Chercher le silence

    Beaucoup de personnes cherchent un sens à leur vie. Elles cherchent quelque chose de plus grand que les promesses faciles qui envahissent si souvent nos écrans. Dans l’Évangile selon saint Jean, les premières paroles de Jésus sont : « Que cherchez-vous ? (Jn 1,37) » 
Après une semaine à Taizé, lorsque l’on demande aux jeunes ce qui a été le plus important pour eux, beaucoup évoquent l’expérience du silence. Dans un monde hyperconnecté et en perpétuel mouvement, cela peut sembler surprenant. 
Quand nous prenons le temps de nous détacher des flux ininterrompus d’informations, c’est parfois dans le silence que nous nous rencontrons vraiment nous-mêmes, et que nous entrevoyons aussi une réalité plus grande. 

Dans la beauté de la création de Dieu, le souffle du vent (Jn 3, 8), le murmure d’un ruisseau et le chant des oiseaux peuvent nous envelopper et nous conduire vers ce silence intérieur où la communion avec tout ce qui existe devient tangible. Une nuit étoilée peut nous remplir d’émerveillement ! (Mt 2, 10)
Jésus est entré dans le monde silencieusement : « Le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous (Jn 1, 14). » Celui qui était auprès de Dieu et qui était Dieu avant le commencement de tout est venu demeurer avec nous par une naissance humble et pauvre, dans le silence de la nuit : la lumière qui brille dans les ténèbres.  (Jn 1, 1-5)

Ainsi, ce silence n’est pas vide. Il devient un lieu de rencontre. Dans le silence, nous ne sommes pas seuls. 
Il y a bien des siècles, quelqu’un priait : « Mon cœur me dit de ta part : “Cherche ma face !” C’est ta face, Seigneur, que je cherche (Ps 26). » Dans le silence de notre cœur, reviendrons-nous sans cesse à la recherche de Dieu ? 
Quand nous ne savons pas comment prier, l’Esprit Saint est là, priant en nous par des gémissements plus profonds qu’aucun mot. En écoutant cette part, la plus intime de notre cœur, nous pouvons comprendre que c’est là que demeure l’Esprit Saint. Je me trouve alors face à moi-même et face à Dieu, qui respire en moi. 
Dieu vivant, apprends-moi à te chercher dans le silence de mon cœur, dans la beauté de la création, dans l’écoute de ta Parole, dans l’accueil de ton humble présence. 

Frère Matthew, prieur de Taizé

Les annonces de la semaine

Prières et Sacrements
Prions pour nos frères
Les défunts : Pierre JOSEPH, Gyslène DUJARRIC.

Prions aussi pour Marcelle PAIRATON, dont les obsèques ont été célébrées vendredi 16 janvier à Vercourt dans les Vosges. Une messe sera dite à son intention, à Gradignan, mercredi 21 janvier à 18h30.

Marcelle fut pendant de nombreuses années la sacristine de Gradignan. Elle avait reçu la médaille diocésaine à l’occasion de ses 100 ans, il y a 4 ans.


Lancement de la préparation à la Confirmation des adultes :

de 18h30 à 20h00, salle St Jean. Jeudi 29 janvier - jeudi 19 février - jeudi 19 mars  - jeudi 16 avril - Mercredi 13 mai 18h30 - 20h00

 

Messe dans les EHPAD : vendredi 23 janvier à Douceur de France.


Préparation au mariage : rencontre des couples autour d’un B’ABBA sur le thème « Se marier, ça change quoi ? » Samedi 24 janvier / dimanche 25 janvier

Lecture de la Bible
Premiers pas dans la Bible : dimanche 18 janvier de 18h à 21h salle St Jean. Lecture : La Samaritaine. 19h30 : messe pour tous, puis repas partagé.

Lecture de l'évangile du dimanche : lundi 19 janvier à 20h salle St Jean.


Atelier "conter la Bible" : jeudi 22 janvier à 14h salle St Jean.

Vie Fraternelle

‘Autour d'une crêpe’, en lien avec le G.U.S. (Gradignan Ukraine Solidarité) lance une opération ‘compote solidaire’ pour deux orphelinats de la ville de KREMENCHUCK en UKRAINE du 12 janvier au 26 janvier. Le but est de récolter des compotes de fruits en gourdes pleines.

Vous pourrez déposer vos petites gourdes de compote, pleines, lors des permanences d’accueil, mardi et vendredi (17h-19h) salle St Jean.


Réunion de l'équipe d'accueil : vendredi 23 janvier à 16h salle St Jean.


