Dimanche 8 mai 2016 / Une homélie de JP Duplantier

 Dans toutes les religions du monde, il y a un virus. Celui de penser et d’agir comme si la puissance de notre Dieu était un acquis. Un acquis à protéger, à défendre. Comme si notre seule responsabilité était de ne rien changer dans nos convictions, nos certitudes ou simplement nos habitudes. Or ce que nous venons d’entendre, dans le récit de la mort d’Etienne, dans les derniers mots du livre de l’apocalypse de Jean, et dans ceux de Jésus lui-même, c’est un cri, une prière, un désir : « viens Seigneur Jésus ! », et sur les lèvres de Jésus : « qu’ils soient un, comme Toi, Père, tu es en moi et moi en toi. » 
 
Les apôtres, et depuis eux, tous les disciples du Christ, n’en finissent pas de passer des seuils, de franchir des barrières, dans leur relation avec Dieu. Chacun d’eux a connu la surprise de la première rencontre avec Jésus, de la force qui venait de lui, de ses paroles de feu et de la lumière qu’il réveillait chez les gens. Chacun d’eux ont ensuite expérimenté les forces hostiles à ce qu’il faisait et disait. Chacun d’eux ont très mal vécu sa mort. Puis leur est venu l’étrange présence du ressuscité et la trouée qu’il faisait dans l’avenir du monde, et, quelques jours après, son ascension, comme nous disons. Jésus a beau nous avoir dit qu’il ne nous laisserait pas orphelins, ce n’est pas toujours facile de le vivre. Enfin il y eut l’irruption de l’Esprit, celui qui plane sur les eaux depuis le commencement, comme un aigle qui protège sa couvée.
 
Chaque année, tous les chrétiens passent et repassent par les hauts et les bas, les tours et les détours de cette aventure à sa suite, sur son chemin : la joie de sa naissance à Noël, sa façon de soigner, de guérir, de pardonner, sur les chemins de Palestine, puis le carême et la semaine sainte, et dans une semaine, la fête de la Pentecôte. Qu’est-ce qui nous fait tenir ? Qu’est-ce qui nourrit notre foi en Lui ? Qu’est-ce qui nous aide à continuer de nous aimer les uns les autres, comme il nous a aimés ? Quoiqu’il arrive…
 
On nous a enseigné, de génération en génération, que notre force, c’est l’Esprit saint. Pas ma force, mais sa force à Lui, en moi. Qu’elle parle maintenant, en moi, en vous.
Cette force c’est quand une parole, un regard, un geste vient se substituer à mes sentiments, mes projets, mes peurs, mes souffrances et installe dans mon corps de la lumière, de la paix ; une sorte de réconfort qui prend sa place chez moi, sans que j’ai été le chercher, comme une surprise heureuse. Cette force vient de l’extérieur ; elle vient de n’importe qui. Dans la Bible, comme dans la vie, ce sont des détails, qui tissent des fils inattendus, dans la trame de notre journée ; des fils d’argent ou d’or qui tirent de l’oubli des liens immémoriaux enfouis dans notre chair vive. Comme un discret souffle de vie qui réenchante ce quotidien que nous croyions déjà écrit, ordonné, programmé, inéluctable. Comme le retour d’une danse enfantine où un visage, un regard, une odeur émerveille notre âme jusqu’au bord de nos lèvres et de nos yeux. Elle vient d’un proche ou d’un étranger. Elle vient d’en-haut. Chacun de nous est équipé depuis toujours pour lui accorder l’hospitalité. Pour que nous reconnaissions qu’elle nous est envoyée, comme dit Jésus ; que nous sommes bâtis pour ce genre de visite. 
 
Nous chantons parfois ici un refrain qui en parle très bien : « L’amour jamais ne passera, l’amour demeurera. L’amour, l’amour seul, la charité jamais ne passera. Car Dieu est amour ». Cet amour-là n’est pas une conviction, un effort pour l’entretenir ; il est une expérience ; trop rare peut-être ; trop passagère le plus souvent ; mais personne ne peut dire qu’il ne l’a jamais senti passer, même si depuis trop de choses l’ont enfoui. Car cet amour-là n’habite pas seulement les églises. Il suffit, à l’hôpital, d’une visite pour que la douleur cesse d’être un diable qui dévore ce qui vous reste de force. Il suffit d’un moment d’attention pour un jeune devenu trop solitaire, pour que se réveille en lui le gout de vivre en plein vent que Dieu a semé en lui. Il suffit d’un sourire qui désobéit à la grisaille du temps, pour que revienne sur un visage sa lumière intérieure.
 
