Les annonces de la semaine
Récollection de l’EAP : samedi 10 janvier de 9h à 17h.
Lève-toi, prends et va / Sainte Famille / Une homélie
Lève-toi, prends... et va ! Dans ce récit de Matthieu, par deux fois, nous entendons la même injonction venue d’ange ou plutôt de parole venue d’en Haut, dans un songe de Joseph. Le verbe utilisé est le même que celui qui nous parlera de la sortie de la mort de Jésus à Pâques. On peut le traduire par ‘lève-toi’, bien sûr mais aussi, ‘réveille-toi’, ‘sors du sommeil’, ressuscite !
Oui, Joseph est l’homme qui entend en son for intérieur, l’appel de Dieu à se réveiller, à se lever, à faire face au réel. Le roi Hérode est un tyran, jaloux, pervers et violent : il faut fuir et mettre à l’abri ta famille. Comme Abraham, Joseph n’hésite et se met en route…Comment ne pas penser à tous ces hommes, ces femmes et enfants qui prennent avec eux quelques bagages et traversent les frontières pour éviter la mort. Bien sûr, cela ne sera pas sans difficulté pour eux tant que pour ceux qui leur feront bon accueil. Mais honte à ceux et celles qui les exploiteront comme esclaves ou à des fins politiciennes sordides !
Lève-toi, prends… et va ! Cette même phrase, nous l’entendrons aussi dans la bouche même de Jésus de nombreuses fois. En restant chez saint Matthieu, c’est lors de la venue du paralytique descendu du toit Lève-toi, prends ton grabat et va dans ta maison. (Mt 9,6). En écho dans les autres évangiles, de nombreuses fois, Jésus dira : lève-toi et va… Autant de guérisons, du corps, du cœur ou de l’esprit où Jésus prends soin de ceux et celles qui souffrent de maladies invalidantes ou qui marginalisent. Comment ne pas penser à tous ces hommes, ces femmes, ces enfants en souffrance ou se sentant coupables. Gloire à tous ceux et celles qui prennent soin d’eux dans les services spécialisés : hôpitaux, cliniques, foyers spécialisés mais aussi les aidants à domicile !
Puis plus loin, une même adresse de Jésus aux trois disciples ayant vu Jésus transfiguré : levez-vous ou réveillez-vous selon les traductions et n’ayez pas peur ! (Mt 17, 7). Ou bien, juste avant son arrestation au mont des Oliviers : Réveillez-vous, voici celui qui me livre (Mt 26, 46) …
Se lever, sortir de son sommeil, de sa léthargie, de sa sidération, faire face au réel et accueillir au fond de soi l’appel d’en Haut à la résurrection. Le Seigneur nous invite à prendre sa route aujourd’hui, à découvrir des frères et sœurs. Une famille nouvelle est en construction par Jésus, le Christ, accueilli en notre humanité par Marie et Joseph. En serons-nous les acteurs ? Amen.
Vincent GARROS
Comme cette eau se mêle au vin...
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| Le sang et l'eau / Vitrail d'Alfred Mannessier / Abbeville / 1982 |
"Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité".
Cette prière est dite par le diacre au moment où il verse dans le calice rempli de vin, quelques gouttes d’eau. Regardons l’un après l’autre chacun de ses éléments.
De l’eau et du vin se mêlent dans une même coupe à laquelle nous allons communier. L’eau et le vin rassemblés, voilà qui nous invite à revisiter le récit inaugural de la mission de Jésus chez saint Jean : les Noces de Cana (Jn 2,1-11). Pour saint Jean, c’est évident : ici se réalise le commencement des signes de Jésus : Jésus est venu sur notre terre pour une Alliance entre Dieu et l’Humanité.
L’eau : ‘chaste et pure’, comme la qualifiait saint François d’Assise (Cantique des créatures) vient de la nature. Humble et fragile, elle représente ici l’humanité. Alors quelques gouttes suffiront !
Le vin : ‘Fruit de la terre et du travail des hommes’ - (prière de la présentation des dons), béni et présenté au Seigneur, lui, représentera le Christ.
Dans ce geste liturgique, l’eau se mêle au vin : l’humanité vient se fondre dans la divinité du Christ, lui qui a pris notre humanité. Irénée de Lyon le disait ainsi : «Dieu s'est fait Fils de l'homme pour que l'homme à son tour devienne fils de Dieu»
L’eau et le vin mêlés, inséparables désormais, disent en même temps l’union du Christ qui a pris notre humanité : c’est le mystère de l’Incarnation, fêté à Noël et l’union du Christ avec l’humanité lors de sa Passion. « Prenez et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle qui sera versée pour vous et la multitude en rémission des péchés ». (Récit de l’Institution de l’Eucharistie). C’est le mystère de la rédemption.
Nous qui allons boire à cette coupe, puissions-nous être unis au Christ, lui qui est Dieu et qui a pris notre humanité. C’est notre désir et notre foi.
Une armée dans le ciel / Nuit de Noël / Une homélie
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| Isa Barbier - 2014 |
En écoutant l’évangile de la Nativité en ces jours où se multiplient les annonces de guerre, je suis intrigué par cette irruption dans le ciel d’une armée, une armée céleste, une troupe nombreuse. Mais ici aucune menace mais plutôt …de la beauté, de la louange à Dieu et des paroles qui illuminent cette nuit : GLOIRE À DIEU AU PLUS HAUT DES CIEUX ET PAIX SUR LA TERRE AUX HOMMES QU’IL AIME.
Cette armée du Ciel fait suite à l’annonce d’un ange venu comme en éclaireur. Sa venue soudaine dans la nuit enveloppe de lumière des bergers qui veillaient leur troupeau près de Bethléem. Bethléem, c’est la ville de David, jeune berger, lui aussi, qui était devenu roi, quelques mille ans plus tôt. Depuis, le peuple d’Israël espérait un messie, un christ comme cela se traduit en grec, un être exceptionnel qui redonnerait fierté et place respectée dans le contexte difficile de ce peuple dans cette région où se multiplient les conflits armés.
À la bonne nouvelle de la venue d’un sauveur, les bergers sont intrigués et vont venir voir ce que l’ange a décrit : ‘‘un bébé, enveloppé de langes et couché dans une mangeoire’’, parmi des animaux probablement dans une étable. Si la situation de cet enfant est originale, en quoi l’évènement de cette nuit est-il une bonne nouvelle : un évangile pour utiliser le mot grec du texte ?
Ce qui commence en cette nuit-là c’est une alliance. Le Ciel et la terre se parlent : Dieu fait irruption dans l’histoire des hommes. Une alliance que cette troupe du ciel inaugure avec son hymne : GLOIRE À DIEU AU PLUS HAUT DES CIEUX ET PAIX SUR LA TERRE AUX HOMMES QU’IL AIME. Plus qu’un hymne que nous avons plaisir à chanter dans cette nuit de Noël, puisse-t-il être un nouveau mode de vie. Oui, la gloire est pour Dieu, lui, au plus haut des Cieux, la gloire ne doit pas être pour nous ! Ceux qui recherchent la gloire font valoir leur puissance, veulent régner sur les autres et alors font la guerre ! ces guerres peuvent être entre états mais aussi au travail, dans nos lieux de vie ou à la maison !
Dieu aime l’humanité qu’il a créée et veut pour elle la paix. Dieu n’est pas en rivalité avec les humains et comme signe il donne à voir un simple bébé, un nouveau-né dont les parents prennent bien soin de lui, même dans des circonstances difficiles de déplacement et de solitude. Quoi de plus désarmant qu’un nouveau-né, fragile et innocent ? Comme les bergers, puis comme les mages un peu plus tard, laissons-nous désarmer en contemplant cet enfant : Jésus, le Christ. GLOIRE À DIEU AU PLUS HAUT DES CIEUX ET PAIX SUR LA TERRE AUX HOMMES QU’IL AIME. Amen.
Vincent Garros
Un chant nouveau / Une homélie du jour de Noël





