde.
Quelle est donc notre foi aujourd’hui ? Quelle est notre soif ? quelle est notre faim ? Avons-nous faim et soif de Dieu ? avons-nous faim de sa Parole ? Avons-nous soif de l’Eucharistie, sang et eau offert du côté ouvert ? Avons-nous faim du pain brisé qui travaille nos corps blessés pour une communion ?
Vincent Garros
Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie / Mt 17 1-9 / Une homélie
Ce dimanche, c’est expédition dans la montagne ! Jésus gravit le mont Thabor avec trois de ses disciples. Au sommet, les disciples connaissent une expérience qui changera leur vie à tout jamais. Ils perçoivent leur maitre avec un visage resplendissant. Ses habits deviennent blancs comme la lumière. Au cœur de cette vision, ils entendent une voix leur dire : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »
Cette simple phrase ouvre une perspective immense pour nous. Je vais développer trois points : la joie du Père et du Fils, notre propre joie, un chemin de joie au quotidien.
La
joie du Père et du Fils.
Dans cette simple phrase se dévoile le caractère du Père. Le Père trouve sa joie dans le Fils. Dieu le Père se remplit de joie à la rencontre de son Fils. Ce Fils, qui est venu porter parmi les hommes le message d’Amour du Père, réjouit au plus profond le cœur de Dieu. Il n’y a à cet instant que l’amour qui s’exprime, pas de morale, pas de loi, pas de jugement, ni d’exigence. Il n’y a que joie et amour entre le Père et le Fils.
Et quelle joie, pour Jésus, que d’entendre son Père lui confirmer son amour ! Cette déclaration, il l’a déjà entendue le jour de son baptême. Quelle joie pour Jésus de se voir confirmé dans sa mission par son Père.
Ainsi nous découvrons le cœur de Dieu qui est rempli d’amour et que la joie est au cœur de la foi chrétienne. Notre Dieu n’est pas un Dieu triste. Il est un Père qui se réjouit.
Notre
propre joie.
Cette joie, elle nous touche particulièrement pour ce carême 2026. Vincent nous invitait aux cendres à humer le parfum de la joie. Pour la confirmation de Guillaume et Nadia, Monseigneur James nous exhortait à partager la joie reçue à notre baptême. Et si vous aviez assisté à l’appel décisif des catéchumènes, vous auriez vu se dessiner la joie sur les visages des catéchumènes dimanche dernier à Villenave d’Ornon. Ils ont tous été appelés à recevoir le baptême dans la nuit de Pâques.
Mystérieusement, nous, les baptisés, nous l’avons entendu cette simple phrase : « Tu es mon fils ou ma fille bien aimé(e), en toi j’ai mis tout mon amour ». Nous l’avons reçu quand nous sommes sortis symboliquement de l’eau lors de notre propre baptême. Ce baptême qui fait de nous des filles et des fils de Dieu. Le Père nous reçoit avec amour.
Il nous reçoit comme nous sommes. Il sait que nous sommes imparfaits. Que parfois nous refusons son amour. Que parfois nous avons une image dure de lui ou bien que nous pensons l’avoir déçu ou blessé. Le Père, lui, nous regarde à travers son Fils et il nous aime.
Un
chemin de joie au quotidien.
Après avoir dit son amour : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie » le Père donne une consigne : « Écoutez-le. »
Voilà le chemin. Écouter Jésus. Il s’agit d’accueillir son Évangile, et de l’accueillir lui qui est la Parole de Dieu. Lui faire confiance, c’est-à-dire marcher derrière . C’est se mettre à son écoute dans le quotidien de nos vies. C’est continuer de se convertir après une expérience forte de rencontre.
Après la transfiguration, Jésus et les disciples descendent de la montagne, il y a un nécessaire retour au quotidien. L’expérience lumineuse ne dure pas. Il faut revenir à la vie ordinaire.
Nous connaissons tous des moments lumineux. Des moments où nous percevons la présence de Dieu, la visite de l’Esprit Saint. Des moments ou avoir la foi est facile car elle nous prend tout entier. Et puis, il y a le retour à la routine du quotidien, la vie peut nous paraître plus banale.
Mais la parole reçue à notre baptême demeure : « Tu es mon fils ou ma fille bien aimé(e), en toi j’ai mis tout mon amour », pour que la joie nous habite encore.
Demandons, pour cette 2ème semaine de carême, la grâce d’accueillir le regard joyeux du Père sur nous. Efforçons-nous d’écouter vraiment Jésus et de laisser sa lumière transfigurer peu à peu notre vie.