Quête en faveur des lépreux organisée par l'association Raoul Follereau, les 24 et 25 janvier à la sortie des messes.

Pastorale des Jeunes

Catéchisme : lundi 19 janvier, salle St Jean


Collégiens : samedi 24 janvier à partir de 19h à l’église puis salle St Jean.

Semaine de prière

pour l'Unité des Chrétiens

La Semaine de prière pour l’unité des chrétiens est une démarche œcuménique annuelle qui réunit les chrétiens du monde entier du 18 au 25 janvier pour prier ensemble en vue de l’unité.  Cest un temps fort de partage spirituel et de fraternité entre catholiques, protestants, orthodoxes et autres Églises.

Célébration multi-lingue - français, anglais et turc - le dimanche 18 janvier à 15 h au Temple de Talence, 283 rue Frédéric SÉVÈNE (à côté de l’hôpital Bagatelle).

Prière avec les Chrétiens d'Orient : mercredi 21 janvier à 12h30, église Notre Dame de Bordeaux (place Mably).

 

J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe / Jn1 29-34 / Une homélie

Ce dimanche, l’Evangile nous donne à contempler l’œuvre de l’Esprit Saint du début à la fin.
 
Jean Baptiste n’agit pas de lui-même, il a été visité par l’Esprit-Saint. Il agit tout le long de ce passage d’Evangile sous la conduite de l’Esprit-Saint.
Comment peut-il annoncer : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » si l’Esprit-Saint ne lui a pas désigné celui qui vient.
 
Présent à de nombreuses reprises dans l’Ancien Testament, l’image de l’agneau, animal fragile et innocent, prend pleinement sa force aujourd’hui. Il prend aujourd’hui la force de la victime pascale, il représente en images, comme en message, le sacrifice ultime du Christ pour la rédemption des hommes.
 
Jean, en annonçant le messie, sait-il ce qui va se passer à la fin de la vie publique de Jésus ? Il n’y a pas de surprise pour nous qui lisons ce texte à la lumière de la résurrection. Nous connaissons la destinée de Jésus, nous savons son sacrifice. Nous sommes habitués à utiliser l’image de l’agneau pour désigner Jésus. Nous le proclamons tous les dimanches en chantant « Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde prends pitié de nous ».
Tout cela est donné à Jean Baptiste par l’Esprit-Saint.
 
Ensuite vient cette phrase déroutante : « c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »
    L’homme qui vient derrière moi : cet homme c’est celui que Jean annonce. Jean est le précurseur.
    Est passé devant moi : Jean sait qu’il va s’effacer. Il va laisser la place à celui qu’il annonce.
    Car avant moi il était : Seul l’Esprit-Saint peut aider Jean à prononcer ces paroles. Paroles qui vont faire couler beaucoup d’encre sous la plume des théologiens et qui peuvent se traduire dans le CREDO par : « engendré non pas créé ». Certes Jésus est né après son cousin Jean Baptiste mais Jean sait que le Fils de Dieu est de tout temps, qu’il existe depuis bien avant lui.
Jean nous dit ensuite qu’il est venu baptiser dans l’Eau pour qu’il soit manifesté. Jean a donc agit sous la conduite de l’Esprit-Saint.
 
Enfin tout devient clair : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. », Jean Baptiste révèle comment il a su que Jésus est le Fils de Dieu. Depuis le début, l’Esprit est au travail.
 
L’Esprit Saint est donc celui qui révèle Jésus par l’intermédiaire de Jean le Baptiste. Sans l’Esprit, Jésus serait resté pour nous un personnage du passé, un homme admirable parmi d’autres. Avec l’Esprit, nous découvrons qu’il est le Fils de Dieu, il est celui qui enlève les péchés du monde.
La colombe qui est une image de l’Esprit Saint évoque pour nous la douceur, la paix, la création nouvelle. Au baptême de Jésus, l’Esprit demeure sur lui. Il nous ainsi signifié que tout ce que Jésus accomplit, il le fait sous le regard de Dieu. Toute la mission de Jésus est en cohérence avec l’Esprit : ses paroles, ses guérisons, son pardon, et le don total de sa vie.
 
Mais l’Évangile ne s’arrête pas là. Jean ajoute le pouvoir de Jésus : « celui-là baptise dans l’Esprit Saint. ». Autrement dit : ce que Jésus reçoit, il nous le donne.
 
A notre baptême, nous les baptisés avons aussi reçu l’Esprit Saint. Sans signe visible, sans colombe, sans voix du ciel. Cependant nous le recevons réellement. L’Esprit habite en nous. Il nous apprend à reconnaître Jésus, à lui faire confiance, à vivre comme des enfants de Dieu.
 