Nous nous souvenons aujourd’hui du 8 mai 1945. Le retour de ceux qui revenaient de la guerre ou des camps. La joie et l’incertitude de ceux qui étaient restés. En quatre années, nous changeons les uns et les autres. Mon père et ma mère s’aimaient encore, mais sans savoir c que l’autre avait vécu et ce qu’ils étaient devenus. C’est auprès d’eux que j’ai appris ce que la part d’amour qui leur venait de Dieu et de leur foi était capable de reconstruire. C’est tellement difficile et hasardeux de s’aimer à nouveau après une si longue absence. C’est fou et tellement heureux, lorsque les réalités d’en-haut se substituent aux réalités d’en-bas, celles de l’amour d’avant qui n’étaient plus comme avant. Je n’ai rien compris à cette époque. Mais c’est auprès d’eux que j’ai fait connaissance avec la force d’en-haut, celle qui réanime les liens qui avaient été malmenés. J’ai appris par la suite à quel point cette force était capable de restaurer des relations enfuies. Et ce n’était pas seulement dans les familles, mais en ville aussi et au travail. Et ce n’est pas seulement une histoire du passé. Elle a gardé toute sa force aujourd’hui, pour ceux qui s’y risquent.
 
Ceci est la technologie de l’Esprit saint. Elle passe de lui à nous, par nous, entre nous. Elle est entièrement disponible. Et l’énergie qu’elle dispense est la puissance même de la tendresse de Dieu pour nous. A nous de participer à son travail d’enfantement. 
 
Voilà ce que je lis dans la prière de Jésus : « Qu’ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en Toi. Pour que le monde croie que tu m’as envoyé, et que tu les as aimé comme tu m’as aimé. Je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi. »
Jean-Pierre Duplantier

De la part des anciens combattants / Texte de 2016



J'ai mis mes bagages dans le "compartiment à bagages" de l'avion et je me suis assis à ma place. Cela allait être un long vol. Juste avant le décollage, plusieurs soldats sont entrés dans l'allée et ont pris tous Les sièges vacants autour de moi. J'ai demandé "Où allez-vous ?" BAYONNE, me répondit l'un d'eux. Nous allons être là pendant deux semaines pour une formation spéciale, et puis nous irons en déploiement en Afghanistan.
Après une heure de vol, une annonce a été faite que les «déjeuners sacs» étaient disponibles pour 5€. Comme je prenais mon portefeuille pour payer le déjeuner, j'ai entendu un soldat demander à son copain s'il avait prévu d'acheter le déjeuner. «Non ça semble être beaucoup d'argent pour juste un déjeuner sac ». Je vais attendre que nous rentrions à la base. " Son ami était d'accord, et s'abstint lui-aussi ; aucun n'a commandé de déjeuner.
Je me suis rendu à l'arrière de l'avion et remis à l'hôtesse un billet de 50€. «Donnez s.v.p. un déjeuner à chaque soldat»."
Prenant dix sacs, elle s'est dirigée dans l'allée à l'endroit où les soldats étaient assis. Après avoir fini de manger, un homme m'a arrêté  «J'ai vu ce que vous avez fait. Je veux être de la partie. Tenez, prenez cela. Il me tendit 25€».
Plus tard, comme je marchais à l'avant de l'avion pour me dégourdir les jambes, un homme me tendit la main. Et me laissa 25€
Lorsque nous avons atterri, un 3°-homme m'a arrêté pour me mettre quelque chose dans la poche de chemise, et s'éloigna sans dire un mot. Encore vingt-cinq € !
En entrant dans le terminal, j'ai vu les soldats se rassembler pour la suite de leur voyage. Je me suis dirigé vers eux et leur ai remis les 75€. Il vous faudra un certain temps pour atteindre votre destination et vous prendrez sûrement un sandwich le long de la route. « Dieu vous bénisse » me répondit l'un des soldats qui prit l'argent.
Comme je me dirigeais vivement vers ma voiture, je dis intérieurement une prière pour leur retour en toute sécurité. Ces soldats donnaient leur vie pour notre pays et notre protection. Je ne pouvais leur donner qu'un repas. Cela me semblait si peu.

Un ancien combattant est une personne qui, à un moment donné de sa vie, a écrit un chèque en blanc à l'ordre de la "FRANCE"
pour un montant allant jusqu'au prix de sa vie. "

«Seigneur, protégez nos troupes en mission dans le monde. Protégez-les comme ils nous protègent tous, à l'abri dans nos foyers. Bénissez-les ainsi que leur famille pour les actes désintéressés qu'ils accomplissent pour nous. Que la paix soit. Amen»

Pélerinage diocésain Inter-Génération à Lourdes / 2016

De nombreux paroissiens sont partis faire ce pèlerinage, présidé par Monseigneur Jean-Pierre Ricard, et chacun est revenu heureux d’avoir partagé ce temps fraternel de ressourcement. A Lourdes, cette année, une centaine de jeunes collégiens accompagnés de leurs parents, catéchistes, prêtres se sont joints au millier de pèlerins : ce fut l’occasion de rencontrer quelques connaissances et de commencer ensemble ce pèlerinage.
Au moment de l’accueil nous chantons : ‘’Heureux les cœurs miséricordieux car ils obtiendront miséricorde - Heureux les cœurs aimants ouverts à l’amour de Dieu le Père’’
Suit la lecture de l’évangile de St Jean 10, 9 où Jésus dit : «Je suis la porte si quelqu’un entre en passant par moi il sera sauvé ; il entrera et sortira, et trouvera un pâturage » Oui vraiment, il est la porte qui conduit au Père qui attend son enfant !

