Je suis la résurrection et la vie / Jn 11 1-45 / Une homélie


Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus se tient devant le tombeau de Lazare. Pour ceux qui accompagnent Jésus au tombeau de Lazare, la mort a eu le dernier mot. Tout est fini. La vie de Lazare est finie, ensevelie dans ce tombeau. Et Jésus pleure.
Les relations que Lazare entretenaient avec ses amis sont rompues. Et Jésus pleure.
Une pierre est roulée pour fermer hermétiquement le tombeau. Et Jésus pleure encore.
Cela fait quatre jours que Lazare repose dans le tombeau. L’espérance n’est plus. La décomposition du corps répand son odeur nauséabonde. Et Jésus pleure.
C’est alors que Jésus prononce cette parole étonnante : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. » Jésus ne dit pas seulement qu’il propose la résurrection. Jésus n’annonce pas seulement la résurrection, il dit : « Je suis » la résurrection.
La vie nouvelle n’est pas seulement une promesse pour plus tard. Elle commence dès maintenant. Elle commence dès la rencontre avec Jésus.
 
Cette parole résonne de manière toute particulière pour les catéchumènes.
Ils sont en chemin vers le baptême. Et ce chemin ressemble, d’une certaine manière, à celui de Lazare.
Dans l’Évangile, Lazare est appelé par son nom : « Lazare, viens dehors ! » Et il sort du tombeau.
De la même manière, Dieu appelle chacun des catéchumènes par son nom pour les accompagner vers le baptême. 
 
Le baptême n’est pas une tradition ou une étape symbolique. Le baptême ouvre à la vraie vie. Le baptême nous sort de nos tombeaux, il nous fait passer de la mort à la vie, de l’obscurité à la lumière, d’une existence centrée sur soi à une vie habitée par Dieu.
 
Sortir de nos tombeaux, la question demeure. Car si le baptême dénoue les bandelettes qui nous enserrent, combien de fois retournons-nous dans nos tombeaux. En effet, cet Evangile ne concerne pas seulement Lazare, ni seulement les catéchumènes. Il est aussi pour les baptisés depuis plus longtemps, pour nous qui nous disons disciple du Christ.
 
Tous nous connaissons nos tombeaux : ceux de nos blessures. Le lieu de nos découragements, là où les ténèbres enferment
Devant nos tombeaux, Jésus ne reste pas indifférent. Jésus pleure. Dieu n’est pas un spectateur de nos souffrances.
Jésus demande : « Enlevez la pierre. »
Enlever la pierre, c’est la part qui nous revient : enlever la pierre de la peur, du refus, du manque de confiance. Enlever cette pierre qui nous empêche de voir la vraie lumière du Christ. Enlever ce bouchon de nos oreilles qui nous prive de la voix du Seigneur. Dans nos tombeaux les voix sont étouffées. Alors Jésus nous demande d’enlever cette pierre qui fait obstacle à sa parole.

Quand Lazare sort du tombeau, Jésus ordonne : « Déliez-le et laissez-le aller. »
Cette parole nous est adressée à nous l’assemblée des chrétiens de Gradignan.
L’assemblée chrétienne est appelée à aider chacun à se libérer de ses liens. La communauté existe pour se soutenir les uns les autres. Et c’est particulièrement vrai pour les catéchumènes : ils ne doivent pas marcher seuls. Nous avons la responsabilité de les accompagner.
Cet Évangile nous prépare déjà à Pâques. Bientôt une autre pierre sera roulée. Bientôt les vêtements seront pliés sur la pierre. Le ressuscité a vaincu la mort. Il est vivant.
C’est cette vie que recevront les catéchumènes au baptême. C’est cette vie que nous sommes appelés à redécouvrir chaque jour.
« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. »
 
Aujourd’hui Jésus nous interroge tous : « Crois-tu cela ? »
Crois-tu que le Christ puisse faire surgir la vie là où tout semble fermé ?
Mes amis, demandons la grâce d’entendre aujourd’hui Jésus nous appeler, chacun par notre nom.
Et lorsque sa voix se fait entendre, ayons le courage de sortir de nos tombeaux.
Car le Christ n’est pas seulement celui qui promet la vie.
Il est la Résurrection et la Vie.
Amen !
Dominique Bourgoin, diacre.

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