L’Esprit Saint n’est donc pas pour nous une idée abstraite. Il est présence vivante que nous pouvons éprouver. Il nous éclaire quand nous cherchons la vérité. Il nous fortifie quand nous sommes faibles. Il nous console quand nous sommes blessés. Il nous pousse à aimer quand il serait plus facile de nous fermer. Il nous invite au pardon quand notre cœur est de pierre.
 
Et plus encore, comme Jean le Baptiste, nous sommes appelés à être des témoins de l’Esprit Saint et désigner Jésus aux autres. C’est une des missions de tous les baptisés, être proche des catéchumènes et toujours leur désigner celui qu’on suit, le Christ.
 
Demandons aujourd’hui cette grâce simple, savoir dire, comme Jean, habité par l’Esprit-Saint : « J’ai vu, et je rends témoignage. »
Amen !
Dominique Bourgoin, diacre.

Baptême du Christ / Mt 3, 13-17 / Une homélie


        
Le récit du baptême de Jésus par Matthieu met en scène un dialogue entre Jésus et Jean pour nous rassurer peut-être sur la pertinence de ce geste de celui qui est reconnu sans péché. Pourquoi viendrait-il célébrer un baptême de repentance ? Jésus, en faisant ce geste, transforme ce rite de la plongée dans l’eau du Jourdain en passage comme une naissance. « Aujourd’hui, je t’ai engendré ! » entendrons-nous dans les autres évangiles. Sortir des eaux et venir au jour, à la lumière, s’ouvrir aux Cieux. Seconde naissance : naissance d’en Haut comme Jésus  l’évoquera probablement à Nicodème venu le voir de nuit : Il te faut naître d’en haut (Jn 3,7).

        Regardons, ce trois expressions de Mathieu nous parlant de ce baptême.

        Les cieux s’ouvrirent  Cette expression remonte à plus loin dans le temps. Dans l’ancien Testament, les cieux s’ouvrent ou se ferment indiquant que la parole de Dieu se fait entendre ou pas, que le peuple prie ou non. Un prophète apparaît quand les cieux s’ouvrent. Avec Jésus qui inaugure sa vie publique par son baptême, Matthieu nous indique qu’un prophète est là : la parole de Dieu par lui, se fera entendre.

        Jésus vit l’Esprit descendre comme une colombe et venir sur lui. Matthieu fait entendre à ses lecteurs que Jésus est Celui qu’Isaïe avait annoncé : un messie humble  et non violent, un serviteur de Dieu qui fera régner le droit et la justice sur la terre, faisant alliance avec Israël mais aussi lumière pour toutes les nations, ouvrant les yeux de ceux qui refusent de voir ce qui est en train de naître, de changer  et libérant ceux qui sont prisonniers de leurs ténèbres.

        Et puis une voix qui semble s’adresser à nous, auditeur : Celui-ci est mon Fils bien-aimé. ! Jésus, par son baptême est révélé comme prophète, comme messie- serviteur et enfin comme fils. Et voici que Dieu se manifeste comme Père !

        Nous qui avons été baptisés ou qui nous préparons à l’être, à la suite de Jésus, c’est une nouvelle vie inaugurée, ouverte sur les Cieux, à l’écoute de la Parole de Dieu, engagée dans une filiation nouvelle qui nous mène à la fraternité universelle. Tout au  long de cette nouvelle année, faisons nôtres les paroles de Jésus que nous allons entendre, ouvrons nos cœurs à la prière et nos mains à nos frères et sœurs en Christ. Amen

Vincent Garros

Le baptême, source des sacrements

  Ce weekend, nous fêtons le baptême de Jésus dans le Jourdain. Jésus entre dans ce geste que propose Jean, le baptiste, pour signifier une conversion, un nouveau départ. Le lieu : un fleuve qui coule du nord au sud d’Israël et se jette dans la Mer Morte, il sert de frontière. C’est ce fleuve que Josué a traversé pour entrer en ‘Terre Promise’. (Jos 3, 14-17)
  Si Jean-Baptiste propose un baptême d’eau et invite à produire des fruits dignes de la conversion (Mt 3, 8), il annonce un plus grand que lui qui baptisera dans le souffle saint et le feu. (Mt 3, 11). Aujourd’hui, le baptême des chrétiens est réalisé au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit : baptême d’eau, de souffle saint et de feu. Départ d’une nouvelle vie avec le Christ, sortie des eaux de la mort, vie du Christ ressuscité (Ro 6,2-11). Vivant de l’Esprit, voici l’héritage des fils par le Fils unique, Jésus, le Christ : hommes et femmes qui se tournent vers Dieu qu’ils nomment ‘Père’. (Ro 8, 14-17). 

