Il est juste et bon de te rendre grâce, Seigneur, Père très saint, Dieu éternel et tout puissant, par Jésus Christ ton Fils, notre Seigneur. Par l'illumination de sa foi, il a repoussé les ténèbres du monde et il a transformé en fils de la grâce ceux que détenait la juste damnation de la loi. Il est venu en ce monde pour le jugement, de sorte que les aveugles ont vu et que ceux qui voyaient furent aveuglés. Ceux qui se sont reconnus dans les ténèbres de l'erreur ont reçu la lumière éternelle qui les délivra de l'obscurité de leurs fautes. Et les arrogants qui prétendaient posséder en eux-mêmes la lumière de la justice furent plongés à bon droit dans leurs propres ténèbres : gonflés de leur orgueil et sûrs de leur justice, ils ne cherchaient pas de médecin pour les guérir. Ils auraient pu avoir accès au Père par Jésus qui s'est déclaré la porte, mais parce qu'ils se sont pré-valus insolemment de leurs mérites ils demeurèrent dans leur aveuglement.
C'est pourquoi nous venons humblement vers toi, Père très saint, et sans présumer de nos mérites nous ouvrons devant ton autel notre propre blessure ; nous avouons les ténèbres de nos erreurs, nous découvrons les replis de notre conscience. Puissions-nous trouver, nous t'en prions, un remède à notre blessure, la lumière éternelle au milieu des ténèbres, la pureté de l'innocence dans notre conscience. Nous voulons de toutes nos forces contempler ton visage, mais l'obscurité habituelle de notre aveuglement nous en empêche. Nous désirons voir le ciel, et nous ne le pouvons pas, tant que nous sommes aveuglés par les ténèbres du péché...
Viens donc à nous, Jésus, nous qui prions dans ton temple, et soigne-nous, en ce jour, toi qui n'as pas tenu compte du sabbat pour opérer des prodiges. Voici que devant la gloire de ton nom nous découvrons nos faiblesses ; procure-nous donc le remède à nos infirmités. Toi qui de rien nous a faits ce que nous sommes, prépare un onguent et applique-le sur les yeux de notre cœur et de notre corps, afin que nous ne chancelions pas comme des aveugles. Ô bon Jésus, nous ne nous écarterons pas de tes traces, toi qui es venu avec d'humbles sentiments sur la terre. Écoute notre prière et enlève l'aveuglement de nos péchés afin que nous voyions la gloire de ta face dans la paix de la béatitude éternelle.
Préface mozarabe (XVI° siècle)
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