Monseigneur Ricard, en cette année jubilaire, nous invite à passer par la Porte Sainte, signe de vie nouvelle et à recevoir l’aspersion, rappel de notre baptême. Nous entrons avec la certitude que quelque chose va se passer en nous. Pour certains, une parole de l’évangile va peut-être les toucher. Pour d’autres, le témoignage d’une personne va peut-être les bouleverser et les entraîner à faire l’expérience des sacrements proposés.
Sur les piliers de la porte nous lisons : « Quiconque entrera, pourra faire l’expérience de l’amour de Dieu qui console, qui pardonne et qui donne l’espérance »
Chacun prend son chemin qui le mène vers la grotte pour prier avec Marie, à boire à la source comme Bernadette, vers le chemin de Croix pour suivre celui qui nous montre la route et la fait avec nous.

Le Dimanche, nous nous retrouvons pour la messe diocésaine. Dans l’évangile, Jésus ressuscité apparaît à Pierre, lui qui l’avait renié 3 fois. Jésus lui demande à 3 reprises «Pierre m’aimes-tu ? » Jésus lui fait confiance, lui confie son Eglise et lui dit : «Suis-moi, sois mon témoin».
Dans l’après-midi, au moment de l’envoi, Monseigneur Ricard s’adresse à tous : «Et nous, quelle réponse allons-nous donner au Seigneur? Saurons-nous l’écouter, répondre à son appel, être son ami, son témoin, faire ce qu’il nous commande, aimer tous ceux qui nous entourent ? Saurons-nous lui dire : « Seigneur je voudrais tellement changer mon cœur de pierre en cœur de chair.»

Nous nous quittons joyeux, en chantant jusqu’à l’esplanade. Puis vient l’heure du retour à Gradignan, heureux d’avoir vécu ces deux journées.

Mes brebis écoutent ma voix / Jn 10 27-30 / Une homélie


« Mes brebis écoutent ma voix, moi je les connaîs et elles me suivent. »
Prenons cette phrase comme définition de la vocation.
Au commencement, il y a la connaissance que le Seigneur a de nous.
Si il nous connaît, il sait de quoi nos vies sont faîtes, nos forces et nos talents, nos misères et nos blessures... C'est là-dedans, dans cette confusion-là, au cœur de cette matière opaque à nous-même, qu'il donne de la voix.
Il ne fait pas de discours, il ne délivre pas de message, il ne prononce même pas de mots, sa voix suffit.
Comme la voix des parents que l'enfant à naître entend dans le ventre de sa mère sans percevoir encore le sens des mots...
la voix, comme la voix de l'enfant qu'on entend jouer dans le jardin sans écouter ce qu'il se raconte,
la voix, comme la voix de l'épouse qu'on devine au milieu des conversations de la fête et qui réjouit l'époux.
La voix suffit à dire la haute tendresse...

(...)

Et que la brebis ne s'inquiète pas de l'autorité de son pasteur : avez-vous remarqué dans le texte de l'apocalypse : « Ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, ni le soleil ni la chaleur ne les accablera, puisque l'agneau qui se tient au milieu du trône sera leur pasteur pour les conduire aux sources des eaux de la vie. »
Le pasteur des brebis, c'est un agneau.
Les brebis sont menées, soignées, nourries, par le plus petit et le plus doux d'entre elles.

Ne prions pas pour que les séminaires se remplissent.
            Prions pour que les brebis aient des oreilles.
Que les brebis écoutent la voix,
            alors des hommes et des femmes se mettront debout,
                      alors des pasteurs se lèveront.



Amen

Sylvain Diacre

Le goût de l'autre

Le goût de l’autre semble prendre racine à Gradignan. C’était ce 3 avril, la troisième édition, entrecoupée, au cours d’années écoulées, de quelques après-midi Rois ou crêpes.
        C’est toujours l’occasion de se rencontrer autour d’une table où chacun peut apporter sa contribution sous une forme ou une autre. C’est ainsi que la bouteille d’apéritif «Troussetinette» rappelle la région vendéenne que l’on a quittée. Elle côtoie le poulet aux arachides camerounais sans oublier le grenier médocain, l’axoa basque... Les nombreuses préparations ne sont pas toutes citées. On goûte, on apprécie et le repas se termine par de délicieuses pâtisseries « maison ». Puis le récit de Jonas nous invite à la réflexion tandis que chacun anime à sa façon la fin d’une après-midi conviviale et chaleureuse.
        Mais si l’essentiel n’était pas dans l’assiette mais plutôt dans ce désir de rencontrer l’autre, dans un statut différent qui voit se mêler la personne qui tend la main à la porte de l’église à celle qui la lui serre en donnant une pièce ? Ces repas nous donnent peut-être la réponse car en tant que chrétiens, nous sommes invités à accueillir l’étranger, ce n’est pas uniquement par charité à son égard mais parce que l’Evangile est avant tout une invitation à la rencontre. Une rencontre qui évoque la vie portée par chacun, qui provoque à aller plus loin et qui convoque à faire chemin ensemble. Ce chemin nous pourrons le prendre ensemble avec la quarantaine de paroissiens qui, répondant au questionnaire distribué lors de la journée des Migrants de janvier, se mobilise pour cet accueil, accueil qui en Gironde tarde malheureusement à se concrétiser.
        C’est aussi une quarantaine de personnes qui a osé cette rencontre fraternelle du 3 avril. Osons. Osons la rencontre, osons l’accueil.

Viens je t'emmenerai - Homélie de Pâques 2016 de JP Duplantier

Viens, je t’emmènerai !
             Personne n’est vraiment à l’abri du désir de Dieu. De sa volonté de faire de nous des fils, apaisés, éclairés, rassemblés, dans le corps de Jésus, le Christ. L’énergie, le flux de son désir, de sa parole, est la vie, et cette vie est la lumière des hommes. Il est là avant nous, avec nous et devant nous. A ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Ceux-là ne sont pas nés du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. Personne n’est à l’abri de la puissance de ce désir de Dieu. Il ne passe pas, il ne faiblit jamais, il ne s’arrête pas d’être en travail d’engendrement. Voilà ce que je partage avec vous, en ce matin de Pâques. 
 
Oui, mais les temps sont durs. Le rythme de nos journées s’est accéléré. Beaucoup n’arrivent plus à suivre, à respirer, à se poser, pas plus dans la famille, que dans le travail, que dans notre relation à Dieu. Et puis, il y a la peur, celle du chômage, de l’avenir, et maintenant la violence aveugle, meurtrière, dans nos rues.
Cela fait très longtemps que nous avons voulu monter dans les étoiles. Ecrire notre histoire dans le commerce et la technique. Produire, vendre et acheter est devenu une passion dévorante. Mais aussi rêver de devenir des humains d’après l’homme que nous connaissons, maitrisant la nature, l’économie, la vie sociale. Encore un pas de plus et nous allons y arriver : un peu de biotechnologie pour améliorer notre ADN, quelques robots miniaturisés implantés dans notre corps, un ou deux drones au bout des doigts, pour voir, entendre et d’agir à grande distance. Encore un peu de temps et ils seront là, dans nos rues, les avatars, les post-humains, sans racine, vivant libres et mourant sans amour. 
 
Il y a toujours eu des fous pour promettre au genre humain des meilleurs lendemains. Mais il y a toujours aussi des barbares et des vandales aux portes de la ville. « Où est ton frère ? » demandait Dieu à Caïn. Juste après avoir massacré Abel, il a répondu « je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ?
N’allez pas croire que c’est un ratage de la création. Non ! Les forces vives données à l’homme dès le commencement, ne sont pas mauvaises. Son goût de vivre, sa quête d’amour et de justice, son intelligence, sa raison, ses valeurs, son esprit scientifique, c’est l’équipement que Dieu nous a donné pour être des fils qui portent son image. Et Dieu vit que cela était bon. Mais pour devenir fils, il faut apprendre à honorer son père et sa mère, apprendre à demander et à dire merci. Pour cela il nous a donné un corps qui parle, des yeux pour regarder les autres comme des frères, des oreilles pour écouter venir la parole qui nous est adressée, un cœur pour la confiance et l’amour. 
 
Notre aventure humaine n’est pas le ratage de l’acte créateur de Diu. Elle est l’histoire mouvementée de l’usage que nous faisons de ces biens reçus pour devenir des fils. Et il y a longtemps que nous fabriquons nos propres images et que nous les adorons. Comme le dit saint Augustin, le cours du monde est devenu une provocation. 
 
Mais le désir de Dieu ne faiblit pas. Il nous connait bien. Il nous aime, tous, les sages et les fous. Il continue, aujourd’hui comme hier, à nous apprendre à faire de nos vies un usage de fils, portant sa ressemblance. Et cet amour jamais ne passera. C’est pour cela qu’aujourd’hui est un jour d’espérance.
 
