Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus se tient devant le tombeau de Lazare. Pour ceux qui accompagnent Jésus au tombeau de Lazare, la mort a eu le dernier mot. Tout est fini. La vie de Lazare est finie, ensevelie dans ce tombeau. Et Jésus pleure.
Les relations que
Lazare entretenaient avec ses amis sont rompues. Et Jésus pleure.
Une pierre est roulée pour fermer hermétiquement le tombeau.
Et Jésus pleure encore.
Cela fait quatre jours que Lazare
repose dans le tombeau. L’espérance n’est plus. La décomposition
du corps répand son odeur nauséabonde. Et Jésus pleure.
C’est
alors que Jésus prononce cette parole étonnante : « Je suis
la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il
meurt, vivra. » Jésus ne dit pas seulement qu’il propose
la résurrection. Jésus n’annonce pas seulement la résurrection,
il dit : « Je suis » la résurrection.
La
vie nouvelle n’est pas seulement une promesse pour plus tard. Elle
commence dès maintenant. Elle commence dès la rencontre avec Jésus.
Cette
parole résonne de manière toute particulière pour les
catéchumènes.
Ils
sont en chemin vers le baptême. Et ce chemin ressemble, d’une
certaine manière, à celui de Lazare.
Dans
l’Évangile, Lazare est appelé par son nom : « Lazare, viens
dehors ! » Et il sort du tombeau.
De
la même manière, Dieu appelle chacun des catéchumènes par son nom
pour les accompagner vers le baptême.
Le
baptême n’est pas une tradition ou une étape symbolique. Le
baptême ouvre à la vraie vie. Le baptême nous sort de nos
tombeaux, il nous fait passer de la mort à la vie, de l’obscurité
à la lumière, d’une existence centrée sur soi à une vie habitée
par Dieu.
Sortir
de nos tombeaux, la question demeure. Car si le baptême dénoue les
bandelettes qui nous enserrent, combien de fois retournons-nous dans
nos tombeaux. En effet, cet Evangile ne concerne pas seulement
Lazare, ni seulement les catéchumènes. Il est aussi pour les
baptisés depuis plus longtemps, pour nous qui nous disons disciple
du Christ.
Tous
nous connaissons nos tombeaux : ceux de nos blessures. Le lieu de nos
découragements, là où les ténèbres enferment
Devant
nos tombeaux, Jésus ne reste pas indifférent. Jésus pleure. Dieu
n’est pas un spectateur de nos souffrances.
Jésus
demande : « Enlevez la pierre. »
Enlever
la pierre, c’est la part qui nous revient : enlever la pierre de la
peur, du refus, du manque de confiance. Enlever cette pierre qui nous
empêche de voir la vraie lumière du Christ. Enlever ce bouchon de
nos oreilles qui nous prive de la voix du Seigneur. Dans nos tombeaux
les voix sont étouffées. Alors Jésus nous demande d’enlever
cette pierre qui fait obstacle à sa parole.
Quand
Lazare sort du tombeau, Jésus ordonne : « Déliez-le et laissez-le
aller. »
Cette parole nous est adressée à nous l’assemblée
des chrétiens de Gradignan.
L’assemblée
chrétienne est appelée à aider chacun à se libérer de ses liens.
La communauté existe pour se soutenir les uns les autres. Et c’est
particulièrement vrai pour les catéchumènes : ils ne doivent pas
marcher seuls. Nous avons la responsabilité de les accompagner.
Cet
Évangile nous prépare déjà à Pâques. Bientôt une autre pierre
sera roulée. Bientôt les vêtements seront pliés sur la pierre. Le
ressuscité a vaincu la mort. Il est vivant.
C’est
cette vie que recevront les catéchumènes au baptême. C’est cette
vie que nous sommes appelés à redécouvrir chaque jour.
«
Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi,
même s’il meurt, vivra. »
Aujourd’hui
Jésus nous interroge tous : « Crois-tu cela ? »
Crois-tu
que le Christ puisse faire surgir la vie là où tout semble fermé ?
Mes
amis, demandons la grâce d’entendre aujourd’hui Jésus nous
appeler, chacun par notre nom.
Et
lorsque sa voix se fait entendre, ayons le courage de sortir de nos
tombeaux.
Car
le Christ n’est pas seulement celui qui promet la vie.
Il
est la Résurrection et la Vie.
Amen !
Dominique
Bourgoin, diacre.

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