Un chant nouveau / Une homélie du jour de Noël

 
« Chantez au Seigneur un chant nouveau »
la première phrase du psaume claque comme un ordre. Plus qu’un conseil, un commandement. Ce matin, nous sommes sommés de chanter au Seigneur un chant inédit, jamais entendu auparavant, inouï.

(...)  

Chantez au Seigneur un chant nouveau, parce que ce matin, à cause de l’enfant nouveau-né, nous sommes des hommes nouveaux et des femmes nouvelles.
Cet enfant déracine l’ancien… il ne vient pas restaurer des vieilleries, il ne vient pas sauvegarder le même, il ne vient pas asseoir des traditions, il exige que nous le suivions dans la nouveauté radicale de son chemin. Que nous soyons disponibles pour mettre nos pas dans les siens sur un chemin que nul n’a jamais emprunté avant lui. Le chemin qui nous fera traverser les ravins de la mort à la suite du premier-né d’entre les morts.

Mais nous résistons à consentir à la grâce… Nous préférerions un échange marchand, un contrat d’assurance. Nous préférerions que son habitation en nous soit une copropriété… pour rester maître en la demeure… Nous sommes terrifiés par la nouveauté
Ce n’est pas si grave, un jour, c’est le chant nouveau qui nous saisira, il viendra de lui-même à nos lèvres. Le chant nouveau du Royaume, il est à venir, il est en promesse. La vie sacramentelle nous en donne un avant-goût, nous en fait entrevoir la Joie.
En attendant, réjouissons-nous, réjouissons-nous avec nos vieux chants, avec nos vieilles prières, avec notre vieux langage… c’est tout ce que nous avons pour le moment.

« Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire,
Tous, nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce »

que cela fasse de nous ce matin des chairs nouvelles capables de chants nouveaux

Joyeux Noël
Amen
Sylvain diacre

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