Vous
vous souvenez probablement que pendant la semaine sainte, la porte de
cette église était décorée de rameaux, puis de fleurs (cf photo ci-dessus). Ceux
qui étaient là le dimanche des rameaux l’ont vue s’ouvrir
devant eux après la bénédiction sur la place.
Certains
se sont posé la question : pourquoi porter une attention
particulière à la porte ? Quel sens ça avait de la décorer ?
De la mettre ainsi à l’honneur….
L’évangile
d’aujourd’hui peut nous donner une piste pour répondre à ces
questions.
(...)
Nous
ne sommes pas des brebis. Jésus
ne nous prend pas pour des brebis. Il n’attend pas que nous
ressemblions à des brebis.
Imaginons
que ce qu’il nous décrive ce soit notre petit monde intérieur,
notre paysage intérieur. Il y aurait, en chacun de nous, un lieu
précieux, un lieu clos, bien protégé, dans lequel attendrait bien
sagement ce qui appartient au Seigneur.
La
part qu’il s’est choisie, la part qui le connaît depuis
toujours, qui a les oreilles pour entendre et reconnaître sa voix.
Depuis
notre naissance − probablement depuis avant notre naissance − il
y a en nous quelque-chose qui est sensible à la voix du Seigneur,
quelque chose de fragile, de doux et de docile qu’il aime
particulièrement… imaginons
que ce quelque chose en nous, il appelle ça : brebis.
Alors
à nous de chercher si par hasard on ne verrait pas qui sont ces
voleurs qui tentent de venir disperser ou faire périr les brebis ?
n’y aurait-il pas en chacun de nous des forces de mort qui
aimeraient bien voler au Seigneur ce qui lui appartient ? On
pourrait appeler ça orgueil, envie, tristesse…
Mais
revenons à la porte.
« Je
suis la porte des brebis »
Cette
part de lui en nous n’est pas destinée à rester enfermée. Il y a
une porte. Et c’est une porte qui s’ouvre dans les deux sens :
on entre et on sort ! Les
brebis elles suivent la voix du berger, mais elles sont libres aussi
d’aller et venir, d’entrer et de sortir. Ce
qui compte, c’est de passer la porte, et la porte, c’est Jésus
lui-même.
(...)
La
vocation, ce n’est rien d’autre que de lâcher les brebis, que de
les laisser aller, que de les laisser répondre à cette voix. Ce
n’est rien de spectaculaire, rien de mystique, ceux qui répondent
ne sont pas des héros, ils ne sacrifient rien.
Il
faut absolument arrêter de croire et de répéter que les prêtres
donnent leur vie ! c’est faux ! Les prêtres, les
diacres et les évêques ne donnent pas leur vie ! Il
se la laisse ravir !! ils sont ravis de se la laisser ravir ! et
ils reçoivent bien plus qu’ils ne croient perdre ! Seul
Jésus donne sa vie ! (c’est la suite du texte)
Un
ministre ordonné ou un séminariste qui vous dirait qu’il donne
sa vie est bien malheureux… parce que le Seigneur ne la lui demande
pas. Le
Seigneur lui demande seulement de se laisser aimer par lui…
(...)
Il
était bon de décorer la porte. Pour qu’à chaque fois que nous
passons dessous, pour entrer mais aussi pour sortir, nous nous
souvenions d’ouvrir nos oreilles à la voix, la voix qui dit :
« Moi,
je suis venu pour qu’on ait la vie, et qu’on l’ait
surabondante »
╬ Amen
alléluia !
Sylvain
diacre
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