Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom / Marc 9 38-48 / Une homélie


Aujourd'hui, il est question du nom. Nous savons que nous sommes rassemblés ici au nom du Seigneur. Nous savons que le baptême inscrit dans notre chair le nom du Christ, le ressuscité. Nous savons que nous portons en nous le nom de chrétien depuis que nous avons été plongés dans l'eau du baptême. Mais ce dimanche, l'Evangile attire notre regard sur des personnes qui agiraient en se réclamant de ce nom sans pour autant appartenir au cercle des disciples, et encore moins aux douze.

" Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom".

Jean, le disciple que Jésus aime, alerte ce dernier qu'un étranger s'est emparé de son nom pour guérir. Est-ce une forme de jalousie qui a poussé les douze à empêcher de guérir ? Les apôtres ne veulent-ils pas se garder Jésus pour eux-mêmes ?

Ce pourrait-il qu'aujourd'hui encore l'Esprit de Jésus agisse au-delà de ses disciples, des baptisés ? Et ceux qui se sentent appelés de quel nom se réclament-ils, du nom de Jésus, du nom du Christ ?

La petite équipe de préparation au baptême des adultes est bien placée pour constater que l'Esprit souffle bien au-delà du cercle des disciples. Le christ attire à lui bien au-delà de l'assemblée qui se réunit tous les dimanches.

Je profite de cette homélie pour vous informer que, pour cette rentrée, l'équipe du catéchuménat démarre la préparation de trois adultes en vue d'un baptême en 2023. Nous avons appelé ce groupe, le groupe saint Joseph. Et cela en poursuivant la préparation du baptême de cinq adultes pour Pâques 2022.

Nous ne nous lassons pas d'être surpris par l'appel que reçoivent les candidats adultes au baptême. Nous sommes toujours surpris des chemins empruntés par le Christ pour toucher les cœurs de ceux qui se présentent à l'Eglise pour demander un sacrement. Il y a des étincelles qui jaillissent dans les vies, un voyage en Israël, une demande pour être parrain, l'approche d'un mariage.

Mais il y a surtout cette explication de la part des demandeurs, à savoir qu'ils ne savent pas d'où ça leur vient. L'explication de leur demande c'est qu'ils n'ont pas d'explication. Et cette explication est la meilleure explication. Comment mettre des mots sur quelque chose qui est inconnu. La solution pour comprendre, c'est de demander le baptême. La préparation va bien fournir des explications, pensent-ils.

Ils découvrent que ce qu'il y a à apprendre n'est rien à côté de ce qui est à vivre. Apprendre, nous savons nous-mêmes qu'il n'y a jamais de fin. En revanche, la soif de vivre sa foi est immense.

Demandons-nous pourquoi cela nous réjouit tant que des personnes frappent à la porte de l'Eglise ? Est-ce parce que cela renforce notre communauté ? Est-ce parce que nous serons bientôt plus nombreux le dimanche à la messe ?

La joie, qui nous vient de cette nouvelle, dépasse largement les contingences de la comptabilité. Cette nouvelle nous donne la confirmation que l'Esprit est libre de souffler où il veut. Nous ne l'avons pas enfermé entre les murs de cette maison.

Et si parfois nous avons la même tentation que les apôtres, à savoir, regarder d'un œil soupçonneux des étrangers agir au nom de Jésus, le Christ sait nous rappeler que son Eglise agit sous la conduite de l'Esprit pour le salut du monde. Si d'autres agissent en son nom c'est aussi pour sauver le monde.

J'ose aussi affirmer que parfois nous agissons nous-mêmes au nom du Christ sans même nous en rendre compte. Car "agir au nom de Jésus" ce n'est pas toujours faire des choses éclatantes. C'est laisser apparaitre dans la vie de tous les jours la source où nous nous s'abreuvons. Dans nos familles, auprès des gens que nous rencontrons, dans nos intérêts et nos loisirs, nous laissons transparaître, même lorsque nous n'y pensons pas, cette source qui est en nous. Et de cette attitude, des personnes sentent tressaillir cette part d'eux-mêmes qui appartient à Dieu.

Et ceux-là de quel nom se réclament-ils, du nom de Jésus ou du nom du Christ ?

Nous pourrions répondre que peu importe le nom, l'important c'est d'agir sous l'inspiration de l'Esprit. Et pourtant, il me semble juste d'avancer que ceux-là s'avancent au nom de Jésus. Le Christ se révèle de manière éclatante dans l'inouï de la résurrection.

Ceux-là se revendiquerons du nom du Christ une fois vécue l'expérience de la résurrection dans le baptême. Car, une fois plongé dans la mort et la résurrection du Christ, le baptême donne la foi.

Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple
un peuple de prophètes !
Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux !

Amen !
Dominique Bourgoin, diacre.

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