Baptisés dans le Christ, une nouvelle façon de vivre ensemble nous est enseignée : il n’y a plus de différence entre les personnes (Ga 3, 25-29) et la grâce de Dieu est répandue au-delà de toutes frontières. (Ac 10, 34-35). Quand Pierre est témoin de l’œuvre de l’Esprit de Dieu chez Corneille, le centurion romain, il le baptise, lui et ceux de sa maison. (Ac 10, 47).

    Aujourd’hui, l’initiation chrétienne nous fait célébrer le baptême puis la confirmation comme deux étapes d’une même réalité : l’adhésion à Jésus, le Christ. Alors, admis à l’Eucharistie, nous recevons ce sacrement qui nous met en communion par Jésus-Christ au Père de qui vient toute grâce et à de multiples frères et sœurs proches ou lointains. 
Cette communion nous oblige à plus de solidarité et de justice. La dynamique de Pentecôte se manifestant à la fois par une louange au Seigneur au-delà des mots (Ac 2,4) et par le partage des biens (Ac 2, 44).
    C’est dans cette foi célébrée au baptême que se vivent les autres temps de la vie chrétienne : mariage, ordination, sacrement de la réconciliation ou des malades. Chacun de ces moments offre l’occasion de réaffirmer notre foi en Dieu, de découvrir davantage Jésus dans sa Parole et dans son Eucharistie et de vivre dans le souffle saint qui fait naître d’en Haut (Jn 3, 4-8).

Vincent GARROS

Lève-toi, prends et va / Sainte Famille / Une homélie

Lève-toi, prends... et va ! Dans ce récit de Matthieu, par deux fois, nous entendons la même injonction venue d’ange ou plutôt de parole venue d’en Haut, dans un songe de Joseph. Le verbe utilisé est le même que celui qui nous parlera de la sortie de la mort de Jésus à Pâques. On peut le traduire par ‘lève-toi’, bien sûr mais aussi, ‘réveille-toi’, ‘sors du sommeil’, ressuscite !

Oui, Joseph est l’homme qui entend en son for intérieur, l’appel de Dieu à se réveiller, à se lever, à faire face au réel. Le roi Hérode est un tyran, jaloux, pervers et violent : il faut fuir et mettre à l’abri ta famille. Comme Abraham, Joseph n’hésite et se met en route…Comment ne pas penser à tous ces hommes, ces femmes et enfants qui prennent avec eux quelques bagages et traversent les frontières pour éviter la mort. Bien sûr, cela ne sera pas sans difficulté pour eux tant que pour ceux qui leur feront bon accueil. Mais honte à ceux et celles qui les exploiteront comme esclaves ou à des fins politiciennes sordides !

Lève-toi, prends… et va ! Cette même phrase, nous l’entendrons aussi dans la bouche même de Jésus de nombreuses fois. En restant chez saint Matthieu, c’est lors de la venue du paralytique descendu du toit Lève-toi, prends ton grabat et va dans ta maison. (Mt 9,6). En écho dans les autres évangiles, de nombreuses fois, Jésus dira : lève-toi et va… Autant de guérisons, du corps, du cœur ou de l’esprit où Jésus prends soin de ceux et celles qui souffrent de maladies invalidantes ou qui marginalisent. Comment ne pas penser à tous ces hommes, ces femmes, ces enfants en souffrance ou se sentant coupables. Gloire à tous ceux et celles qui prennent soin d’eux dans les services spécialisés : hôpitaux, cliniques, foyers spécialisés mais aussi les aidants à domicile !

Puis plus loin, une même adresse de Jésus aux trois disciples ayant vu Jésus transfiguré : levez-vous ou réveillez-vous selon les traductions et n’ayez pas peur ! (Mt 17, 7). Ou bien, juste avant son arrestation au mont des Oliviers : Réveillez-vous, voici celui qui me livre (Mt 26, 46)

Se lever, sortir de son sommeil, de sa léthargie, de sa sidération, faire face au réel et accueillir au fond de soi l’appel d’en Haut à la résurrection. Le Seigneur nous invite à prendre sa route aujourd’hui, à découvrir des frères et sœurs. Une famille nouvelle est en construction par Jésus, le Christ, accueilli en notre humanité par Marie et Joseph. En serons-nous les acteurs ? Amen.

Vincent GARROS