Quand le moment favorable est venu, Dieu a envoyé son fil, son bien aimé, Jésus, le Christ. Et quand il a planté sa tente parmi nous, son regard, ses mains et ses paroles se sont portés vers les blessés de la vie, les malades, les perdus, les doux, les petits, les assoiffés de la justice de Dieu. Et il les a aimé jusqu’au bout. Sur le bois de la croix, il y a désormais, depuis ce vendredi saint, toute la puissance amoureuse de Dieu pour les hommes. Elle sauve le monde. Par Lui, avec Lui et en lui, la vie qu’il donne est redevenue la lumière des hommes. Un innocent, crucifié par obéissance à l’amour, habite à jamais notre mémoire vive. 
 
Il faut être fou pour croire à ces choses. Même nos amis, même nos enfants, nous plaignent parfois de devoir vivre et annoncer cette folie. Mais c’est trop tard. Non pas à cause de nos convictions, de nos certitudes, de la défense de notre patrimoine religieux, d’une foi invincible qui se crispe en essayant encore de jouer les gros bras, mais à cause de ce qui nous est arrivé, de ces rencontres improbables où la présence du Christ a investi notre chair.
 
Chacun de nous, ici, connait ces moments où le Christ Jésus est passé chez nous physiquement. Quand une femme se voit stoppée net par une maladie réputée dangereuse, et qu’une amie vient auprès d’elle, et que, sans savoir comment, elles se mettent à parler de leur vie, qu’elles ont plus ou moins mal vécue, à force de la dépenser à faire les choses, à en faire toujours plus ; et quand soudain  leur viennent, de l’une à l’autre, des mots ordinaires, qu’elles n’oseraient pas se dire à elle-même, des mots que le Christ habille de sa présence, de sa tendresse, de sa force ; et que des larmes viennent dans leurs yeux fatigués ou inquiets ;  des larmes comme les écailles tombées des yeux de saint Paul sur le chemin de Damas, lavant leurs âmes et leurs peurs ; et qu’elles risquent un sourire venant du plus profond d’elle-même. Que croyez-vous qu’il leur arrive à ces femmes, sinon la lumière d’en-haut dans leur chair ? L’autre versant de l’aventure humaine, le temps présent, déjà là, de la résurrection.
 
Vous avez peut-être entendu l’histoire de cet homme, un anglais qui travaillait à Calais et qui avait fait connaissance, un peu par hasard, d’une famille irakienne, parquée dans la jungle. Un soir, dans le froid et sous la pluie, leur petite fille de quatre ans, s’est trouvée dans ses bras. C’était déjà trop tard pour lui. La frimousse de la gamine venait de frapper à la porte de son cœur. Il l’a emmené dans son camion en Angleterre, où une partie de sa famille vivait déjà. Peu importe que la police, quand elle l’a arrêté, ait considéré que son geste était un trafic d’être humain, pour cet homme, parmi les réalités de la terre venait de se lever, dans son cœur, une réalité d’en-haut, comme le dit Paul ; une réalité sensible, charnelle, qui habitait chez lui, qui était là, dans son corps, consciemment ou non, depuis le commencement. C’est à cette réalité d’en-haut qu’il a obéi. Où cette réalité d’en-haut l’a-t-elle emmené ? En Angleterre ? Non, beaucoup plus loin, beaucoup plus haut. Et ceci n’est pas une affaire de religion. C’est un acte de Dieu relevant notre humanité à la condition de fils de Dieu.
 
Heureux ceux qui ne baissent pas les bras. Ceux qui prennent soin des pieds, de la marche souvent chaotique, de tous ceux avec qui Dieu nous donne de vivre, quels qu’ils soient. Heureux ceux qui prennent le temps de se nourrir du corps du Christ, de sa parole, de sa présence active. Heureux ceux qui boivent à la source vive du Christ, à son sang, à sa façon de vivre parmi nous, tourné vers son Père ; les yeux, le cœur et les mains sans cesse en train de relever et de réveiller la petite flamme inquiète qui n’en finit pas de résister à la vie que nous menons. 
 
Ce témoignage-là ne se démontre pas. Il se montre dans les fruits de paix et de miséricorde qu’il implante dans le cours du monde. Heureux ceux qui investissent, jour après jour, sur ce Royaume de Dieu.

Jean-Pierre Duplantier 

Pierre, m'aimes-tu ? / Jean 21, 1-19 / Une homélie de JP Duplantier

C’est pour nous que ce récit est écrit. Qu’est-ce que les apôtres ont fait au lendemain de sa mort et de sa résurrection ? Qu’est-ce que nous faisons au lendemain de la semaine sainte et du dimanche de Pâque ?
 
