De naissance à Naissance / une homélie de Pâques


Il est né le divin enfant !
Un sauveur nous est né, un fils nous a été donné !!
Paix sur la terre aux hommes qu’il aime !

Vous vous souvenez ?
C’était Noël….

Qu’est-il devenu l’enfant emmailloté dans une mangeoire ?
Qu’est-elle devenue la chair puisée au ventre de Marie ?
Qu’est-il devenu le verbe fait chair ?

Le Fils donné dans la nuit de Bethléem a parcouru sa route. Il a arpenté les chemins d’Israël, il a rencontré des hommes et des femmes, il a touché des corps, il s’est nourri des fruits de la terre, il a bu l’eau et le vin, il a ri, il a pleuré, et il a parlé.
L’enfant a grandi, il a eu une vie d’homme

Mais la parole de cet homme était le Verbe de dieu
alors, forcément, en passant dans le monde, il a changé le monde.
La chair de cet homme, c’était la chair de Dieu, de l’Amour
alors, forcément, en passant chez les hommes, il a changé les hommes.

Ce matin, un tombeau est vide
Ce sauveur, ce fils, cet enfant emmailloté dans sa mangeoire, on l’avait mis à mort. On l’avait cloué sur le bois d’une croix.
Pourquoi ? Parce que le monde et les hommes n’ont pas supporté que la chair de Dieu croise leur chemin. Parce que le monde et les hommes n’ont pas supporté que le Verbe de Dieu parle à leurs oreilles. Le monde et les hommes ont été terrifiés par le surgissement de l’Amour.
Ils n’en n’ont pas voulu, il ont préféré la Loi, ils ont préféré la guerre, ils ont préféré l’argent.
Ce matin, deux-mille ans plus tard, le monde et les hommes préfèrent toujours la Loi, la guerre et l’argent.
L’enfant de la nuit de Noël est mort sur une croix et la nuit est tombée sur le monde.

Mais au matin, la pierre qui préservait le monde de l’Amour, la pierre qui fermait comme il faut le Verbe de Dieu au fond de son trou, la pierre est enlevée. Et le tombeau est vide.

Un auteur que j’aime bien écrit : « Noël est l’histoire d’un enfant qu’on emmaillote, tout simplement, et Pâques est l’histoire d’un homme qui fait son lit tout seul, à son lever, tout simplement. De naissance à Naissance »*

Le tombeau est vide, et l’Amour en est sorti.
Alors, tout à coup, des corps amoureux se mettent à courir dans tous les sens.
Marie-Madeleine, Pierre, le disciple que Jésus aimait… tous se mettent à courir.
Et s’ils courent, c’est parce qu’ils aiment, c’est parce qu’ils sont aimés, c’est parce que la chair de l’amour s’est fait la belle !
Ne croyez pas que le disciple que Jésus aimait court plus vite que Pierre parce qu’il est plus jeune ou mieux entraîné, il court plus vite parce qu’il est aimé, il court plus vite parce que la puissance d’aimantation est plus forte pour lui.

Il fallait que le fils soit rejeté, il fallait que le monde le mette à mort, c’était couru d’avance, il le fallait pour que la chair de l’enfant emmailloté se saisisse de tout de nos vies.
Dans sa mangeoire, il se saisissait de nos naissances, sur la croix, il se saisit de nos morts.
Maintenant, chargé du tout de nos vies, chargé de nos morts, il peut partir, il peut laisser un tombeau vide, un trou, un creux.
Sans absence, pas de désir. Le désir est un trou.
Maintenant, c’est sa victoire car le monde est troué.
Maintenant, il ne nous reste plus qu’à nous laisser aimanter, nous laisser aimer.

Il est né le divin enfant !!
Oui, ce matin est né le premier né d’entre les morts !
Il est né le divin enfant du Père, le divin enfant de la Vie !
Un Fils nous a été donné, il est mort et ressuscité, et ce matin, il nous est donné d’être fils !

Nous fêtions notre naissance à Noël, nous fêtons notre résurrection !
Le Verbe s’est fait chair.
« Eveille-toi ô toi qui dors, réveille-toi d’entre les morts et le Christ t’illuminera ! » dira Paul.
Oui, tant que nous sommes dans ce monde, éveillons-nous, réveillons-nous d’entre les morts. Laissons-nous attirer par ce corps vivant, nous qui sommes morts. N’ayons pas peur du désir de Dieu pour nous.
Et si on ne comprend pas ce que ça peut bien vouloir dire le désir de Dieu pour nous, n’essayons pas de trouver une explication : est-ce qu’on comprend pourquoi on est aimé ? Est-ce que je peux expliquer pourquoi mon amoureux, mon amoureuse, m’aime ?
Il n’y a rien à comprendre, il y a à s’en réjouir, à s’en éblouir, et à tenter d’y répondre.

Je veux finir par des mots qui ne sont pas les miens. Ce sont ceux de Jean-Pierre Duplantier :
« Notre joie ce matin, quel que soit l'état de notre chemin, est de reconnaître et de célébrer ensemble que Jésus-Christ s'est levé d'entre les morts et nous avec lui, et que sa puissance de transformation est active réellement maintenant chez nous.
Voilà ce que nous célébrons aujourd’hui : la lumière du bout de la route, qui habille depuis le début, chaque fils d’homme, l’un après l’autre, les uns comme les autres. »

Le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité !

╬ Amen Alléluia !
Sylvain diacre
*François Cassingena-Treverdy - Etincelles I p70 Ad Solem 2004 
Email de Christophe Mirande CM237 - 2022 -collection particulière
 
La prière universelle de la messe de Pâques
 
Le Christ est ressuscité !
    Que la voix de l’Église ne cesse de proclamer cette nouvelle

Le Christ est ressuscité !
    Que cette annonce assèche toute larme.

Le Christ est ressuscité !
    Que les jeunes consentent à la folie de cette annonce.

Le Christ est ressuscité !
    Que les endeuillés trouvent consolation et espérance

Le Christ est ressuscité !
    Que les nouveaux baptisés demeurent dans la joie de leur baptême.

Le Christ est ressuscité !
    Que cette joie éclabousse les vieux baptisés.
 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire