Joyeuses Pâques !! 

La quarantaine Glorieuse / l'édito

    Le début de la vie publique du Christ a été marqué par quarante jours au désert. Jésus y reprenait, au sortir du baptême, l’Exode de son Peuple. À la fin de sa mission terrestre, entre la libération des affres de l’Hadès (Ac. 2,24) et la définitive entrée dans la vraie terre promise, Jésus a, une fois encore, passé quarante jours. En examinant ces deux quarantaines, nous sommes frappés du contraste entre la quarantaine désertique et la quarantaine glorieuse.
    Au désert, Jésus est apparu comme notre frère, enfoncé dans un monde pécheur, tenté par le démon. Durant la période glorieuse, nous sommes éduqués à un autre mode de présence, celle du Christ ressuscité. Il apparaît sous un autre aspect (Mc 16,12). On commence toujours par ne pas le reconnaitre. Madeleine le prend pour un jardinier. Les apôtres hésitent, dans leur joie, et se demandent : « Serait-ce bien lui ? » Les disciples d’Emmaüs le prennent pour un voyageur ; Pierre, Jean et les apôtres, au lac, pour un inconnu qui se trouve là par hasard.
    Une éducation se fait ainsi : les sens ne suffisent plus pour atteindre le Christ. Il faut la foi : tant qu’ils doutent, les apôtres n'ont pas un contact réel avec le Ressuscité (Jn 20, 25). Il faut l'espérance : c'est quand elle remonte au cœur des disciples d'Emmaüs qu’ils sont préparés à reconnaitre le signe de la fraction du pain (Lc 24,31). Il faut se savoir aimé : c’est quand Jésus, doucement, l'appelle par son nom, Marie, que, d’un seul coup, Madeleine « entend » sa voix enfin et se jette à ses pieds (Jn 20,16). C'est celui que Jésus aimait qui, le premier, a décelé « sa » présence au bord du lac : « Pierre ! c'est le Seigneur. » (Jn 21, 7)
    Une autre remarque s’impose. Dès qu'on le reconnaît, il disparaît. Ressusciter, ce n'est pas « reprendre » la vie du passé… (Jn 20,17). Voilà ce que Pâques inaugure. C’est un nouveau monde qui commence. Ces quarante jours sont une pédagogie, une éducation à la nouvelle présence du Ressuscité. Il pourra dire au terme : Je suis avec vous, tous les jours, jusqu'à la fin du monde (Mt. 28,20).

ROGER POELMAN, bibliste Bruxelles 1911-

Les annonces de la semaine

Prières et Sacrements
Prions pour nos frères

Guy MANCEAU, obsèques le mercredi 22 avril à 10h30.

Ceux qui communient pour la 1ere fois Karla DE ROBILLARD DE BEAUREPAIRE, Nathan MUSSOTTE, Ornella WAI SOA


Rencontre des équipes obsèques de Pessac et Gradignan : mardi 21 avril à Pessac


Messe avec les enfants, les jeunes et leurs familles : samedi 25 avril à 18h. 

Pastorale des Jeunes

Lycéens : vendredi 24 avril, à partir de 19h à l’église puis au Fronton.


Retraite de Profession de Foi : samedi 25 avril à Martillac. La messe de profession de foi est prévue à Gradignan, le dimanche 31 mai, à 10h.


Catéchuménat des Ados : samedi 25 avril à 17h salle St Jean.


Catéchisme : dimanche 26 avril à 9h et lundi 27 avril à 17h15, salles St Jean et St Jacques.


Éveil à la Foi : dimanche 26 avril à 10h au Fronton.

Vie fraternelle
Réunion de L’EAP : jeudi 23 avril à 20h30 Salle St Jean


Concert Jazz de l’Ensemble vocal Jubilate : samedi 25 avril à 21h et dimanche 26 avril à 17h, église de Gradignan.

Veillée Pascale / Mt 28 1-10 / Une homélie


Ce matin, aux premières lueurs du jour, le premier jour de la semaine, deux femmes se rendent au tombeau pour le regarder. Elles se sont levées tôt pour regarder le sépulcre. Qu’y avait-il à voir sinon une pierre ?
Quoi de plus naturel. Nous-même, n’allons-nous pas sur la tombe de nos parents, de nos amis pour nous recueillir, pour prier ?
Certainement, ont-elles le cœur lourd. Elles trainent leur tristesse en se remémorant les événements qui ont conduits à la mort de Jésus. Elles avancent avec peine, laissant apparaitre leur amertume. Les larmes ont laissé des sillons sous leurs yeux.

« Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre » comme pour les réveiller. Elles sont secouées comme pour faire tomber le manteau de tristesse qui les enveloppe. Elles sont remuées comme pour les préparer à ce qui va se passer.

Elles vont sans transition passer de la douleur de la mort d’un proche à la joie immense de la vie. L’ange parait. Il ouvre le tombeau en roulant la pierre. Il leur annonce la résurrection de celui qu’elles aiment.

Chers catéchumènes, vous êtes pour nous, semblables à cette joie qu’éprouvent les deux femmes qui se rendent tôt le matin au tombeau et constatent la résurrection du Christ.

Dans un instant, vous serez plongés dans l’eau, comme pour mourir à votre ancienne vie et vous émergerez comme pour renaître de la vie nouvelle.
Votre joie sera immense. Vous connaîtrez dans votre chair la vie du ressuscité.
Votre joie sera la nôtre. Elle réveillera en nous le souvenir de notre propre baptême.

Chers catéchumènes, merci pour ce chemin qui vous conduit à recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne dans la nuit de la résurrection. Cette nuit vous inaugurez votre vie nouvelle dans le Christ.

Chers catéchumènes, merci de nous donner à voir les prémisses de notre résurrection en recevant l’eau de votre baptême.

Et notre joie sera immense et nous pourrons annoncer : « Alléluia, Christ est ressuscité ! »

Chers catéchumènes, cette nuit tout commence pour vous. Vous avez entendu la double invitation de l’ange et de Jésus-Christ lui-même : « et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez. »
La Galilée, c’est le lieu où le Christ nous attend tous, nous qui sommes ses disciples.
Alors tous, joyeusement, prenons le chemin de la Galilée, l’Esprit-saint nous accompagne. Et en chemin, ne nous lassons pas de proclamer : « Alléluia, Christ est ressuscité ! »
 
Amen !
Dominique Bourgoin, diacre.

Vendredi Saint / Tout est accompli / Une homélie

Au pied de la croix, une épouse et une femme de la ville de Magdala, toutes deux appelées Marie. Puis des personnages sans nom ; étrangement : la mère de Jésus accompagnée de sa sœur ainsi qu’un disciple, le disciple aimé. Ajouté au lien familial du sang, Jésus invite à un nouveau lien entre celle qui lui a donné naissance et cet homme qui l’accueillera dans sa maison comme une mère. Tout est accompli ! De nouveaux liens sont instaurés au-delà des liens du sang : une communion que l’assemblée des croyants célébrera désormais.

Deux hommes, Nicodème et Joseph d’Arimathie disciples en secret : portent Jésus dans un tombeau neuf et le déposent là. Tout est accompli ! Voici l’ultime parcours de l’Incarnation. De la crèche au tombeau, le Verbe a parcouru les routes de Palestine et même au-delà pour visiter alors le lieu des morts.

Dans notre Credo, nous proclamons : « il est descendu aux Enfers ».

Voici maintenant ce temps du grand silence, celui que vivent non seulement nos défunts mais ceux et celles qui sur notre terre ne sont pas entendus, ceux qui ne peuvent plus dire leur souffrance, un vide les creuse.

Voici maintenant le temps où descend dans les ténèbres le Verbe. Lui qui est la vraie lumière venue dans le monde. La lumière vient illuminer ceux qui gisent dans l’ombre de la mort.

Permettez-moi de m’inspirer de Maurice BELLET [La traversée de l’en-bas Bayard 2005 p.156] pour finir par cette prière :

Ô toi, mon frère, ma sœur, où que tu sois,

si profond soit l’en-bas que tu peines à traverser,
si dure la déréliction que tu éprouves,
si humiliant ton vice, ton péché
si triste et sans but, la vie qui te reste à finir de vivre,
garde en l’espace le plus secret de ton cœur,
là même où tu ne sais pas,
garde un peu de cette lumière.
Le Christ y est venu ! Amen
Vincent Garros