  • Pierre et ses collègues pécheurs reviennent à leur métier d’avant…
C’est Jésus qui reprend la main, sur le rivage, entre une nuit où ils n’ont rien pris et un matin où la pèche est quasi miraculeuse. Pierre et ses collègues ne le reconnaissent pas. Mais il n’y a pas que Jésus qui leur échappe. L’étonnant avec Jésus, et plus encore depuis qu’il est mort et ressuscité, c’est que le scénario qu’il propose et ceux que nous mettons en route, par nécessité ou habitude, sont à la fois très proches matériellement, et profondément divergents.
C’est au plus près de leur métier de pécheur que Jésus les interpelle : avez-vous quelque chose à manger ? C’est de fait l’objectif de leur pêche : ils sortent pour prendre du poisson, et ils en capturent pour se nourrir. Comme cette nuit-là ils n’ont rien pris, ils n’ont rien à donner. Jésus leur demande alors d’essayer à nouveau, mais cette fois-ci c’est lui qui fixe l’endroit ils doivent jeter leur filet : juste à côté de leur barque. Un patron de pêche, c’est celui qui sait où il a des chances de trouver du poisson. Cette fois-ci c’est Jésus qui commande la pêche, et, on ne sait comment, ils obéissent. Le résultat est totalement inattendu. Quand on s’en remet à Jésus, le filet déborde de visages à aimer, à écouter… Jusque-là ils n’ont pas reconnu Jésus. Maintenant, quelque chose leur revient de ce qu’ils ont vécu avec lui. C’est son style : la vie qu’il mène et qu’il offre est au premier abord tout à fait semblable à notre quotidien, puis soudain l’horizon s’élargit démesurément. 
 
  • Il y a une deuxième étrangeté dans cette histoire.
L’affaire commence avec une demande de Jésus : avez-vous quelque chose à manger ? A la fin, ce sont les pécheurs qui sont invités à un repas. Ils ont amené les gros poissons qu’ils viennent de prendre, mais ce sont les petits poissons que Jésus a amené qu’ils mangent ; et c’est Jésus qui les a cuisiné sur un feu de braise, sur son rivage a Lui. Quel est donc ce rivage où il nous invite ?

·        Nous avons souvent entendu parler de ce rivage, mais, mon Dieu, que c’est long de s’engager vraiment sur ce chemin.
C’est ainsi depuis le commencement ; depuis que Dieu a dit : faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance ; depuis que Dieu a façonné l’homme avec la poussière du sol et a déposé en lui son haleine de vie et que l’homme est devenu une âme vivante ; depuis que le désir de Dieu nous tire vers cette condition de fils de Dieu, engendré par son souffle. Cela nous dépasse complètement, mais c’est là, d’avant, pour maintenant, et devant nous. C’est cette condition de fils que Jésus est venu vivre en chair et en os au milieu de nous. Tous ces gestes, toutes ces paroles jouent chaque jour la partition de Dieu, de son Père, dans les moindres détails et quoiqu’il arrive. Et cette vie est lumière pour les hommes. 
 
Or cette condition de fils de Dieu n’est pas à la portée de nos seules forces. Nous ne pouvons pas nous faire fils, seuls ou ensemble, mais sans le Père et sans le Christ Jésus, qui nous le raconte. Nous sommes équipés d’origine avec un cœur et une chair capables de voir et d’entendre cette présence du Christ, se souffle de vie pour lequel nous sommes nés. Mais, comme nous l’a montré l’histoire d’Abraham, il nous faut quitter père et mère, et notre pays et leurs dieux. Non pas parce qu’ils sont mauvais, mais parce que la vérité des fils d’homme est d’aller plus loin, d’être attirés par ce désir de Dieu de faire de nous des fils qui portent sa ressemblance. Là est notre port d’attache, le rivage du Christ Jésus. L’esprit saint est la force d’attraction qui nous y conduit.
 
Depuis Pâques ce que sous lisons ensemble dans les Ecritures, c’est que Jésus est vivant. Dans les évangiles, il marche, il agit, il parle sur les routes de Palestine, dans les maisons de Galilée et dans le temple de Jérusalem : mais maintenant son séjour, sa présence, son action, c’est « au milieu de nous ». Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. C’est physique, actuel, c’est la vérité de notre condition de fils de Dieu qui émerge dans la vie que nous menons.
 
Voilà pourquoi çà vaut la peine d’être attentifs, vigilants, aux moindres détails qui signalent sa présence en nous et autour de nous. Quand il passe, nous ne le reconnaissons pas tout de suite. Mais c’est toujours au plus près de notre barque. C’est toujours lui qui prend l’initiative. Nous avons toujours besoin d’un frère qui nous dise : c’est Lui. Vas y ! Et notre nourriture n’est pas seulement ce que nous capturons nous-mêmes ; ce n’est pas seulement celle des nuits où ne prenons rien, ni celles des matins où nous sommes enchantés par les gros poissons qui remplissent nos filets. Notre nourriture, pour ce voyage-là, ce sont les petits poissons que Jésus nous cuisine lui-même sur un feu de braise.
 
