Ce mot, qui fait partie de notre devise républicaine, est
beaucoup utilisé et sa réalité souvent bien malmenée. Le dictionnaire nous
dit : lien de parenté entre frères et sœurs et lien de solidarité et
d’amitié entre des êtres humains, entre les membres d’une société. (Le
petit Larousse). Il porte en lui une espérance d’un vivre ensemble paisible,
mais à l’évidence, cela parait bien inaccessible.
Les Écritures travaillent depuis les origines cette question
fondamentale. Cela commence par le récit d’une fraternité brisée : le
meurtre d’Abel signe la difficulté pour tout être humain de la relation avec
l’autre : Suis-je le gardien de mon frère ? (Gn 4,9). De
proche en proche, la sagesse du peuple d’Israël nous fait découvrir ce chemin
avec Dieu qui permet de vaincre la jalousie, les conflits, les querelles, les
haines. D’Abraham avec Melchisedek (Gn 14, 18) à Joseph avec ses frères (Gn
45,5) les alliances se scellent, des pardons se disent. Puis avec Moïse les dix commandements remplacent la loi du
talion :’œil pour œil, dent pour dent’ qui devait déjà supplanter
la vengeance sans limite (Gn 4, 24). Encouragée par les prophètes, la
fraternité essaie de se vivre alors à travers des groupes, communautés,
familles, peuples qui se reconnaissant d’un même ancêtre, se promettant
confiance assistance et protection (Is 58, Mi 6,8).
Et Jésus proclame : « Aimez vos
ennemis ! » (Mt 5, 43).
Saint
Paul nous dit que Jésus, le Christ, le ressuscité est le premier né d’une
multitude de frères : (Ro 8, 29). Par la Croix, est supprimée la haine,
apparaît l’Homme nouveau, en un seul Esprit, tous ont accès auprès du Père (Ep
2,14-19). L’amour fraternel est désormais le signe des disciples (Jn 13, 35),
partageant leurs biens pour plus de justice (Ac 2, 44) et se reconnaissent d’un
même Corps au-delà de tous les clivages de la nature ou de la culture (Ga
3,28).
L’Eucharistie que nous célébrons vient instituer cette
Alliance Nouvelle : un même pain brisé, une même coupe : Corps et
Sang du Christ pour accueillir la Vie et faire fructifier la fraternité en
Christ, fruit d’une nouvelle filiation. Que nos groupes de lecture des
Écritures, de prières, de catéchèse, équipes d’aumônerie, de scoutisme ou
fraternités de quartier soient d’authentiques lieux où se vivent l’entraide, le soutien mutuel, la
solidarité, la délicatesse, la paix…
Vincent GARROS
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