  • Il y a encore une petite chose dans cette histoire. C’est le dialogue entre Jésus et Pierre.
 Par trois fois, Jésus lui demande : « Pierre m’aimes-t-u ? ». Qu’est-ce qui se passe ? Est-ce que Jésus doute de l’amour de Pierre ? Juste à la fin du dialogue, Jésus ouvre une porte : « quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller où tu voulais. Quand tu seras vieux, tu étendras les mains et c’est un autre qui te mettra la ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
Aimer le Christ est un itinéraire. Aimer le Christ ne peut pas être évalué par un sondage qui permettrait de cocher la case oui ou la case non. Ni pour soi-même, ni pour les autres. Ni par les jeunes, ni par les vieux. 
 
Aimer le Christ est un parcours, où il nous fait passer de faire quelque chose pour lui à découvrir la place qu’il nous donne dans son travail d’engendrement des fils de Dieu.
Faire quelque chose pour Lui connait des enthousiasmes et des ratages. Il faut du temps pour y découvrir le rôle qui y tient secrètement notre propre sort, notre propre volonté de faire bien. Découvrir la place que Dieu nous donne dans le travail du Christ, est une naissance à son désir à Lui, à sa manière de faire.
Ceci n’est pas un jugement. C’est une ligne d’horizon pour les jeunes, dans le temps où ils mettent leur ceinture eux-mêmes pour aller là où ils veulent ; et un encouragement pour les vieux, au temps où ils voient bien qu’ils ne commandent plus grand ’chose, mais qu’ils découvrent comment c’est le Christ, qui depuis longtemps déjà, les conduit par la main, là où il veut.
 
Souvenons-nous des disciples d’Emmaüs : ils l’ont reconnu à la fraction du pain et leur cœur étaient brulants, comme un feu de braise, quand il leur ouvrait les Ecritures et qu’il leur partageait l’aventure du désir de Dieu au milieu de nous. 

Jean-Pierre Duplantier

Voici le bois de la Croix / Homélie du Vendredi Saint



Voici le bois de la croix, qui a porté le salut du monde

(...)
En nous inclinant devant lui, déposons nos angoisses,
déposons nos défaites,
déposons nos misères, nos mesquineries
déposons nos souffrances intimes,
nos deuils brûlants,
nos chairs fatiguées, blessées.

Le bois de la croix les portera comme il a porté le plus grand amour
Il saura s'en charger, il saura quoi en faire.
Réjouissons-nous car le bois de la croix se dresse sur nos chemins.
Réjouissons-nous car c'est l'unique passage vers le tombeau vide du matin de Pâques.
N'en espérons pas d'autre.

Venez, adorons le
car nous sommes fous en effet
Scandale pour les juifs, folie pour les païens
Scandale de la miséricorde
Folie de l'amour du Père pour nous

Venez, adorons-le
Ta croix, Seigneur, nous la vénérons
et ta sainte résurrection, nous la chantons
C'est par le bois de la croix que la joie est venue sur le monde.

Amen
Sylvain, Diacre

Au milieu, une femme / Jean 8 / Une homélie de JP Duplantier



Au milieu une femme. Autour un cordon sanitaire : il ne faut pas que le peuple soit  contaminé. La solution est radicale : éliminer la femme. A croire qu’elle a fait l’adultère toute seule. Les responsables de la santé publique, pharisiens et scribes, mettent en scène Jésus. Il ne dit rien ; il écrit avec son doigt sur la terre. Ce qu’il montre, c’est une écriture, mais pas ce qu’il y a dedans, ni ce qu’on peut en tirer. Il montre celui qui est en train de l’écrire.
 
Les accusateurs insistent. Vient alors la phrase célèbre de Jésus : que celui qui n’a jamais péché lui lance la première pierre. Le cercle se défait, à commencer par les plus vieux. Reste la femme. Elle est toujours au milieu. Mais plus au milieu d’un cercle hostile. Elle est au milieu du gué, à un moment de sa vie, de sa traversée, où une faille s’est ouverte, où son désir s’est trompé, ou a été trompé. Et avec elle, celui qui écrit sur la terre et qui, maintenant, s’est relevé, et lui parle.
Celui qui écrit, c’est Jésus l’envoyé de Dieu, son fils bien aimé. Il écrit sur la terre le désir du Père d’en-haut pour tous les hommes. Et, comme le dit saint Paul, la dernière lettre de l’écriture de Jésus, c’est un tau, la dernière lettre de l’alphabet grec, un poteau surmonté d’une barre, un T majuscule, une croix. Sur cette croix, Jésus porte tous les péchés du monde, mais il ne juge pas, ne condamne pas. Il s’expose, pour que tous ceux qui le regardent voient comment la puissance de l’amour de son Père le fait traverser toutes les forces de mort qui menacent l’aventure des hommes, les forces qui entrent à l’intérieur comme celles qui viennent de l’extérieur. Il montre celui qui écrit sur la terre, avec le sang versé de son fils bien aimé, le désir insubmersible de Dieu de faire de nous tous des fils qui portent sa ressemblance.
Jésus montre à cette femme, et à nous tous, la vérité de notre chemin, le réel de notre vie. Non pas : puisque tu as péché, je te condamne ; mais, maintenant que tu as péché, relève la tête, ton Dieu a mis en toi, et maintiens en toi, imperturbablement, le souffle heureux qui te fais vivre, quoiqu’il arrive.
Nous avons tous besoin de témoins, en chair et en os, qui inscrivent sur notre terre un regard, une parole de cette force.

Comme le dit le prophète Isaïe, il y a sans cesse chez nous des malheurs entrants. Des événements, des situations, des ratages dans nos relations qui nous mettent par terre. Mais sur cette terre-là, Dieu continue d’écrire, d’y jeter la semence, de la faire germer, pousser, grandir. Car il y a aussi les bonheurs entrants, les joies inattendues, les sourires offerts, les retours des enfants perdus, les moments de paix qui nous arrivent sans raison, sans cause, donnés c’est tout.
Le vrai danger qui nous menace, ce ne sont pas ces dangers entrants. Aujourd’hui comme hier, ils sont légion.
L’un d’eux, par exemple, dont on parle beaucoup, en Europe, c’est le migrant, ou plutôt, en sous-main, le musulman entrant. Or le danger n’est pas son entrée chez nous, mais ce qui sort de notre cœur quand il s’approche : le jugement, la peur, le rejet, l’étranger comme une maladie contagieuse, surtout, d’ailleurs, pour ceux qui n’en ont jamais vu de près.
Il en est de même pour tout ce qui pollue la jeunesse : l’invasion des images de violence, de héros virtuels et de toutes sortes d’avatars d’une humanité en train de se doper à l’intelligence artificielle. Or le danger n’est pas l’invasion de ces images, mais la façon dont nos cœurs s’y soumettent. C’est comme si nous avions baissé les bras, et déserté, une à une, toutes les fenêtres à travers lesquelles nous pouvons nous parler de notre espérance, de notre foi. 
 
Saint Paul ne cesse d’en rajouter là-dessus. Tout ce que j’avais avant, je le laisse pour gagner un seul avantage, le Christ, et, en lui, d’être reconnu juste, non pas de la justice qui vient de la Loi, mais de la justice venant de Dieu, par la foi en Christ. Eprouver la puissance de sa résurrection, communier aux souffrances du Christ, avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts. Certes je n’ai pas encore obtenu cela, je n’ai pas encore atteint la perfection, mais je poursuis ma route pour tâcher de saisir, puisque j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus. 
 
C’est le moment, maintenant, de relever la tête, de laisser à nouveau résonner dans nos cœurs la présence et la parole active du Seigneur, et d’écrire sur notre terre les signes de la joie qu’il donne ; du pardon qu’il instaure, en nous et entre nous ; de mettre la paix là où les conflits viennent et reviennent, comme le disait François d’Assise ; de ne rater aucune occasion de vivre l’hospitalité entre générations, et avec toutes les sortes d’étrangers, et ceci pour unique raison : celle de la tendresse de Dieu qui nous précède dans le cœur de tout homme. C’est à nous qu’il revient de jouer la partition de Dieu dans la musique de notre vie quotidienne, de jour comme de nuit ; de réveiller le printemps de l’amour de Dieu dans le monde, quelle qu’en soit la saison.
 
Que le Christ nourrisse nos corps maintenant de sa présence… réelle.
 
Jean-Pierre Duplantier

Les rencontres B'ABBA : expérience de la miséricorde...

Si la miséricorde est bien ce chemin qui unit Dieu et l'homme, qui relie les hommes entre eux car ils se découvrent aimés pour toujours, avec et malgré leurs limites ... alors OUI l'accueil et le partage autour des tablées permet à chacun de faire l'expérience de la miséricorde de Dieu.

La liberté d'une parole vraie, l'humilité des cœurs comme le respect de tous, permettent à chacun, quelle que soit sa place, d'approcher le mystère de l'autre et du Tout Autre :
Il y a de l'émotion, tendresse et compassion se rencontrent.
Et si c'était ça faire l'expérience de la miséricorde de Dieu ?

''Par les thèmes abordés lors des rencontres, susceptibles d'interpeller chacun, par la qualité de l'accueil et de la nourriture proposée (physique et spirituelle), par l'invitation joyeuse à jouer carte sur table et la sincérité des échanges et des partages fraternels qui s'en suivent.....OUI , les rencontres B'ABBA témoignent bellement de la volonté du Seigneur de nous faire miséricorde.
Venez, approchez-vous et vous verrez… le Seigneur vous invite à une halte… osez la rencontre, le Seigneur fait Miséricorde.
Moi Philippe, je suis venu, j'ai vu et je porte témoignage. Béni sois-tu Abba (Père) ! ''